Gueorgui Viktorovitch Adamovitch (), né à Moscou dans l'Empire russe le , et mort le à Nice, en France, est un poète, critique littéraire et traducteur russe.

Biographie Gueorgui Adamovitch naît à Moscou le , où il vit les dix premières années de sa vie, et étudie au . Son père, Viktor Mikhaïlovitch Adamovitch (1839-1903), d'origine polonaise, est commandant des troupes de l'ouïezd, puis, avec le grade de major-général, commandant de l'hôpital militaire de Moscou. Adamovitch écrira qu'. Sa mère, Ielizaveta Semionovna Weinberg (1867, Odessa - 1933, Nice), fille d'un marchand d'Odessa de la guilde, était la nièce des hommes de lettres et .

Après la mort du père, la famille emménage à Saint-Pétersbourg, où l'enfant est inscrit au 1er lycée de Saint-Pétersbourg. Selon lui, il est comme .

En 1910, il entre à la faculté d'histoire et de philologie de l'université impériale de Saint-Pétersbourg, et en 1914, il se rapproche des acméistes. Cette année, dans ses souvenirs, . Tout change avec le début de la Première Guerre mondiale. Quand il demande à son frère, commandant du régiment Keksgolmski de la garde impériale, revenant du front en 1916, quelle serait selon lui la fin de la guerre, celui-ci répond, révélant l'état d'esprit des militaires, qu'.

À cette époque, Adamovitch est déjà entré dans l'Atelier des poètes, et est devenu dans les années 1916-1917 un de ses dirigeants. En 1915 son premier récit, Les Chevaux joyeux () paraît dans le de La Voix de la vie () , suivi en 1916 de Marie-Antoinette () dans les Nouvelles de la bourse ().

Ses débuts poétiques datent aussi de 1913, avec le recueil Nuages (), marqué . Le livre reçoit une appréciation dans l'ensemble bienveillante de Nikolaï Goumilev, qui écrit qu', bien qu'il remarque une trop claire dépendance du poète débutant d'Annenski et d'Anna Akhmatova. En 1918, Adamovitch reste membre, et dirigeant, du second Atelier des poètes, et ensuite du troisième.

Il publie notamment dans Le Nouveau Journal pour tous (), Apollon (), Récits du Nord (), et l'almanach Fleur verte () en 1915. Son second recueil, Purgatoire (), sort en 1922. Il prend la forme d'un journal intime lyrique, et s'ouvre par En mémoire d'André Chenier (), un poème dédié à Nikolaï Goumilev, que l'auteur considère comme son précepteur.

Après la Révolution d'Octobre, Gueorgui Adamovitch fait, pour les éditions de la Littérature mondiale, des traductions de poètes et d'écrivains français (Baudelaire, Voltaire, Hérédia), de poèmes de Thomas Moore et de Byron, et ensuite, en émigration, de Cocteau, d'Anabase de Saint-John Perse, en collaboration avec Gueorgui Ivanov, et de L'Étranger de Camus.

En 1923, Gueorgui Adamovitch émigre à Berlin et vit ensuite en France. Il s'exprime régulièrement dans des critiques et essais littéraires, publie dans la revue Zveno (), et à partir de 1928 dans le journal (), où il est responsable du billet littéraire quotidien. Il se crée progressivement la réputation de , devient un des principaux auteurs de la revue Nombres (, fondée par Nikolaï Otsoup), et dirige la revue , (, 1934).

En émigration, Gueorgui Adamovitch écrit peu de vers, mais il est le fondateur de la Note parisienne, un courant poétique dont les œuvres sont l'expression la plus franche de sa souffrance spirituelle, et une mise à jour de . Sa position, faisant de l'alpha et l'oméga, est qualifiée par G. P. Fedotov d'.

En , Gueorgui Adamovitch s'engage comme volontaire dans l'armée française. Après la défaite française, il est interné dans un camp.

Il semble alors vouloir se rapprocher de l'Union soviétique et de Staline, espérant un renouveau politique en URSS. À la fin des années 1940, certains de ses articles paraissent dans les journaux pro-soviétique à l'ouest, et son livre Une autre patrie (1947) écrit en français, est critiqué par l'émigration russe à Paris comme une capitulation devant le stalinisme.

Il devient en 1959 commentateur littéraire à Radio Free Europe ().

En 1967 paraît son dernier recueil poétique, Solitude (). Il rassemble dans ses Commentaires () l'ensemble de ses articles critiques parus depuis le milieu des années 1920. Il laisse également de nombreuses notes et témoignages oraux, couchés par écrit par .

Il meurt le à Nice.

Œuvre

Le poète Gueorgui Adamovitch se définissant comme un écrivain a publié dans toute sa vie moins de cent quarante poèmes. Son début poétique d'Adamovitch, Nuages (, 1916) se présente sous le jour facilement reconnaissable de la poétique acméiste. Les critiques y louent , et l'emploi d'images ne semblent pas être une fin en soi pour l'auteur, qui préfère . Nicolaï Goumilev écrit de l'auteur qu' .

Dans le second recueil du poète, Purgatoire (, 1922), deviennent plus poussées, de nouveaux motifs apparaissent, liés l'antiquité grecque, au Moyen Âge et à la poésie épique de l'Europe occidentale, l'emprunt ou la citation, donnant sa structure première à l'ensemble, acquièrent un rôle fonctionnel. Beaucoup des poésies d'Adamovitch sont construites sur des paraphrases d'œuvres populaires ou littéraires (Le Dit de la campagne d'Igor, la Plainte de Goudrine ()).

En exil, son œuvre change : ses vers deviennent alors avant tout pour lui un  — sur . Il publie à l'étranger deux recueils, exprimant :

Le recueil À l'Ouest (1939) marque un changement dans les procédés créateurs de l'artiste, transformant son style fait de en . Le critique P. M. Bitsilli qualifie de recueil de . Il y note .

Le critique littéraire Les centres d'intérêt de Gueorgui Adamovitch en tant que critique littéraire sont variés, et il se plaît . Beaucoup de ces essais sont consacrés à la tradition classique russe ainsi qu'aux écrivains occidentaux qui s'intéressent à la Russie. Il n'a pas de méthode critique, préférant la forme de la , titre également de la rubrique qu'il publie dans la revue Zveno (), ou des notes, écrites, semble-t-il, pour son usage personnel, mais qui gardent la trace de réflexions importantes pour la compréhension de ses points de vue sociaux et esthétiques.

Il considérait que la principale question en art n'est pas celle de savoir une œuvre a été créée, mais . Il a porté un regard dans l'ensemble critique sur la littérature russe de l'émigration, faisant une exception pour Ivan Bounine, et, avec des réserves, pour Zinaïda Hippius, Gueorgui Ivanov, Mark Aldanov et Teffi. Il reprochait au jeune Vladimir Nabokov de pasticher les auteurs français contemporains, bien qu'il ne s'embarrassât pas de dire précisément lesquels. Nabokov, de son côté, le ridiculisa dans le personnage de Khristofor Mortous dans son roman Le Don , et le piégea en publiant sous un pseudonyme un poète qu'Adamovitch encensa.

Vladislav Khodassevitch s'opposa avec franchise et constance à Adamovitch et à son mépris capricieux de l'authenticité, et Marina Tsvetaïeva le cloua au pilori dans son article Un poète de la critique, démasquant . Gueorgui Adamovitch, de son côté, reconnaissait avec une culpabilité feinte, qu'il écrivait des critiques flatteuses sur ceux dont il désirait l'amitié : Brian Boyd. Vladimir Nabokov: The Russian Years. Princeton University Press, 1993. Page 344..

Publications

Poésie

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Critique

Notes et références

Notes

Références

Annexes

Bibliographie En russe

En français .

En allemand .

Liens externes

Gueorgui Adamovitch sur parallèle () :

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