Le Ben Nevis (prononcé en anglais : ; , prononcé : ) est le point culminant des îles Britanniques avec d'altitude. Situé près de Fort William en Écosse, il fait partie des monts Grampians dans les Highlands. Gravi pour la première fois en 1771, il est coiffé par les ruines d'un observatoire construit et utilisé à la fin du pour effectuer des observations météorologiques qui sont restées très importantes dans la compréhension du climat en Grande-Bretagne. Celui qui sévit au sommet, extrêmement rude, lui vaut d'ailleurs son nom, signifiant « malveillant » en gaélique écossais. Un sentier par l'ouest, tracé à la même époque que l'observatoire, constitue toujours l'itinéraire le plus fréquenté par des dizaines de milliers de randonneurs chaque année. Les parois de la montagne sont également très prisées par les alpinistes et grimpeurs. Le Ben Nevis et ses environs font partie de trois aires protégées différentes ; de plus, tout le versant sud et le sommet sont conservés par l'association environnementale .

Toponymie Ben Nevis est une métathèse du nom gaélique écossais . est le nom le plus couramment employé en gaélique pour désigner la montagne. peut emprunter diverses significations mais il est généralement traduit par « malveillant » ou « venimeux ». Selon une autre interprétation, serait dérivé de , signifiant « cieux, nuage » et étant le « sommet du crâne ». Une traduction littérale donnerait alors « la montagne ayant la tête dans les nuages », bien que « montagne du ciel » soit une appellation courante.

Un sommet culminant à d'altitude dans la chaîne des , en Nouvelle-Zélande, est nommé d’après le sommet écossais.

Géographie Situation thumb|left|Vue du Ben Nevis et de Fort William depuis le Loch Linnhe.

Le Ben Nevis est un sommet des monts Grampians, au centre-ouest de l'Écosse, chaîne de montagnes de moyenne altitude formant une séparation naturelle entre les Lowlands et les Highlands. Il s'élève à d'altitude et constitue le point culminant des îles Britanniques. Il n'est toutefois pas le point culminant du Royaume-Uni, puisqu'il est dépassé par plusieurs montagnes de l'outre-mer britannique, dont le mont Paget en Géorgie du Sud avec mètres d'altitude. Le Ben Nevis se situe à six kilomètres au sud-est de Fort William, à au sud-ouest d'Inverness, à au nord-nord-ouest de Glasgow et au nord-ouest d'Édimbourg.

Avec son voisin , auquel il est relié au nord-est par une arête, le Ben Nevis forme un chaînon montagneux à part entière. Chacun des deux sommets figure parmi les neuf montagnes d'Écosse de plus de , soit d'altitude : l' et l' font également partie du chaînon ; le , le , le , le et le font quant à eux partie du massif des Cairngorms, en direction du nord-est. Il est également l'un des 283 munros, sommets en Écosse qui atteignent au moins , soit The Munro Society., et l'un des quelque marilyns, éminences des îles Britanniques de plus de de hauteur de culminance.

thumb|Vue en avril depuis le sommet en direction du sud-ouest.

Le Ben Nevis offre un panorama très étendu sur les alentours. On peut apercevoir les collines comme les , le , le , et le Ben Lomond, mais aussi l'île d'Arran et les Paps of Jura. Lors de conditions d'observation idéales, la vue porte jusqu'à , incluant les , le Morven dans le Caithness, le Lochnagar, l'île de Barra Head et le Knocklayd dans le comté d'Antrim en Irlande du NordPanoramas nord et sud générés par ordinateur, Viewfinder Panoramas..

Topographie thumb|left|Vue de la face sud du Ben Nevis.

Les flancs ouest et sud du Ben Nevis atteignent de hauteur sur une distance horizontale de deux kilomètres à partir du fond du Glen Nevis, ce qui en fait la pente la plus longue et la plus abrupte du Royaume-Uni ; ces versants contribuent ainsi à l'aspect imposant du massif. Au nord, à l'inverse, les falaises chutent de seulement dans le . Ce cirque glaciaire abrite le refuge commémoratif Charles Inglis Clark (, aussi appelé ), un refuge de montagne situé à d'altitude, appartenant au Club alpin écossais () , Scottish Mountaineering Club. et utilisé comme point de départ pour les nombreuses voies d'ascension dans la face nord de la montagne.

thumb|Vue du plateau sommital avec, de gauche à droite, les ruines de l'ancien observatoire, l'abri de secours, et le cairn.

Le sommet du Ben Nevis s'élève à d'altitude et comprend un vaste plateau rocheux de quarante hectares Ben Nevis, Encyclopædia Britannica.. Le point culminant est marqué par la présence d'un imposant cairn sur lequel repose une borne trigonométrique de l'. Les ruines d'un ancien observatoire marquent également le sommet de leur présence. Un abri de secours pour les randonneurs a été construit au sommet de l'ancienne tour et, bien que sa base soit en contrebas du point culminant, sa hauteur fait que le toit dépasse le cairn de quelques mètres, ce qui en fait la structure artificielle la plus élevée du Royaume-Uni. Un monument aux morts en mémoire des victimes de la Seconde Guerre mondiale a été construit à proximité de l'ancien observatoire.

En plus de son sommet principal, le Ben Nevis possède deux cimes secondaires recensées dans la liste des munros, toutes deux appelées (littéralement « colline rouge ») Derek A. Bearhop, Munro's Tables, Scottish Mountaineering Club & Trust, 1997 .. La plus haute, culminant à d'altitude, se trouve au nord-ouest et est souvent confondue avec le Ben Nevis lui-même depuis la région de Fort William. La seconde, à d'altitude, se détache sur le versant sud-ouest du Ben Nevis. Une petite colline, le (), se situe plus loin à l'ouest, isolée par un col au creux duquel se trouve un petit loch, le . Le sentier le plus populaire pour l'ascension du Ben Nevis longe cette colline avant de gravir le versant ouest du sommet.

Géologie Le Ben Nevis est constitué principalement de roches magmatiques datant du Dévonien (vers 400 millions d'années BP) qui sont remontées à travers les micaschistes environnants. Ces intrusions prennent la forme de séries de dykes concentriques. L'anneau intérieur, connu sous le nom de « » (littéralement « granite intérieur »), forme la plus grande partie du versant sud, au-dessus du , et l'arête voisine reliant le ; est constitué par l'anneau extérieur, ou « », qui est d'un rouge plus prononcé. Le dôme sommital et les falaises au nord sont composés de laves andésitiques et basaltiques. La montagne a été fortement érodée lors des glaciations Alan McKirdy, John Gordon, Roger Crofts, Land of Mountain and Flood: The Geology and Landforms of Scotland, Édimbourg, Birlinn, 2007, pages 114-116. Con Gillen, Geology and landscapes of Scotland, Harpenden, Terra, 2003, page 80. A. B. G. Averis, A. M. Averis, « A survey of the vegetation of Ben Nevis Site of Special Scientific Interest and Special Area of Conservation, 2003-2004 », Scottish National Heritage Commissioned Report 090, 2005..

Climat thumb|Vue du sommet englacé en mai 2006.

Le Ben Nevis connaît un climat de toundra alpin (Köppen : ET ; Trewartha : Ftko). L'altitude du Ben Nevis, sa proximité avec la mer et sa topographie sont responsables des rudes conditions climatiques qui règnent fréquemment au sommet. Les observations menées entre 1883 et 1904 rapportent qu'il est entouré de brouillard 80 % du temps entre novembre et janvier et 55 % du temps en mai et juin Marjorie Roy, « The Ben Nevis Meteorological Observatory 1883-1904 », International Commission on History of Meteorology, 2004.. La température moyenne est d'environ en hiver et sur l'année. En moyenne, le sommet subit 261 tempêtes de ou plus par an et reçoit de précipitations contre à Fort William Eric Langmuir, Mountaincraft and Leadership (), SportScotland, Édimbourg, 1995., à Inverness et à Londres. Les précipitations au Ben Nevis sont deux fois plus importantes en hiver qu'au printemps et en été. La neige est présente au sommet pratiquement toute l'année, en particulier dans les ravines sur la face nord, notamment à où des névés perdurent jusqu'en septembre et parfois jusqu'aux nouvelles chutes de neige de la saison suivante.

Faune et flore thumb|left|upright=1.5|Vue du Ben Nevis permettant d'apprécier en partie l'étagement de la végétation.

Le Ben Nevis présente un étagement de la végétation qui offre l'ensemble des séquences altitudinales des hautes terres existant en Grande-Bretagne « Ben Nevis owned by the John Muir Trust », John Muir Trust.. Des forêts de pins, de chênes et de bouleaux, ainsi que des aulnes et des frênes à proximité des cours d'eau, parsèment le Glen Nevis. Les premières pentes de la montagne abritent des landes à bruyère, des prairies herbeuses et des tourbières, où poussent la Myrtille commune et autres espèces de la famille des , , des mousses, du thym, sp. et un grand nombre de fougères du genre . Aux alentours du , entre 400 et d'altitude, le milieu est essentiellement humide ou composé de prairies d'altitude. On y trouve sp., la Grassette commune (), des droséras et la Narthécie des marais (). Entre 700 et , les landes font place à des éboulis où la Saxifrage étoilée () peut être observée. Sur le plateau sommital, au-delà de , quelques plantes à fleurs sont encore présentes parmi les mousses et lichens principalement de type arctico-alpin, parmi lesquels qui forme des couvertures denses sur les rochers et le sol.

De nombreux invertébrés peuplent la montagne dont le Moiré de la canche (). Les oiseaux profitent de la grande variété d'habitats. Dans les zones boisées nichent le Pinson des arbres (), le Merle noir (), mais aussi des paridés, des turdidés, des tarins, des troglodytes, des fauvettes, des muscicapidés et des rapaces nocturnes. Le Chevalier guignette (), le Canard colvert (), le Harle bièvre (), ou autres cinclidés et ardéidés préfèrent la proximité des cours d'eau. Le Pipit farlouse (), le Tarier pâtre (), le Tarier des prés (), le Traquet motteux () ou encore le Merle à plastron () sont présents sur les versants. Le Bruant des neiges () et le Lagopède alpin () préfèrent les zones d'altitude ; l'Aigle royal (), le corbeau, la crécerelle et la buse peuvent également être observés.

Histoire La première trace de présence dans la région remonte à plus ans, avec le fort de au bord du Glen Nevis, datant de l'âge du fer. Historiquement, le Ben Nevis appartient à la branche des MacSorlie du clan Cameron mais la propriété est vendue par John MacSorlie à Sir Duncan Cameron de la branche des Fassifern.

La première ascension recensée du Ben Nevis est réalisée le par James Robertson, un botaniste originaire d'Édimbourg, qui se trouvait dans la région afin de collecter des spécimens de plantes. Une autre ascension ancienne est à mettre au compte de John Williams, qui fournit la première description de la structure géologique de la montagne Suzanne Miller, « Ben Nevis Geology », The Edinburgh Geologist 43, pages 3–9.. Le poète John Keats gravit le Ben Nevis en 1818 et compare l'ascension à la « montée de dix Saint-Paul sans la commodité des escaliers ». Ce n'est qu'en 1847 que le sommet est reconnu officiellement par l' comme la plus haute montagne de Grande-Bretagne, devant son rival le Ben Macdhui.

thumb|Vue des ruines de l'ancien observatoire.