Lélection présidentielle algérienne de 2019 a lieu le en Algérie, après deux reports dans la même année.
Initialement prévu pour le , le scrutin devait voir la candidature d'Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat présidentiel. Mais des manifestations d’ampleur amènent le président sortant, très affecté par la maladie, à retirer sa candidature et à reporter l’élection sine die. La contestation se poursuivant, il démissionne de la présidence le . Abdelkader Bensalah assure l’intérim et annonce la tenue de l’élection pour le . Le , le Conseil constitutionnel reporte l'élection sine die. En , alors que les manifestations se poursuivent, le scrutin est, à l'initiative de l'armée, fixé au . Les cinq candidatures retenues en sont celles de personnalités du régime.
Le scrutin, boycotté par une forte majorité de la population, enregistre une abstention et un nombre de votes blancs record. Abdelmadjid Tebboune est élu dès le premier tour avec 58,13 % des suffrages exprimés.
Contexte Manifestations contre une cinquième candidature de Bouteflika
vignette| Manifestants le à Blida. L’annonce de la candidature d’Abdelaziz Bouteflika pour un cinquième mandat alors qu'il n’est pas en mesure de faire campagne, comme en 2014, provoque des manifestations (appelées « Hirak ») dans les principales villes d’Algérie.. et dans des pays où l'immigration algérienne est significative.. La campagne officielle commence trois semaines avant le premier tour. Une lettre lue au nom du candidat Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat précise qu'en cas de réélection le mandat serait écourté après tenue d'une conférence nationale faisant suite à l'élection. Alors qu'une candidature est déposée en son nom, des manifestations d'une ampleur inédite dans le pays ont lieu pour s'opposer à cette cinquième candidature..
Le , le président Bouteflika, au lendemain d'un retour en Algérie après deux semaines d'hospitalisation en Suisse, annonce le retrait de sa candidature et le report de l'élection. à une date indéterminée.. Ce départ du pouvoir doit toutefois avoir lieu ayant pour objectif de réformer le système politique et d'élaborer un projet de Constitution soumis par la suite à référendum. Selon le gouvernement, ces travaux pourraient s'étendre jusqu'à la fin 2019..
La nouvelle de cette non-candidature déclenche la joie puis des critiques., l'absence de date pour l'élection présidentielle conduisant à la prolongation de la présidence Bouteflika au-delà de l’expiration de son quatrième mandat fixée au .. Le journal El Watan titre ainsi .. Plusieurs analystes et opposants jugent cette décision anticonstitutionnelle, et appellent à poursuivre la mobilisation..
Démission de Bouteflika et intérim de Bensalah Le , le général Ahmed Gaïd Salah, chef d’État-Major de l'armée et vice-ministre de la Défense, demande l'application de l'article 102 de la Constitution prévoyant l'empêchement du président de la République. Finalement, après que l’armée a réclamé son , Abdelaziz Bouteflika démissionne le ...
En vertu de la Constitution, le président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah, devient le chef de l'État par intérim, après une période d'incertitude sur le sujet : le Parlement, qui devait le nommer, ne s'est en effet réuni qu'après une semaine, alors que les manifestants s'opposaient vivement à l'arrivée au pouvoir de Bensalah, considéré comme un « cacique » du régime en place.... L’intérim doit durer au maximum quatre-vingt-dix jours, période au cours de laquelle une élection présidentielle doit être organisée. Abdelkader Bensalah promet l'organisation d'un scrutin . et annonce, au lendemain de sa nomination par intérim, que l’élection se tiendra le ..
Après cette annonce, les manifestations se poursuivent pour réclamer le départ de Bensalah et du Premier ministre Noureddine Bedoui, ainsi que la mise en place d'une transition.
Le , l'élection est de nouveau reportée sine die par le Conseil constitutionnel.. Selon Le Point, la date du est évoquée..
Le , Gaïd Salah appelle à convoquer le corps électoral le . Il rejette cependant une modification totale de la loi électorale.. Ce jour arrivé, Bensalah convoque le scrutin pour le .. Le , le chef de l'armée annonce le déploiement des forces de sécurité pour permettre le déroulement du scrutin..
Système électoral
Le président de la République est élu au suffrage universel direct, pour un mandat de cinq ans au scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Si aucun candidat ne remporte la majorité absolue des suffrages exprimés dès le premier tour, un second est organisé entre les deux candidats arrivés en tête. Celui recueillant le plus de suffrages est élu. Depuis la révision constitutionnelle de 2016, le président de la République est rééligible une seule fois. L'article 102 de la Constitution interdit au chef de l’État par intérim de se présenter..
Un éventuel second tour doit avoir lieu quinze jours après la proclamation des résultats du premier par le Conseil constitutionnel, soit entre le et le ..
Changements En , le panel de dialogue propose la mise en place d'une instance d'organisation des élections, la suppression des parrainages d'élus, l'abaissement du nombre de parrainages de citoyens de à ., et l'exigence pour les candidats d'être diplômés de l'université.. Parmi les autres conditions, figurent le fait d'avoir atteint l'âge de et celui de disposer de la nationalité algérienne. Les projets de loi sont adoptés le par le Parlement..
Pour justifier sa mise en place, malgré le fait qu'elle ne soit pas prévue par la révision constitutionnelle algérienne de 2016, qui n'instaurait qu'une Haute instance indépendante de surveillance des élections (Hiise) et non pas une commission électorale, les membres de l'instance invoquent les articles 7, 8, 9 et 11 de la loi fondamentale.. En , Fouad Makhlouf, juriste et secrétaire général de la Hiise, estime qu'une telle commission électorale est inconstitutionnelle.. Le , allant dans le même sens, des juristes et constitutionnalistes dénoncent des procédures bâclées, une adoption trop rapide par les chambres basse et haute du Parlement, l'aspect inconstitutionnel de la commission et l'exigence d'un diplôme universitaire.. Pour autant, le même jour, la loi est promulguée au Journal officiel, après examen de la part du Conseil constitutionnel, qui a jugé l'article 11 à la Constitution.. Les coordinateurs de l'Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) au niveau des wilayas sont annoncés le et sont en majeure partie issue de la ..
Processus électoral 16px Note : en italique, échéances avortées. Premier Convocation du corps électoral par le président de la République. Date limite de dépôt des candidatures. Validation et publication de la liste des candidats par le Conseil constitutionnel.. Ouverture de la campagne électorale. Fin de la campagne électorale. Premier tour..
La Haute instance indépendante de surveillance des élections, créée par une révision constitutionnelle en 2016, devait organiser ce processus électoral.
Deuxième
Convocation du corps électoral par le chef de l'État par intérim. Date limite de dépôt des candidatures. Validation et publication de la liste des candidats par le Conseil constitutionnel Ouverture de la campagne électorale. Fin de la campagne électorale. Premier tour
Troisième Convocation du corps électoral par le chef de l'État par intérim. Date limite de dépôt des candidatures.. Validation de la liste des candidats par l'ANIE. Confirmation de la liste des candidats par le Conseil constitutionnel Ouverture de la campagne électorale.. Fin de la campagne électorale.. Premier tour.
L'Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) est créée mi- par voie parlementaire, de façon bâclée et inconstitutionnelle selon Faïz Moussi, juriste, et Ahmed Betatache, constitutionnaliste. Fouad Makhlouf de la Hiise avait, en , dénoncé la création d'une telle instance comme non conforme à la Constitution. La loi établissant l'ANIE est promulguée le dans le Journal officiel, après examen par le Conseil constitutionnel. Mohamed Charfi est élu président de l'ANIE par les membres du panel de dialogue et de médiation dirigé par Karim Younes.. Cependant dans une vidéo où il rend hommage à Gaid Salah décédé le , il déclare que ce dernier l'avais . Le , Charfi annonce que se sont inscrites sur les listes électorales et que ont été radiées pour décès lors de la révision exceptionnelle.. Au début de 2019, il était inscrit plus de de personnes sur les listes électorales, dont nouvelles inscriptions pour les élections annulés du .. Lors de la révision exceptionnelle du mois d'avril pour les élections annulés du , il était dénombré nouveaux inscrits et radiés.. Du fait de recours, une prolongation de ce délai est envisagée.. Il est ainsi reconduit du 12 au .. Le , l'ANIE fait état d'un corps électoral avoisinant les de votants..
Le , les modalités d'homologation des parrainages sont modifiées. Ainsi, le citoyen qui parraine le candidat doit signer devant des agents agrées et non membres d'un parti d'un candidat.. Le lendemain, l'ANIE est saisie de cas présumés d'achats de parrainages.. Le , huit personnes sont arrêtées pour trafic de signatures à Souk Ahras..
Réactions et appels au boycott Premier processus électoral Après la confirmation de la candidature de Bouteflika, le , et le retrait de plusieurs candidats d'opposition, dont Ali Benflis et Louisa Hanoune., l'opposition, réunie au siège du Front de la justice et du développement, appelle les candidats à se retirer du scrutin..
Le , des juges et des avocats protestent contre la candidature de Bouteflika..
Deuxième processus électoral Le Club des magistrats annonce le qu’il entend boycotter la supervision du scrutin prévu pour le .. L'ancien chef de gouvernement Ahmed Benbitour indique le qu'il ne participera pas à l'élection du et propose Benbitour appelle à une lecture attentive de la Constitution, Agence APS, 16 mai 2019.. Le politologue algérien Mohamed Hennad estime quant à lui qu'Il y a un refus général des présidentielles du 4 juillet, site tsa-algerie.com, 19 mai 2019.
Le , l’ancien ministre et président de la LADDH Ali Yahia Abdennour, l’ancien ministre des Affaires étrangères Ahmed Taleb Ibrahimi et l'ancien ministre et général à la retraite Rachid Benyelles rendent publique une déclaration où ils appellent indirectement les autorités algériennes, en premier lieu le vice-ministre de la Défense, Ahmed Gaïd Salah, à un report de l’élection du , dans le cadre d'un dialogue avec des de contestation afin de trouver une solution consensuelle à la crise. Ils estiment ainsi que Trois personnalités nationales appellent à un dialogue "franc" pour une solution consensuelle, Agence APS, 18 mai 2019. Le , l'ancien ministre et président du parti Talaie El Houriat Ali Benflis déclare s'associer à cet appelAli Benflis apporte son soutien à l’appel d’Ahmed Taleb Ibrahimi, Ali Yahia Abdennour et Rachid Benyelles, site Algerie7.com, 20 mai 2019.. Le président de Jil jadid, Soufiane Djilali, ainsi que Mostefa Bouchachi approuvent cet appel mais il rencontre généralement peu d'écho auprès des autres partis politiques et des manifestantsINITIATIVE DE TALEB IBRAHIMI, DE BENYELLES ET D’ALI-YAHIA Faible adhésion des politiques, rejet sur les réseaux sociaux, site Liberté, 20 mai 2019.. Le , Taleb Ibrahimi appelle à l'application des articles 7 et 8 de la Constitution, et au respect de la au détriment de la ..
Quant au vice-ministre de la Défense, Gaïd Salah, il refuse, dans une déclaration du , de donner suite à cet appel, en précisant que l’armée Gaïd Salah juge «irraisonnable» les revendications du peuple, Liberté, 20 mai 2019. tout en marquant son attachement à la tenue de l'élection présidentielle, sans toutefois faire mention de la date du ; il déclare que Gaïd Salah dit non au « départ du système », insiste sur la tenue de la présidentielle, Site TSA, 20 mai 2019..