était une écurie japonaise de Formule 1 engagée en championnat du monde de 2006 à 2008. L'équipe, fondée par l'ancien pilote Aguri Suzuki, avait son siège social à Tokyo au Japon et était basée à Leafield au Royaume-Uni dans les locaux de l'ancienne écurie de Formule 1 Arrows. Super Aguri a été créée en urgence avec le soutien de Honda afin d'assurer un volant de titulaire au pilote Takuma Satō, très populaire au Japon mais licencié par l'écurie Honda fin 2005.
En raison de graves difficultés financières, Super Aguri a été contrainte de cesser son activité à l'issue du Grand Prix d'Espagne 2008 pendant sa troisième saison d'engagement dans la discipline-reine.
Super Aguri a pris le départ de trente-neuf Grands Prix de Formule 1 et couvert en course, soit . Takuma Satō, le pilote à l'origine de la création de l'équipe, a inscrit tous les points de l'écurie (quatre) qui ont permis en 2007 à Super Aguri d'obtenir son meilleur classement au championnat du monde des constructeurs avec une neuvième place finale. La meilleure qualification d'une Super Aguri est une dixième place sur la grille lors du Grand Prix d'Australie en 2007 et son meilleur résultat est une sixième place obtenue par Satō au Grand Prix du Canada 2007.
Satō, Honda et l'engouement japonais à l'origine de la création de l'écurie Takuma Satō, pilote choyé par Honda, suscite l'engouement du public japonais
thumb|left|alt=Photo de Takuma Satō, pilote à l'origine du projet Super Aguri|Takuma Satō, pilote à l'origine du projet Super Aguri. thumb|left|alt=Photo de Satō, pilote BAR-Honda depuis 2003, populaire depuis son podium à Indianapolis en 2004|Satō, pilote BAR-Honda depuis 2003, est très populaire depuis son podium à Indianapolis en 2004. La naissance de l'écurie Super Aguri est intimement liée à la carrière du pilote automobile japonais Takuma Satō, à ses liens privilégiés avec l'entreprise Honda et au vaste mouvement de soutien du public japonais amateur de Formule 1 envers son unique représentant dans la catégorie-reine du sport automobile.
Champion du Japon de karting en 1997, Takuma Satō est introduit dans la sphère Honda la même année après avoir remporté le volant de l'école de pilotage . Au volant de monoplaces mues par des moteurs Honda ou Mugen (Mugen a été fondée par Hirotoshi Honda, fils du fondateur de Honda, Soichiro Honda, et les connexions entre les deux entités sont très étroites Liens entre Mugen Motorsports et Honda sur mugen-power.com, consulté le 28 janvier 2009), il se classe troisième du Championnat de Grande-Bretagne de Formule 3 au sein de l'écurie Carlin Motorsport avec cinq victoires en 2000 puis en 2001, remporte le titreCarrière pré-Formule 1 de Takuma Satō dans L'Automobile Magazine n° HS2202H, mars 2002, p. 51 Carrière pré-Formule 1 de Takuma Sato sur takumasato.org, consulté le 28 janvier 2009 ainsi que le prestigieux Grand Prix de Macao de Formule 3.
À la suite de ces bonnes performances, Honda lui donne un volant de Formule 1 en 2002, chez Jordan Grand Prix, une écurie qu'elle motorise. Malgré des débuts difficiles (Grand Prix d'Australie 2002Sato débute en Formule 1 sur Jordan-Honda dans Sport Auto n°483, avril 2002, p. 94), il sauve sa saison à l'occasion de son Grand Prix national (la dernière épreuve de l'année), disputé sur le Circuit de Suzuka qui appartient à Honda. Satō se classe en effet cinquième et premier des pilotes HondaSato inscrit ses premiers points en F1 avec un moteur Honda sur statsf1.com, consulté le 17 janvier 2010Sato inscrit ses premiers points en F1 avec un moteur Honda dans Sport Auto n°490, novembre 2002, p. 82. Ce bon résultat du pilote novice est à l'origine des liens étroits qui vont se tisser entre Satō et le public japonais. À l'arrivée, il déclare :
En 2003, Satō intègre les rangs de British American Racing, désormais unique écurie équipée des moteurs V10 Honda (Honda a cessé de fournir Jordan en grandes difficultés financières), où il devient pilote-essayeurSato pilote-essayeur BAR-Honda en 2003 dans L'Automobile Magazine n° HS2302H, mars 2003, p. 50. Le limogeage de Jacques VilleneuveJacques Villeneuve limogé de BAR-Honda dans Sport Auto n°502, novembre 2003, p. 88 lui permet de disputer l'ultime épreuve de l'année, le Grand Prix du Japon. Bien qu'il ne soit préparé ni physiquement ni psychologiquement à remplacer au pied levé Villeneuve, Satō est réconforté par le soutien du public japonais qui lui demande avec force autographes et photographiesSato titularisé par BAR-Honda dans Sport Auto n°502, novembre 2003, p. 96. Il se distingue, comme l'année précédente, en terminant sixièmeSato termine sixième du Grand prix du Japon dans Sport Auto n°502, novembre 2003, p. 96 et s'assure ainsi une titularisation pour 2004.
En 2004, saison de profonde restructuration pour BAR puisque les deux initiateurs de l'écurie Craig Pollock et Jacques Villeneuve ont été mis à l'écartLa restructuration de BAR-Honda dans L'Automobile Magazine n° HS2402H, mars 2004, p. 50, Satō, bien protégé au sein d'une écurie de plus en plus contrôlée par ses compatriotes, se révèle totalement en inscrivant 34 points et se classant huitième du championnatRésultats de Takuma Sato pour la saison 2004 sur statsf1.com, consulté le 17 janvier 2010Bilan de la saison 2004 de Takuma Sato dans Sport Auto n°514, novembre 2004, p. 109]. À l'occasion du Grand Prix du Japon, une véritable « Satomania » ébranle les paddocks de Formule 1, le Japonais devient une véritable vedette dans son pays. En effet, au Grand Prix d'Europe, il s'élance pour la première fois en première ligne et devient le premier pilote japonais à mener une épreuveTakuma Sato mène pour la première fois un Grand Prix dans Sport Auto n°510, juillet 2004, p. 127]. Il a également, lors du Grand Prix des États-Unis, obtenu son unique podium dans la disciplineTakuma Sato obtient son premier podium en F1 dans Sport Auto n°511, août 2004, p. 99 et, en se classant troisième, est devenu le second pilote japonais de l'histoire à monter sur un podium de Formule 1, le premier étant Aguri Suzuki. Opérations de promotion, séances de photographies, séances de signature d'autographe s'enchaînent et le pilote doit se déplacer sous bonne escorte pour se protéger de ses fansLa « satomania » au Grand prix du Japon dans Sport Auto n°514, novembre 2004, p. 108. Il se réjouit toutefois de son sort en déclarant :
Takuma Satō, idole du public japonais, est maladroitement mis à l'écart par Honda thumb|alt=Photo de Takuma Satō lors d'une séance d'autographe en 2005|Takuma Satō lors d'une séance d'autographe en 2005. thumb|alt=Photo de Satō, en 2005 au Grand Prix de Grande-Bretagne sur une BAR-Honda 007|Satō, en 2005 au Grand Prix de Grande-Bretagne sur une BAR-Honda 007. En 2005, Honda s'implique plus avant en Formule 1 en acquérant 45 % du capital de BARHonda détient 45 % de BAR dans L'automobile Magazine HS n°2502, mars 2005, p. 36. Après les bons résultats obtenus en 2004 (l'écurie s'est classée seconde du championnat), la saison 2005 tourne au fiasco : il faut attendre le dixième Grand Prix pour que Button inscrive les premiers points de l'équipeBAR inscrit ses premiers points de la saison au GP des USA dans Sport Auto n°523, août 2005, p. 105 tandis que Satō n'est que l'ombre de lui-même. Nettement dominé par son coéquipier, il commet de nombreuses erreurs en course et n'inscrit qu'un seul point. Pour son Grand Prix national, où la « Satomania » fait toujours rage (une file de deux kilomètres de passionnés s'étire entre l'hôtel où loge Satō et le circuit de SuzukaLa « satomania » fait rage dans Sport Auto n°526, novembre 2005, p. 107), il est même disqualifié pour conduite dangereuseSato disqualifié du GP du Japon sur statsf1.com, consulté le 17 janvier 2010Sato disqualifié du GP du Japon dans Sport Auto n°526, novembre 2005, p. 108. Bien qu'idolâtré par le public japonais, son crédit diminue de plus en plus auprès des dirigeants de Honda.
Pendant l'intersaison 2005-2006, Honda rachète intégralement , un an avant la date prévue du retrait de , détenteur des 55 % restantsHonda rachète en totalité BAR sur caradisiac.com, consulté le 15 octobre 2008Honda rachète BAR par Thibault Larue dans Sport Auto n°526, novembre 2005, p. 93. Cette décision est vraisemblablement guidée par la volonté de Honda de contrôler complètement l'équipe afin d'éviter les déboires du début de saison 2005 où BAR avait été suspendue pour deux Grands Prix (utilisation d'un système illégal de double réservoir d'essenceBAR disqualifiée pour illégalité par Thibault Larue dans Sport Auto n°526, novembre 2005, p. 91). Alors que Button doit être transféré chez Williams, les dirigeants de la nouvelle écurie Honda Racing F1 Team se mettent en quête d'un pilote très expérimenté pour atteindre leurs objectifs de victoires et de titres. Pour contrer une rumeur enflant de plus en plus, Honda précise que l'avenir de Satō n'est pas menacéHonda dément le départ de Sato par Thibault Larue dans Sport Auto n°526, novembre 2005, p. 91 et que Rubens Barrichello (qui totalise à l'époque 216 départs en Formule 1 dont 9 victoires, 13 pole positions et 15 meilleurs tours en courseLe palmarès de Rubens Barrichello en Formule 1 sur statsf1.com, consulté le 17 janvier 2010), vient d'être recruté. Button pourtant lié contractuellement pour trois ans avec Williams à partir de 2006, dénonce alors son contrat pour poursuivre avec HondaButton dénonce son contrat et poursuit avec Honda par Thibault Larue dans Sport Auto n°526, novembre 2005, p. 93Button dénonce son contrat et poursuit avec Honda dans F1i magazine n°52, juillet-août 2008, p. 35. Avec désormais trois pilotes pour deux places de titulaires, les dirigeants japonais décident de se passer du moins capé, Takuma Satō, désormais sans volant pour 2006, alors que le marché des transferts est closLes causes de l'éviction de Sato dans F1i Magazine n°37, mars-avril 2006, p. 77.