Les Y 7400 constituent l'une des plus importantes séries de locotracteurs unifiés de la SNCF, avec .

Mis en service par la SNCF de 1963 à 1972, les sont construits par Decauville, 105 par De Dietrich et 263 par Moyse. Ils ne se différencient des Y 7100 que par leur transmission mécanique Asynchro.

Ils sont conçus pour effectuer les manœuvres dans les dépôts et les gares de triages mais aussi pour la desserte de petites lignes à faible trafic. Ils sont affectés dans l'ensemble des dépôts répartis sur l'ensemble du territoire national français. La série est radiée entre 2003 et 2017. Un peu moins de quarante d'entre eux sont modifiés et transformés en Y 9000 tandis qu'une vingtaine d'unités sont préservées par des associations de sauvegarde du patrimoine ferroviaire et des trains touristiques.

Genèse de la série Après la Seconde Guerre mondiale, La SNCF se trouve à la tête d'un parc de locotracteurs très disparate ; ces engins sont issus de courtes série commandées par les anciens réseaux jusqu'en 1938, chaque compagnie possédant ainsi sa propre gamme de locotracteurs : il en résulte pour la SNCF de grandes difficultés pour gérer et assurer la maintenance de ce parc. Avec cet héritage, la société nationale souhaite également commencer à réduire la part prise par les locomotives à vapeur dans les manœuvres en gare et dans les dépôts.

C'est en 1958 que débute la livraison d'un grand nombre de locotracteurs unifiés de puissance moyenne, avec la série des Y 7100 à transmission hydromécanique Voith d'origine allemande. Toutefois, les CFD ont élaboré de leur côté la boîte de vitesses mécanique Asynchro qui semble bien convenir à des engins de cette puissance. Le est donc modifié en usine par la pose d'une boîte Asynchro et renuméroté . Le fonctionnement de ce prototype donnant satisfaction et cette modification permettant de recentrer les achats sur des composants français, la SNCF décide d'arrêter la construction des au numéro 7310 et de poursuivre en équipant les locotracteurs à suivre de la boîte Asyncho. Débute ainsi une nouvelle série appelée dont le premier exemplaire, , est mis en service le .

Description Caractéristiques techniques vignette|gauche|Plan schématique du locotracteur Y 7100/7400. Le moteur Poyaud 6 PYT/SG à six cylindres offre une puissance utilisable de , avec une vitesse nominale à et un ralenti réglé à . Le refroidissement se fait par circulation d'eau. Un coupleur hydraulique est fixé sur le volant du moteur, relié par un arbre à cardan à la boîte de vitesses « Asynchro » conçue par les CFD. Un arbre à double cardan et un inverseur-réducteur transmettent l'effort de traction à deux chaînes entraînant les deux essieux. Cet ensemble est logé sous le grand capot, devant la cabine de conduite.

L'équipement pneumatique (réservoirs principaux et auxiliaires, triple valve...) est situé sous le petit capot arrière.

La réserve à combustible est constituée de deux réservoirs communicants de .

Les locotracteurs sont équipés de boîtes d'essieux à coussinets comme les , tandis que les sont équipés de boîtes à rouleaux.

Jusqu'en 1968, rien ne permet de distinguer extérieurement un d'un construit par Decauville ou De Dietrich. À partir de 1968 et du numéro 7626, c'est la société des locotracteurs Gaston Moyse qui reprend la fabrication ; les locotracteurs se caractérisent par des capots et un pavillon de cabine en polyester et sont repérables à la présence des puits de fixation des vis de ces éléments en polyester.

Commandes vignette|redresse|Cabine du . La cabine possède deux postes de conduite, à gauche et à droite, un pupitre central sur la paroi avant et une armoire sur la paroi arrière. Le pupitre central se compose :

D'un levier d'accélération-freinage indépendant, présent de part et d'autre du pupitre. D'un levier de changement de marche, présent de part et d'autre du pupitre. Le levier de gauche permet aussi l'arrêt ou le lancement du moteur. D'une boite à leviers (de gauche à droite : interrupteur général, chauffage cabine, phare avant gauche, droit, éclairage moteur, cabine, pupitre, phare arrière droit, gauche). D'un bouton-poussoir démarreur. D'un bouton-poussoir d'enclenchement de la boîte de vitesses, présent de part et d'autre du pupitre. D'un interrupteur marche-arrêt de la boîte de vitesses. D'un interrupteur marche-arrêt du ventilateur (celui-ci fonctionne en automatique, l'interrupteur est là pour l'activer manuellement en cas de défaillance) D'indicateurs (pression d'huile moteur, température huile moteur et eau, pression cylindre de frein, température boîte de vitesses, compte-tours, ampèremètre batterie, horomètre) Un levier marche-arrêt de la batterie, situé en bas à gauche du pupitre.

L'indicateur de pression de la conduite principale et de pression des réservoirs principaux se situe soit au dessus du pupitre, au centre, soit sur la paroi avant côté gauche. Les commandes d'avertisseur sonore et des sablières sont placées sur les parois latérales. Un robinet de frein continu est présent au poste de conduite gauche. Le volant de frein à main est situé sur la paroi arrière, côté droit.

Livrées Tous les sortent de construction avec la livrée vert celtique 301, bandes de visibilité et traverses de choc jaune jonquille 401 et châssis en gris ardoise 807.

À partir de 1983, le livrée dite « Arzens » des engins de manœuvre est appliquée aux à la faveur des révisions. Elle est initialement composée de chamois 432, havane 501, gris perle 805 et gris ardoise 807. La teinte chamois se décolorant en rose avec le temps, elle est remplacée à partir de 1989 par de l'orange TGV 535 et le gris perle par du gris 804 ; les plaques de numérotation cèdent la place à des lettres et des chiffres autocollants..

Les engins qui, après radiation des inventaires, continuent toutefois à travailler comme locotracteurs de manœuvre dans l'enceinte des dépôts ou ateliers de la SNCF portent souvent des livrées spécifiques.

Engin particulier Le , attaché au dépôt de Strasbourg, est incendié début 1997. Il est remis en état, re-motorisé avec un groupe RVI et doté d'une transmission hydrostatique inédite. Le prototype, baptisé « Tracthys » (tracteur à transmission hydrostatique), est officieusement renuméroté ; restant affecté à Strasbourg mais placé en utilisation spéciale à Limoges, il arbore la livrée verte, blanche et grise de Fret SNCF. Il devait donner naissance à une pré-série de locotracteurs mais, à nouveau victime d'un incendie le , il est placé en réparation différée. ; il est finalement radié le ..

Conduite Le passage des vitesses en montée comme en descente peut se faire soit grâce à un groupe de deux boutons poussoirs (montée-descente) situé de part et d'autre du pupitre, soit en plaçant le levier d'accélération-freinage indépendant à fond vers l'arrière, enclenchant un contacteur et passant les vitesses en montée (moteur à ou plus) ou descente (moteur sous les ). La « première vitesse » par défaut est en réalité la deuxième vitesse. La véritable première vitesse étant réservée aux démarrages difficiles par fort tonnage, et s'obtient en appuyant sur le bouton poussoir « descente ». Un voyant jaune sur le pupitre signale lorsque le locotracteur est en deuxième vitesse, et lorsque le locotracteur passe sous les en « ralenti-débrayé » (levier d'accélération-freinage placé au centre, en position neutre) la boîte de vitesses revient automatiquement en deuxième vitesse.

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Services effectués À la SNCF Trois constructeurs se partagent la production des destinés à la SNCF. Entre 1963 et 1965, Decauville en livre , puis c'est De Dietrich en 1965-1966 () ; Moyse termine la série entre 1968 et 1972 en fournissant les .

Les sont destinés en priorité à réaliser les manœuvres dans les gares de moyenne importance ; présents sur l'ensemble du réseau, ils assurent au début des années 1960, avec les et d'autres séries d'engins diesels, plus de la moitié des manœuvres à la place des locomotives à vapeur. Ils se montrent également sur de petites lignes locales, en tête de compositions courtes mixtes marchandises-voyageurs, bien que ce type de train ait tendance à se raréfier quand ils sont mis en service ; ils peuvent ainsi tracter une voiture DEV Inox ou une remorque d'autorail.

Il leur arrive également de tracter des trains de travaux et d'entretien - auscultation des voies, maintenance des caténaires, désherbage. En 1976, au plus fort de leur déploiement, les sont répartis dans vingt-huit dépôts sur l'ensemble de la France. vignette|Y 9092, issu de la transformation du Y 7470. Les premières radiations interviennent le et la série disparaît des inventaires en 2017, avec la réforme du 7820 le . Certaines unités sont transformées en « LocMas » - locotracteurs de manœuvres ; ces engins, qui assurent des manœuvres dans l'enceinte des ateliers ou des dépôts où ils sont affectés sans jamais en sortir, sont considérés comme du simple outillage et ne font plus partie des inventaires du matériel moteur.

Au , trente-huit exemplaires ont fait l'objet d'une reconstruction partielle par Socofer à Saint-Pierre-des-Corps et la SNCF au Technicentre industriel de Rouen Quatre-Mares, incluant une nouvelle cabine agrandie et plus ergonomique, une re-motorisation avec un moteur Diesel MAN, une nouvelle chaîne cinématique (boîte de vitesses Voith, transmission par cardans), la possibilité de circuler en couplages de deux unités. Ces locotracteurs constituant la nouvelle série des Y 9000 sont aussi issus de la transformation de ..

Effectifs par réseaux du jusqu'à celui de 1973 ainsi que les dépôts titulaires, Établissement Maintenance Traction avec activité 4 FRET, Technicentre et Supervision Technique de Flotte

Réseau Est - 1 : 40, 81 Réseau Nord - 2 : 29, 72 Réseau Ouest - 3 : 12, 73 Réseau Sud-Ouest - 4 : 24, 108 Réseau Sud-Est - 5 : 32, 150 Réseau Méditerranée - 6 : 31 La Villette Chalindrey Strasbourg La Plaine Aulnoye Lens Longueau Achères Le Mans Sotteville Caen Rennes La Rochelle Nantes Paris - Sud-Ouest Les Aubrais Tours - Saint-Pierre-des-Corps Poitiers Bordeaux - Saint-Jean Hendaye Limoges Brive Toulouse Villeneuve Dijon-Perrigny Vénissieux puis Lyon-Vaise Chambéry Marseille-Blancarde Nîmes Nevers Avignon Tarbes Béziers Épernay STF Midi-Pyrénées STF Thionville Activités Fret (3), INFRA (216) et M (2)