Jacques Boé, dit Jasmin (en occitan Jacme Boèr dit Gensemin ou Jansemin), né le à Agen où il est mort le , où il exerçait la profession de coiffeur, est un poète occitan, qui a donné une impulsion nouvelle à la langue d'oc (son œuvre est rédigée en languedocien, dans le parler d’Agen).

Biographie Jasmin est issu d’une famille du petit peuple d’Agen, où son père était tailleur.

Après avoir un peu étudié chez un régent et au séminaire de la ville, il est mis en apprentissage chez un coiffeur. Son goût des histoires, ses talents de conteur y font merveille et il peut bientôt s’installer à son compte et se marier. Il devient célèbre avec sa romance La fidelitat ageneso composée à l’occasion du carnaval de 1822. Il continue avec Lo Charibari en 1825.

En 1830, il est couronné par l’Académie d'Agen pour son ode Lou tres de may à l’occasion de l'inauguration de la statue d’Henri IV à Nérac, alors que l’académie n'avait jusqu'alors couronné que des ouvrages en français.

Il se lance alors dans une carrière de lecteur public de ses poésies, d'abord dans la région, puis de plus en plus loin. En 1836, la récitation à Bordeaux de L’abuglo de Castèl-Cuilhèr lui assure une renommée nationale. À partir de 1840, ses tournées dans le Midi l’occupent à temps plein et deviennent des événements qui attirent les foules. Il aurait donné en tout plus de , distribuant les revenus à des œuvres de bienfaisance.

Il correspond avec d'autres auteurs de langue occitane comme le clermontois Charles-Antoine Ravel.

Son œuvre thumb|right| Las papilhòtas, édition de 1843. Jaques Jasmin a écrit plusieurs poésies occitanes rassemblées dans les quatres Papillòtas1835, 1842, 1854 et 1863) : Lire en ligne sur Gallica. L'auteur a écrit d'autres œuvres dont : L'Abuglo de Castèl-Cuillè (l'Aveugle de Castelculier), -traduit en Américain par Longfellow-(l'Univers Illustré) Françoneta (Françounette), Los dos fraires beçons (les Deux frères jumeaux), La Setmana del Filh (la Semaine du fils). Mos Sovenirs (Mes souvenirs). Maltra l'innocenta (Maltre l'innocente). Lo poèta del puple a Monsur Renan (le Poète du peuple à Monsieur Renan). thumb|right|Poème autographe de Jasmin

Jasmin dans la littérature Dans La Monographie de la Presse parisienne (1842), Balzac se moque gentiment de celui qu'il nomme le « poète perruquier » sous l'espèce du critique « blagueur » dit de la deuxième variété. Il y peint Jasmin amené à Paris par un article dont le critique « blagueur » rend compte par ces lignes : «Le célèbre Jasmin est de retour à Paris. Dans une brillante soirée, donnée par M. Villemain chez un de ses amis, le célèbre poète charabia a lu sa charmante élégie du Fer à toupet :

Qu'es debenou lou tan oï moin mouse inconnou Cantait loun blou cielo et vertous compagnou Timidou, craintivo, coum oun hirondello Ché vollou légèrou sour lo petiot ruisso!

Ces vers ravissants, que personne n'a compris, ont excité un immense enthousiasme.»

Dans son lundi du , Sainte-Beuve a écrit Marcel Prévost et ses contemporains, page 190, Les Editions de France, 1943. :

Dans La Sorcière de JasminÉditions du Seuil, Collection « L’Univers historique », 1983, Emmanuel Le Roy Ladurie reproduit les quatre « pauses » du poème « Françoneta », les accompagnant d'une étude approfondie des sources de l’œuvre. Il démontre que Jasmin s’est inspiré d'une histoire connue dans les campagnes gasconnes de la rive gauche de la Garonne, à l’ouest d’Agen, autour de Roquefort, histoire basée sur un fait authentique qu’il situe un siècle plus tard que l’histoire de Jasmin : fin du plutôt que guerres de religion. Le fait que l’histoire se soit transmise du fait véridique jusqu’au poème de Jasmin sans « reconstruction » par l'autorité, sans passage par la justice ou l'église, permet de retrouver de vrais caractères de la « sorcellerie » occitane, très proches de ce qu’on constate un peu partout en Europe à la même époque.

Dans le roman Sans famille d'Hector Malot, vers la fin du chapitre VII de la seconde partie Une leçon de musique, Jasmin est cité comme étant le plus grand poète de France.

« – Ce gamin est un prodige, criait Espinassous ; si tu veux rester avec moi, je ferai de toi un grand musicien ; tu entends, un grand musicien ! le matin, tu raseras la pratique avec moi, et tout le reste de la journée je te ferai travailler ; et ne crois pas que je ne sois pas un maître capable de t’instruire parce que je suis perruquier ; il faut vivre, manger, boire, dormir, et voilà à quoi le rasoir est bon ; pour faire la barbe aux gens, Jasmin n’en est pas moins le plus grand poëte de France ; Agen a Jasmin, Mende a Espinassous. »

Postérité Son compatriote Auguste-Jean Boyer d'Agen entreprend l'édition complète de son œuvre à la fin des années 1880Œuvres complètes de Jacques Jasmin. Tome premier : les poèmes, trad. de la langue gasconne, avec un glossaire d'Adrien Pozzi, Paris, Victor-Havard, 1889 — lire sur Gallica..

À Agen, sa statueFiche descriptive du monument sur la base e-monumen.net, bronze du sculpteur Vital Gabriel Dubray, est installée sur la place qui porte son nom et inaugurée le . Frédéric Mistral, malgré le peu d'intérêt que Jasmin avait porté au Félibrige, lui adressa à cette occasion un vibrant hommageNotice sur le site de l’office du tourisme d'Agen.

Une rue de Paris porte son nom, ainsi qu’une station de métro près de cette dernière. Dans son nouveau viographe de Bordeaux, Robert Coustet décrit un square Jasmin.

À Nérac, sur le piédestal de la statue d'Henri IV, quatre vers de Jasmin issus de sa poésie "Le " ont été gravés.

Le clocher de l'église Saint-Jean de Vergt en Dordogne porte aussi son nom, Jasmin avait contribué à réunir des fonds pour la réédification de l'église..

Une association Le Jasmin d'Argent a été créé en 1920 pour récompenser les poètes régionaux qui écrivent soit en français, soit en langue d'oc. Son siège est à Agen..

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

« Centenaire de Jasmin. La muse gasconne », , Revue de l'Agenais, 1898, tome 25

Articles connexes Occitan Languedocien

Liens externes

Biographie de Jasmin, sur Vidas, le dictionnaire biographique dans Occitanica des acteurs de la renaissance occitane ()

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