Benoît Quennedey, né à Dijon en 1976, est un essayiste français et ancien haut fonctionnaire au Sénat. Il est président de l'Association d'amitié franco-coréenne de 2017 à 2023, et est l'auteur de deux ouvrages sur la Corée du Nord. Ses liens avec la Corée du Nord lui valent d'être sanctionné disciplinairement, mis à la retraite d'office par le Sénat en 2023.

Biographie Jeunesse et études Benoît Quennedey naît à Dijon en 1976« Dijon : un mardi à parler des Corée », Le Bien public, 6 février 2015. Il est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris en 1998. Il effectue plusieurs séjours en Corée du Nord puis en Corée du Sud et se passionne pour ces deux pays. Ses parents sont chercheurs au CNRS.

Il intègre ensuite l'École nationale d'administration (promotion René Cassin, 2001-2003)« Benoît Quennedey, fonctionnaire au Sénat, soupçonné d'espionnage pour la Corée du Nord », L'Obs, 26 novembre 2018 .

Parcours professionnel À sa sortie de l'ENA, déçu des postes que lui offre son rang au classement de sortie, il décide de passer le concours d'administrateur du Sénat qu'il rejoint en et où il est administrateur de la division administrative et financière de la direction de l'architecture, du patrimoine et des jardins« Soupçon d’espionnage au Sénat : qui est Benoît Quennedey ? », Public Sénat, 27 novembre 2018. Il est suspendu de ses fonctions au Sénat le pendant le déroulement d'une enquête le visant, puis est réintégré à son poste en 2022 au dénouement de celle-ci. Bien qu'il ait été innocenté, le Sénat décide de sa mise à la retraite d'office le , décision contre laquelle il engage un recours contentieux fin . La mise à la retraite d'office est suspendue par le tribunal administratif de Paris le Tribunal administratif de Paris, ordonnance n° 2309023/5 du 16 mai 2023. Le Sénat conteste cette décision et obtient gain de cause devant le Conseil d'État, qui confirme la mise à la retraite de Benoît Quennedey en .

Il dispense des cours de préparation aux grandes écoles de l'administration de à la mi-2022, pendant ses trois ans et demi de suspension.

Activités Parti radical de gauche Il est membre du Parti radical de gauche (PRG) jusqu'en 2017, dont il a été un secrétaire national. Il est exclu des Radicaux de gauche (LRDG, nés du PRG) à la suite des révélations publiques d'une enquête judiciaire le visant.

Corée du Nord Il est intéressé par la Corée du Nord depuis les années 1990 lors de ses études à Sciences Po.

En 2005, il devient membre de l’Association d’amitié franco-coréenneLe Monde, samedi décembre 2018, , « L'espion qui venait du Sénat », Harold Thibault (avec Élise Vincent) grâce à l'incitation d'un ancien sénateur, André AubryAmandine ROBERT, « Notre fils n’est pas un espion ! », Le Bien Public - Côte d'Or, mercredi 28 novembre 2018. Il crée la branche régionale de l'AAFC en Bourgogne et en est président. Il devient vice-président, avant de devenir président de l'association au niveau national en « Rapport d'activité de l'AAFC - 31 mars 2018 ». Il participe régulièrement à des émissions de télévision, notamment sur France 24Le Figaro, « Benoît Quennedey, un fonctionnaire énigmatique », 28 novembre 2018, no. 23108, et sur la chaîne d'État russe RT France« Qui est Benoît Quennedey, le haut fonctionnaire soupçonné d'espionnage pour la Corée du Nord ? », Europe 1, 27 novembre 2018, et à des réunions publiques pour donner sa vision des deux Corées.

Il effectue huit voyages en Corée du Nord, de 2005 à 2018, dont notamment un où il assiste le au défilé militaire pour le anniversaire de la création de la RPDC.

Autres activités Il déclare être membre de l'association franco-vietnamienne et rédacteur en chef de la revue Perspectives Vietnam édité par la même associationhttps://www.aafv.org/wp-content/uploads/2024/01/Perspectives-n%C2%B0125-1.pdf. Il déclare aussi avoir été membre de l'association franco-mongole.

Il serait membre d'un « comité international pour les libertés politiques en Corée du Sud ».

Il est trésorier de l'Association pour la sauvegarde de la maison de Saint-Just« LES FAITS », L'Union (France), Jeudi 29 novembre 2018. Il est actif contre la fermeture du cinéma La Clef à Paris et le service des urgences de l'Hôtel-Dieu de Paris. Il est trésorier de l'association Protection des océans.

Affaire judiciaire Ouverture d'une enquête pour espionnage Le , le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire sur Benoît Quennedey.

Benoît Quennedey est arrêté le au soir à Dijon, soupçonné d'espionnage pour le compte de la Corée du Nord, et il est placé en garde à vue dans les locaux de la direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI)« Soupçons d’espionnage : Benoît Quennedey suspendu par le Sénat », Le Parisien, 27 novembre 2018.

Le , son bureau du Sénat, son domicile à Paris et le domicile de ses parents à Dijon sont perquisitionnés.

Suspendu de ses fonctions le , il est mis en examen le pour « Soupçons d’espionnage au Sénat : Benoît Quennedey mis en examen pour trahison », Sud-Ouest, 29 novembre 2018. Durant cette enquête il est placé sous contrôle judiciaire, et il lui est interdit d’exercer sa profession et de quitter le territoire.

L'accusation soupçonne une potentielle transmission de documents sensibles. L'enquête se porte sur ses relations avec des Nord-Coréens en France, notamment des membres de service de renseignement nord-coréen de la représentation nord-coréenne à Paris et sur ses relations avec deux Français, supposés être ingénieur en armement et expert en cryptologie.

Clôture des poursuites sur un non-lieu En , le parquet de Paris requiert un non-lieu, évènement qui inflige à la DGSI un revers rare.

La justice prononce un non-lieu le , attestant qu'il n'y a aucune preuve qu'il ait dévoilé des informations à la Corée du Nord.

Mise à la retraite d'office par le Sénat Début 2023, le président du Sénat Gérard Larcher et les questeurs ordonnent la mise à la retraite d'office du Sénat de Benoît Quennedey à l'issue d'une procédure disciplinaire. Il s'agit de l'une des sanctions les plus lourdes pouvant être prononcées contre un fonctionnaire. Il dépose un recours mais la Cour administrative d'appel de Paris rejette sa demande d'annulation, affirmant selon Intelligence Online que le haut fonctionnaire .

Dans le même temps, il conteste son refus de promotion par le Sénat entre 2019 et 2021, justifié à l'époque par les procédures judiciaires le visant. Le tribunal administratif lui donne raison, estimant que son non-lieu en 2022 n'avait pas été pris en compte dans la décision du Sénat. La juridiction demande un réexamen de celle-ci.

Ouvrages Il a publié deux ouvrages présentant la Corée du Nord sous un jour favorable. Le premier est publié en 2013, c'est un essai sur l'économie du pays. Le second a été publié en 2017. . .

Références

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