Racing Bulls, écurie créée sous le nom Scuderia Toro Rosso en 2006 puis rebaptisée Scuderia AlphaTauri en 2020, est une écurie italienne de Formule 1 fondée fin 2005, à la suite du rachat de la Scuderia Minardi par le groupe autrichien Red Bull. Elle fait ses débuts en compétition à l'occasion du Grand Prix de Bahreïn lors du championnat du monde de Formule 1 2006. L'écurie est l'équipe satellite de Red Bull Racing qui forme des jeunes pilotes issus des formules de promotion Red Bull.
En tant que Scuderia Toro Rosso, l'équipe compte une pole position et une victoire remportées par Sebastian Vettel au Grand Prix d'Italie 2008, une troisième place, obtenue par Daniil Kvyat au Grand Prix d'Allemagne 2019 et une deuxième place obtenue par Pierre Gasly au Grand Prix du Brésil 2019.
En , la Scuderia Toro Rosso devient Scuderia AlphaTauri (une marque de prêt-à-porter appartenant au groupe Red Bull) ; le , après avoir obtenu l'accord unanime des autres écuries, le changement de nom devient officiel pour la saison 2020. Sous cette dénomination, l'écurie obtient une nouvelle victoire avec Pierre Gasly le au Grand Prix d'Italie 2020.
À partir de 2024, l'écurie, renommée Racing Bulls, est engagée en championnat sous la dénomination commerciale Visa Cash App RB Formula One Team, souvent abrégée VCARB.
Historique
Scuderia Toro Rosso
Saison 2006 thumb|left|Scott Speed sur la STR1 À la fin de la saison 2005, Paul Stoddart, alors patron de la Scuderia Minardi, qui ne peut plus subvenir seul à son fonctionnement, revend son écurie à Dietrich Mateschitz, le patron du groupe Red Bull, qui rebaptise l'écurie Scuderia Toro Rosso. Les pilotes pour 2006 sont l'Italien Vitantonio Liuzzi et l'Américain Scott Speed ainsi que le Suisse Neel Jani comme essayeur.
L'écurie aligne la STR1, monoplace dérivée de la Red Bull RB1 de 2005 de l'écurie-sœur. Faisant polémique en début de saison 2006 à la suite de l'utilisation d'un moteur V10 Cosworth bridé, l'écurie est finalement revenue à son modeste niveau en fin du peloton. Les objectifs sont néanmoins atteints puisque l'écurie a marqué un point grâce à la huitième place de Liuzzi lors du Grand Prix des États-Unis à Indianapolis.
Saison 2007 left|thumb|Scott Speed sur la STR2 au GP de Malaisie 2007 thumb|Vitantonio Liuzzi sur STR2 au GP de Grande-Bretagne 2007
Pour la saison 2007, la paire de pilotes est reconduite malgré les nombreuses hésitations de Gerhard Berger concernant leur réel potentiel tandis que Neel Jani rejoint KV Racing Technology en Champ Car. L'écurie n'a pas d'autres pilotes à sa disposition, après avoir fait tourner pendant l'hiver le français Sébastien Bourdais, encore sous contrat avec Newman-Haas-Lanigan aux États-Unis.
La STR2 ressemble à la Red Bull RB3, Adrian Newey, le directeur technique Red Bull, ayant modifié le châssis pour qu'il accueille le V8 Ferrari, la RB3 étant motorisé par Renault, et ainsi permettre à l'équipe de se battre avec Spyker F1 Team et Super Aguri Formula 1 Team.
Au Grand Prix d'Europe, les monoplaces de Liuzzi et Speed abandonnent sur une sortie de piste qui implique également trois autres pilotes après une énorme averse. En cours de saison, Scott Speed est remplacé par Sebastian Vettel. L'objectif est une montée en puissance qui se concrétise en fin de saison : au Grand Prix de Chine 2007, Vettel et Liuzzi se classent quatrième et sixième. Au Grand Prix précédent, au Japon, sous la pluie, Vettel passe près du podium mais harponne la Red Bull de Mark Webber sous régime de voiture de sécurité ; il couvre néanmoins les premiers tours en tête de l'écurie.
À l'instar de sa première saison, l'écurie de Faenza n'échappe pas à la polémique vis-à-vis de sa rivale directe Spyker F1 Team. En effet, en vertu des accords Concorde régissant la Formule 1, une équipe doit construire elle-même sa monoplace ou en confier la conception à une société tierce. Dans les cas de la Toro Rosso STR2 et de la Red Bull RB3, cette règle a été contournée par l'intervention de Red Bull Technology, une société basée dans les quartiers généraux de Red Bull Racing à Milton Keynes et dirigée par Adrian Newey.
Saison 2008
thumb|Les STR3 de Sebastian Vettel et Sébastien Bourdais lors des essais du Grand Prix du Japon 2008
Les pilotes de la saison 2008 sont l'Allemand Sebastian Vettel et le Français Sébastien Bourdais. Le 18 mars 2008, le propriétaire de l'écurie, Dietrich Mateschitz, également propriétaire de Red Bull Racing, annonce son intention de se séparer de Toro Rosso avant l'entrée en vigueur des dispositions des accords Concorde, qui obligent, à partir de 2010, toutes les équipes à construire elles-mêmes leurs monoplaces.
La saison commence avec une septième place de Bourdais au Grand Prix d'Australie ; le Français était même quatrième devant la Renault R28 de Fernando Alonso et la McLaren-Mercedes de Heikki Kovalainen avant d'abandonner, moteur cassé. Vettel ouvre son compteur avec une cinquième place à Monaco, premier Grand Prix de la STR3. Au Grand Prix d'Europe, les deux monoplaces se qualifient pour la première fois en super-pole avec une dixième place pour Bourdais et une sixième pour Vettel, l'Allemand termine à la même position en course. Au Grand Prix de Belgique, les deux Toro Rosso terminent pour la première fois dans les points, Vettel cinquième et Bourdais septième. Ce dernier, longtemps troisième, s'est finalement fait dépasser par Nick Heidfeld, Fernando Alonso, son coéquipier et Robert Kubica en raison de la pluie.
Au Grand Prix d'Italie, la Scuderia Toro Rosso réalise sa meilleure course depuis sa création. Sébastien Bourdais part quatrième mais ne récolte pourtant pas les fruits de ses efforts car un incident mécanique l'oblige à s'élancer des stands un tour après le départ, tandis que Sebastian Vettel réalise la pole position et remporte la victoire, devenant le plus jeune vainqueur de Grand Prix de l'histoire. L'Allemand termine cinquième à Singapour.
Au Grand Prix du Japon, Sébastien Bourdais perd les points de la sixième position, les commissaires estimant qu'il avait gêné Felipe Massa lors de sa sortie des stands, provoquant un tête-à-queue de ce dernier. Cette sanction permet à Sebastian Vettel de récupérer trois points. Pour le dernier Grand Prix de la saison, au Brésil, Vettel s'illustre en jouant malgré lui un rôle dans la lutte pour le titre mondial entre Lewis Hamilton (McLaren-Mercedes) et Felipe Massa (Ferrari). À quelques tours de l'arrivée, il dépossède le Britannique de la cinquième place dont il avait besoin pour devenir champion du monde en cas de victoire de Massa, qui franchit la ligne d'arrivée en tant que champion du monde virtuel. Toutefois, la Toyota de Timo Glock est en perdition dans le dernier virage, ce dont profitent Vettel et Hamilton pour le dépasser, et Hamilton pour récupérer le point qui lui manquait pour devenir champion du monde.
L'équipe termine sixième du championnat du monde avec 39 points, devant Red Bull Racing. Le 26 novembre, Gerhard Berger annonce la vente de ses parts de l'écurie à Dietrich Mateschitz et quitte ses fonctions de Team manager. Dietrich Mateschitz est désormais propriétaire de Red Bull Racing et Toro Rosso.
Saison 2009
En 2009, Dietrich Mateschitz souhaite trouver un repreneur capable d’assurer un avenir à long terme à l’équipe. Sebastien Buemi remplace Sebastian Vettel parti chez Red Bull Racing et Sébastien Bourdais conserve son volant.
En Australie, Buemi et Bourdais finissent septième et huitième, inscrivant trois points. La STR4 se révèle moins compétitive que sa devancière. En Chine, sous la pluie, Buemi finit huitième, marquant le quatrième point de la saison. Il faut attendre Monaco pour que Bourdais inscrive un autre point. Lors du Grand Prix précédent, en Espagne, les Toro Rosso, prises dans le carambolage du premier tour, s'auto-éliminent.
Au cœur de l'été, les performances faiblissent encore et Toro Rosso remplace Bourdais par le novice espagnol Jaime Alguersuari. Les performances ne s'améliorent pas et ce n'est qu'en fin d'année, lorsque Red Bull Technology fournit une évolution proche de la Red Bull RB5, que l'écurie renoue avec les points avec une septième et huitième place de Buemi à Interlagos et Abou Dabi. Toro Rosso se classe à la dernière place du championnat avec huit points.
Saison 2010
Sebastien Buemi et Jaime Alguersuari sont reconduits dans leurs fonctions en 2010. Leur STR5 est la première monoplace entièrement conçue par l'écurie.
À Bahreïn, Grand Prix inaugural, Alguersuari finit treizième et Buemi seizième. En Australie, Alguersuari, en passe de marquer ses premiers points, termine onzième après une lutte avec le septuple champion du monde Michael Schumacher. En Malaisie, Toro Rosso marque ses premiers points grâce à Alguersuari qui finit neuvième.
En Chine, Buemi abandonne dans les premiers tours après avoir été percuté par la Force India de Vitantonio Liuzzi tandis qu'Alguersuari, en difficulté avec ses pneumatiques, termine treizième. Les essais libres de cette épreuve chinoise sont marqués par l'image de Buemi perdant ses deux roues avant en même temps. En Espagne, Alguersuari inscrit un nouveau point alors que Buemi abandonne sur problème hydraulique. À Monaco, Buemi et Alguersuari finissent dixième et onzième, Buemi marquant son premier point de la saison. Au Canada, Buemi mène un Grand Prix pour la première fois de sa carrière et finit huitième, ce qui le place devant son coéquipier au classement général. Deux semaines plus tard, Buemi se classe neuvième et inscrit deux points tandis que son coéquipier finit treizième. Aucun pilote ne marque durant les six Grands Prix suivants, Buemi et Alguersuari s'éliminent même mutuellement en Allemagne dans la confusion du premier tour.
Au Japon, Buemi finit dixième, juste devant Alguersuari, et inscrit un point. En Corée du Sud, Alguersuari termine onzième quand Buemi abandonne après un accrochage avec la Virgin de Timo Glock. Lors du Grand Prix de clôture, à Abou Dabi, l'équipe inscrit deux points grâce à Alguersuari, neuvième. À la fin de la saison, Buemi se classe seizième avec huit points et Alguersuari dix-neuvième avec cinq points ; Toro Rosso est neuvième avec 13 points.
Saison 2011 thumb|Jaime Alguersuari lors du Grand Prix d'Italie 2011 Sebastien Buemi et Jaime Alguersuari font à nouveau équipe en 2011 et, lors du premier Grand Prix de l'année en Australie, Buemi termine huitième après la disqualification des deux Sauber tandis qu'Alguersuari finit onzième. En Chine, si Alguersuari se qualifie septième et Buemi neuvième, la course n'est pas à la hauteur des espérances : Buemi finit quatorzième et Alguersuari abandonne sur perte de roue à la sortie des stands. En Turquie, Buemi finit neuvième et Alguersuari seizième.
À Monaco, Buemi inscrit le point de la dixième place tandis qu'Alguersuari est pris dans le carambolage qui interrompt la course. Au Canada, l'Espagnol finit huitième et Buemi se classe dixième. Alguersuari réitère sa performance au Grand Prix d'Europe. En Grande-Bretagne, Alguersuari entre pour la troisième fois consécutive dans les points en finissant dixième. En Hongrie, avant la pause estivale, Buemi finit huitième et Alguersuari dixième.
En Belgique, les deux pilotes abandonnent alors qu'Alguersuari avait réalisé la meilleure qualification de sa carrière en se classant sixième. En Italie, Alguersuari se classe septième (sa meilleure performance en carrière) et Buemi termine dixième ; aucun point n'est ramené des deux Grands Prix suivant. En Corée du Sud, Alguersuari égale son meilleur résultat en Formule 1 en se classant septième tandis que Buemi est aussi dans les points en terminant neuvième, ce qui constitue le meilleur résultat de la saison pour l'équipe.