Mariannig Larc’hantec, nom de scène de Marie-Annick Larhantec, est une musicienne, compositrice et enseignante française née le à Paris.
Mariannig fait partie de ce groupe de pionniers qui, au début des années 1960, se lancent à leur tour, avec enthousiasme, dans ce mouvement d'installation en Bretagne de cet instrument, pour lequel elle a développé une pédagogie et un répertoire, contribué à en faire évoluer la technologie et participé à sa reconnaissance institutionnelle.
Musicienne et harpiste, elle a réalisé de nombreux enregistrements, donné des centaines de concerts en solo, en duo ou en orchestre et joué sur les scènes des 5 continents. Son talent lui a valu de nombreuses récompenses et distinctions. Compositrice, nous lui devons notamment, outre une méthode de harpe celtique, des cahiers d’études, des pièces de concert, de musique de chambre et d'orchestre qui lui ont valu plusieurs prix internationaux de composition. Soucieuse de préparer de nouveaux harpistes, elle a accordé une place prépondérante à l'enseignement et joué un rôle clef dans son organisation. Elle a formé des centaines de jeunes harpistes et suscité chez les meilleurs d'entre eux des vocations de concertistes. Chercheuse et auteure, elle a complété ce parcours par deux cursus universitaires qui donneront lieu à la publication de plusieurs ouvrages et matière à la tenue de nombreuses conférences.
Biographie Née le à Paris, Mariannig Larc’hantec, est à la fois musicienne., harpiste., compositrice, enseignante, chercheuse, écrivain.
Elle grandit dans une famille bretonne. Son père, Yann Larc’hantec, est issu d'une longue lignée de sculpteurs dont le plus célèbre est son grand-père, Yann Larc'hantec.Le sculpteur Yann Larc'hantec (1829-1913) est l'arrière grand-père de Mariannig Larc'hantec. Il fut le dernier des imagiers bretons. On lui doit la restauration des enclos paroissiaux du nord Finistère. Il a produit de nombreuses œuvres monumentales en granit. (ou Yann LarhantecSon arrière grand-père, le sculpteur Yann Larc'hantec ou Yann Larhantec a perdu l'apostrophe de son nom au moment de la francisation des noms bretons). Muté par la fonction publique, il quitte Landerneau à l’âge de 20 ans pour Paris. Très vite, il intègre le bagad de la K.A.V.Kenvreuriezh ar Viniaouerien (Confrérie des sonneurs de biniou) en tant que sonneur de bombarde d’abord, puis de cornemuse. Il fréquente assidûment la communauté des Bretons de Paris et rencontre son épouse, Madeleine Bruneau, au cercle Celtique Nevezadur.. Sa mère, institutrice et chercheuse en pédagogie, qui a étudié le piano au conservatoire de Vannes puis à celui de Rouen, continue de jouer chaque jour. Si ses deux parents se réclament de la tradition bretonne, ils sont tous deux également ouverts à la culture classique. Les salles de concert parisiennes, les musées, l’Opéra, mais aussi la Comédie Française et le T.N.P., sont des passages obligés de l’éducation de Mariannig Larc'hantec..
L’été se passe en Bretagne où Mariannig Larc'hantec et ses sœursAnne-Marie et Armelle Larhantec. sont initiées à l’art populaire des chapelles, des calvaires et des fontaines miraculeuses ainsi qu’à la musique sacrée des pardons et celles plus festives de ce que l’on ne nomme pas encore franchement les festoù noz. Mariannig Larc'hantec grandit ainsi au sein d’une famille totalement biculturelle.
Elle commence la harpe celtique en mars 1963 aux côtés, entre autres de Kristen Noguès, Brigitte Baronnet, Rozenn Guilcher, Françoise Johannel, au sein de la Telenn Bleimor.. Quelques mois plus tard, elle entre à l’École normale de musique de Paris dans la classe de Micheline Kahn.. En 1972, elle est nommée à l’École nationale de musique de Brest afin d’y introduire la harpe celtique en tant qu’instrument de musique régionale, donc de faire pénétrer dans cette institution une musique à caractère populaire, que l’on nommera plus tard « musique traditionnelle. ». Elle y restera jusqu'en 1974. Après quelques expériences musicales et pédagogiques, elle se fixe dans le Morbihan. Elle enseignera à l'École nationale de musique et de danse de Lorient. de 1985 à 2010 et à l'école municipale de Languidic de 2011 à 2014, où elle terminera sa carrière d'enseignante.
Études musicales En 1963, elle commence l’étude de la harpe celtique dans le mouvement Bleimor, branche bretonne des scouts de France. La harpe celtique est sortie des mains de Jord CochevelouPère d'Alan Stivell. depuis à peine dix ans. Le mouvement d’éducation populaire propose un bagad pour les garçons et un ensemble de harpes pour les filles, ensemble qui est appelé « Telenn Bleimor ». Les responsables de Bleimor, P. et L. Keraod ont obtenu de la Société Martin-Luthier qu’elle leur fournisse des instruments à un prix abordable. Ils en achètent quatre. Ces harpes sont prêtées à des guides qui en font la demande et qui s’engagent à apprendre la harpe et à se produire dans les festivités du mouvement. Le répertoire étant presque inexistant, il se construit sous la direction de Denise Mégevand d’abord puis de Madeleine Buffandeau.. Lorsque celle-ci quitte l’ensemble, les participantes pratiquent leur art avec plus d’enthousiasme que de compétences. Le résultat est pourtant parfois confondant de musicalité.
La Telenn Bleimor existera de 1953 à 1974. Lorsque Mariannig Larc'hantec intègre le quatuor, Madeleine Buffandeau, prenant la suite de sa collègue Denise Mégevand, dirige alors l’ensemble. Elle vient d’obtenir son prix de harpe et son prix de musique de chambre au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Elle travaille à une thèse d’esthétique sur les modes bretons. Très vite, elle conseille aux parents de la jeune recrue de confier leur fille à Micheline Kahn, professeur à l'École normale de musique de Paris. La jeune Mariannig Larc'hantec entre à la classe de Micheline Kahn en 1964. Son professeur de solfège, Janine Richer, compositrice, l’encourage à composer. Elle est admise à la classe d’harmonie de Georges Dandelot et poursuit la composition avec Janine Richer.
En 1966, elle intègre le Cercle de musique ancienne de ParisLe Cercle de musique ancienne de Paris est aujourd'hui disparu. en tant que harpiste. Elle y étudie également la viole de gambe.
Pendant toute la durée de ses études à l’École normaleDe 1964 à 1974, puis de 1976 à 1977., elle continuera de s’intéresser au quatuor Telenn Bleimor dont elle prendra la direction en 1967. Elle continuera à faire avancer l’instrument avec ses amies, en écrivant de la musique et en formant de jeunes musiciennes, jusqu'à la dissolution du groupe en 1974.
Janine Richer, très curieuse de cet instrument qui en est à ses balbutiements, écrit pour elle « αβγ », pièce pour deux harpes celtiques qui se termine par une brillante fugue à quatre voix. Il s’agit sans doute de la première œuvre de musique contemporaine pour harpe celtique.
À partir de 1975, elle complète ses études par une formation aux méthodes actives. La pédagogie Orff retient son attentionStages réalisés sous la direction de Jos Wuytack..
Elle obtient son diplôme d'enseignement de la harpe de l'École normale de musique de Paris en 1977.
Études universitaires En 2001, elle enseigne depuis près de trente ans. Elle souhaite alors poser un regard distancié et analytique sur son activité d’enseignante. Après une maîtrise en sciences de l’éducation à l’université Rennes 2, elle intègre le séminaire de thèse de Paul Taylor et entre en tant que professionnelle associée au Centre de recherche en éducation, apprentissage et didactique (CREAD). C'est dans ce cadre qu'elle codirige avec Paul Taylor la publication de l'ouvrage collectif La poétique et la musique en éducation, croisement de regards créateurs, édité chez L’Harmattan.
2012, elle s’interroge sur son instrument d’un point de vue identitaire. Pourquoi la harpe est-elle le seul instrument de l’instrumentarium celtique à être qualifié de celtique ? Quand, pourquoi et par qui ce phénomène est-il arrivé ? Son travail de recherche aboutit à un master 2.
Son parcours atypique de musicienne et de pionnière fera l’objet de son livre La harpe, instrument des Celtes, journal de bord d’un professeur de harpe celtique qu’elle publie aux Éditions Coop Breizh.
Carrière
En 1967, Mariannig Larc'hantec prend la responsabilité de l'ensemble de harpes celtique « Telenn Bleimor », responsabilité qu’elle conservera jusqu’à la dissolution du groupe en 1974. Pendant ses années d’étude à l’École Normale de Musique de Paris, elle saisit diverses opportunités. Son passage chez Sonopresse lui ouvre les portes des studios d’enregistrement. La Société l’invite tout d’abord à accompagner un sonneur de bombarde dans le cadre de sa collection « Instruments insolites. ». Puis elle lui propose de présenter la harpe celtique dans cette collection, enfin elle lui commande un disque plus personnel. Ce sera « An hent Geltiek ». Ce travail introduit Mariannig Larc'hantec dans le milieu de la variété : une approche de la musique totalement différente de ce qu’elle connaît, une réelle formation alternative.
Elle commence sa carrière d’enseignante en 1972. Elle ouvre la classe de harpe celtique et de harpe à pédales de l’École nationale de musique, de danse et d’art dramatique de BrestConservatoire à rayonnement départemental, autrefois École nationale de musique., elle est également responsable d’une classe de piano. Elle se trouve alors dans la situation d’ouvrir également la porte de ce que l’on nommera plus tard « la musique traditionnelle ». Trente élèves sont inscrits en harpe celtique, les instruments manquent, le répertoire est quasi inexistant, le matériel pédagogique en est à ses balbutiements, l’instrument est trop nouveau pour être pensé en termes de cursus : tout est à inventer. S’appuyant à la fois sur sa culture bretonne et sur sa formation classique, elle compose, dans l’urgence, du matériel pédagogique. En 1973, elle publie « Mouvements à la corde lisseMariannig Larc'hantec (Marie-Anne LARHANTEC) - « Mouvements à la corde lisse » pour harpe celtique - Éditions Gérard Billaudot (Éditions Françaises de Musique) » aux Éditions Françaises de Musique, qui marquera le début d’un long catalogue de matériel pédagogique avant sa méthode « Harpe celtique, mode d’emploi ». Elle doit aussi écrire pour ses propres concerts, elle souhaite présenter la harpe celtique sous un jour différent de celui proposé par Alan Stivell. « La légende de la falaise de Saint EfflamL’œuvre « La légende de la falaise de Saint Efflam », est enregistrée par Mariannig Larc'hantec à la harpe, sur l'album « Chall Ha Dichall » - CD137 KERIG production - 1998, ainsi que sur l'album « A l'aube de la Harpe Celtique » par François Pernel à la harpe - 2016 », par exemple, voit le jour en 1973.
En manque d’instruments, Mariannig Larc'hantec se penche sur ce problème et travaille avec les frères Leroux, ébénistes à Guingamp et Daniel Paris, luthier à Brest, très investis dans la recherche de perfectionnement de cet instrument. Elle travaillera ensuite avec Joël Garnier., fondateur et PDG de la société Camac, cette collaboration aboutira, en 1979, à l’élaboration du modèle « Mélusine. » de Camac.
Le travail en institution ne suffit pas à combler la demande des amateurs de harpe celtique. Mariannig Larc'hantec répond à ce problème en initiant les tout premiers stages de harpe celtique au centre culturel breton de St Vincent sur Oust (56) « Ty Kendalc’h », puis dans toute la France.
Elle quitte Brest en 1976. De retour à Paris, mettant en pratique ce que l’on nomme « les méthodes activesLa pédagogie Orff » dont elle avait suivi la formation, elle crée un « jardin musical » au Pecq (78) C’est l’amorce de l’école de Musique de Le Vésinet/ Le Pecq). Puis elle retourne en Bretagne en 1978.