(en anglais ), né le à Londres (Royaume-Uni) et mort le à Paris (France), est roi du Royaume-Uni et des autres dominions du Commonwealth britannique (Irlande, Canada, Terre-Neuve, Afrique du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande), ainsi qu'empereur des Indes du au .
Avant son accession au trône, Édouard, usuellement appelé David — son dernier prénom — par ses proches, est prince de Galles, duc de Cornouailles et de Rothesay. Il participe à la Première Guerre mondiale au sein des forces armées britanniques et réalise plusieurs voyages pour le compte de son père, le roi . Édouard a des liaisons avec de nombreuses femmes mariées et souvent plus âgées que lui, mais reste célibataire jusqu'à ce qu'il devienne roi.
Édouard monte sur le trône à la mort de son père en sous le nom d'. Il montre rapidement son refus des protocoles de la cour et les hommes politiques s'inquiètent de son apparent mépris des conventions établies. Quelques mois après le début de son règne, il provoque une crise constitutionnelle en demandant en mariage l'Américaine Wallis Simpson, qui avait divorcé de son premier époux et était en instance de divorce d'avec le second. Les Premiers ministres du Royaume-Uni et des dominions s'opposent à cette union en avançant que le peuple n'accepterait jamais comme reine une femme dont les deux ex-époux étaient encore en vie. De plus, un tel mariage serait entré en conflit avec le statut d' de chef suprême de l'Église d'Angleterre, qui s'opposait au remariage de personnes divorcées si leurs anciens époux ou épouses étaient toujours en vie.
L'une des raisons couramment avancées pour expliquer l'abdication est qu' savait que le gouvernement dirigé par le Premier ministre Stanley Baldwin démissionnerait si le mariage avait lieu, et que cela l'obligerait à organiser des élections générales, perdant ainsi son statut de monarque politiquement neutre. Il aurait donc choisi d'abdiquer plutôt que de renoncer à sa relation. Une autre raison serait que le roi, supposément proche idéologiquement des théories nazies et même de certains hauts responsables du Troisième Reich, aurait été poussé à l'abdication par le gouvernement britannique.
Son frère cadet Albert monte sur le trône sous le nom de . Avec un règne de , est l'un des monarques ayant eu le règne le plus court de l'histoire de la monarchie britannique et il ne fut jamais couronné.
Après son abdication, il reçoit le titre de duc de Windsor et épouse Wallis Simpson en France le , après l'officialisation du second divorce de celle-ci. Plus tard dans l'année, le couple se rend en Allemagne. Durant la Seconde Guerre mondiale, il est initialement stationné avec le corps expéditionnaire britannique en France, mais après des accusations de sympathies nazies, il est nommé gouverneur des Bahamas. Après la guerre, il ne reçoit pas d'autres fonctions officielles et passe le reste de sa vie en France, où il meurt d'un cancer du larynx à l'âge de .
Premières années Enfance gauche|vignette|redresse|Le jeune David (prénom d'usage au sein de la famille), photographié par sa grand-mère, la reine Alexandra. est né le à White Lodge, résidence située à Richmond Park, dans les faubourgs de Londres, sous le règne de son arrière-grand-mère, la reine Victoria.. Il était le fils aîné du prince George, duc d'York (futur ), lui-même second fils du prince de Galles (futur ) et de la princesse de Galles (Alexandra de Danemark). Sa mère, la duchesse d'York (future reine Mary), était la fille aînée du duc et de la duchesse de Teck. En tant qu'arrière-petit-fils du monarque dans la lignée mâle, Édouard reçut à la naissance le titre de Son Altesse le prince Édouard d'York. Son oncle, le duc de Clarence, étant décédé prématurément en 1892, il occupe, à sa naissance, le troisième rang dans la ligne de succession au trône, après son grand-père et son père.
Il fut baptisé Édouard Albert Christian George Andrew Patrick David le par l'archevêque de Cantorbéry Edward White BensonSes parrains et marraines étaient : Victoria du Royaume-Uni (son arrière-grand-mère paternelle) ; le roi et la reine de Danemark (ses arrière-grands-parents paternels, qui furent représentés par le prince Adolphe de Teck et sa tante maternelle, la duchesse de Fife) ; le roi de Wurtemberg (son cousin, représenté par son grand-oncle, le duc de Connaught) ; la reine des Hellènes (sa grand-tante, représentée par sa tante paternelle, la princesse Victoria) ; le duc de Saxe-Cobourg-Gotha (son grand-oncle, représenté par le cousin du prince Édouard, Louis Alexandre de Battenberg) ; le prince et la princesse de Galles (ses grands-parents paternels) ; le tsar (son cousin) ; le prince George, duc de Cambridge (son grand-oncle maternel et le cousin de la reine Victoria) ; et le duc et la duchesse de Teck (ses grands-parents maternels)... Les prénoms furent choisis en honneur de son oncle qui était appelé « Eddy » ou Édouard par sa famille et son arrière-grand-père . Le prénom Albert fut inclus à la demande de la reine Victoria, pour rappeler son défunt mari, et ses quatre derniers prénoms, Georges, Andrew, Patrick et David dérivaient des quatre saints patrons de l'Angleterre, de l'Écosse, de l'Irlande et du pays de Galles. Il était toujours appelé David par les membres de sa famille et ses amis proches.
Comme les autres enfants de la haute société britannique de l'époque, Édouard et son jeune frère furent élevés par des nourrices. L'une de ses premières nourrices malmena Édouard en le pinçant avant qu'il ne soit présenté à ses parents. Ses pleurs et ses gémissements poussèrent le duc et la duchesse à renvoyer Édouard et la nourrice.. La nourrice fut par la suite licenciée.
Le père d'Édouard, quoique strict en matière de discipline., était manifestement affectueux. et sa mère montrait un caractère enjoué avec ses enfants, contredisant son image publique assez austère. Elle s'amusait, par exemple, des têtards mis par ses enfants sur les toasts de leur professeur de français.. Elle les encouragea à se confier à elle..
Éducation Édouard fut initialement éduqué à domicile par Helen Bricka. Lorsque ses parents visitèrent l'Empire britannique durant près de neuf mois à la suite de la mort de la reine Victoria en 1901, le jeune Édouard et son frère restèrent en Grande-Bretagne avec leurs grands-parents, la reine Alexandra et le roi qui leur témoignèrent beaucoup d'affection. Au retour de ses parents, Édouard fut placé sous les soins de deux hommes, Frederick Finch et Henry Hansell, qui élevèrent pratiquement Édouard et son frère durant leurs premières années..
Édouard fut gardé sous le tutorat strict de Hansell jusqu'à environ l'âge de ; Hansell souhaitait qu'Édouard entre à l'école plus tôt, mais son père s'y opposa. Édouard passa les concours pour entrer au collège naval d'Osborne et il fut accepté en 1907.. Après deux années au collège naval où il ne se plaisait pas, Édouard intégra le Britannia Royal Naval College à Dartmouth. Deux années d'étude suivies par son entrée dans la Royal Navy étaient prévues. Lorsque son père monta sur le trône le après la mort d' sous le nom de , Édouard devint automatiquement duc de Cornouailles et de Rothesay. Il fut investi prince de Galles un mois après son le et les préparatifs se mirent en place pour ses futures missions en tant que roi. Ses études furent arrêtées avant leur terme formel, et il passa trois mois en tant qu'aspirant à bord du cuirassé avant d'intégrer le Magdalen College d'Oxford, pour lequel, selon l'opinion de ses biographes, il n'était pas intellectuellement préparé. Il quitta Oxford sans aucun diplôme..
Prince de Galles Investiture vignette|redresse|gauche|Édouard durant la Première Guerre mondiale. Édouard devint officiellement prince de Galles lors d'une cérémonie spéciale au château de Caernarfon le .. L'investiture eut lieu au pays de Galles à l'instigation du politicien gallois David Lloyd George, connétable du château et chancelier de l'Échiquier du gouvernement libéral.. Lloyd George inventa une cérémonie assez extravagante dans le style d'une reconstitution historique, et apprit quelques mots de gallois à Édouard.
Première Guerre mondiale Lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale, Édouard, tout juste âgé de , avait l'âge minimum pour entrer dans l'armée et voulait participer au conflit ; .. Il avait rejoint les Grenadier Guards en , mais le secrétaire à la Guerre Lord Kitchener refusa de le laisser combattre sur le front en évoquant le mal terrible que produirait la capture de l'héritier par l'ennemi ; ..
Malgré cela, Édouard vit la guerre de tranchée de ses propres yeux et il essayait de visiter les premières lignes aussi souvent que possible, ce qui lui valut la croix militaire en 1916. Son rôle dans la guerre, bien que limité, le rendit populaire auprès des vétérans ; .. Édouard réalisa son premier vol militaire en 1918 et il obtint par la suite sa licence de pilote..
Engagements publics vignette|redresse|Le prince Édouard en 1920. Tout au long des , Édouard, en tant que prince de Galles, représenta son père, le roi , au Royaume-Uni et à l'étranger en de nombreuses occasions. Il se rendait fréquemment dans les zones pauvres du pays. et il réalisa dans diverses parties de l'Empire entre 1919 et 1935 ; durant une visite au Canada en 1919, il acheta le ranch Bedingfield près de Pekisko dans l'Alberta.. En 1924, il remit le trophée Prince de Galles à la Ligue nationale de hockey.. Son rang, ses voyages, son air élégant et son statut de célibataire attirèrent l'attention du public et à l'apogée de sa popularité, il était la célébrité la plus photographiée au monde..
Son attitude envers de nombreux sujets de l'Empire et ses divers peuples indigènes, à la fois en tant que prince de Galles puis par la suite en tant que duc de Windsor, a été peu commentée à l'époque, mais a par la suite terni sa réputation.. Il déclara par exemple des aborigènes d'Australie : .
Romances et vie privée vignette|gauche|redresse|alt=Édouard porte un haut de forme et un nœud papillon|Édouard en 1932. La réputation de coureur de jupons d'Édouard et les exemples de comportements imprudents durant les et 1930 inquiétèrent le Premier ministre Stanley Baldwin, le roi et les personnes proches du prince. Alan Lascelles, le secrétaire particulier d'Édouard durant huit ans lors de cette période, croyait que . était mécontent de l'échec d'Édouard à se ranger, dégoûté par ses nombreuses aventures avec des femmes mariées et réticent à le voir monter sur le trône. Il déclara à propos de son fils : . vignette|Édouard en 1922. Lors de son séjour en France, en tant qu'officier des Grenadier Guards pendant la Première Guerre mondiale, il rencontre Marguerite Alibert, une courtisane française. Accusée du meurtre de son époux, elle aurait bénéficié de cette ancienne relation amoureuse pour son acquittement. Dans son ouvrage intitulé The Prince, the Princess and the Perfect Murder, l'avocat et ancien juge britannique Andrew Rose avance que l'entourage du prince de Galles aurait entamé des négociations immédiatement après l'arrestation de Marguerite Alibert, craignant que celle-ci révèle des correspondances intimes avec le prince, pouvant ternir l'honneur et la réputation de la famille royale...
En 1929, le magazine Time rapporta qu'Édouard avait taquiné sa belle-sœur, Elizabeth, l'épouse de son frère cadet Albert, en l'appelant « reine Élisabeth ». Le magazine s'interrogeait . Édouard vieillissait et restait célibataire, mais son frère et sa belle-sœur avaient déjà deux enfants dont la princesse Élisabeth. Le roi préférait son fils Albert (« Bertie ») et sa petite-fille Élisabeth (« Lilibet »), et dit à un courtisan : .