Ousmane Sonko, né le à Thiès, est un homme d'État sénégalais. Il est Premier ministre du au , puis président de l'Assemblée nationale depuis le .
Il rejoint en 2014 le parti Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité (PASTEF) dont il devient le président jusqu'à sa dissolution en , il est député à l'Assemblée nationale de 2017 à 2022 et maire de Ziguinchor de 2022 à 2024. Candidat à l'élection présidentielle de 2019 sous la bannière de la coalition « Sonko président », il arrive troisième avec 15,67 % des voix, derrière les candidats Macky Sall (président sortant) et Idrissa Seck.
En , il est accusé de viols et menaces de mort avec arme à feu par Adji Sarr, une employée d'un salon de massage. Il dénonce cette accusation, la qualifiant de menée par le camp présidentiel.. Son arrestation provoque de violents affrontements entre ses soutiens et la police lors d'importantes manifestations en .
Le , il est acquitté des accusations de viols et de menaces de mort, mais condamné à deux ans de prison ferme pour « corruption de la jeunesse ». Le , la Cour suprême confirme une condamnation à six mois de prison avec sursis qui avait été prononcée en par la cour d'appel pour diffamation du ministre du Tourisme Mame Mbaye Niang. Sa candidature à l'élection présidentielle de 2024 se trouve ainsi compromise par ces multiples condamnations et fait l'objet d'une bataille judiciaire. Le , le Conseil constitutionnel sénégalais entérine, en publiant la liste définitive des candidats, la non-participation d'Ousmane Sonko à l'élection présidentielle de 2024. Sonko appelle, depuis sa cellule de prison, à travers des vidéos préenregistrées et publiées par sa cellule de communication, à soutenir la candidature de son collègue de travail et ami Bassirou Diomaye Faye. Il est toutefois libéré en , en pleine campagne électorale, en même temps que son bras droit Bassirou Diomaye Faye pour qui il va faire campagne à l'intérieur du Sénégal et qui est élu président de la République avec 54 % des voix au premier tour. Il est alors nommé à la tête du gouvernement par le nouveau président.
Le , il est limogé par un décret présidentiel. Le gouvernement reste chargé des affaires courantes jusqu'à la nomination du nouveau gouvernement conduit par Ahmadou Al Aminou Lô. Le 26 mai, il est élu président de l'Assemblée nationale.
Situation personnelle Formation Ousmane Sonko naît le à Thiès, de parents fonctionnaires. Il grandit principalement en Casamance puis effectue ses études supérieures à l'université Gaston-Berger de Saint-Louis où il obtient une maîtrise en droit public en 1999. Il entre ensuite comme major à l'École nationale d'administration (ENA) du Sénégal. En 2001, il en sort diplômé, section « Impôts et Domaines » et intègre l'administration avec un premier poste qui le conduit au Centre des services fiscaux de Pikine.. En 2003, il obtient un diplôme d'études approfondies (DEA) en finances publiques et fiscalité à l'université Cheikh-Anta-Diop de Dakar (UCAD). Il est aussi titulaire d’un master 2 en gestion et finances publiques à l'Institut supérieur des finances (ISF).
Vie privée Polygame, Ousmane Sonko est marié à deux femmes.
Carrière professionnelle Ousmane Sonko a commencé sa carrière comme inspecteur principal des impôts et des domaines. Il a été vérificateur fiscal et chef de Brigade de vérification fiscale, chargé du secteur immobilier.. Il a également été auditeur interne à la Direction du contrôle interne (DCI) de la Direction générale des impôts et domaines (DGID), chargé de la rédaction de la charte de déontologie de la DGID..
Trois ans après son entrée dans l'administration, il crée le Syndicat autonome des agents des impôts et domaines (SAID), dont il est le premier secrétaire général d' à , avant de devenir secrétaire général honoraire de à . À cette période, il commence à critiquer le gouvernement et accuse l'État d'anomalies fiscales et budgétaires en mettant en cause le président Macky Sall. À la suite de cela, il est radié, en (décret n°2016-1239), de l'Inspection générale des impôts et domaines, pour manquement au devoir de réserve.. Cet épisode, largement relayé par la presse sénégalaise, permet de révéler Ousmane Sonko au grand public.. Quelques détracteurs lui reprochent de ne pas avoir agi dans l'ombre, et d'avoir dénoncé ces anomalies pour servir sa carrière politique.. En , il crée son cabinet Atlas.
Parcours politique Président du parti politique Pastef (créé en 2014), Ousmane Sonko est élu député à l’Assemblée nationale du Sénégal aux élections législatives de 2017.
En , il sort un livre (Pétrole et gaz au Sénégal : Chronique d'une spoliation) dans lequel il accuse le président Macky Sall (et son entourage) de malversations dans la gestion des ressources naturelles du pays..
Ces accusations sont reprises dans un documentaire de la BBC. Parmi les personnes et entités visées, Aliou Sall, frère du président, est accusé d'avoir reçu de pots de vin, ce qui a été démenti par le président Macky Sall..
Candidature à l'élection présidentielle de 2019 Le , Ousmane Sonko publie un livre programmatique, Solutions, dans lequel il livre un diagnostic des problèmes sociaux et économiques du Sénégal, déclinant ses propositions. Si l'ouvrage suscite un important intérêt à sa sortie, la directrice du Commerce extérieur critique les solutions proposées comme anachroniques et inexactes, indiquant qu' et que les données utilisées pour appuyer son propos sont erronées.. Sa candidature à l'élection présidentielle est validée en .
Il termine à la troisième place de l'élection présidentielle du avec plus de , soit 15,67 %, derrière le président sortant Macky Sall et l'ancien Premier ministre Idrissa Seck.
Maire de Ziguinchor Dans la perspective des élections locales du , Ousmane Sonko s'allie avec plusieurs membres de l'opposition, dont l'ancien maire de Dakar Khalifa Sall, pour constituer la coalition Yewwi Askan Wi (YAW). Ousmane Sonko est investi par la coalition comme candidat à la mairie de Ziguinchor. Il y affronte le maire sortant Abdoulaye Baldé ainsi que le candidat du pouvoir Benoît Sambou. À l'issue du scrutin, Ousmane Sonko l'emporte avec 56,31 % des voix.. Il est officiellement installé dans ses nouvelles fonctions le ..
Pendant la campagne pour les élections locales, Sonko se déplace dans tout le pays pour soutenir les candidats de la coalition YAW, laquelle remporte ainsi de nombreuses villes dans le pays, dont la capitale Dakar, et bat la coalition présidentielle Unis par l'espoir.
Après sa nomination comme Premier ministre en , Sonko démissionne de son mandat de maire car le président Bassirou Diomaye Faye demande que tous les ministres quittent leurs mandats électifs. La première adjointe Aïda Bodian est nommée maire à titre intérimaire à partir du ...
Élections législatives de 2022 En vue des élections législatives de 2022, Ousmane Sonko fait de la lutte contre l'homosexualité un argument de campagne.. En , il déclarait encore qu'une loi durcissant la répression de l'homosexualité serait une des premières qu'il ferait voter s'il était élu président. Il invoquait la religion, mais aussi « un souci de préservation de notre humanité ».
Élection présidentielle de 2024 et libération Après les élections législatives de 2022, où sa coalition fait perdre la majorité absolue au camp présidentiel, Ousmane Sonko annonce son intention de présenter sa candidature à l’élection présidentielle de 2024..
Dans le cadre de sa campagne, Sonko critique la relation actuelle entre le Sénégal et la France et souhaite une relation dans laquelle le Sénégal aurait son indépendance économique. Sonko exprime aussi son panafricanisme.
Outre l'affaire relative au viol présumé contre Adji Sarr, la campagne présidentielle est aussi rythmée par une autre affaire judiciaire qui concerne l'accusation portée par Ousmane Sonko à l'encontre de Mame Mbaye Niang, ministre du Tourisme : en , Sonko l'accuse d'être nommé dans un rapport de l'Inspection générale d'État pour des malversations dans le Prodac (Programme des domaines agricoles communautaires). Le ministre dépose une plainte pour diffamation, injure publique, faux et usage de faux. La première audience du procès se tient le mais est rapidement renvoyée, à la demande des avocats de Sonko, au . La police lance des grenades lacrymogènes pour repousser les sympathisants de Sonko présents devant le palais de justice. Alors que Sonko se rend à son domicile après le report du procès, la police décide de choisir l'itinéraire que doit prendre Sonko et en particulier de le faire passer dans un tunnel. Sonko refuse et la police casse la vitre de sa voiture pour l'en extraire et le ramener à son domicile. Selon le camp Sonko, il est aussi interdit de sortir de chez lui pour parler à la presse. Le , le procès est de nouveau renvoyé au . Le procès se tient le sans Juan Branco, avocat de Sonko, refoulé la veille par les autorités sénégalaises. Pour empêcher toute manifestation, Dakar est soumise à un important dispositif de sécurité le jour du procès. Ousmane Sonko est condamné pour diffamation à deux mois de prison avec sursis et 200 millions de FCFA de dommages-intérêts. Les avocats de Sonko et de Mbaye Niang considèrent que Sonko n'est pas privé de ses droits civiques et peut se présenter à l'élection présidentielle.. Le procès en appel doit se dérouler le , avant même l'expiration du délai pour déposer un appel. Cette hâte est critiquée par Bassirou Diomaye Faye, secrétaire général du Pastef. Ce dernier est par la suite arrêté et placé en garde à vue pour ses propos, pour « diffusion de fausses nouvelles , outrage à magistrat et diffamation envers un corps constitué ». Le procès, renvoyé au , se déroule sans Sonko, et confirme la condamnation en première instance mais la peine est augmentée à 6 mois de prison avec sursis, ce qui rendrait Sonko inéligible pour l'élection présidentielle. Sonko se pourvoit ensuite en cassation devant la Cour suprême.
Le , Ousmane Sonko réitère sa volonté d'être candidat à l'élection présidentielle de 2024.
Le , peu après la réquisition de dix ans de prison contre lui dans le procès intenté par Adji Sarr, Sonko lance une « caravane de la liberté ». La caravane part de Ziguinchor, ville dont Sonko est maire, et prévoit de se rendre à Dakar. L'objectif annoncé de cette caravane est de dénoncer l'instrumentalisation de la justice par le régime de Macky Sall. Sonko est arrêté à Velingara le et amené à Dakar. Selon le ministre de l'Intérieur, il ne s'agit pas d'une arrestation mais d'un « encadrement jusqu'à son domicile ». Le gouvernement invoque le manque d'autorisations et le risque de troubles à l'ordre public pour disperser le convoi. La caravane obtient un large soutien populaire sur son parcours mais plusieurs heurts opposent les sympathisants de Sonko aux forces gouvernementales. Une personne est tuée par balle.
Le , Sonko est arrêté. Les raisons de cette arrestation sont peu claires. Le procureur la justifie en invoquant différents délits et crimes commis par Sonko comme le vol du téléphone portable d'une gendarme qui le filmait ou des propos « subversifs ». Le , Sonko est poursuivi pour des appels à l'insurrection et complot contre l'État puis placé en détention.
Le même jour, Fatima Zahra Wagué, une militante active du parti de Sonko est également arretéé pour des accusations d'appel à l'insurrection et d'actes de nature à compromettre la sécurité publique. Le gouvernement décide aussi dans la foulée, de dissoudre le Pastef pour le motif d'appels à des « mouvements insurrectionnels ». Cette décision est contestée par l'opposition.