La route 138 (R-138) est une route nationale québécoise et l'une des plus anciennes routes du Canada. Elle suit une orientation est / ouest et est située en grande partie sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent. Elle dessert les régions de la Montérégie, de Montréal, de Lanaudière, de la Mauricie, de la Capitale-Nationale et de la Côte-Nord. Elle est la seconde route la plus longue du Québec, avec une longueur de depuis son prolongement vers Kegaska, en 2013.

La route 138 est parallèle à l'A-40 entre Montréal et Québec. Cette partie de la route 138 est connue sous le nom de « Chemin du Roy » et elle conserve une fonction touristique et de desserte locale. Son parcours est plus panoramique que l'A-40, qui est par contre plus directe.

Historique

vignette|gauche|La route 138 longe le Saint-Laurent à Batiscan, située à une trentaine de kilomètres à l'est de Trois-Rivières. La construction du premier tronçon de la route 138 a commencé en 1731 afin de relier les différentes seigneuries établies sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent entre Montréal et Québec. La route a été construite en six ans dans le cadre de «corvées du Roy», auxquelles les habitants riverains devaient participer, d'où le nom de «chemin du Roy», qui désigne encore cette route près de trois siècles plus tard. Au moment de son ouverture, le trajet de prenait quatre jours en calèche ou deux jours pour un cheval au galop. Des postes relais avaient été aménagés le long de la route afin de faciliter les déplacements.

Le chemin du Roy conserve son rôle de route principale jusqu'à l'ouverture de l'A-20 et de l'A-40, dont la construction a été complétée dans les années 1980. En , elle sert de décor à la visite triomphale du président français Charles de Gaulle au Québec.

Sur la Côte-Nord, la route 138 est construite par étapes tout au long du , permettant de désenclaver graduellement des différents villages bordant le Saint-Laurent. La route, alors connue sous l'appellation route 15 relie d'abord Tadoussac, sur le bord de la rivière Saguenay à Portneuf-sur-Mer à compter de 1931. Elle est prolongée jusqu'à Baie-Comeau en 1943 et jusqu'à la rivière Moisie, à une vingtaine de kilomètres à l'est de Sept-Îles en 1961.

De la rivière Moisie à Kegaska Jusqu’en 1976, il n'existe pas de route en continu pour se rendre plus à l'est que la rivière Moisie. Seuls des bouts de chemins relient quelques villages côtiers entre eux. Par exemple, Natashquan se connecte à Aguanish par un chemin de terre (1959).

Le franchissement de la rivière Moisie se révèle toutefois une tâche complexe en raison de la nature sablonneuse des sols, ce qui retarde le prolongement de la route vers la Minganie. Avec l'ouverture du pont sur la Moisie, la route atteint Havre-Saint-Pierre en 1976.

Huit années de travaux sont nécessaires pour prolonger la route de vers l'est, repoussant le terminus oriental de la route au village Innu de Nutashkuan en 1996. Un autre tronçon d'une quarantaine de kilomètres a été ouvert à la circulation avec la construction d'un pont franchissant la rivière Natashquan en , repoussant le terminus au village de Kegaska.

En 1984, pour commémorer le anniversaire de la venue de Jacques Cartier en Nouvelle-France, la Commission de toponymie donne le nom de route Jacques-Cartier à la partie de la route 138 située à l'est de la rivière Saguenay, de Tadoussac à Havre-Saint-Pierre. Photos

Tracé La route 138 commence à la frontière de l'État de New York, au sud-ouest de Montréal sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, comme la continuité de la route 30 de l'État de New York.

Elle traverse le fleuve Saint-Laurent sur le pont Honoré-Mercier entre Kahnawake et Montréal durant laquelle elle possède le gabarit d'une autoroute, jusqu'à son intersection avec l'A-20 à l'échangeur Saint-Pierre.

Après une très courte superposition de la route 138 avec l'A-20, la route 138 parcourt la ville de Montréal sous le nom de rue Sherbrooke, entre le boulevard Cavendish dans Notre-Dame-de-Grâce et le pont Pierre Le Gardeur à Pointe-aux-Trembles.

À cet endroit, elle quitte l'Île de Montréal en traversant la rivière des Prairies sur le pont Pierre Le Gardeur pour arriver à Repentigny sur la rive nord du fleuve. De Repentigny à Trois-Rivières, elle porte le nom de rue Notre-Dame dans la majorité des municipalités qu'elle traverse.

Elle poursuit son chemin vers l'est, traverse Trois-Rivières et atteint Québec. Elle traverse la capitale québécoise en empruntant le boulevard Wilfrid-Hamel, l'avenue Eugène-Lamontagne, la et le boulevard Sainte-Anne. Sous ce dernier nom, elle traverse toute la côte de Beaupré de Boischatel à Beaupré.

De là, la section qui s'élève vers Saint-Tite-des-Caps, à plus de 700 mètres, est populairement appelée la côte de la Miche et a été construite en 1953. La route 138 donne ensuite accès à la région touristique de Charlevoix et à ses deux plus grandes municipalités, Baie-Saint-Paul et La Malbaie. La route 138 traverse ce terrain montagneux en suivant le relief, ce qui donne lieu à des paysages spectaculaires sur une distance d'environ 150 kilomètres.

vignette|gauche|Un service de traversier gratuit permet de franchir la rivière Saguenay entre les municipalités de Baie-Sainte-Catherine et de Tadoussac. Plus à l'est, elle rencontre la rivière Saguenay à Baie-Sainte-Catherine, où il n'y a pas de pont pour la traverser. Il faut emprunter un traversier pour franchir la rivière et atteindre la municipalité de Tadoussac, point d'entrée de la Côte-Nord. Le service de bateau passeur est assuré gratuitement par deux navires de la Société des traversiers du Québec, le NM Armand-Imbeau II et le NM Jos-Deschênes II. Les moteurs des deux navires, qui ont une capacité de transport de 113 véhicules aux 20 minutes, sont principalement alimentés au gaz naturel liquéfié. Construits au chantier maritime Davie de Lévis, ils sont en service à la traverse Tadoussac-Baie-Sainte-Catherine depuis 2018.

La route poursuit sa course vers l'est en reliant une série de municipalités réparties le long de la côte. La route s'adapte au relief accidenté de la région en suivant une trajectoire sinueuse et par le croisement de dizaines de ponts qui permettent de franchir les cours d'eau qui se jettent dans le golfe du Saint-Laurent. Se succèdent les communautés des Escoumins, de Forestville et la communauté innue de Pessamit, pour rejoindre la ville de Baie-Comeau, où elle franchit les rivières aux Outardes et Manicouagan.

vignette|gauche|Panneau indiquant l'extrémité est de la route 138 à Kegaska, sur le bord du golfe du Saint-Laurent. Depuis 2013, la route 138 se termine à Côte-Nord-du-Golfe-du-Saint-Laurent. (secteur Kegaska), sur la Basse-Côte-Nord. Le périple le long de la route 138 jusqu'à son terminus oriental est devenu une activité touristique pratiquée par de nombreux Québécois. L'affluence de touristes oblige le MTQ à remplacer périodiquement les panneaux de signalisation au bout de la route, parce qu'ils sont couverts d'autocollants.

Toutefois, il existe un tronçon long de à l'extrémité est de la Basse-Côte-Nord entre les municipalités de Bonne-Espérance (village de Vieux-Forthttps://www.panoramio.com/photo/49655771 Photo à Vieux-Fort montrant la fin de la route 138 en direction ouest.) et Blanc-Sablon (portant le nom de Boulevard Docteur-Camille-Marcoux) se rendant ainsi à la frontière de Terre-Neuve-et-Labrador où la route 138 se connecte à la route 510. Pour relier le reste du Québec, à partir de Blanc-Sablon, il est possible d'emprunter sur la Translabradorienne via la route 510 qui relie Wabush à la limite du Labrador et du Québec; puis la route 389 de 594 km reliant Wabush et Baie-Comeau au Québec, en passant du côté est du réservoir Manicouagan. Ce trajet par le nord (entre Baie-Comeau et Blanc-Sablon) est de .

Véhicules électriques Malgré les distances importantes entre plusieurs communautés de la Côte-Nord, en particulier à l'est de Sept-Îles, il est possible de circuler et de recharger les véhicules électriques sur toute la longueur de la route 138. En 2016, la comédienne Christine Beaulieu avait fait le voyage jusqu'à Havre-Saint-Pierre en Nissan Leaf de première génération – avec une autonomie de – pour visiter le complexe hydroélectrique de la Romaine. Un couple de journalistes a constaté en 2020 que les villes d'importance de la région étaient toutes dotées de bornes de recharge rapide à courant continu de du Circuit électrique et que chaque village disposait d'au moins un chargeur public de 240 volt.

Projets futurs La presque totalité de la Basse-Côte-Nord n'est toujours pas reliée par la route au reste du réseau routier du Québec. Environ 400 km séparent encore Kegaska, l'extrémité actuelle de la route 138, de Blanc-Sablon, située à la frontière avec le Labrador.

Le , le gouvernement du Québec a annoncé un investissement de 122 millions $ pour compléter d'ici 2016 trois segments de la route 138 totalisant .. Ces travaux devaient permettre de relier Kegaska à La Romaine, La Tabatière et Tête-à-la-Baleine. Un tronçon de sera construit à l'ouest de Pakuashipi. Il était aussi prévu d'inclure la construction d'un pont sur la rivière Saint-Augustin dans le prochain plan quinquennal du ministère des Transports.

En 2013, le gouvernement du Québec met un terme à l'entente avec la corporation Patakan, à qui elle avait confié la gestion du projet de prolongement de la route, en raison de plusieurs problèmes de gestion et du non-paiement de certains fournisseurs. Au moment de l'arrêt des travaux, 12 km de route avaient été complétés pour un investissement de 45,5 millions $..

La construction de deux tronçons de la route 138 (Kegaska – La Romaine et Tête-à-la-Baleine – La Tabatière) devait commencer en 2019. Un montant total de 232 millions $ avait été consacré à ce projet dans le budget 2018. Les travaux de construction débutent en , avec un premier prolongement de 11 km entre l'aéroport de La Romaine et la rivière Washicoutai. Les travaux de construction sur ce tronçon ont été confiés à la communauté innue de Unamen Shipu.

vignette|gauche|La route 138 sera prolongée entre Kegaska et La Romaine d'ici 2025. Ce tronçon de longera la ligne électrique mise en service en 2022. Dans le cadre de ce nouveau projet de prolongement, le gouvernement entend construire deux tronçons: le premier reliera Kegaska et La Romaine sur une distance d'un peu moins de 49 km, alors que le second reliera les communautés isolées de Tête-à-la-Baleine et La Tabatière, sur environ 30 km. Le projet de trois ans d'une valeur de 695,5 millions $ comprend l'érection de 13 ouvrages d'art sur le premier tronçon et de 5 ponts sur le second.

Les travaux de prolongement coïncident avec l'érection d'une ligne de distribution électrique reliant Natashquan et La Romaine qui emprunte sensiblement le même tracé que celui du prolongement de la route nationale. La nouvelle ligne à 34,5 kV a été mise en service en .

En 2026, la portion entre la rivière Washicoutai et La Romaine est terminée depuis 2024. Le pont de la rivière Washicoutai a été achevé à la fin de 2025 et de petits travaux de parachèvement sont prévus en 2026. À l'ouest de La Tabatière, les travaux entrepris au printemps 2024 se poursuivent jusqu'à l'automne 2026 et comprennent notamment la construction du pont sur la rivière du Gros Mécatina. Les tronçons entre La Romaine et Tête-à-la-Baleine, ainsi qu'entre La Tabatière et Vieux-Fort, demeurent à l'étude.

Le gouvernement du Québec étudie également la possibilité de construire un pont à l'embouchure du fjord du Saguenay au-dessus de la rivière Saguenay entre Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine. En 2026, une analyse comparative de projets de ponts majeurs est menée à l'échelle internationale afin de dégager des tendances concernant la construction de ponts de grande portée en milieu escarpé.

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