ou Seigneur de guerre au Québec est un film franco-germano-américain écrit et réalisé par Andrew Niccol et sorti en 2005. Il met en scène Nicolas Cage, Jared Leto, Bridget Moynahan, Ethan Hawke et Eamonn Walker dans les rôles principaux.
Le film raconte l'histoire de Yuri Orlov (interprété par Nicolas Cage), un Américain d'origine ukrainienne sans scrupules impliqué dans le trafic d'armes international durant les années précédant et suivant la chute de l'Union soviétique.
Il reçoit à sa sortie un accueil mitigé. Si beaucoup ont salué le message de la séquence d'ouverture et la performance de Nicolas Cage dans le rôle de Yuri, mais ont été critiqués pour son manque de cohérence et le traitement du personnage de Yuri. Avec 72,6 millions de dollars de recettes, il est considéré comme un échec commercial. Une suite, Lords of War, est cependant en développement.
Synopsis Yuri Orlov (Nicolas Cage) et son frère Vitali (Jared Leto) sont nés dans l'Ukraine soviétique durant la guerre froide. Leurs parents émigrent à cette époque aux États-Unis en se faisant passer pour des juifs persécutés. Rapidement, Yuri se fait une place dans le trafic d'armes en commençant à vendre à des petits acheteurs dans le quartier dans lequel il a grandi, Little Odessa à Brooklyn. Il ne se préoccupe pas de l'idéologie de ses clients, ce n'est pas son affaire (). Tant que des personnes veulent et peuvent acheter des armes, Yuri répond présent.
Vitali hésite avant de suivre Yuri dans ses affaires, voulant devenir cuisinier (). Mais l'appel des « frères d'armes » est le plus fort. Lors d'une transaction, Yuri et Vitali se retrouvent contraints à accepter de la drogue à la place de l'argent convenu. Vitali deviendra vite accro, jusqu'à s'enfuir avec un sachet entier de cocaïne, vite rattrapé par son frère. Il passera plusieurs mois en centre de désintoxication.
Yuri mène sa vie de trafiquant d'armes d'un côté, et celle de père de famille de l'autre, marié au mannequin Ava Fountain. Doté d'un cynisme à toute épreuve, qui lui permet de faire face à sa conscience, Yuri Orlov sillonne le monde pour vendre ses armes, malgré les problèmes que posent les agents d'Interpol, et notamment l'agent Jack Valentine, un policier idéaliste. Malgré tout, grâce à ses arrangements avec un officier de l'armée américaine, Oliver Southern, Yuri parvient à échapper aux forces de l'ordre. Son frère lui demande un jour si sa femme est au courant et il lui répond :
Par amour pour sa femme qui découvre un jour le pot aux roses, il décide de quitter le domaine de la vente d'armes. Mais André Baptiste, le président du Liberia (inspiré par Charles Taylor) qui est son principal client, vient à sa rencontre lors d'une visite aux États-Unis, et le convainc d'y revenir en lui offrant un diamant. Malheureusement, le jour de la transaction, Vitali, témoin du meurtre sauvage d'un enfant, décide de détruire un camion transportant les armes et il se fait tuer par les miliciens. Malgré la mort de Vitali, les massacres arrivent tout de même, et Yuri reprend la phrase d'Edmund Burke :
Yuri paye un médecin pour produire un faux certificat de décès, prétendant que son frère est mort d'une crise cardiaque. Malgré cela, alors qu'il arrive à l'aéroport, une balle est détectée dans le cadavre de son frère et il est arrêté. Alors que Yuri essaie de joindre son père dans une cabine téléphonique, ce dernier ne répond pas et passe le téléphone à sa mère, qui lui répond : « Mes deux fils sont morts ! ». Valentine est content d'avoir enfin pu arrêter celui qu'il considère comme un monstre, mais Yuri détruit ses illusions en lui disant qu'il sortira, car il est un mal nécessaire, puisqu'il approvisionne en armes les ennemis des ennemis des États-Unis. Oliver Southern arrive alors, félicite Jack et laisse Yuri partir avec de l'argent.
Néanmoins, Yuri n'est pas dupe. Il sait très bien qu'un jour il servira de bouc émissaire. Il déclare alors que ceux qui hériteront de la terre seront les marchands d'armes, car tous les autres seront trop occupés à s'entre-tuer et que le secret de la survie est de .
Fiche technique
Titre original et français : Titre québécois : Seigneur de guerre Réalisation et scénario : Andrew Niccol Musique : Antonio Pinto Photographie : Amir M. Mokri Montage : Zach Staenberg Décors : Jean-Vincent Puzos Costumes : Production : Nicolas Cage, Norman Golightly, Andreas Grosch, Christopher Eberts, Andrew Niccol, Chris Roberts, Teri-Lin Robertson et Philippe Rousselet Sociétés de production : Saturn Films, Endgame Entertainment, Ascendant Pictures et VIP 3 Medienfonds Sociétés de distribution : Lions Gate Films (États-Unis), 20th Century Fox / Metro-Goldwyn-Mayer (Allemagne) et SND Films (France) Budget : 50 millions de dollars Pays de production : , et Format : couleur — 35 mm — 2,35:1 — son DTS / Dolby Digital / SDDS Genres : drame, thriller Durée : 122 minutes Dates de sortie : États-Unis : Belgique : France : Classification : États-Unis : R France : interdit aux moins de 12 ans, art et essai (visa d'exploitation délivré le ).
Distribution Nicolas Cage : Yuri Orlov Ethan Hawke : Jack Valentine Jared Leto : Vitaly Orlov Bridget Moynahan : Ava Fontaine Eamonn Walker : André Baptiste Ian Holm : Simeon Weisz Sammi Rotibi : André Baptiste Shake Tukhmanyan : Irina Orlov Jean-Pierre Nshanian : Anatoli Orlov Evguéni Lazarev : Dmitri Liya Kebede : Faith, une prostituée libérienne Jasmine Burgess : Gloria, une prostituée libérienne Tanit Phoenix : Candy, la copine de Vitaly Donald Sutherland : le colonel Oliver Southern (voix)
Sources et légende : Version française (VF) sur Voxofilm« Fiche du doublage français du film » sur Voxofilm, consulté le 4 février 2023. Version québécoise (VQ) sur Doublage Québec« Fiche du doublage québécois du film » sur Doublage Québec, consulté le 4 février 2023
Production
Le tournage se déroule aux États-Unis notamment à New York (Coney Island, Brighton Beach, etc.) et Wendover, ainsi qu'en Afrique du Sud (Le Cap) et en Tchéquie (Boží Dar).
Musique
Glory Box - Portishead For What It's Worth, interprété par Buffalo Springfield By Sea, composé par Antonio Pinto Money (That's What I Want), interprété par Flying Lizards La Vie en rose, interprété par Grace Jones Young Americans, interprété par David Bowie Coyita, interprété par Gustavo Santaolalla Cocaine, interprété par Eric Clapton It's the Most Wonderful Time of the Year, interprété par Andy Williams Le chant des bateliers de la Volga, interprété par The National Tatarstan Orchestra and Choir U Ready to Die, interprété par Quake Fade Into You, interprété par Mazzy Star Bombay Theme Tune, interprété par Allah Rakha Rahman Hallelujah, interprété par Jeff Buckley D-Tune, interprété par Zino and Tommy A Kiss to Build a Dream On, interprété par Louis Armstrong O, Little Town of Bethlehem, interprété par Sidney James Kill That, interprété par SX-10 Diarabi, interprété par Issa Bagayogo Mama Africa, interprété par Young Bakubas Bobo-Dioulasso, interprété par Cheikh Lô Le Lac des cygnes, composé par Piotr Ilitch Tchaïkovski La Chevauchée des Walkyries, composée par Richard Wagner Conscience, composé par Antonio Pinto The Promise, composé par Antonio Pinto
Sortie et accueil Critique Pour le site Allociné, les notes presse donnent un résultat de , basé sur 27 critiques, tandis que le public décerne une note globale de , fondée sur 46 640 votes. Le site Rotten Tomatoes, quant à lui, attribue la note de , attribuée sur la base de 145 critiques.
L'année de sa sortie aux États-Unis, Les Inrockuptibles n'apprécie pas le film, étant selon eux beaucoup trop sérieux dans le message de lutte contre le trafic d'armes et le fait que Nicolas Cage se retrouve à jouer dans un rôle totalement improbable.
L'année de sa sortie en France, Le Parisien parle d'un film qui séduit autant qu'il inquiète. Le Figaro apprécie le film et rappellera en 2022 que le personnage central du film est éloigné de son véritable modèle. Le Monde souligne pour sa part le côté satirique du film porté par un personnage central aussi attachant que répugnant. L'Humanité décrit le film comme une œuvre d'un réalisme terrifiant, qui passionne tout au long.
En 2007, Libération décrit le film comme ayant un scénario sans nuance, qui mêle des clichés à une révolte sincère, passant à côté de la réalité du trafic d'armes.
En 2009, Télérama apprécie le film pour son côté dénonciateur à travers l'ironie contre le politiquement correct.
En 2020, Le Nouvel Obs qualifie le film de comédie noire sur la vie humaine parfaitement documenté.
Box-office Le film sort dans le aux États-Unis et rapporte pour son premier week-end d'exploitation. Il rapporte un total de au box-office américain et au box-office mondial, résultat assez modeste par rapport à son budget. Lord of War sort en France, où il est distribué dans 337 salles, en totalisant en première semaine d'exploitation et en fin d'exploitation, soit plus de de recettes, ce qui est le meilleur résultat du long-métrage à l'international.
Autour du film
Andrew Niccol s'est inspiré de cinq véritables trafiquants d'armes pour créer le personnage de Yuri, dont le plus ressemblant est Viktor Bout , par Alain Astaud. Il a même poussé la recherche jusqu'à prendre contact avec certains de ces « professionnels ». Le personnage d'André Baptiste, le président du Liberia, serait quant à lui inspiré du véritable ancien président, Charles Ghankay Taylor. La plupart des événements du film ont des précédents, même la libération assez mystérieuse d'un trafiquant d'armes arrêté aux États-Unis. Andrew Niccol a utilisé plusieurs « accessoires » qui étaient tout à fait réels et revenant même moins cher que des factices. Pour un plan du film devant se situer en Ukraine, au lieu d'utiliser les images de synthèse pour recréer une cinquantaine de chars d'assaut, il trouva un homme en République tchèque possédant 100 chars T-72 de fabrication russe et acceptant de lui en louer quelques-uns. Il explique cela ainsi : www.allocine.fr. Les chars furent vendus peu après le tournage. Il achète également vrais VZ-58, des armes tchèques de conception proche de l'AK-47, moins chers que des faux, qu'il a ensuite revendus à perte, afin que cela ne soit pas considéré comme du trafic illégal. L'avion cargo Antonov An-12 utilisé dans le film fut loué au Russe Evgeny Zakharov et est soupçonné d'avoir servi à de vrais trafics d'armes illégaux. Il s'écrasa peu de temps après le tournage, le , tuant ses six membres d'équipage, collègues des pilotes visibles dans le film. Niccol dut signaler à l'OTAN qu'il tournait un film afin que ceux-ci ne prennent pas d'éventuels clichés satellites pour une armée en formation... Après la mort de son frère, Yuri cite Oscar Wilde : Dans la version originale du film, le Liberia est présenté comme étant un pays francophone, alors qu'il s'agit en réalité d'un pays anglophone. Le rôle d'Ava Fontaine, la compagne de Yuri Orlov, devait être initialement incarné par Monica Bellucci mais celle-ci dut renoncer pour conflits d'emploi du temps. Ironiquement, Yuri Orlov est également le nom d'un chercheur en physique nucléaire, ancien dissident soviétique et militant des droits de l'homme (voir Yuri Orlov). Interpol est basé en France à Lyon et non pas aux États-Unis et ne dispose d'aucun agent. Dans le générique de fin, il est rappelé que les plus grands marchands d'armes sont les États-Unis, le Royaume-Uni, la Russie, la France et la Chine, tous membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU.
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