, né le à Magescq, est un joueur international français de rugby à XV qui évolue au poste de centre du milieu des années 1960 à celui des années 1970. Il commence sa carrière avec le club landais de l'Union sportive dacquoise.
Il compte 33 sélections en équipe de France entre 1966 et 1975, avec dix essais à son actif. Parmi les lignes arrières tricolores, il est l'un des acteurs des deux victoires consécutives lors du Tournoi des Cinq Nations en 1967 et 1968, avec un Grand Chelem à la clé, ainsi que lors de la victoire partagée de 1973. Capitaine de l'équipe à trois reprises, il participe également à six tournées dans les nations de l'hémisphère sud.
Fidèle à son club durant toute sa carrière, avec douze saisons en équipe première, il s'incline avec les Dacquois en finale du championnat de France en 1966, avant de remporter à deux reprises le challenge Yves du Manoir.
Son fils, Richard Dourthe, connaît une carrière au parcours similaire, formé à l'US Dax et évoluant au même poste, avant de porter le maillot de l'équipe de France.
Biographie Jeunesse Claude Dourthe grandit dans son village natal de Magescq, dans le département des Landes, dans le Sud-Ouest de la France, auprès de Yves, l'un de ses deux frères aînés, ainsi que de ses amis d'enfance Claude Barrère et Georges Capdepuy.
Enfant, il étudie à l'école communale de Magescq, puis à partir de la rentrée 1961 au collège d'enseignement général de Soustons. Au sein de ce dernier, il pratique régulièrement le rugby sous son format à sept adapté aux compétitions scolaires, entraîné par le professeur Desclaux. Aligné au poste de centre avec l'équipe minimes, il remporte la Coupe inter-régionale à sept. L'année suivante, le collège de Soustons remporte le championnat des Landes cadets à sept, s'imposant contre l'équipe de l'Union sportive dacquoise, club de la sous-préfecture sur le score de , avec deux essais marqués par Dourthe.
vignette|alt=Photographie en noir et blanc imprimé en sépia sur carte postale. De jeunes gens jouent sur un terrain de rugby avec un bâtiment qui domine le terrain, derrière les poteaux de rugby.|Claude Dourthe étudie dans sa jeunesse à l'École supérieure de Dax (ci-contre en arrière-plan derrière le terrain de rugby du champ de Cuyès). Titulaire du Brevet d'études du premier cycle, il continue ses études à la rentrée 1964 à l'École supérieure de Dax. Fréquentant des joueurs de l'US Dax, il est alors repéré par des membres du club ; contre la volonté de sa mère, il dispute une mi-temps d'une rencontre avec les cadets du club contre celui du Peyrehorade sports, inscrivant trois essais et étant au cœur de l'action de deux autres. Il porte encore à deux reprises le maillot dacquois cette saison. Avec l'équipe scolaire de l'École supérieure, il s'essaie très brièvement au poste de troisième ligne aile.
Reçu pour intégrer l'École normale, il intègre celle d'Agen à défaut de place disponible à celle de Dax. En Lot-et-Garonne, sa réputation arrive jusqu'au président du club du Sporting Union agenais, Pierre Lacroix, par l'intermédiaire de son oncle ; le président lui fait ainsi signer une licence avec le club agenais. Néanmoins, la directrice de l'École normale d'Agen, opposée à la pratique du rugby, ne délivre pas à Dourthe d'autorisation pour pratiquer ce sport dans un club civil ; il n'évoluera ainsi jamais sous les couleurs du SU Agen. Également interdit de rugby dans le milieu scolaire, il pratique le cross en parallèle de ses études d'instituteur, en concurrence avec Charles Nieucel, futur joueur du SUA ; il s'inscrit aussi aux sections de nombreux sports collectifs, principalement du handball, ainsi que du volley-ball et du basket-ball.
Bien qu'il étudie en Lot-et-Garonne, Dourthe reste suivi par des membres de l'US Dax ; alors qu'il rentre dans les Landes lors de vacances scolaires de Pâques 1965, il est convoqué par Jean Bachelé, entraîneur des cadets dacquois ; il dispute les quarts de finale du championnat de France contre le CA Bègles, participant à la victoire avec deux essais inscrits, puis contribue à l'accession des jeunes Dacquois en finale, marquant un essai décisif contre le CA Lannemezan. Le , la date de la finale coïncidant à une permission de sortie, il se déplace à Arcachon pour affronter le Stade toulousain. Ces derniers font figure de favoris, avec un paquet d'avants au physique plus robuste que celui des Landais, et alignant aux ailes Jack Cantoni et Michel Jacomet. Dourthe, alors d'un gabarit de , marque un but au pied puis un essai ; les Dacquois, plus rapides que des Toulousains s'imposent finalement sur le score de . Ses performances avec les cadets dacquois, bien qu'il n'ait joué avec eux que , lui permettent d'être repéré par Jean Desclaux, entraîneur de l'équipe première, sur les recommandations de Jean Bachelé.
Premiers pas jusqu'en finale avec Dax Après son parcours avec les cadets de l'US Dax, Dourthe retourne à son quotidien d'étudiant à Agen, loin des terrains de rugby. Deux semaines après la finale jouée avec les cadets dacquois, il assiste à la rencontre amicale organisée dans la préfecture lot-et-garonnaise, opposant le SU Agen local, tout juste sacré champion de France, à l'US Dax. Après l'avoir aperçu dans les tribunes, l'entraîneur dacquois Jean Desclaux le convie de manière improvisée à disputer une partie de la rencontre : Claude Dourthe porte ainsi le maillot de l'équipe première pour la première fois, alors âgé de et demi. Trois jours plus tard, il est invité par le club rouge et blanc à se rendre le dimanche à Brive-la-Gaillarde pour un autre match amical des Dacquois, cette fois chez les finalistes du championnat, le CA Brive. Ces premiers pas avec le groupe lui permettent de participer aux entraînements durant les vacances scolaires, auprès notamment des internationaux Pierre Albaladejo, Jean-Claude Lasserre, Pierre Darbos, ou encore Marcel Cassiède.
vignette|alt=Photographie en noir et blanc. Vue aérienne d'un stade avec des tribunes, près d'un autre terrain sans tribunes et d'un cours d'eau.|Dès sa première saison avec l'équipe senior de l'US Dax, Dourthe participe à la finale du championnat de France, au stadium municipal de Toulouse en 1966 (ci-contre en 1961), à l'issue de laquelle il s'incline. Admis sans heurt au sein de l'équipe fanion, le statut étudiant de Dourthe et les kilomètres séparant Dax et Agen gênent ses participations dominicales au championnat de France ; la composition de la poule lui permet tout de même de jouer sous le maillot dacquois. N'ayant aucune chance d'obtenir une dérogation de la part de la directrice de l'École normale agenaise, les dirigeants dacquois œuvrent pour s'assurer les services du joueur. Parmi eux, Chaboz fait spécialement des détours avec son véhicule, notamment pour une rencontre chez la Section paloise pour laquelle il rejoint Agen afin de l'emmener dans le Béarn, avant de le ramener le dimanche soir à l'École normale. À l'École normale d'Agen, Claude Dourthe et son camarade Jacques Pons, licencié à l'US Foix et évoluant lui aussi le dimanche en équipe première, créent une équipe scolaire de rugby, bien qu'ils n'aient pas le support de la directrice de l'établissement ; néanmoins, à la suite d'une convocation disciplinaire des deux joueurs, ils sont tous les deux placés en liste de transfert disciplinaire : alors que Pons est envoyé à l'École normale de Dax, Dourthe prend la direction de celle de Lescar, dans le Béarn. L'établissement de l'arrondissement palois, largement plus favorable à la pratique de l'ovalie que celui d'Agen, permet à Dourthe de pratiquer le rugby à un rythme régulier ; il y remporte notamment le titre de champion académique junior contre le lycée de Pau, avant de s'incliner contre la même équipe lors de la première édition du championnat de France scolaire. Durant les vacances de Pâques, il est sélectionné avec l'équipe de France scolaire, affrontant son homologue anglaise à Bordeaux. Avec l'US Dax, il est mis en concurrence avec deux autres centres, Jean-Claude Sanz et Claude Dufau ; il participe aux phases finales du championnat, marquant l'essai de la victoire en prolongations de la demi-finale contre le SC Graulhet à Bordeaux.. Il est à nouveau retenu pour la finale, alors âgé de et demi. ; l'USD s'y incline contre le SU Agen, dans un match qui sera retenu comme , marquée par plusieurs bagarres entre avants, et n'ayant permis aux lignes arrières de s'exprimer qu'en seconde mi-temps..
En , le président dacquois René Dassé pousse le centre magescquois à entreprendre des études supérieures, et lui propose, à titre personnel, de financer une partie de ses frais de scolarité en échange de sa fidélité au club rouge et blanc. Après un temps de réflexion, Dourthe choisit de se diriger vers la profession de chirurgien-dentiste.
Appel en équipe de France et première tournée internationale La saison suivante, le départ de Sanz des lignes arrières dacquoises garantit à Dourthe, en plus de ses précédentes prestations, le poste de titulaire sous le maillot rouge et blanc. Le , il retrouve le maillot de l'équipe de France, cette fois en catégorie junior ; il s'impose contre l'Allemagne à Forbach sur le score de , derrière les avants Claude Spanghero et Daniel Herrero, déjà côtoyés lors de sa sélection scolaire quelques mois plus tôt. La presse l'identifie alors comme un éventuel successeur à un autre centre landais parti à la retraite il y a peu, André Boniface. Le , il participe au traditionnel match entre les sélections de Côte basque et de Paris, au Parc des Princes ; il contribue à la victoire en servant son ailier Bernard Duprat à deux reprises pour l'essai. Adolphe Jauréguy, président de la commission de sélection de la Fédération française de rugby, le convoque alors dans l'effectif de l'équipe de France, deux semaines plus tard. Claude Dourthe obtient alors sa première cape internationale, affrontant la Roumanie à Bucarest, le , dans le cadre de la Coupe des nations FIRA ; âgé de et , il devient alors le plus jeune international de l'histoire du rugby français.. Dans une rencontre , il s'accroche notamment avec l'ailier Ciobănel, mais ne réplique pas étant donné son statut de jeune international.
vignette|gauche|alt=Photographie en couleurs. Aux abords d'un stade qui s'élève sur la droite, une porte est surmontée de sculptures d'un lion et de joueurs de rugby.|La paire Dourthe-Lux est associée pour la première fois en , au stade de Twickenham (ci-contre l'entrée Ouest historique). Rappelé au printemps sous le maillot tricolore, Dourthe participe aux quatre rencontres du Tournoi des Cinq Nations 1967 ; il joue ainsi son premier match du Tournoi, au stade olympique Yves-du-Manoir contre l'Écosse. Insatisfait de sa prestation contre les Roumains, il fait preuve d'un match plus appliqué, servant Duprat pour le premier essai français après avoir passé le premier rideau de la défense, sur une passe de Gachassin. Avec la blessure du deuxième centre, Jo Maso, les Écossais reviennent au score et enlèvent la victoire. À Londres, il est associé à Jean-Pierre Lux, centre landais de l'US Tyrosse dont c'est la première sélection, alors que c'est seulement la quatrième du Dacquois. Devant la grandeur de l'événement au stade de Twickenham et la pression qui en découle, les deux centres landais sont soutenus par des cadres du XV tricolore eux aussi originaires des Landes, Christian Darrouy, ailier du Stade montois, ainsi que les frères Guy et Lilian Camberabero, la charnière tyrossaise « expatriée » au club de La Voulte sportif. Durant le match, servi par une passe de Walter Spanghero, le centre dacquois marque son premier essai international contre l'Angleterre, selon ses propres dires, après une course de . Quelques minutes plus tard, Lux lance quant à lui Duprat pour un nouvel essai. Dourthe contribue à la victoire des Français sur le sol anglais. Malgré la défaite initiale en ouverture contre les Écossais, l'équipe de France remporte le Tournoi.