Une coterie est une association entre certains groupes d’individus unis par un intérêt commun qui favorisent ceux qui font partie de leur compagnie et cabalent contre ceux qui n’en sont pas.
Phénomène aussi ancien que la société elle-même, l’esprit de coterie est prêt à se défendre par tous les moyens et à sacrifier tous les intérêts contraires à son profit pour mettre une personne, une chose en crédit ou, au contraire, pour la discréditer.
Étymologie Origine Le terme « coterie » est attesté sous une forme latinisée en latin médiéval pour la première fois en 1255 sous la forme coteria (Rouen) au sens de « tenure rurale modeste », et d'ailleurs un cottier est un petit agriculteur (terme encore attesté en Belgique au ).
On retrouve « coterie » en 1376 avec la signification d’« association de paysans qui tiennent une terre commune » (coutume de Picardie).
Enfin, en 1660, le terme veut dire « association de gens qui se fréquentent familièrement ».
Ce n'est qu'au que le mot acquiert son sens péjoratif le plus courant : terme de mépris, bande de meneurs, d'intrigants.
Formation « Coterie » est un dérivé en -erie, suffixe marquant le lieu exprimant une action, l'exercice d'un droit. Le radical cotier (« petit paysan », conservé dans le nom de famille Cottier) est lui-même dérivé de cote (« cabane »), attesté notamment dans la toponymie normandecf. Vaucottes, Brocottes, Cottévrard, etc., dans les termes normands cotin (« maisonnette » ; moderne cottin, « niche à chien ») et dans le mot d'origine anglaise cottageEtymologie de « coterie », sur le site du CNRTL..
Ce terme est vraisemblablement issu du saxon kot ou de l'anglo-saxon cot, la Normandie et la Picardie ayant reçu des immigrants saxons et anglo-saxons s'y étant établis comme agriculteurs.
Description Les coteries politiques, religieuses, scientifiques, sacrifient le bien public, la vérité et la justice pour conserver l’honneur ou les profits d’une situation acquise. En politique, la coterie est au parti ce que la secte est à la religion. Les moyens ayant toujours justifié, pour les coteries, la fin, lorsque la politique ou la religion ont été en jeu, celles-ci n’ont pas hésité à recourir à la persécution des dissidents.
Il est arrivé que plusieurs coteries s’imaginent, en défendant leur cause, défendre celle du juste, du vrai et du beau. Chaque siècle a vu les siennes et le , avec ses salons, ses hôtels, ses ruelles, ses académies, en a vu de célèbres :
Le terme de coterie désigne également au sein du vocabulaire des compagnons du devoir ceux qui travaillent en extérieur. Les charpentiers, tailleurs de pierre, maçons ou encore plombier sont désignés par ce terme. L’antonyme de « coterie » chez les compagnons est « pays », c'est-à-dire ceux qui travaillent en intérieur (menuisier, maroquinier, etc.). Les compagnons se nomment ainsi selon leur famille et revendiquent la leur.
Dans la littérature La littérature a également connu des coteries littéraires, vouées à soutenir la réputation de leurs membres aux dépens du bon sens et du goût, qui ont mis en commun, avec leurs intérêts, des maximes convenues, passées à l’état de principes, des préjugés pouvant être aussi sincères que contraires à la raison. Lorsqu’il ne s’agit que de littérature, les coteries ont recours aux cabales.
Molière s’est moqué des coteries littéraires dans Les Précieuses ridicules, Le Misanthrope et Les Femmes savantes. Dans celles-ci, il montre à l’œuvre une académie en train de former ses règlements, dont voici le dernier mot :
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des littératures, Paris, Hachette, 1876, 532 Maurice Block, Dictionnaire général de la politique, t. , Paris, O. Lorenz, 1873, 541
Articles connexes The Coterie, un groupe composé d'aristocrates et d'intellectuels anglais des années 1910. Cabale Camarilla Lobby (groupe de pression) Népotisme
Liens externes
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