La rue des Wallons et la place des Wallons constituent un axe piétonnier situé dans le quartier du Biéreau à Louvain-la-Neuve, section de la ville belge d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, en Brabant wallon.

Cet axe, qui descend de la place des Sciences et de la place Galilée vers la gare de Louvain-la-Neuve et les Halles universitaires, a été construit en 1975 et porte de nombreuses traces du style brutaliste qui a marqué l'architecture de Louvain-la-Neuve dans les années 1970.

Le nom de la rue des Wallons fait écho à la « Vlamingenstraat » de Leuven, qui signifie littéralement « rue des Flamands ».

La place des Wallons fut pendant les premières années de la ville le vrai centre de Louvain-la-Neuve, avec la place Galilée et la place des Sciences.

Urbanisme Les concepteurs de Louvain-la-Neuve ont veillé à la mixité entre les bâtiments académiques et ceux destinés à la vie urbaineJean Remy, Louvain-la-Neuve, une manière de concevoir la ville: Genèse et évolution, Presses universitaires de Louvain, 2007, point 43.. Selon Jean Remy . Cette dualité se retrouve ici, où la place des Sciences est proche de la place des Wallons, tout comme elle se retrouve dans l'actuel centre-ville où la Grand-Place est entourée de places académiques comme la place Montesquieu et la place du Cardinal Mercier.

Historique Genèse de la ville universitaire de Louvain-la-Neuve Au cours des années 1960, le nombre d'étudiants de l'Université catholique de Louvain augmente rapidement en raison de l'évolution démographique et de la démocratisation des études supérieures.. La loi du sur l'expansion universitaire autorise la partie francophone de l'Université à envisager son expansion à Woluwe-Saint-Lambert et en Brabant wallon, ce qui amène l'Université à acquérir 150 hectares dès sur le plateau agricole de Lauzelle à Ottignies.

Par ailleurs, les tensions entre les communautés linguistiques francophone et néerlandophone deviennent explosives à cause des revendications du mouvement flamand (né dès 1840) qui exige l'homogénéité culturelle de la Flandre. Ces tensions atteignent leur paroxysme en 1967-1968 avec l'affaire de Louvain, crise politique connue sous les noms de « Walen Buiten » (« Les Wallons dehors ») et de « Leuven Vlaams » (« Louvain flamande ») durant laquelle les Flamands exigent le départ des étudiants francophones de Louvain au nom du droit du sol et de l'unilinguisme régional, ce qui amène l'Université à décider le transfert intégral de sa section francophone hors de Louvain et à faire sortir de terre une ville universitaire entièrement neuve à Ottignies à partir de 1970Histoire de Louvain-la-Neuve.

La loi du institue deux universités séparées, la première pierre de la ville nouvelle de Louvain-la-Neuve est posée le et la faculté des Sciences appliquées ainsi que les premiers habitants s'y installent dès 1972.

Construction de la rue et de la place des Wallons La rue des Wallons est le premier axe de circulation important de la ville nouvelle, tracé pour relier le quartier est de la ville, lequel constitue la première phase du développement de la villePierre Laconte, Les Cahiers de l'Urbanisme - 57 - Décembre 2005, Service public de Wallonie - Éditions Mardaga, 2005, .Pierre Laconte, Les Cahiers de l'Urbanisme - 73 - Septembre 2009, Service public de Wallonie - Éditions Mardaga, 2009, . et regroupe le Cyclotron, la place Sainte-Barbe et les bâtiments de la faculté des sciences appliquées, la bibliothèque des Sciences, la place des Sciences et la place Croix-du-Sud entourée par les tours de la faculté des sciences (bâtiments Carnoy) et de la faculté des sciences agronomiques (bâtiments Mendel, Kellner, Boltzman et de Serres), avec le centre ville alors peu développé et centré sur la Grand Rue, la gare et les Halles universitaires de Louvain-la-Neuve.

La place des Wallons est l'une des premières places à avoir été construites à Louvain-la-Neuve : inaugurée en 1975, elle est pendant quelques années le vrai centre de Louvain-la-Neuve avec la place Galilée et la place des Sciences.....

Kidnapping de Fonske vignette|droite|redresse=0.8| En . ou 1979 Beeldwandelingen Leuven, les étudiants francophones kidnappent à Louvain (Leuven) la statue de Fonske (ou Fons Sapientiae), qui représente un étudiant lisant un livre qui donne la formule mathématique du bonheur, tout en se versant un liquide dans la têteBulletin communal d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, n° 213, juin-juillet 2018, .111 « Leuvenaars » à Louvain-la-Neuve. Après plus d'un mois, la police reçoit une information anonyme l'invitant à aller voir à Louvain-la-Neuve et elle y retrouve Fonske les pieds cimentés dans un bac à plantes sur la place des Wallons, avec une pancarte autour du cou disant Fonske est en blocus. Une première tentative pour le libérer échoue car les ouvriers sont attaqués par des étudiants avec des lances à incendie. La statue ne sort pas indemne de cet enlèvement et subit des dégâts aux jambes.. En 2018, en souvenir de cet incident, une délégation d'habitants de Louvain venus visiter Louvain-la-Neuve offre une statuette de Fonske à la Ville d'Ottignies-Louvain-la-Neuve.

Rénovation de la place des Wallons en 2019-2020 Au fil des ans, le centre ville se déplace progressivement et la Ville et l'UCL font le constat en 2009 que la place des Wallons n'a pas bien vieilli et est devenue un lieu de passage où on ne s'arrête plus...

Il est décidé en 2009 de rénover la place pour en faire une étape sur le chemin qui amène les visiteurs vers le Musée L aménagé dans l'ancienne bibliothèque des sciences. En 2012, une consultation populaire s'est tenue sur la place, pour inciter les gens à réfléchir à la destinée du lieu.

L'avant-projet est confié à l'Atelier d'architecture de Genval, un bureau qui possède déjà une bonne expérience des bâtiments néolouvanistes puisqu'il a construit au début des années 1970 (avec André Jacqmain) la place des Sciences et l'ancienne bibliothèque des Sciences.

Le projet définitif, sur base des grandes intentions de l'avant-projet, est imaginé et réalisé par le bureau d'étude voirie de la Commune d'Ottignies-Louvain-la-neuve.

Le chantier de rénovation se déroule en 2019-2020.

Style brutaliste vignette|droite|redresse=1.25|

Les bâtiments qui bordent la rue et la place des Wallons sont édifiés en briques mais de nombreux éléments sont de style brutaliste, un style caractérisé par des surfaces de « béton brut » qui présentent une texture héritée du bois de coffrageHomify : Exemples d'architecture brutaliste, le béton « brut de décoffrage ».Maison d'architecte : architecture en Belgique. gardant la marque des planches de bois qui ont servi au moulage Sous l'influence du brutalisme, leurs veinures ainsi que leurs lignes de jointureDanièle Pauly, Le Corbusier: the Chapel at Ronchamp, Birkhäuser, 1997, ..

Comme en de nombreux endroits de Louvain-la-Neuve, les surfaces de béton brut sont décorées de peintures murales aux couleurs vives.

Le pavement de la rue des Wallons est constitué de pavés de béton blancs connus sous le nom de « Blanc de Bierges », un type de pavés que l'on retrouve dans toute la ville de Louvain-la-Neuve et qui a marqué son paysage urbain.

Architecture et art public

Passerelle entre rue des Wallons et place Galilée La rue des Wallons démarre de la place Galilée, qui est la continuation de la place des Sciences.

Elle passe à cet endroit sous une passerelle en « béton brut » couverte de peintures murales hautes en couleur, réalisées lors du Kosmopolite Art Tour 2012 à Louvain-la-Neuve, un festival international d'art urbain (street art) et de graffiti qui s'est tenu du au à Louvain-la-NeuveBulletin communal d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, n° 179, octobre 2012, ...

Les fresques situées du côté de la place Galilée, peintes dans des tons orangés, ne sont pas sans évoquer les formes géométriques du futurisme et en particulier les formes triangulaires de certaines œuvres du peintre belge Jules Schmalzigaug.

Ces fresques représentent des visages stylisés, l'un de face et l'autre de profil, construits à coups de triangles et de faisceaux de couleur.

Elles arborent le cube en forme de K, logo du festival Kosmopolite, et sont signées par RN411 et FP, le collectif de graffeurs bruxellois Farm Prod.

Les fresques qui décorent la passerelle du côté de la rue des Wallons sont réalisées dans un style très différent, faites de motifs variés des tons à dominante verte et bleue et d'arabesques roses, jaunes et vertes.

Cachés dans les motifs et dans les arabesques, on trouve la signature des graffeurs Walt, Lo et Barna, les mentions « Kosmopolite Tour 12 » et « KAT » ainsi que le millésime « 12 ».

Et c'est en passant sous la passerelle depuis la rue des Wallons que l'on aperçoit l'escalier décrit plus haut, sous lequel sont peintes la mention « Kosmopolite Art Tour 12 » et les signatures de dizaines de graffeurs.

En contrebas de cette passerelle, une rampe inclinée à double chicane facilite le passage des personnes en chaise roulante, leur permettant d'éviter une double volée d'escaliers. Les parois de cette rampe sont réalisées en « béton brut » et percées de motifs en forme de trou de serrure inversé ou de cercle. La paroi la plus visible de rampe inclinée est ornée d'une peinture murale représentant le personnage de bande dessinée Gaston Lagaffe en pleine action : voulant planter un clou dans le mur, il provoque un trou dans le mur et se trouve confronté à Ducran et Lapoigne, les voisins des éditions Dupuis.

Partie haute de la rue des Wallons La partie haute de la rue des Wallons, qui va de la place Galilée à la place des Wallons, est bordée de logements de briques orange surplombant une galerie piétonne couverte qui commence du côté de la rampe inclinée pour s'interrompre très vite et continuer de l'autre côté.

On trouve dans cette partie de la rue plusieurs bâtiments emblématiques de la vie estudiantine, comme le siège de l'AGL (Assemblée générale des étudiant·e·s de Louvain), le siège de la Société royale luxembourgeoise des étudiants de l'UCL (la « Lux » dont la façade arbore fièrement le sanglier typique de la province de Luxembourg) qui est en même temps le siège de la Fédération wallonne des étudiants de Louvain, et le « Cercle Industriel » (le « CI », cercle des étudiants de polytechnique), mais peu de commerces.

Le style brutaliste est plus discret ici, mais bien visible sur le pilier et les balcons du siège de l'AGL ou au plafond de la galerie piétonne.

Place des Wallons

Architecture La rue des Wallons débouche sur la place des Wallons en passant sous une passerelle à gauche de laquelle se dresse, face au « Cercle Industriel », la chapelle de la Source, premier lieu de culte de Louvain-la-Neuve, inauguré en 1978.

Au nord, la place des Wallons est bordée d'immeubles de briques de trois niveaux combinant logement et commerces. Les façades, très régulières, sont composées de pans de maçonnerie de briques de largeurs variables, entre lesquels prennent place de nombreux balcons et des fenêtres à garde-fous en bois. Sous ces immeubles court une galerie piétonne aux piliers d'orientation variable qui abrite les commerces. Ces immeubles à toiture d'ardoises sont dominés par la haute silhouette de la tour de Picardie, plus connue sous le nom de tour des Wallons., elle-même flanquée d'un énorme peuplier.

Le côté sud de la place est bordé d'immeubles ne comportant que du logement, à l'exception de deux commerces. Ces façades, à première vue moins régulières que celles du côté nord, présentent cependant un schéma répétitif, interrompu seulement par une haute cage d'escalier extérieure en béton.

La perspective à l'ouest est fermée par un immeuble de plus petites dimensions, qui abrite un café et des kots-à-projet et sous lequel commence la troisième galerie couverte, celle qui descend jusqu'à la gare et aux Halles universitaires.