Les grottes de Saint-Moré sont un ensemble de grottes situées sur la commune de Saint-Moré, dans le département de l'Yonne, en Bourgogne, en France. Un grand nombre de cavités s'y étagent sur plusieurs niveaux(1964) , . C'est le second ensemble de grottes régional après les grottes d'Arcy-sur-Cure.. La plupart de ces grottes abritent des sites archéologiques préhistoriques qui seraient sans doute mieux connus sans la double célébrité du Camp antique de Cora, dans le sud de la commune, et celle de leurs sœurs et voisines immédiates les grottes d'Arcy-sur-Cure, listées Monuments historiques et de réputation nationale.

La grotte généralement considérée comme la plus importante et la plus belle est la grotte de Nermont, exceptionnellement riche en matériel du Bronze final, suivie par d'autres grottes du site : la grotte du Mammouth, la grotte de l’Homme, la grotte des Pêcheurs, le trou de la Marmotte…

Situation thumb||alt=

Les grottes sont dans la vallée de la rivière Cure à environ au sud-est de Paris à vol d'oiseau, dans le sud du département de l'Yonne entre Auxerre et Avallon, à au N - N-E de Saint-Moré ( par la route) et à moins de au nord du parc naturel régional du Morvan Couches « Cartes IGN classiques », « Limites administratives » et « Hydrographie » activées. Vous pouvez bouger la carte (cliquer et maintenir, bouger), zoomer (molette de souris ou échelle de l'écran), moduler la transparence, désactiver ou supprimer les couches (= cartes) avec leurs échelles d'intensité dans l'onglet de "sélection de couches" en haut à droite, et en ajouter depuis l'onglet "Cartes" en haut à gauche. Les distances et surfaces se mesurent avec les outils dans l'onglet "Accéder aux outils cartographiques" (petite clé à molette) sous l'onglet "sélection de couches"..

Elles s'ouvrent dans la falaise de la Côte de Char (dite parfois « Côte de Chair », « Côte-de-Chair » ou « Côte de Chaux »(1905) .), en rive droite à l'entrée du dernier grand méandre de la rivière sortant du massif du MorvanSelon l'abbé Parat, le plan géodésique de 1787 le bois de la côte des grottes est nommé « les Chards » ; le cadastre de son époque et les habitants l'appellent « Côte de Chair ». Mais les géologues ont depuis 1850 l'habitude de la nommer « Côte de Chaux » et les cartes d'état-major ont fini par adopter ce nom. Parat mentionne que le nom traditionnel allait être rétabli. Voir ..

Deux tunnels percent la Côte de Chair : celui du chemin de fer et, à l’est, le tunnel de l'ancienne RN6 devenue la D606. Trois des grottes principales se trouvent à l'est de la D606, les autres sont du côté ouest. Cliquer sur les noms dans la liste ou sur les symboles de grottes dans la carte.. La rivière à cet endroit est à d'altitude.

Un sentier longeant la rivière passe au pied de la falaise portant les grottes. On peut l'emprunter juste avant le tunnel routier dans le sens Avallon-Auxerre : à droite du pont ferroviaire, prendre l’escalier puis le sentier qui le prolonge. Le long de ce chemin on rencontre l’« aiguillette de Saint Moré », portion en bout de falaise séparée du massif. Huit photos du site dont une panoramique..

Le sentier de grande randonnée GR 13 Fontainebleau – Bourbon-Lancy (section de Saint-Maurice-sur-Aveyron - Loiret, à Saint-Père - YonneLe GR 13, section de Saint-Maurice-sur-Aveyron (Loiret) à Saint-Père (Yonne), sur gr-infos.com. Infos et carte.) passe sous le pont de chemin de fer en face des grottes, ainsi que le GR 654 (section de Irancy - Yonne à La Charité-sur-Loire - NièvreLe GR 654, section d' Irancy (Yonne) à La Charité-sur-Loire (Nièvre), sur gr-infos.com. Infos et carte.).

Camp de la Côte de Char

Le plateau qui surmonte la Côte de Char porte les vestiges d'un camp antique du nom éponyme de « camp de la Côte de Char » (ne pas confondre avec le camp de Cora au sud de Saint-Moré)(1922) ., parfois appelé « Querre ». (nom dérivé de la Cure). Ces vestiges incluent une enceinte de murs semi-circulaire de de long, avec une hauteur de mur atteignant en un point et de largeur d'éboulis ; les extrémités de ce demi-cercle rejoignent le bord de la falaise. Une autre enceinte, dont il reste un éboulis continu de 4 à de large, commence plus loin vers le sud et décrit un quart de cercle pour rejoindre le milieu de la première enceinte. Bonneville décrit des murailles de facture grossière : « des pierres sans ordre, sans ciment, quelques-uns des blocs sont énormes »., ce qui suggère une construction antérieure au camp de Cora.

En 1876 Mr Bonneville trouve un petit site à l'entrée du plateau de la Côte de Char, au-dessus du tunnel, rassemblant « des silex à lourde patine blanche et de la poterie très brisée », avec une hache polie à proximité.(1921) , ( sur le compteur pdf)..

Géologie, hydrologie De même que pour les grottes d'Arcy-sur-Cure, celles de Saint-Moré sont creusées dans des calcaires du Jurassique moyen et supérieur avec un pendage nord-ouest (incliné vers le centre du Bassin parisien). Le calcaire oolithique et marne (calcaire argileux) du Bathonien apparaît brièvement en bas de la falaise jusqu'au pied du tunnel de Saint-Moré, puis s'enfonce en remontant vers le nord-ouest. Au-dessus se trouve le « calcaire marneux »L'expression « calcaire marneux » est un pléonasme : la marne contient déjà du calcaire puisqu'elle est elle-même composée d'un mélange de calcaire et d'argile. de l’Argovien (Oxfordien inférieur), surmonté par la marne du Rauracien (Oxfordien moyen)(1997) , .. L’« aiguillette de Saint Moré », selon l'abbé Parat, est la pointe d'un récif madréporien. Selon David (2005), les cavités dans le côté sud du massif calcaire ont été creusées jusqu'à devenir des pertes que la rivière a empruntées pour resurgir sur le côté nord du même massif(2005) ..

Historique des fouilles et découvertes

Les fouilles du site commencent au (2012) , . avec Mr Berthelot qui explore superficiellement la grotte de Nermont en 1873.., puis Mr Bonneville de 1874 à 1876 (il a peut-être continué après 1876)Mr Bonneville explore les grottes de Saint-Moré les 3-4 novembre 1874, 27-28 octobre 1875 et 17-18 octobre 1876, avec MM. Cotteau, Bazin, Lambert et d'autres. Voir et ... Puis l'abbé Parat fouille la grotte de la Marmotte.. La grotte de Nermont est explorée vers le début des années 1940 par Henri Carré, qui par la suite travaillera au site d'Arcy avec André Leroi-Gourhan.

Les poteries livrées par le site se trouvent pour certaines à l'école Saint-Jacques à Joigny et pour les autres au musée d'Avallon.. Un très petit lot de sept outils recueillis à La Marmotte, provenant de la collection Daniel, est conservé au musée des Antiquités Nationales. (château de Saint-Germain-en-Laye) qui abrite aussi, venant de Saint-Moré, un très rare os d'oiseau avec décor végétal.. Le musée d'Auxerre possède aussi des objets tirés de la grotte de Nermont..

Gérard Bailloud, collaborateur d'André Leroi-Gourhan à ArcyGérard Bailloud a aussi travaillé avec André Leroi-Gourhan au musée de l'Homme. Concernant les grottes de la Cure, il est le découvreur de la grotte du Loup au site d'Arcy où il a encadré les stagiaires pendant de longues années. Il s'est spécialisé dans l'étude des poteries. Voir ., étudie la grotte de Nermont et les séries de l'école Saint-Jacques(2011) , ..

Occupation humaine thumb||alt=

Les grottes sont occupées depuis environ .

Moustérien

Le Moustérien a été reconnu dans la grotte du Mammouth et dans le trou du Blaireau, au-dessus du niveau actuel de la rivière - mais dans cette partie de la Cure il est présent à toutes les hauteurs : au-dessus du talweg pour les grottes des Fées et du Trilobite et au niveau du talweg pour les grottes des Ours et de l'Hyène, ces quatre dernières au site d'Arcy...

Magdalénien Le trou de la Marmotte a livré des vestiges du Magdalénien — dernier faciès culturel du Paléolithique —, dont une faune équilibrée entre les différentes espèces (la faune des sites de cette période est généralement dominée par le renne, le cheval ou les deux à parts à peu près égales)(2006) , .. Parat pense que cette grotte a été utilisée à cette époque comme petit atelier de taille de pierre.

Néolithique Des poteries portent un décor par boutons, trouvé dans plusieurs autres sites chasséens du bassin parisien (Néolithique moyen), 403..

Le Néolithique final de Saint-Moré montre des traces d'influence danubienne(1964) ..

Âge du bronze L'Âge du bronze est bien représenté à Saint-Moré, notamment avec la grotte de Nermont qui a été occupée durant toute cette période, ..

Une poterie du site porte un décor du Bronze final fait de panneaux triangulaires jointifs en fines cannelures obliques, superposés à des cannelures verticales se terminant à la carène. En 1963 seulement trois autres lieux avaient livré des poteries portant un décor semblable : à Fontaine (Isère) sur une petite urne bicônique à fond ovoïde, au Martroi de Férolles à Jargeau (Loiret) et à Martinsberg près de Kreuznach-sur-Nahe (Rhénanie)(1963) , .

C. Jeunesse place Saint-Moré dans le groupe culturel néolithique Augy-Sainte-Pallaye, qu'il situe chronologiquement comme contemporain du VSG et donc probablement aussi du RRBP (rubanné rhénan du bassin parisien)(1998) .. Gérard Bailloud attribue un tesson de la grotte de Nermont à la culture de Roessen.(1974) ..

Antiquité, Moyen-Âge

L'abbé Parat, restant assez flou sur la période d'origine, signale venant de la grotte de Nermont les débris d'un bracelet à oves qu'il donne comme datant de l'« époque gauloise ».

Les s (Antiquité tardive) ont vu des occupations ponctuelles mais P. Nouvel ne les considère pas comme « des occupations pérennes à part entière »(2008) , ..

Les premières fouilles succinctes au ont mis au jour des objets attribués à l'époque mérovingienne..

Pigments Huit des dix-sept grottes du site contenaient des pigments (ocre) et étaient encore en exploitation au . Fin , seulement deux grottes en fournissent encore commercialement(1991) , . : un échantillon tiré de la grotte du Père Leuleu donne un pigment jaune brunâtre fait à 100 % de goethite, qui par calcination donne une couleur rouge foncé ; trois échantillons tirés de la Roche Percée donnent chacun une couleur différente : un de goethite (voir précédemment) ; un rouge fait de goethite à 20 %, kaolinite à 20 %, calcite à 20 % et graphite à 40, qui donne un rouge un peu plus vif ; et un jaune pâle fait de calcite à 80 %, kaolinite à 10 et hématite à 5 %, qui donne un jaune rougeâtre.

L'ocre jaune provenant de Saint-Moré, très colorante, est également très friable. Sur les sites d'utilisation (une fois prélevée), elle ne pourrait pas être trouvée en blocs mais en traces plus ou moins marquées..

De rares pigments jaunes ont été utilisés pendant le Gravettien à Arcy (grotte du Renne ou du Trilobite ?) ; Goutas dit que l'origine pourrait en être locale puisqu'il suffisait de s'approvisionner dans les grottes de Saint-Moré à à vol d'oiseau.. Mais pour ce qui concerne les peintures rougesLes deux couleurs principales dans les peintures rupestres sont le rouge, provenant de l'oxyde de fer tiré de l'hématite naturelle ou de goethite chauffée ; et le noir, provenant de charbon ou d'oxyde de manganèse. Voir ., l'hématite trouvée dans les grottes ornées d'Arcy-sur-Cure (grotte du Renne et Grande grotte) n'a pas été fabriquée à partir de la goethite des grottes de Saint-Moré(2003) , ( du document pdf)..

Liste des grottes Il y a quinze grottes principales.., toutes en rive droite de la Cure. D'amont en aval :

En amont du tunnel de la D 606, côté sud du massif de Saint-Moré grotte de la Marmotte : depuis l'amont, à l'est de la D 606 ou N 6. grotte du Crapaud : depuis l’amont, à l'est de la D 606 ou N 6. Développement . grotte du Tisserand : depuis l’amont, à l'est de la D 606 ou N 6. Développement .

À la hauteur du tunnel de la D 606 grotte du Tunnel : depuis l’amont, au niveau du tunnel de chemin de fer. Développement .

En aval du tunnel de la D 606, côté sud du massif de Saint-Moré