Lentilly est une commune française située dans le département du Rhône, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Ses habitants sont les Lentillois et les Lentilloises.

Géographie Situation La commune de Lentilly est située à au nord-ouest de Lyon et à au sud-est de L'Arbresle. La commune s'étend sur .

alt=pont sur le Buvet|vignette|pont sur le Buvet Elle est à la limite septentrionale, sur la retombée, des monts du Lyonnais. Ceux-ci n’en représentent qu’une minime frange à l’extrême sud de la commune avec le mont Mercruy qui culmine à 567 mètres. La majeure partie de l’espace communal se présente comme un plan incliné du sud vers 400 mètres d’altitude, au pied de la montagne, vers 270 mètres au nord en limite de la commune de Lozanne. Selon les géomorphologues, ce long versant doit être interprété comme un pédiment c’est-à-dire comme un glacis formé au cours de l’ère tertiaire sous un climat subtropical par un travail de sape latéral progressif du relief montagneux devenu résiduel. (Il en est ainsi de tout l’ensemble de ce qu’on appelle le plateau lyonnais, étiré jusqu’à la vallée du Gier sur près de 30 kilomètres). Si, depuis ces temps géologiques très anciens, les processus érosifs ont épargné ce plan incliné fait de gneiss granitique et d ’amphibole, ils ont eu plus de facilité à affouiller la couverture de sédiments plus tendres qui affleurent dans la partie est de la commune. Il en découle une forte dissymétrie dans l’organisation du réseau hydrographique, divisé entre deux bassins-versants car, grâce à cette érosion plus facile, l’essentiel du drainage se fait vers la Brévenne au nord par le ruisseau du Buvet et le ruisseau des Tanneries, son affluent de rive gauche. C’est là que se situe la cote la plus basse du territoire de Lentilly (). Seule une petite partie dans l’angle sud-est a son écoulement vers l’Yzeron par le ruisseau qui porte dans sa partie aval le nom de Charbonnières.

L’homme s’est adapté à ce milieu naturel : le contraste est total entre les défrichements de l’ensemble du territoire et la forêt qui revêt la frange montagneuse méridionale. Le réseau de communication avait son passage obligé sur Lentilly afin de contourner la montagne en la serrant au plus près. Il en est ainsi de la RN7 qui a succédé à la voie royale. La ligne ferroviaire de Lyon-Saint-Paul à Montbrison en 1873 a adopté le même tracé. Établie , l’autoroute A89 emprunte le territoire de la commune sur . Enfin, l’immensité du panorama, des monts d’Or à l’est aux monts du Beaujolais à l’ouest en passant par le val de Saône, devait séduire de nombreux Lyonnais fortunés qui y ont construit leurs châteaux à la Belle époque.

Communes limitrophes

Géologie et relief L'altitude varie entre 240 et . Mercruy, un des reliefs les plus saillants avec , est un point arrondi qui appartient aux monts du Lyonnais.

Le sol, formé par l'effritement du gneiss granitique et des micaschistes amphiboliques, fait que les terres qui en résultent sont en général siliceuses et sur quelques points silico-argileuses.

La richesse de la couche végétale est moyenne en azote et en acide phosphorique. La terre est pauvre en chaux et suffisamment pourvue de potasse. Les productions principales sont des fourrages, des céréales, du vin et des légumes divers.

Hydrographie Lentilly est arrosée par des ruisseaux tributaires de la Brévenne ou de l'Yzeron, comme ceux du Buvet, des Tanneries, des Flaches, de la Grande Rivière du Gourd et de la Goutte.

Voies de communication et transports Desserte routière La commune est traversée par l'autoroute A89, à partir de laquelle elle est accessible par la sortie , ainsi que par la route nationale 7. D'autre part, les routes départementales (Charbonnières-les-Bains - Sain-Bel), (Sain-Bel - Éveux) et (Lozanne - Pollionnay) sillonnent aussi la commune.

Transport ferroviaire La ligne du tram-train de l'Ouest lyonnais dessert la commune, avec la gare de Lentilly et la halte de Charpenay.

Transports en commun routiers La commune est desservie par quatre lignes du réseau TCL : 98 reliant Lyon - Gorge de Loup à Sain-Bel Gare ; 203 reliant Lyon - Gorge de Loup à Aveize - Centre Médical ; 216 reliant Lyon - Gorge de Loup à la gare de Tarare ; 218 reliant la gare de L'Arbresle à celle de Villefranche-sur-Saône.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Nord-est du Massif Central, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 800 à , bien répartie dans l’année.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune du Breuil à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Lentilly est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de LyonUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération inter-départementale regroupant , dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Lyon comprend une ville-centre et ... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lyon, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (68,4 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (71,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (42 %), zones urbanisées (15,4 %), zones agricoles hétérogènes (14,3 %), forêts (13,3 %), terres arables (12,2 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (2,9 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Histoire

Temps gallo-romains alt=mont Mercruy|vignette|Mont Mercruy. Les premières traces d’occupation humaine sur Lentilly remontent au chalcolithique (entre - 2300 et - 1800 ans) : un poignard de cette époque a été retrouvé vers Cruzols.

La présence d’un peuplement humain aux temps gallo-romains sur le territoire de Lentilly découle de diverses observations. Le Mercruy, point culminant de la commune, pourrait bien tirer son nom de Mercure, le dieu des voyageurs et du commerce. Des fouilles entreprises de 1971 à 1973 ont révélé l’existence sur ce sommet d’un fanum. Ce petit temple était constitué de deux rectangles encastrés d'une maçonnerie de d’épaisseur directement fondés au rocher. À l’intérieur du grand rectangle d’une dizaine de mètres dans sa plus grande dimension, la cella, demeure de la divinité, mesurait . On imagine les fidèles en déambulation dans l’espace intermédiaire. Des débris de tuiles révèlent la nature de la couverture. La datation de la construction du de notre ère est déduite des quelques pièces de monnaie qui y ont été découvertes et l’abandon serait du début du . Enfin, c'est le Romain Lentulus, chef militaire ou simple propriétaire, qui aurait donné son nom à la commune.

Un autre témoignage encore plus convaincant est la traversée dans le haut de la commune de l’aqueduc de la Brévenne par les lieux-dits les Landes, le Guéret, la Rivoire, la Chaux, En Roi, les Molières et Charpenay sur environ . Il amenait l’eau d’Aveize vers Lyon. Une partie de l’aqueduc est en souterrain (depuis Les Landes jusqu’à Montcher) et une autre partie en aérien (depuis Montcher jusqu'à la limite communale avec la Tour de Salvagny). On estime qu’il y avait 250 arches sur Lentilly pour supporter le canal dans les zones où un simple mur ne suffisait pas. Cet ouvrage pouvait atteindre 14 mètres de haut sur Lentilly. Aujourd’hui, il n’y a plus de vestiges visibles de la partie aérienne du viaduc. Les parties souterraines persistent en certains endroits. Cette partie est régulièrement mise au jour et a été en partie détruite à l’occasion de travaux divers. On est en mesure d’affirmer que le parcours était accidenté d’une chute : afin de limiter la vitesse de l’écoulement autour de 1,5 pour mille pour éviter l’érosion de l’ouvrage les biefs de très faible pente alternaient avec des chutes pratiquées dans des puits. Elles mesuraient environ 2,3 mètres à 2,5 mètres.

La découverte la plus étonnante est cependant celle de ce que l’on appelle « le trésor de Lentilly » en 1866 par un propriétaire dans le secteur du Bois Seigneur, au lieudit les Brochères. Il s’agit d’un ensemble de 210 pièces de monnaie. C’est de loin la découverte la plus spectaculaire tant par leur quantité que par leur qualité. L’ensemble a été dispersé au gré des ventes et seules 17 sont conservées au musée des Beaux-Arts de Lyon. Ces aurei proviennent tous de l’atelier monétaire de Lugdunum. Les plus anciens ont été frappés entre les années 14 et 16 sous l’empereur Tibère qui a régné de 14 à 37 après J-C. Il est représenté avec l’empereur Auguste au revers. « Il y avait aussi des aurei représentant Caligula, Claude, Néron mais aussi des membres de la dynastie julio-claudienne comme Germanicus, père de Caligula, ou Agrippine, femme de Claude. La monnaie la plus récente a été frappée en 60 après J-C, sous le règne de Néron ». Les spécialistes s’interrogent sur les circonstances de cette soudaine thésaurisation et pensent à un effet de panique.

L’ordre éternel des champs

Élite féodale alt=château de Lentilly|vignette|Château de Lentilly.