Bilbao Prononciation en français standard retranscrite selon la norme API. (en espagnol : Prononciation en espagnol standard retranscrite selon la norme API. ; Prononciation en basque unifié retranscrite selon la norme API.), est une ville du Nord de l'Espagne d'environ ( dans l'agglomération), capitale de la province de Biscaye et de la comarque () du Grand Bilbao.
C'est la ville la plus importante de la communauté autonome du Pays basque et du Nord de la péninsule Ibérique. C'est la dixième agglomération de l'EspagneDatos del INE, correspondientes al 1 de enero de 2009. et l'un de ses principaux centres économiques. Elle est située à l'estuaire du fleuve côtier Nervion.
Toponymie Le nom officiel de la ville est Bilbao, nom connu dans la majorité des langues du monde. L'Académie de la langue basque décide parmi les deux existantes en basque, Bilbao et Bilbo que le nom historique en basque est Bilbo, tout en maintenant le caractère officiel Bilbao.. Bien que le terme Bilbo n'apparaisse pas dans d'anciens documents, dans l'œuvre Les Joyeuses Commères de Windsor de William Shakespeare il est fait référence à une épée, probablement faite de fer biscayen, appelée « bilbo » , ce qui pourrait faire penser que ce mot est utilisé depuis au moins le ..José María Beascoechea Madina (1999), ...
Il n'existe pas de consensus entre les historiens sur l'origine du nom de la ville. L'ingénieur assure qu'il est de coutume basque d'appeler un lieu selon sa situation. Selon lui, Bilbao résulterait de l'union des mots basques pour rivière et anse : Bil-Ibaia-BaoRamón Quiroga (2001), .. De la même manière, l'historien Javier Tusell fait valoir que Bilbao est une évolution de beau gué (bello vado en espagnol)Javier Tusell (2004), ..
D'autre part, l'auteur Esteban Calle Iturrino a affirmé que le nom dériverait des deux populations qui vivaient des deux côtés de la ria, plus que de la ría en elle-même. La première au sens de tas, amas — à cause de sa topologie de collines écrasées. La seconde, située sur les terrains de l'actuel quartier de Bilbao La Vieja (Vieux Bilbao, Bilbao la vieille) et de tradition sidérurgique, qu'on aurait appelé ainsi en référence à la vapeur et à ses exhalations. De l'unification de ces mots apparaîtrait alors le toponyme, qui a été aussi de longue date formulé manière écrite en tant que Bilbao et Biluao, tel qu'enregistré dans son cartulaire et les transcriptions postérieures de ce dernierCharo Adeliño Ortega, «Carta Puebla». Bilbao 700: 6. http://www.periodistasvascos.com/imagenes/cap_1.pdf..
Histoire Origines vignette|Monument consacré au fondateur de la ville, Don Diego López.
La ville a été fondée par Diego López V de Haro, seigneur de Biscaye (qui donne son nom à l'artère principale de la ville, la Gran Vía), le . Un village et un port existaient déjà avant cette date sur la rive droite du Nervion et des traces de peuplement datant d'environ ont été retrouvées en haut du mont Malmasín.
1300-1600 vignette|gauche|Portail de la cathédrale. Au moment de la fondation de la ville, la ville ne compte que trois rues autour d'une église (à l'emplacement de l'actuelle cathédrale) entourées par une muraille et un port. L'église est édifiée en l'honneur de saint Jacques (Santiago en castillan) dont l'un des chemins de pèlerinage qui lui est consacré : le Camino del Norte du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle passe par la ville. La ville grandit lentement mais sans discontinuer dans la zone actuelle du quartier des sept rues, et bénéficie des privilèges accordés par les seigneurs de Biscaye. Au , la ville compte environ .
En 1511, Jeanne d'Espagne crée le Consulado de Bilbao, un organe influent chargé de la gestion du port de Bilbao et donc du commerce qui s'y opère.
1600-1900 En 1602, la ville devient capitale de la Biscaye, en succédant à la ville de Bermeo. Des gisements de fer abondants sont découverts dans les collines entourant la ville, permettant à celle-ci de diversifier son commerce qui était auparavant axé sur les produits issus de l'agriculture. La révolution industrielle, au , permet d'exploiter les mines de fer à grande échelle, et partant, de développer les industries métallurgiques et sidérurgiques. La croissance de la ville et le développement du commerce lié à la révolution industrielle entraînent le développement des activités de soutien (création du Banco de Bilbao en 1857, de la bourse de Bilbao en 1890, de la première ligne de chemin de fer pour le transport du minerai en 1865…). En matière d'urbanisme, la croissance de la ville entraîne la planification de la construction d'un nouveau quartier, Ensanche, au moment de l'annexion du village d'Abando en 1876 qui permet de doubler la superficie de la ville. Enfin, en 1886, l'université de Deusto, la première université de la ville est établie. La richesse économique de la ville explique pourquoi elle fut assiégée à quatre reprises lors des guerres carlistes, sans jamais être conquise.
Le Au début du , la ville est l'une des plus riches d'Espagne et de nombreuses grandes compagnies s'y établissent : Euskalduna en 1900 (construction de bateaux), Ibérduero (l'actuel Iberdrola, par fusion avec Hidroelectrica Española, qui apportait l'énergie électrique dans la ville en 1904), Altos Hornos de Viscaya en 1902 (appartenant au groupe Arcelor depuis la disparition d'Aceralia)…
De plus, la ville s'étend progressivement par l'annexion de communes environnantes, notamment Deusto en 1925, et de nouveaux quartiers sont aménagés comme Basurto ou Begona. La guerre civile met un frein au développement de la ville.
Un camp de prisonniers pour les soldats de l’Armée populaire de la République espagnole est installé au couvent des Escolapios et plusieurs milliers de prisonniers y sont enfermésEvelyn Mesquida, La Nueve, 24 août 1944. Ces républicains espagnols qui ont libéré Paris, Paris, Le Cherche-Midi, 2011, collection « Documents » , ..
La crise industrielle des années 1980 a jusqu'à donné à Bilbao l'image d'une ville polluée et constituée de nombreuses friches industrielles, conséquences des difficultés des entreprises dont les activités étaient fondées sur la métallurgie et la sidérurgie. Pour gommer cette image la municipalité a entrepris, avec succès, de nombreux programmes parallèles à la reconversion économique vers les activités de services et les activités industrielles à plus forte valeur ajoutée.
Rénovation urbaine de la fin du vignette|Musée Guggenheim. vignette|Puppy de Jeff Koons. Portant les stigmates de la crise économique des années 1980 qui a ravagé l’industrie basque espagnole, Bilbao entame sa renaissance en 1989 en lançant un vaste plan de revitalisation urbaine. L’effort financier est considérable : d’euros sont investis par « Bilbao ría 2000 », une société anonyme qui compte pour actionnaires le gouvernement basque, la province de Biscaye et les municipalités concernées.
Le projet phare de ce plan de revitalisation est la construction du musée Guggenheim. En 1991, Bilbao présente sa candidature à la Fondation Solomon R. Guggenheim pour accueillir leur antenne européenne. Dès 1997, soit huit ans seulement après le lancement du programme, la métamorphose de la ville est déjà évidente.
Les façades de la cité « noire » sont rénovées. De grands programmes urbanistiques sont engagés et une politique ambitieuse d’équipement public est lancée. Pour chacun de ces équipements, un mot d’ordre : la qualité architecturale. Les plus grandes signatures mondiales viennent apporter leur patte : celle du musée Guggenheim dessiné par Frank Gehry, l'aéroport et le pont de Santiago Calatrava, le Palacio Euskalduna en 1999 à l'emplacement des anciens chantiers navals Euskalduna, le tramway (Euskotren) en 2002 ou la tour Iberdrola (gratte-ciel de César Pelli qui est le siège de la compagnie Iberdrola).
Bilbao est principalement un centre administratif et de services, et ce sont les communes environnantes qui abritent l'activité industrielle (sidérurgie, construction navale, parc technologique de Zamudio…) Le relief et l'hydrographie de la région déterminent le développement urbain et économique.
Les activités portuaires et industrielles, déplacées à dix kilomètres en aval, libèrent enfin les berges du centre-ville. Bilbao se tourne à nouveau vers son fleuve, le Nervion. Cette réappropriation de la ría par la ville va se poursuivre dans les prochaines années. Un plan d’aménagement des friches industrielles de la péninsule artificielle de Zorrotzaurre, élaboré par l’architecte anglo-irakienne Zaha Hadid, prévoit par exemple la construction de plus de et plusieurs ponts et passerelles sur le fleuve.
Les retombées du plan de redynamisation ne se font pas attendre. En quelques années, Bilbao devient une ville touristique. Entre 1992 et 2002, le nombre de nuitées passées double, permettant de créer hôtelières. En 2014, Bilbao connaît une affluence record, dépassant pour la première fois celle de la très prisée ville balnéaire de Saint-Sébastien.
Indépendamment de ses effets sur le tourisme et l’économie, il faut souligner l’impact environnemental de cette politique de reconversion urbaine. Les grands travaux se sont en effet accompagnés de mesures importantes visant à améliorer le cadre de vie. Les usines vétustes ont été supprimées ou rénovées et des zones économiques modernes ont été construites pour accueillir les entreprises.
Le succès de la politique d’urbanisme menée à Bilbao est reconnu et salué au niveau international, à tel point que « l’effet Bilbao » intéresse de nombreuses villes à la recherche d’une nouvelle image.
En 2004, Bilbao a ainsi reçu le prix du meilleur projet urbain du monde, au cours de la biennale de Venise (prix « Città d’acqua ») ainsi que le prix européen de planification urbaine et régionale. En 2013, la Fondation Pfizer lui décernait le prix de « la ville espagnole la plus saine ». Bilbao préside par ailleurs l’Association Internationale des Villes et Ports.
La métamorphose de Bilbao n’est pas achevée. La ville continue d’évoluer de manière ambitieuse en misant notamment sur l’innovation et la connaissance. Un plan intitulé « Stratégie 2001 : Bilbao cité globale » vise à développer les initiatives et les activités économiques à haute valeur ajoutée tout en continuant à favoriser un cadre de vie harmonieux pour les entreprises et les habitants.
Titres de la ville Bilbao possède les titres de Muy Noble y Muy Leal e Invicta. En 1475 les Rois catholiques le titre de ville noble et en 1603 Philippe III lui donna celui de Muy Noble y Muy Leal. La reine María Cristina lui accorda, en 1837, celui d'Invicta pour avoir résisté à l'attaque de l'armée carliste.
Géographie Site vignette|gauche|Vue de la ville.
La ville de Bilbao est un important port et centre industriel, situé sur la rivière Nervion, dont la banlieue s'étend jusqu'à la mer Cantabrique.
Au nord, la ville est contiguë aux communes d'Erandio, Sondika et Derio, à l'est les communes de Zamudio et Etxebarri. Le Sud de la ville est bordé par Basauri et Arrigorriaga et à l'ouest, Barakaldo et Alonsotegi. La partie urbanisée de la ville est limitée par deux petites montagnes : Pagasarri (au sud) et Artxanda (au nord), qui donne à la ville son surnom, « El Botxo » (« le creux » en français).
Districts La ville de Bilbao est divisée en 8 districts divisés en quartiers :