Pouic-Pouic est un film comique français réalisé par Jean Girault et sorti en 1963.
Adapté de la pièce de théâtre Sans cérémonie de Jean Girault et Jacques Vilfrid créée en 1952, le film raconte les mésaventures de Léonard Monestier, homme d'affaires tentant de se débarrasser d'une lointaine concession pétrolière vendue par un escroc à son épouse Cynthia. Il espère profiter de la crédulité du milliardaire Antoine Brévin, vain courtisan de sa fille Patricia.
Pouic-Pouic est mené par Louis de Funès, auparavant dans le petit rôle du valet dans la pièce et désormais en pleine ascension. Ce rôle principal de Monestier, différent de ses précédents, est un tournant dans sa carrière. En épouse excentrique, Jacqueline Maillan, elle aussi passée par les Branquignols, trouve également un rôle important. Leur fille est jouée par la débutante Mireille Darc. Ils sont notamment entourés de Philippe Nicaud, Guy Tréjan, Christian Marin, Roger Dumas et Maria-Rosa Rodriguez.
Malgré des critiques mitigées, Pouic-Pouic connaît un modeste succès, avant que le triomphe ultérieur rencontré par Le Gendarme de Saint-Tropez (1964), de la même équipe, ne le remette en valeur, lui permettant de réunir au total plus de deux millions d'entrées. À cette époque, Louis de Funès parvient tardivement à l'épanouissement de son potentiel comique et acquiert la stature de tête d'affiche comique populaire. Jean Girault et lui entament ensuite une collaboration fidèle pendant près de vingt ans.
Synopsis vignette|Le personnage de la fille Monestier est le premier rôle important au cinéma de Mireille Darc, ici en 1968. Patricia Monestier refuse chaque cadeau envoyé par un soupirant encombrant, l'héritier Antoine Brévin. Elle résiste à ses avances assidues. Sa fortune ne l'intéresse pas, elle-même vivant dans une belle villa familiale dans la campagne parisienne, son père Léonard étant un homme d'affaires aisé. Simon Guilbaud, le livreur d'un énième cadeau, lui lance en plaisantant d'épouser quelqu'un d'autre pour se débarrasser de Brévin. Patricia le prend au mot et lui propose, contre dix fois son salaire, de se faire passer pour son mari, y compris auprès de ses propres parents. Après une hésitation, Simon, séduit par la jeune femme, accepte.
Le même jour, Léonard Monestier est de passage à Paris pour ses affaires, accompagné exceptionnellement de son épouse, la fantasque et candide Cynthia. Il scrute l'évolution de ses placements à la Bourse de Paris. L'entrée étant interdite aux femmes, son épouse l'attend à la terrasse d'un café voisin. Léonard, d'habitude râleur, jubile de l'envolée du cours de ses actions. Dans les allées de la Bourse, tout le monde se méfie de l'escroc notoire Pedro Caselli, à la recherche d'une victime. Il tente de vendre la concession d'un terrain au sous-sol apparemment riche en pétrole situé sur les rives de l'Orénoque, au Venezuela. Monestier l'éconduit rapidement. À la sortie, Caselli s'arrête dans un café et sympathise avec Cynthia. Celle-ci est d'ailleurs à la recherche d'un cadeau d'anniversaire pour son mari.
vignette|gauche|Ancienne carte géographique de l'Orénoque, lieu de la concession pétrolière offerte par Cynthia Monestier à son mari pour son anniversaire. À leur retour, Cynthia pense combler son mari avec son cadeau. Il est désemparé en découvrant que l'escroc a réussi à lui vendre son arnaque, qui plus est à prix d'or, cash et surtout en ordonnant à son agent de change de liquider ses actions dont le cours devenait vertigineux. La naïveté de son épouse ne surprend pas Léonard mais la situation l'accable. Alors que le maître d'hôtel, Charles, évoque Antoine Brévin, Monestier entrevoie une solution : revendre la « fabuleuse » concession au stupide héritier, en jouant sur ses sentiments envers sa fille. Il invite aussitôt Brévin à séjourner dans sa villa. Charles apprend cependant à Léonard que Patricia s'est mariée à leur insu. D'abord incrédule, Monestier pense avant tout à son plan et demande uniquement au « mari » de quitter la villa. Il réclame ensuite à sa fille de cacher ce mariage et de jouer de ses charmes auprès de Brévin le temps d'un week-end.
vignette|redresse|Monestier tente de refourguer la concession au riche héritier Antoine Brévin, incarné par Guy Tréjan. Fou amoureux, Brévin s'empresse de venir. Monestier lui soumet aussitôt la prétendue belle affaire, aidé par Patricia. Quoique benêt, Brévin se méfie de cette propriété lointaine à la richesse incertaine. Il lui vient néanmoins à l'esprit que le fils de Monestier est alors en voyage en Amérique du Sud ; liant les deux éléments, il imagine que la découverte vient de lui. Monestier, qui n'y avait même pas pensé, va dans son sens. Brévin veut toutefois rencontrer son fils pour en connaître davantage sur la concession. Monestier est acculé. Par la fenêtre, il aperçoit Simon en train de partir. Puisque Brévin n'a jamais rencontré Paul, le véritable fils Monestier, Léonard propose à Simon, contre rémunération, de rester et se faire passer pour son fils de retour d'Amérique. Simon accepte et le reste de la maisonnée, Patricia et le valet Charles, joue le jeu. Léonard et Simon prennent un certain temps à expliquer la situation complexe à la distraite Cynthia, de promenade avec son poulet domestique Pouic-Pouic.
Fin baratineur, Simon est convaincant dans son rôle d'aventurier. Brévin met de côté ses doutes et consent à l'achat de la concession. Alors qu'il s'apprête à signer, Paul, le vrai fils des Monestier, débarque en musique accompagné d'une plantureuse Vénézuélienne nommée Palma Diamantino. Les Monestier sont sidérés et s'efforcent d'expliquer avoir en réalité deux fils partis pour la même destination. Brévin redevient méfiant. Paul est mis dans la confidence. À l'apéritif, Léonard, Simon, Paul et Patricia montent une scène pour amadouer Brévin et obtenir enfin sa signature. L'excentrique Cynthia gâche l'opération en arrivant habillée en danseuse exotique avec Palma Diamantino.
Le soir, Brévin tente de joindre son fondé de pouvoir en Corse. Monestier est désespéré puisque l'assistant convaincra sûrement Brévin de rejeter l'affaire. Cependant, le maître d'hôtel a pris les devants en demandant à une amie téléphoniste de l'empêcher d'obtenir sa communication. En parallèle, Simon et Palma se rapprochent, au grand dam de Paul. Palma ne cherche qu'à épouser un homme riche et délaisse Paul pour « l'aîné » séduisant et aventurier qu'elle voit couvert de louanges. Patricia conçoit de l'amertume à voir Simon avec une autre, bien qu'il ne soit pas vraiment son mari. Amère, elle s'en va dans les bras de Brévin, et accepte des vacances avec lui qu'elle avait toujours refusées. L'héritier, ragaillardi, confiant en ses capacités, se décide à acquérir la concession. Dans le salon, Palma et Patricia s'écharpent pour l'intérêt de Simon. Patricia lui révèle qu'il est « son mari ». Palma comprend que le véritable bon parti est le riche Brévin.
vignette|gauche|L'excentrique Cynthia Monestier promène en laisse un poulet domestique baptisé « Pouic-Pouic ».
Dans le bureau de Monestier, Brévin est malencontreusement arrosé de champagne, ce qui retarde encore sa signature au dernier moment. Palma prend soin de le sécher dans sa chambre et le séduit. Paul, espérant retrouver Palma, désire absolument se débarrasser de Brévin, en permettant à l'affaire d'enfin être conclue afin qu'il parte. Sur une idée du maître d'hôtel, Paul compte piéger Brévin. Il fait descendre tout le monde dans le salon pour une tardive partie de bridge. Pendant qu'Antoine, Cynthia, Simon et Léonard jouent, Paul allume nonchalamment le poste de radio, branché à un micro : caché dans une annexe, Charles déclame un faux bulletin d'informations dans lequel il annonce la découverte d'un gisement de pétrole près des sources de l'Orénoque. Personne n'étant prévenu de la supercherie, tous accueillent la nouvelle avec excitation. Brévin s'engage aussitôt à l'achat. Cependant, Léonard, grisé par le prétendu profit annoncé, refuse l'offre. Pire, il dit ses quatre vérités à Antoine et l'éconduit vertement. Monestier est dévasté lorsque le plan lui est dévoilé et maudit Charles et Paul de ne pas l'avoir averti.
vignette|La danseuse vénézuélienne Palma Diamantino, interprétée par Maria-Rosa Rodriguez, résout presque la situation.
Simon résout la situation dans la nuit. Il démasque « Palma Diamantino » : celle-ci n'est pas sud-américaine, se nomme en fait Régine Mercier et joue les « latinas » dans un cabaret de Pigalle (le voyage de Paul n'était donc qu'un mensonge). En échange de son silence, Simon demande à « Palma » de recommencer à séduire Brévin tout en lui faisant enfin signer la vente. Au matin, l'affaire est actée, la fausse Vénézuélienne repart avec Brévin et remet le chèque à Simon, qui le donne à Patricia. Après s'être tourné autour toute la soirée, tous deux reconnaissent les vrais sentiments les unissant. Dans sa chambre, Léonard est réveillé par la radio, annonçant à nouveau la découverte de pétrole dans la jungle vénézuélienne. Excédé, il descend s'en prendre au maître d'hôtel, avant de comprendre que l'information est cette fois-ci véridique. Monestier triomphe : la concession le rendra richissime. Il s'évanouit lorsque son entourage lui apprend, honteux, la vente à Brévin. Plus tard, Simon épouse Patricia pour de vrai, sous les regards heureux de ses parents. Cynthia révèle à Léonard avoir, pour le cadeau de mariage, …
Fiche technique
Titre : Pouic-Pouic Réalisation : Jean Girault Scénario et adaptation : Jean Girault et Jacques Vilfrid, d'après leur pièce de théâtre Sans cérémonie Dialogues : Jacques Vilfrid Musique : Jean-Michel Defaye (Édition Impéria) Décors : Sydney Bettex Photographie : Marc Fossard Son : Raymond Gauguier Montage : Jean-Michel Gautier Production : Roger Debelmas, Maurice Jacquin, Jean Girault Sociétés de production : Erdey Films, COMACICO, Story Films Société de distribution : UFA-COMACICO Budget : (soit environ en ) Pays de production : Langue originale : français Format : noir et blanc — — 1,66:1 — son mono Genre : comédie, vaudeville Durée : (). Date de sortie : France : ou selon les sources Classification : France : tous publics Affiche : Clément Hurel (France)
Distribution
Louis de Funès : Léonard Monestier Mireille Darc : Patricia Monestier Roger Dumas : Paul Monestier Jacqueline Maillan : Cynthia Monestier Christian Marin : Charles Philippe Nicaud : Simon Guilbaud Guy Tréjan : Antoine Brévin Daniel Ceccaldi : Pedro Caselli Maria-Rosa Rodriguez (créditée ) : Palma Diamantino Yves Barsacq : James, le chauffeur (non crédité) Pierre Bouteiller : lui-même, à la radio (non crédité) Philippe Dumat : Morrison (non crédité) Jacques Vilfrid et Jean Girault : les boursicoteurs discutant de Caselli (non crédité)
Production Genèse et développement vignette|alt=Photo d'un valet tenant un poulet en laisse dans sa main, tandis qu'un autre personnage caresse l'animal.|Louis de Funès et Jean Ozenne dans Sans cérémonie en 1952.