L'exploitation pétrolière en Guyane regroupe l'ensemble des actions de prospection et forage en mer, dans les eaux du département français d'outre-mer de la Guyane, en vue d'exploiter les hydrocarbures qui s'y trouvent. Entre 1975 et 2019 , huit forages de prospection et de nombreuses campagnes de suivi acoustiques sont menées par plusieurs compagnies (Elf, Esso, Exxon, Shell, Total, ...) sans résultat concluant, à l'exception du puit Zaeduys-1 réalisé en 2010. Celui-ci permet d'identifier deux réservoirs prometteurs qui ne sont pas confirmés par les forages suivants. Les responsables des compagnies pétrolières estiment qu'il n'existe pas de gisement rentable de pétrole dans les eaux guyanaises.
Les futures nouvelles explorations (et donc l'exploitation potentielle) sont arrêtées à partir de 2017 avec le vote de la loi dite « loi Hulot » du nom du ministre de l’Environnement alors en place, qui interdit la recherche ainsi que l'exploitation des hydrocarbures en France ; cette loi est remise en cause par de nombreux élus guyanais.
Contexte géologique et potentiel pétrolier
La géologie régionale est liée à la séparation de l’Afrique et de l’Amérique du Sud lors de l’ouverture de l’océan Atlantique Sud. La Guyane fait partie de la même marge conjuguée que le Sierra Leone, ce qui la différencie géologiquement des pays voisins comme le Guyana et le Suriname qui connaissent un fort essor pétrolier dans les années 2020. Le bassin sédimentaire du Guyana/Surinam est déconnecté géologiquement de celui de la Guyane, séparés par un haut structural.
Premières explorations Opérations d'exploration de ERAP/Elf Un permis de recherche d'hydrocarbures a été attribué en 1964 à la Société de Participations pour le Pétrole (PETROPAR), qui effectue une première campagne de suivi sismique de en 1965 puis cède le permis à l'entreprise de recherches et d'activités pétrolières (ERAP) en 1968.
De 1968 à 1974, l'ERAP, qui donnera plus tard naissance à Elf, réalise des campagnes de prospection sismique sur un total de . En 1975, Elf effectue le premier forage en Guyane, nommé Sinnamary-1. Réalisé à sous la surface de la mer, le puits descend à . Il est situé à . Il est abandonné le de la même année, faute de résultats concluants
Le permis de l'ERAP passe à la Société nationale ELF Aquitaine en 1977 puis est prolongé jusqu'en , et sa superficie réduite à .
Opérations d'exploration d'Exxon En 1976 et 1977, Exxon effectue deux campagnes de recherche sismique respectivement de 600 et . Entre les deux, la compagnie IFP organise également une campagne de .
En 1978, la compagnie Esso - Recherches et Exploitaton Pétrolières (REP) effectue un second forage, nommé FG2-1Réalisé à sous la surface de la mer, le puits descend à . Il est situé à .
Le puits s'avérant sec, il est abandonné.
thumb|upright=2|Carte des puits d'exploration de pétrole (en bleu) et zones de prospection 3D (en pointillé)., du permis « Guyane maritime » (en violet) et des zones de prospection et cônes sous-marins (en gris)https://www.tullowoil.com/application/files/2415/7960/2177/2012-tullow-deutsche-bank-conference.pdf. À l'ouest de la carte, les puits d'exploration réalisés au Suriname..
Permis exclusif de recherche "Guyane Maritime" Prospections sismiques En 2001, un permis d'exploration (dit "Guyane maritime") est accordé à Planet Oil Limited, une filiale de Hardman Petroleum, pour , pour une superficie de .
La compagnie effectue en 2002 et 2003 (zone ouest du permis), puis de nouveau en 2005 (zones centre et est) des campagnes de prospection sismique 2D pour un total de . En 2005 elle effectue également une campagne de prospection 3D sur . Ces campagnes aboutissent à l’identification de deux sites potentiels de forage faisant l'objet d'études plus approfondies, notamment biosédimentaires: le site "Kawana" à de profondeur, au pied du talus continental, et le site "Matamata" à de profondeur rattaché au talus continental.
Tullow Oil rachète en en Hardman Petroleum et la même année, le permis est transféré à Hardman Petroleum et prolongé jusqu'au en le limitant à la zone du talus continental. En , Gaz de France met fin à sa participation à hauteur de 20% dans le projet, après l'avoir rejoint en 2006.
De à , la compagnie Hardman Petroleum effectue une autre campagne sismique 3D sur à l’ouest du site de Kawana. Cette campagne permet d'identifier des zones potentielles d’accumulation d’hydrocarbures.
GM-ES-1 En , Hardman annonce son intention de lancer une opération de forage exploratoire nommé « Guyane Maritime Eastern Slope 1 » (GM-ES-1) et celui-ci débute finalement en . Le forage exploratoire offshore GM-ES-1 (ou Zaedyus-1) est positionné à au nord-est de Cayenne (). Le puits se situe à plus de de profondeur sous la surface de la mer, et se prolonge dans de roche sous le plancher marin (le réservoir ayant été identifié à ).
Le pétrole est, selon l'opérateur du forage, présent à grande profondeur, sur d'épaisseur (en deux réservoirs), dans des couches sableuses situées dans des grès turbiditiques en éventail datant du Crétacé supérieur, entre le Cénomanien et le Touraine. Tullow Oils évoque en 2011 une réserve possible de milliards de barils de réserves (les prévisions les plus optimistes évoquent alors une réserve de de barils.) et le lobbyist pétrolier UFIP estime en que le gisement permettrait de produire barils par jour pendant dix ans, soit 7 % de la consommation nationale. Ces estimations sont abandonnées suite aux autres forages, le PDG de Total indiquant en 2026 que le puits était estimé à de barils.
Évolution du consortium En , le permis d'exploration "Guyane maritime" est transféré à un nouveau consortium et prolongé jusque , mais en réduisant sa superficie à .
Le projet de forage est porté par la coentreprise Hardman Petroleum qui associe : le groupe Shell (45 % des parts) ; le groupe Total (25 %) à partir de ; la compagnie Tullow Oil (opérateur du forage détenant 27,5 % des parts) ; Le groupe Northpet Investments (2,5 %). Ce groupe appartient à Northern Petroleum plc qui en possède 50 % et à Wessex Exploration plc. qui possède les 50 autres pour cents des partsLes échos, Du pétrole en Guyane pour Shell et Total Pétrole-Gaz, Énergie-environnement actuShell, communiqué, 2011-09-09.
Forages exploratoires du consortium GM-ES-2 Shell organise en 2012 deux campagnes sismiques 3D complémentaire sur le site Kawana, à de la côte, de part et d’autre de la zone prospectée en 2009-2010: entre et en juillet sur la zone Est et entre et entre aout et décembre sur la zone Ouest.
Mi-2012, la compagnie pétrolière Shell reçoit les autorisations pour démarrer des forages d’exploration complémentaires, après un retard lié aux réticences de la ministre de l'environnement, Nicole Bricq.
Le puits GM-ES-2 () est creusé en amont de Zaedyus-1. Il s'agit d'un forage de délinéation au sein du système de cônes Cingulata dans lequel ont été identifiés les hydrocarbures en 2011.
En il est annoncé que le forage ne permet finalement pas de confirmer la présence d'hydrocarburesPétrole en Guyane française: Tullow Oil annonce l'échec d'un troisième forage - AFP/L'Express - « Le britannique Tullow Oil a annoncé mardi l'échec du forage d'un troisième puits au large de la Guyane française alors qu'une première découverte de pétrole en 2011 avait fait miroiter d'énormes retombées potentielles. ». mais que le puits GM-ES-2 / Zaedyus-2 n'est finalement pas connecté au puits positif, Zaedyus-1, situé à .
GM-ES-3 Le puits GM-ES-3 () vise le cône de turbidite Priodontes (d'où le surnom du puits Priodontes-1) qui fait également partie du système plus important de cônes de Cingulata comprenant le cône Zaedyus. L'objectif de ce forage d'exploration est de toucher plusieurs réservoirs du réservoirs et de mieux modéliser le système Cingulata.
Le forage débute le . En GM-ES-3 est déclaré infructueux, après avoir croisé des sables contaminés à (liés à l'éventail abyssal Bradypus), et approfondi jusqu'à pour identifier un potentiel gisement.
GM-ES-4 et GM-ES-5 Le forage GM-ES-4 (Cebus ; ), terminé en à , se solde également par un échec malgré l'abondance des sables cibléshttps://la1ere.franceinfo.fr/guyane/2013/07/24/nouvel-echec-de-la-campagne-petroliere-en-guyane-50341.html. Le puits a pénétré les objectifs primaires et secondaires du prospect, présentant d'important développements sableux visés mais sans présence d'hydrocarbures
Un cinquième forage GM-ES-5https://www.tullowoil.com/media/press-releases/drilling-update-mozambique-and-french-guiana/( est mené entre aout et à proximité de Zaedyus-1 avec pour objectif de délinéer un éventuel réservoir, comme GM-ES-2. Atteignant de profondeur, bien qu'il ait pu confirmer la présence de réservoirs géologiques, ceux-ci ne présentent aucun hydrocarburehttps://worldoil.com/news/2013/11/14/shell-fails-to-find-oil-with-tullow-in-french-guiana-well.
La plateforme Stena IceMax quitte la zone début
Opération d'exploration de Total vignette|Débat au Consulat le "Sauver le récif de l’Amazone et le climat face à Total " avec Marine Calmet, juriste de l’association NatureRights et porte parole du collectif Stop Pétrole Offshore Guyane Jean-Ronan Le Pen, co-Président de l’association ZEA et François Chartier chargés de campagne Océans chez Greenpeace France. Début 2016, Total devient seul propriétaire du permis de recherche "Guyane Maritime", à la demande des membres du consortium qui se retirent du projet faute de résultats, et en 2017 le permis est prolongé jusque .
L'objectif du forage est de reconnaître le potentiel pétrolier (hydrocarbures liquides issus d'une roche-mère d'origine cénomanienne, avec une faible concentration de gaz dissous, d’hydrogène sulfuré et de dioxyde de carbone) dans les dépôts turbiditiques du Crétacé supérieur (Campanien et Santonien) et d’âge Maastrichtien (cible secondaire). Les études sismiques ont montré un éventail de dépôts gravitaires, baptisé Nasua.
Le projet d'exploitation d'hydrocarbures a fait l'objet d'une enquête publique entre le et le . mais plusieurs associations environnementales déposent un référé suspension, considérant qu'il y a eu des irrégularités dans l'enquête publique et des défauts dans l'étude d'impact. En , Total est autorisé à forer un puits d'exploration ferme, nommé Nasua-1 (GM-ES-6), pouvant être suivi de 4 puits d'appréciation en cas de succès. Le forage démarre en à sous la surface de l'eau, avec le navire de forage DS-9 de la société ENSCO.
En l'absence d'hydrocarbures dans les formations visées, le forage a été arrêtée à de profondeur. Les formations le long du forage sont essentiellement des formations argileuses avec des intercalations de siltites et de grès. Le puits GM-ES-6 est définitivement fermé en . Le forage mené par l'entreprise étant négatif, Total indique rendre le permis "Guyane Maritime" début 2019.
Le premier , le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise rejette la demande de suspension déposée par des associations et la commune de Sinnamary mais en , il annule a postériori l'autorisation d', considérant que l'enquête publique a été mal menée. Le cout de cette dernière campagne est évalué à d'euros.
Malgré l'arrêt du projet, Total s'est engagé à dépenser d'euros pour le développement du territoire, une partie étant destinée au capital à la mise en place de la société de capital-investissements « Alise » qui devra d’accompagner des petites entreprises locales, serviront à la filière pêche, à la formation professionnelle et le reste aux énergies renouvelables et la lutte contre l’enclavement des territoires.
Conclusion du permis Présence de pétrole