Charnay est une commune française située dans le département du Rhône, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie Situation alt=Statue de la Vierge du Chevronnet|vignette|Statue de la Vierge du Chevronnet. Une étroite crête d’orientation nord-sud s’étire sur environ de Villefranche-sur-Saône à Lozanne dans la partie sud du Beaujolais. Le territoire de la commune de Charnay est à cheval sur cette crête sur une longueur de et une largeur de sauf dans sa partie sud qui se rétrécit pour se terminer en pointe sur la rive gauche de l’Azergues. Ce territoire comprend la totalité du versant ouest de la crête jusqu’au ruisseau d’Alix qui tire son nom de la commune voisine. Du côté est, il s’arrête à mi-pente en limite de la commune de Morancé. Au total, une superficie de . La première caractéristique du bourg est d’être perché sur la crête même dont l’altitude varie assez peu au-dessus de , avec un maximum de à la Vierge du Chevronnet, soit une domination de plus de 200 mètres sur les environs proches et une vue dégagée sur de lointains horizons.

Du point de vue géologique, l’ensemble de la crête correspond à un anticlinal dont l’armure calcaire date de l’étage aalénien du Jurassique moyen. La belle coloration jaune de ce calcaire dit à entroques, du nom du fossile constitutif, a valu à tout ce secteur méridional du Beaujolais l’appellation de Pays des Pierres dorées. Il en résulte un deuxième avantage car c’est un excellent matériau de construction. De surcroît, la culture de la vigne se trouve favorisée non plus seulement par l’exposition des versants au soleil mais aussi par la nature du sol à l’égouttage facile. Il est à noter enfin que la fixation de l’habitat principal sur la crête libère les versants pour le développement maximal du vignoble. Cette règle s’applique à la totalité des communes de l’ensemble de la crête, de Pommiers au nord à Saint-Jean-des-Vignes au sud.

Charnay est situé à vol d’oiseau à une vingtaine de kilomètres au nord-nord-ouest de Lyon. L’influence de la grande métropole religieuse s’y est manifestée depuis le . Dans la vallée proche de la Saône l’affrontement entre l’Église lyonnaise et les sieurs de Beaujeu s’est jouée entre Anse aux mains des chanoines-comtes et les sieurs de Beaujeu fondateurs de Villefranche-sur-Saône, à une latitude plus septentrionale. Par ailleurs, la situation à l’écart des grandes voies de circulation explique que Charnay ait été peu mêlée aux grands mouvements qui ont agité l’ensemble du royaume de France.

La commune fait partie de la communauté de communes Beaujolais Pierres Dorées.

Communes limitrophes

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Nord-est du Massif Central, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 800 à , bien répartie dans l’année.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune du Breuil à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Charnay est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de LyonUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération inter-départementale regroupant , dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Lyon comprend une ville-centre et .... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lyon, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (79,7 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (77,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (46,1 %), cultures permanentes (25,4 %), prairies (8,2 %), zones urbanisées (7,4 %), mines, décharges et chantiers (6,7 %), forêts (6,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Histoire Le bourg Château et maison forte alt=Ancien château des chanoines-comtes|vignette|Ancien château des chanoines-comtes. alt=Château des chanoines-comtes détail|vignette|Château des chanoines-comtes détail. Aux temps médiévaux, Charnay présente un cas typique de coseigneurie. Les chanoines-comtes du chapitre de Saint-Jean à Lyon se sont prévalus d’une présence antérieure dès le début du pour contester les droits de la famille Charnay à partager la seigneurie et n’ont eu de cesse d’affirmer leur primauté. Ils se la feront reconnaître dans un acte de 1355. Le seigneur laïc devra leur prêter l’hommage lige. En 1612 encore les chanoines trouveront prétexte dans une mince affaire de litre funéraire pour rappeler la transaction de 1355. Cette rivalité n’ira jamais à l’affrontement car il existait des liens très subtils entre les deux autorités : on comptait bien des Charnay dans les membres du chapitre. En 1511, les chanoines ont tenu à rappeler au seigneur laïc de l’époque qu’il n’avait aucun droit à qualifier sa demeure de château car ce n’était qu’une maison forte subordonnée au château comtal. On pourrait s’y tromper en comparant les monuments qui témoignent de cette double domination car ils sont toujours présents au cœur du bourg. Le château des chanoines-comtes a sans doute été édifié au début du . Il faut inclure dans cette notion de château un ensemble fortifié compact que l’on désigne assez généralement dans le Lyonnais par le nom de vingtain car financé par un impôt du vingtième. Cette enceinte trapézoïdale d’environ abritait un bâtiment d’administration seigneuriale (salle) et le siège paroissial avec l’église et son cimetière ainsi qu’un habitat civil dense. Elle était dominée par un donjon. L’ensemble est encore identifiable dans le plan du bourg au sud de l’église par un groupe compact de maisons desservies par trois ruelles étroites.

Au fil des siècles, les locaux n’étaient plus occupés qu’au traitement des vendanges et à usage de cave. La maison seigneuriale proprement dite était un bâtiment massif accolé à l’église dépassant en hauteur les maisons voisines. C’est aujourd’hui le seul vestige reconnaissable de ce passé sur le front occidental malgré les remaniements du (création d’ouvertures) et les travaux de restauration confiés vers 1928-30 à l’architecte Bonnetin. L’appareil de moellons de calcaire jaune d’une épaisseur d’environ 1 mètre est couronné par un chemin de ronde sur mâchicoulis avec des corbeaux en triple quart de rond. En rez-de-chaussée un bureau de poste a été ouvert vers 1930.

À la marque discrète de l’ancien château, la Mansarde oppose sa présence massive. On a peine à lui reconnaître une filiation avec la Maison forte des anciens seigneurs laïcs. Charnay a été, en effet, le berceau d’un lignage chevaleresque éponyme. Les premiers membres connus de cette famille sont cités comme témoins dans des actes du . Par la suite « la famille de Charnay se fondit dans celle des Thélis, seigneurs du Sou à Lacenas par le mariage d’Arthaude de Charnay avec Jean de Thélis » en 1354. Parmi les lignées qui succèdent aux Thélis à partir du milieu du , le nom à retenir est celui de Jean-Baptiste Durieu. Ce « lieutenant particulier en la chaussée de Lyon » devient propriétaire par son mariage avec Anne de Bourg en 1659. Il meurt en 1682. C’est à lui que l’on doit l’imposant édifice qui trône au cœur du village avec ses murs en moellons de pierre dorée. Le pavillon central comporte trois étages et trois travées. Il est surmonté d’une haute toiture en pavillon couverte de tuiles vernissées. Il est épaulé de deux ailes en équerre de deux étages dont les toitures presque plates sont garnies de tuiles rondes. Les façades évoquent encore la Renaissance mais dans le retrait de l’aile sud est logé un escalier monumental à quatre noyaux en pierre de taille et rampe en fer forgé d’une très grande qualité. Son style est typiquement classique. Seul vestige de la maison forte primitive : une tourelle semi-circulaire jusqu’à hauteur du deuxième étage à l’angle sud-ouest. Les propriétaires successifs, n’ont pas toujours mis le même soin à entretenir l’ensemble du bâtiment divisé en appartements. Il n’a cessé de se délabrer d’où, sans doute, l’appellation péjorative récente de mansarde.

En 1948, la municipalité a acheté la partie centrale et l’aile sud mais les travaux de rénovation n’ont débuté qu’en 1982. Le secrétariat et la salle du Conseil municipal ont alors pu être installés au premier étage de l’aile sud en 1983. L’aile nord devait être rachetée en 1986.

L’église