Adrian Dante Ursea, né le à Slobozia, est un ex-footballeur helvético-roumain, reconverti dans les fonctions d'entraîneur.

Biographie Né à Slobozia le , Adrian Ursea grandi dans la ville de Ploiesti, située à au nord du Bucarest, où ses parents se sont installés quelques mois après sa naissance.

Il commence le football dans le club de Petrolul Ploiesti l’année de ses 8 ans.

Durant sa formation à Ploiesti, il est marqué par le travail et la philosophie de son formateur, Noni Lindenberg, qui accordait autant de valeur au travail scolaire que sportif.

Carrière de joueur

Carrière en Roumanie À la moitié de sa quinzième année, Adrian Ursea , est contingenté pour la première fois avec la première équipe du Petrolul Ploiești, qui évolue en première division roumaine. À 17 ans, le milieu de terrain effectue sa première titularisation.

En parallèle, il gravit progressivement les échelons des équipes nationales juniors, jusqu’à devenir le capitaine des M21. Milieu de terrain en vue, il attire alors les convoitises de différents clubs de Bucarest. Après des discussions avec le Steaua Bucarest et le Dinamo Bucarest, il s’engagera finalement à Victoria Bucarest, peut-être le résultat de tractations politiques dans un contexte de la fin du communisme en Roumanie.

Avec le Victoria Bucarest, il atteint les quarts de finale de la Coupe de l’UEFA (1988-1989) après avoir battu les Maltais de Sliema Wanderers, les Biélorusses du Dinamo Minsk, les Finlandais du Turun Palloseura à Turku. C’est le Dynamo Dresde qui les a écartés en quarts de finales. Aussi qualifiés pour l’édition 1989-1990, ils perdront leur premier match contre Valence.

La révolution roumaine en qui met fin au régime de Nicolae Ceausescu affecte aussi sa carrière, puisque Victoria Bucarest est dissout par la fédération de football roumaine. Adrian Ursea retourne donc dans son premier club, le Petrolul Ploiești, qui s’était qualifié pour la Coupe de l’UEFA (1990-91) et qui affrontait Anderlecht lors du premier tour de la compétition. C’est à ce moment-là qu’il commence à envisager un départ à l’étranger.

Durant le début de sa carrière professionnelle, il suit en parallèle des études, d’abord en obtenant son baccalauréat au Lycée industriel. Durant cette période, il bénéficiera de l’implication de Noni Lindenberg, qui a tenté de mettre en place des aménagements scolaires pour ses juniors, sur un principe de sport-étude. Alors qu’il vient de signer au Victoria Bucarest, il s’engagera ensuite dans 5 ans d’études à l’Institut du Pétrole et du Gaz de Ploiesti, pour y devenir ingénieur. Il est alors l’un des seuls joueurs professionnels de Roumanie à suivre des études en parallèle d’une carrière professionnelle de footballeur. Son départ à l’étranger l’empêche de compléter sa formation, malgré les 5 années validées avec de bons résultats.

Carrière internationale Passé par toutes les catégories juniors, Adrian Ursea sera même désigné capitaine lorsqu'il évoluait en M21.

En 1990, l’équipe nationale de Roumanie est qualifiée pour la Coupe du Monde en Italie. D’abord retenu dans le groupe, il fera partie des trois derniers joueurs écartés, après avoir effectué toute la préparation.

Il comptera tout de même 4 sélections avec l’équipe nationale roumaine.

Cette situation le pousse à envisager un départ et un engagement à l’étranger dès qu’une offre lui serait proposée.

Carrière en Suisse Au printemps 1992, le FC Locarno en Suisse italophone lui propose un contrat. Il s’envole alors pour le sud de la Suisse au mois de février pour rejoindre l’équipe entraînée par Roberto Morinini qui évolue en Ligue Nationale B.

Il honorera son contrat jusqu’à la fin de la saison. Il s’engage alors dans le club genevois de CS Chênois qui évolue aussi en D2 Suisse. Il y fait la connaissance de l’entraîneur Radu Nunweiller, qui était aussi un des joueurs les plus en vue dans l’histoire du football roumain.

Cette rencontre est cruciale dans son choix de continuer dans la formation après sa carrière et de s’engager en tant qu’entraîneur. C’est lui qui lui permet de s’intéresser en profondeur aux principes de jeu et à la tactique. La dimension de plaisir, pour les joueurs et le public, de son approche du jeu, mais aussi de la progression individuelle et collective des joueurs, dans un univers sportif professionnel, est une découverte qui marquera Adrian Ursea pour longtemps.

Deux mois après son engagement à l’été 1993, il se déchire les ligaments croisés à l’âge de 24 ans. Cette blessure remet beaucoup de choses en questions pour Adrian Ursea et sa femme, qui l’a suivi en Suisse. Alors qu’il était sur le point d’abandonner l’université, l’avenir semble flou pour le couple. Après une opération et une année de convalescence, il peut réintégrer le groupe de Radu Nunweiller.

Il commence aussi à préparer ses diplômes d’entraîneur à cette période-là.

En , après sa convalescence, Adrian Ursea fait le pari de relancer sa carrière en Roumanie, au Rapid Bucarest. Mais la situation dans le club et des dissensions entre le joueur et le club font qu’il quitte la structure rapidement, après avoir disputé deux rencontres pour le club de la capitale roumaine.

Il évolue alors une demie saison à Carouge, puis au FC Bulle avant de s’engager à Vevey Sports. Entre 1997 et 1999, alors qu’il joue au Stade Nyonnais, Adrian Ursea commence aussi à entraîner. Régulièrement, il donnera des entraînements spécifiques aux M21 de Lausanne-Sport, qui partage le même président que son club du moment.

S’il s’est longtemps dit déçu de ne pas avoir évolué au plus haut niveau helvétique ou européen, son expérience en Suisse lui ouvre les yeux sur l’importance et la richesse du football amateur. Alors qu’il a connu le football professionnel depuis l’âge de 15 ans, qu’il comptait 180 rencontres de première division roumaine à 23 ans, il découvre aussi la résilience, à travers sa blessure et le fait d’évoluer en D2, qui est un aspect primordial de la mentalité d’un sportif à ses yeux.

Carrière d'entraîneur Sa première mission de coach, il la vit à Vevey Sports en tant qu’entraîneur-joueur durant une saison.

Premier engagement à Servette

2001-2002 Après cette année, Lausanne-Sport lui propose un poste d’entraîneur principal d’une équipe de jeunes. En parallèle, Lucien Favre qui entraîne le Servette FC, est à la recherche d’un adjoint. Ils sont mis en contact par un ami en commun et se découvrent une affinité au niveau du football et de la manière de concevoir le jeu. Adrian Ursea, bien que sur le point de s’engager au Lausanne-Sport, rejoint finalement le staff de Lucien Favre.

Cette année-là, le club vainqueur de la Coupe de Suisse l’année précédente fera une belle aventure en Coupe UEFA. Avec Alex Frei, Eric Pédat, Sébastien Fournier ou encore Hilton dans son effectif Servette tombe en huitièmes de finale contre le FC Valence, après avoir éliminé le Slavia Prague, le Real Saragosse et le Hertha Berlin.

À la fin de la saison, l’UEFA décide de réguler les propriétaires de clubs, de manière à éviter les conflits d’intérêts. Ainsi Canal +, qui possédait Servette, mais aussi le Paris Saint-Germain, est contraint de changer son fonctionnement. Le groupe est alors contraint de tout faire pour vendre le club et Lucien Favre est démis de ses fonctions. Dans un premier temps, Adrian Ursea veut le suivre, mais le Vaudois parvient à le convaincre de rester honorer la fin de son contrat et engranger de l’expérience.

2002-2003 : Premier intérim C’est Roberto Morinini qui est ensuite placé à la tête du club Grenat, en proie à de fortes tractations et conflits d’influence en coulisse. En tant qu’adjoint, Adrian Ursea retrouve le premier entraîneur avec qui il a travaillé en Suisse au FC Locarno. Après un tour préliminaire difficile, où Servette termine juste au-dessus de la barre, Roberto Morinini est écarté du club trois matchs après le début du tour de promotion et Adrian Ursea réalise alors son premier intérim en tant qu'entraineur principal au plus haut niveau.

Le , Servette commence aussi à jouer dans son nouveau stade de la Praille. Adrian Ursea est à ce titre le premier entraîneur à remporter un match sur le banc du nouveau stade avec les Grenat (3-1 contre Thoune le ). Il est aussi à ce moment-là le plus jeune entraîneur du championnat helvétique (37 ans).

2003-2004 La saison suivante, le club est toujours embourbé dans des difficultés administratives, avec des changements à la direction qui préfigurent la faillite à venir. La direction décide d’engager Marco Schällibaum, alors en poste à Young Boys, pour le rôle de coach principal. Adrian Ursea, encore une fois, reste fidèle au club et revient au rôle d’adjoint, estimant avoir encore besoin de se former avant de prendre définitivement la tête d’un club de première division. Servette termine à la troisième place du classement de Super League et est engagé dans le deuxième tour de qualification pour la Coupe UEFA.

2004-2005 : Deuxième intérim Au départ de la saison 2004-2005, Servette est toujours sujet à des problèmes internes. Le club sera d’ailleurs sanctionné de trois points de pénalité avant même le début de la saison pour des irrégularités au niveau des qualifications des joueurs.

Après un début de saison catastrophique, Marco Schällibaum est écarté du club après 5 rencontres, le . Adrian Ursea commence alors son deuxième intérim à la tête de la première équipe. En arrivant à la trêve hivernale, après 13 journées sous les ordres de l’entraîneur intérimaire, Servette se classe 8e, à 8 points de la deuxième place avec 20 points. Il en comptabilisait -2 après 5 journées.

Cet intérim dure jusqu’au , date à laquelle le club est déclaré en faillite par la justice genevoise.

Durant cette période trouble, l’entraîneur solidifie la solidarité au sein d’un groupe qui expérimente les retards de salaires et le délitement de la structure de Servette. Une période qui a aussi marqué plusieurs des anciens joueurs. Ensemble, ils expérimentent l’aspect formateur de l’échec.

En 2020, à l’occasion de la nomination d’Adrian Ursea à Nice, d’anciens joueurs, dont Oscar Londono, s’exprimaient dans la presse au sujet de son ancien entraîneur : “On voyait qu’il y avait une collaboration saine et constructive dans le staff. Il y avait de la continuité et de la qualité aux entraînements, une ligne directrice. Après, Morinini est arrivé avec des idées totalement différentes: un jeu plus défensif, on subissait et on jouait les contres. Ce n’est pas ce dont Adrian est fan, mais il a été correct et s’est adapté.”

Dans le même contexte, Christian Karembeu s’est aussi remémoré son expérience genevoise, avec Adrian Ursea pour Ouest France: “C’est un gars super, très proche des joueurs, à leur écoute. C’est un homme toujours droit. Toujours à la recherche du jeu. C’est aussi un gagneur”.

Même son de cloche pour Viorel Moldovan: “J’ai eu de très bon rapports avec lui. C’est un très bon garçon, équilibré, intelligent, capable de faire de bonnes choses, dans le travail et avec des jeunes. J’ai beaucoup de respect pour lui”.

Après cette faillite, il passera ensuite un moment dans le staff du Meyrin FC en 2005.

Responsable de la formation à Neuchâtel Xamax (2007-2011) Après la faillite du club genevois, deux voies se présentent à Adrian Ursea: continuer dans une structure professionnelle, mais avec des possibilités limitées ou s’engager dans une structure de formation. Il reçoit alors une proposition de Neuchâtel Xamax pour devenir responsable technique et donc chef de la formation.

Il y voit une occasion de compléter ses connaissances et son approche du football, puisqu’il avait presque directement commencé dans des rôles d’adjoints du plus haut niveau helvétique.