Les mines de Schefferville rassemblent plusieurs grandes mines de fer situées à l'est du Canada au centre de la péninsule du Québec-Labrador autour de la ville de Schefferville.

Géographie Les mines de Schefferville se situent au Labrador dans la province de Terre-Neuve-et-Labrador et au Québec, sur la ligne de partage des eaux constituant la frontière entre le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador. Les mines s'étendent sur de long selon un axe allant du sud-est vers le nord-ouest. La ville de Schefferville, située au Québec, se trouve au nord-est à environ des sites les plus proches, entre le lac Knob. au sud et le lac Pearce. au nord, sur un immense plateau lacustre occupé à moitié par les lacs et les tourbières.

La fosse du Labrador qui s’étend sur à travers le Québec et le Labrador pour de large est l'une des principales régions productrices de minerai de fer au monde. Les gisements de Schefferville se rencontrent dans une zone de relief appalachien typique, toute en échines parallèles, au sommet aplani, entre lesquelles s'insinuent des dépressions généralement occupées par des lacs allongés. Les gisements affleurent sur le rebord nord de la vallée de la rivière Howells. entre et d'altitude.

Les lieux d'extraction se situent sur le plateau du Labrador, au nord de la profonde vallée glaciaire de la rivière Howells venant de l'ouest du lac Howells et avancée en territoire québécois, prolongement géologique des lacs Menihek situés au sud et alimentés par la rivière Ashuanipi..

L'extraction est réalisée à ciel ouvert, chaque mine se présente comme une grande excavation allongée, aux versants taillés en larges gradins..

Géologie Fragment du bouclier canadien, la péninsule du Québec-Labrador possède une structure géologique complexe. Les minerais exploitables se rencontrent dans les roches sédimentaires de la bordure occidentale du géosynclinal du Labrador.. Le gisement de Schefferville est situé sur la fosse du Labrador qui constitue l'une des plus grandes réserves de fer au Canada et dans le monde..

Le minerai est riche et se trouve en quantité considérable. La plus grande partie des gisements se trouvent à fleur de sol, se présentant en lentilles allongées, contenant en moyenne chacun de 10 à de tonnes de minerai. Dans la région du lac Knob, sur une distance de , les réserves actuellement connues s'élèvent à plus de de tonnes. Sur les de tonnes estimées à l'origine, de tonnes ont été extraites depuis 1954.

Les deux cinquièmes de ce total sont groupés à l'intérieur d'un petit périmètre de de long sur de large. Le minerai affleure sur les versants des collines, à peine recouvert parfois par quelques pieds de moraine glaciaire, dont les blocs sont eux-mêmes du minerai. La profondeur des gisements exploitables n'excède pas habituellement 30 à , bien que certains descendent jusqu'à .

Histoire Découverte des gisements Des références écrites à des occurrences minérales dans la région de Schefferville ont été incluses pour la première fois dans les journaux du missionnaire Louis Babel en 1854.. Albert Peter Low utilisa les notes de Louis Babel. Ses explorations au centre de la péninsule de Québec-Labrador en 1892-1895 révélèrent l'existence probable de minerai dans cette région.. Les premières découvertes effectives de minerai de fer furent réalisées par James E. Gill et William R. James en 1929. Trois découvertes furent réalisées cette année, mais en faible quantités et dans des zones éloignés ne permettant pas un développement minier.

En 1936, un groupe d'hommes d'affaires de la finance et de l'industrie minière de Montréal et New-York, sous le nom de Weaver Minerals Limited, approcha le gouvernement de Terre-Neuve pour mener des études géologiques et développer une concession d'approximativement milles carrés () dans l'ouest du Labrador..

Weaver Minerals Limited fut absorbée le par la Labrador Mining and Exploration Company Limited, qui se vit octroyer des droits d'exploration et d'exploitation étendus dans l'ouest du Labrador., à la condition de mener des études géologiques, et fournir les informations au gouvernement qui en deviendrait propriétaire. L'agrément fut acté le puis révisé le ..

Une mission d'exploration, dirigée par Joseph Arlington Retty se rendit sur les lieux. En 1937, le guide innu Mathieu André mit le groupe sur la piste d'importants gisements de minerai de fer aux abords du lac Sawyer à quelque au nord-ouest des chutes Churchill. Il n'y avait alors aucun établissement dans la région. En 1938, Joseph Arlington Retty repéra d'autres gisements dans les environs dont certains chevauchent la frontière Labrador-Québec.

En 1942, Jules Timmins, entrepreneur minier canadien président de Hollinger Consolidated Gold Mines Limited acquit la Labrador Mining and Exploration Company Limited, et intéressa l'homme d'affaires américain George Humphrey de M. A. Hanna Company dans les dépôts du Labrador.. La Labrador Mining and Exploration Company Limited fit prospecter systématiquement le bassin supérieur de la rivière Hamilton (renommée fleuve Churchill en 1965) de 1936 à la fin 1945, et prouva l'existence d'importantes réserves de minerai de fer à haute teneur au centre du Labrador.

En 1942, la Hollinger North Shore Company Limited, une filiale canadienne à 100% de Hollinger Consolidated Gold Mines Limited, fut constituée au Québec pour suivre, explorer et établir des droits sur la région du Nouveau-Québec (ancien district de l'Ungava) où du minerai de fer fut localisé par Albert Peter Low. En 1942, la société acquit des droits de prospection et d’exploration minière sur environ milles carrés () de terres au Nouveau-Québec. dans la région des lacs Attikamagen-Wokuach situés au nord et à l'ouest du territoire frontalier du Labrador.. Un programme d'exploration intensive fut entrepris dans la région de Schefferville entre 1945 et 1949.

Exploitation par la Compagnie minière IOC En 1949, la Labrador Mining and Exploration Company Limited (devenue plus tard Labrador Iron Ore Royalty Corporation) conclut des partenariats avec sept autres aciéries et minières. pour former la Compagnie Iron Ore du Canada (Iron Ore Company of Canada)., en vue d’exploiter le minerai de fer découvert sur le site. IOC est alors une filiale de la compagnie américano-canadienne Hollinger-Hanna (filiale de Labrador Iron Ore Royalty Corporation) qui lui sous-loue les baux minier hérités de l'accord statutaire de 1938 (The Labrador Mining and Exploration Company Limited Act) portant sur milles carrés.. Pour la partie québécoise, le , un bail minier de avait été accordé à la Hollinger North Shore Exploration Co. au Nouveau-Québec par le gouvernement du Québec. Le , le gouvernement de Maurice Duplessis fit adopter une loi octroyant un permis d'exploitation sur un territoire de 300 milles carrés () au Nouveau-Québec. La loi prévoyait aussi un permis spécial de recherche sur milles carrés.. Un bail minier fut délivré à Hollinger North Shore Exploration Co. en 1953 en vertu de l'Acte de l'Assemblée nationale du Québec promulgué en 1946..

Les prospecteurs s'installèrent au centre de leur zone de prospection, sur le rebord de la vallée du ruisseau Burnt. (anglais : Burnt Creek). qui se jette au nord dans le lac Juin.

Les premières infrastructures permanentes de prospection du secteur de Schefferville virent le jour à Burnt Creek. en 1947. La cabane de Burnt Creek fut notamment le lieu de la décision de lancer la Compagnie Iron Ore du Canada en 1947.. Le camp des employés de la Labrador Mining and Exploration Company installé à Burnt Creek consistait en une vingtaine de baraquements en 1948.. Le site de Burnt Creek fut choisi à l'origine, mais un forage au hasard révéla que directement sous le site se trouvaient plus de de tonnes de minerai à haute teneur en fer. Le camp changea de site pour s'installer sur le col séparant le lac Knob et le lac Pearce composé de sable et de gravier fluvio-glaciaires. Le nouveau camp devint plus tard la ville de Schefferville.. Les premières installations marquent encore le paysage de la ville de Schefferville..

L'exploitation du minerai a été subordonnée à la construction d'une voie ferrée longue de reliant les gisements au port de Sept-Îles, sur la rive nord de l'estuaire du Saint-Laurent, et à l'aménagement d'un quai de chargement dans ce port. Le choix de Sept-Îles comme terminus maritime du chemin de fer s'imposait par l'existence d'une baie abritée, avec des profondeurs permettant l'accès des plus gros navires, et par sa situation au débouché de la rivière Moisie, ouvrant une brèche dans le rebord du plateau. La construction du chemin de fer de la Côte-Nord et du Labrador (anglais : Quebec North Shore and Labrador ou QNS&L) a débuté en 1950. Le chemin de fer fut mis en service en 1954. II s'agit d'une voie unique avec, de distance en distance, des évitements où les trains montants, généralement vides, sont garés pour laisser le passage aux trains descendants chargés de minerai. Le barrage du lac Menihek fut construit entre 1951 et 1954, à de Schefferville, le barrage étant utilisé comme pont ferroviaire. L'énergie est fournie par la centrale hydroélectrique Menihek, installée au déversoir des lacs Menihek sur la rivière Ashuanipi. Utilisant une chute d'eau d'environ de hauteur, la puissance installée est de .

L'extraction débuta dès 1954 dans la région du lac Knob, la qualité exceptionnelle du minerai compensant les inconvénients de la position continentale. La production de minerai augmenta rapidement : de tonnes en 1954, de tonnes en 1955 et de tonnes en 1956. Près des mines, Schefferville, qui reçut une existence légale le , atteignait habitants et était la plus grande ville du Labrador en 1956. Entre 1950 et 1954, IOC emploie travailleurs, dont plus de viennent de Terre-Neuve et du Labrador.

La mine French, située à environ à l'ouest de Schefferville, fut exploitée à cette époque, désormais occupée par un lac artificiel..

Alors que la technologie de la sidérurgie évolua les années suivantes, l’accent fut mis davantage sur les gisements de la région de Wabush à partir de 1957. La ville de Labrador City fut créée en 1961. L'expédition directe de minerais depuis Schefferville diminua. Dans les années 1980, une baisse de la demande mondiale entraîne le licenciement de travailleurs. La Hanna Mining Company, durement touchée par la faiblesse du secteur du minerai de fer, vendit en sa participation dans la Labrador Mining and Exploration Company Limited et la société Hollinger North Shore Exploration Inc. à Norcen Energy Resources Limited au prix de $. La Hanna Mining Company conserva toutefois une participation de 26,8% dans IOC, son actif le plus important au Canada.. Le , IOC annonce la fin des activités minières à Schefferville, entraînant la quasi-fermeture de la ville fondée en 1955 et reconnue pour son minerai de fer. Les gens auront jusqu’en pour quitter les lieux. Ce sera l’exode pour près de .. La main-d'œuvre de IOC fut transférée à Labrador City et le trafic de minerai de fer cessa entre la jonction Emeril (anglais : Emeril Junction) et Schefferville. La ligne ne fut toutefois pas complètement fermée.. A la même époque, la Compagnie minière Québec Cartier annonça le , la fin des activités de la mine de Fire Lake le , entraînant la fermeture et la démolition de toutes les infrastructures de cette ville la même année. Au début des années 1980, Gagnon comptait environ habitants.

Sur les quelque habitants que comptait Schefferville dans ses meilleures années, il ne resta plus que dans les années 2000, sans compter la réserve indienne de Matimekosh..

Relance de l'activité minière