Les styles architecturaux à Saint-Pétersbourg forment une polyphonie harmonieuse qui a fait de cette ville la première grande ville moderne sur le territoire de l'Empire russe. Les principaux styles représentés sont le baroque, avec deux variantes principales : le baroque pétrovien, caractéristique du début du et le baroque élisabéthain durant le cours du même , le classicisme (fin du ), le style Empire (début du ), le style éclectique (milieu et fin du ), le style moderne (début du ) et le constructivisme ().
Styles Style Baroque
Baroque pétrovien
Le baroque italien est un reflet de l'époque de l'absolutisme au et jusqu'au . Ce style d'architecture se distingue par ses formes curvilignes complexes, son dynamisme, sa splendeur et sa fantaisie. Avant la période de Pierre le Grand, au , l'architecture russe s'exprime principalement dans les églises et porte encore des traces de la tradition byzantine de la Rus' de Moscou. Sur base d'une synthèse de ces tendances apparaît le baroque russe: au début dans le baroque moscovite puis dans le baroque pétrovien, bien que tous ces styles soient différents les uns des autres et différents du baroque de l'Europe de l'Ouest.
Le baroque pétrovien est le résultat de la créativité de plusieurs architectes d'Europe de l'Ouest, invités par Pierre le Grand et en particulier les italiens et les français. En même temps, les premiers bâtiments de la ville (en bois principalement) ne reprenaient pas de style architectural particulier. Il y avait eu la longue et Grande guerre du Nord et ses conséquences. Ce qui était estimé nécessaire à cette époque c'est: une forteresse, un port, un chantier naval et puis autour de ces premiers édifices s'ajoutent des casernes, des maisons pour les officiers, de nombreux commerçants, des slobodas.
La période durant laquelle a dominé le baroque pétrinien peut être datée approximativement de 1703 à 1740. Les goûts rationnels des Allemands et des Hollandais ont exercé une influence sur celui-ci mais toutefois restreinte en matière de formes architecturales. C'est pourquoi le baroque pétrovien diffère du baroque français et italien de la même époque. Pendant cette période, ce sont des bâtiments simples qui sont construits dans la ville (de forme rectangulaire) dont les formes sont sans prétentions. Le relief (sculpture), les colonnades, les portiques n'apparaissent pratiquement pas. Parfois les éléments des ordres architecturaux n'apparaissent que sur la façade, qui se voit partagée par de bandes blanches sur des fonds roses intenses. Ces façades sont souvent garnies de frontons, de pilastres, de volutes, de flèches et sont soulignées par des éléments verticaux et horizontaux. Les pièces intérieures sont souvent disposés en enfilade. Les architectes européens ont apporté avec eux l'expérience en matière de conduites d'eau internes et d'installations sanitaires (comme la toilette à chasse d'eau).
L'architecture des forts et des églises se distingue par sa simplicité et son élégance naïve comme le clocher de la cathédrale Pierre-et-Paul, le porche de la forteresse Pierre-et-Paul).
Les architectes de cette époque, le plus souvent des étrangers, sont invités par Pierre le Grand. Les plus célèbres sont: Domenico Trezzini, Jean-Baptiste Alexandre Le Blond, Giovanni Maria Fontana, Georg Johann Mattarnovi, Andreas Schlüter, Mikhaïl Zemtsov.
Les principaux monuments architecturaux qui ont survécu jusqu'à nos jours sont la cathédrale Pierre-et-Paul, le palais d'été le palais Menchikov, le palais Kikine, le bâtiment des Douze Collèges, la laure Alexandre Nevski, la Kunstkamera, le palais italien de Menchikov à Kronstadt
Le palais d'hiver de Pierre le Grand a été partiellement préservé le long du canal d'Hiver, mais à la fin du , il est caché par la construction du théâtre de l'Ermitage .
La cathédrale de la Trinité-Petrovski n'a pas été conservée. Elle est détruite à l'époque soviétique en 1933, de même l'église de la Nativité de la Vierge Marie sur la perspective Nevski, construite entre 1733 et 1737, et encore la palais de Podzorni, la palais de Pierre à Kronstadt.
Baroque élisabethain
La fille de Pierre le Grand monte sur le trône en 1741 après en avoir chassé le jeune Ivan VI. L'attrait du luxe et le désir de centralisation du pouvoir s'accordent on ne peut mieux avec l'idée du baroque d'Europe de l'Ouest, dont le style est proche du baroque pétrovien. Dans la métropole (la cour retourne à Saint-Pétersbourg en 1730) les notables se rendaient compte que l'Empire avait un désir de grandeur, d'apparat, de splendeur. Cependant il faut remarquer que l'impératrice elle-même ne participe pas de manière aussi active que son père, Pierre le Grand, à la construction de la ville. Cette période a pris son nom davantage du fait de la chronologie du règne d'Élisabeth. Il est également appelé haut baroque, baroque russe ou encore baroque rastrellien (du nom de l'architecte Bartolomeo Rastrelli).
Durant cette période sont édifiés de grandes églises, des cathédrales, des palais, des hôtels particuliers, qui rivalisent sur le plan de la décoration, de la peinture, des formes. L'agencement intérieur se distingue par ses grands escaliers d'apparat, des suites, des ouvertures de lumière dans les plafonds. Dans les intérieurs de cette époque se retrouvent des caractéristiques telles que le pittoresque et la fantaisie des motifs décoratifs, l'abondance des reliefs, des miroirs, des parquets à motifs rococos. Les éléments des ordres architecturaux ressortent avec beaucoup de relief des façades et des murs intérieurs. Aux plafonds sont réalisées des peintures murales. La palette des couleurs baroques des murs est renforcée par les encadrements, des moulures, toujours de couleur blanche. Dans l'architecture des églises, apparaissent à nouveau les couvertures à cinq dômes, mais la tradition décorative russe de la dorure et de la sculpture décorative des iconostases se maintient.
Le grand maître de cette époque est sans conteste Bartolomeo Rastrelli, mais à côté de lui d'autres ont été très créatifs tels Fiodor Argounov, Savva Tchevakinski, Andreï Kvassov, Pietro Trezzini, Alexandre Vist Les créations de Rastrelli restent toutefois le symbole du baroque élisabéthain à Saint-Pétersbourg.
La durée de cette période est relativement courte: d'environ 1740 à 1760. Cependant les bâtiments construits en style élisabéthain s'ils sont peu nombreux, ont laissé une empreinte sur l'architecture de la ville et de sa banlieue. On peut citer :
le palais Anitchkov (1741—1753), le palais Stroganov (1753—1754), le palais Vorontsov (1749—1757), la cathédrale de Smolny (1748—1754), le palais Catherine (1752—1758), le Palais d'Hiver (1754—1762), le grand palais de Peterhof (1745—1755), la cathédrale Saint-Nicolas-des-Marins de Saint-Pétersbourg (1753—1762), la maison I. Choubalov à la rue italienne (1753—1755), la châsse Alexandre Nevski
N'ont pas été conservés jusqu'à ce jour le palais d'été d'Élisabeth Petrovna (1741—1744), le palais Ekateringofski (1747—1750), le palais Srednerogatski (1751—1754), la maison de maître Iakovlev (1762—1766).
Classicisme
Classicisme de Catherine Le classicisme précoce dans l'architecture de Saint-Pétersbourg date environ des années 1760 à 1780 La confusion dans les termes classicisme et néo-classicisme est apparue du fait qu'en France le style classique est le style du , le style . Sous l'appellation néo-classicisme on entend en France le style de la seconde moitié du et du début du de 1750 à 1830. Or cette même époque 1750-1830 est classée en Russie (comme en Allemagne) en matière d'architecture, sous l'appellation du classicisme +PériodeEuropeRussieclassicisme—fin du — milieu du néo-classicisme classicisme russefin — début néoclassicisme (rétrospectivisme). Cette période de l'histoire de Russie est souvent appelée période du despotisme éclairé, pour souligner le caractère contradictoire de ce concept mis en pratique par . Le Classicisme en Russie incarnait l'idée d'un développement progressif, d'un ordre harmonieux, de simplicité et de grandeur pour le plus grand des états européens. Les manifestations extérieures du classicisme dans l'architecture sont devenues l'utilisation des ordres architecturaux antiques, la retenue et la monumentalité de la composition.
Un des premiers édifices du style classicisme précoce est le palais du comte Kirill Razoumovski (aujourd'hui bâtiment de l'université Herzen, quai Moïka, 48), construit entre 1762 et 1766 par Alexandre Kokorinov et Jean-Baptiste Vallin de La Mothe. Dans l'architecture du palais sont utilisés des éléments du palais Ioussoupov de la Moïka et de l'ordre corinthien, des arcades, des bas-reliefs, bien que l'influence baroque soit encore visible dans la décoration de la façade. La solennité du palais est soulignée par une cour d'apparat, un haut mur de clôture et des portes monumentales face à la bergeДворец Разумовского.
C'est par la créativité de deux maîtres remarquables du classicisme précoce que se distingue le bâtiment de académie russe des beaux-arts sur l'île Vassilevski (1764-1788, aujourd'hui dénommé Institut de peinture, de sculpture et d'architecture Ilia Répine, Quai de l'université, 17); le corpus des jeux de balles du corpus des cadets (1771-1773, aujourd'hui département de culture physique et des sports de l'université d'État de Saint-Pétersbourg, Quai de l'université, 9) Corpus des jeux de balles de l'université Корпус «для игры в мяч» университета; le palais du comte A. P. Chouvalova (1770, aujourd'hui palais Ioussoupov de la Moïka, quai Moïka, 94). Jean-Baptiste Vallin de La Mothe érige le pavillon nord et le jardin suspendu du Petit Ermitage (1764-1775, quai des palais, 36), avec lequel débute le Petit Ermitage à la construction de laquelle Georg Friedrich Veldten participe comme assistant de Bartolomeo Rastrelli. Parmi les bâtiments réalisés par ce dernier, on peut compter la Société pour l'éducation de jeunes filles nobles à l'institut Smolny des jeunes filles nobles (1765-1775, rue Smolny, 3). L'architecture de cette école est sévère et seule la façade donnant sur la Neva est garnie de portiques de l'ordre ionique. Georg Veldten construit aussi suivant son propre projet le Grand Ermitage(1771-1787, quai des Palais, 34), et encore l'église arménienne Sainte-Catherine (1771-1776, perspective Nevski, 40-42; l'église luthérienne Sainte Catherine 1768-1771, Grande perspective de l'île Vassilevski, 1); et l'église Sainte-Anne de Saint-Pétersbourg (1775-1779, Kirotchnaïa, 8).
Antonio Rinaldi réalise quelques édifices de cette période, mais ses travaux principaux se trouvent à Gatchina, Tsarskoe Selo, Oranienbaum. À Saint-Pétersbourg, on peut voir aussi son monumental palais de Marbre (1768-1785, rue Millionnaïa, 5; filiale du Musée Russe), qui pour la première fois voit sa façade garnie de marbres décoratifs, et le complexe d'entrepôt Bouian Touchkov (1763-1772, Grande perspective du côté de Petrograd, 1а).
Classicisme strict Le classicisme strict s'épanouit de 1780 à la fin du . Le terme catherinien est souvent utilisé pour désigner le début du classicisme en même temps que les périodes du règne de , de 1762 à 1796. Cette période est marquée par l'adhésion stricte à un ordre architectural décrit par Vitruve et plus tard Andrea Palladio, c'est-à-dire un ordre basé sur la disposition symétrique rectangulaire des bâtiments, une utilisation généralisée des colonnades, des arcades, des portiques, des frontons. Les intérieurs sont décorés de copies ou de motifs de l'art de la Grèce antique des sculptures, des éléments connus de civilisations anciennes.