Guillaume François Félix Chaudessolle est un avocat et homme politique français né le à Clermont-Ferrand et mort le à Romagnat.
Bâtonnier de l'ordre des avocats de Clermont-Ferrand, il est en 1902 à l'initiative de la Conférence des bâtonniers. Il occupe également, entre autres, un fauteuil de conseiller d'arrondissement.
Biographie Fils de Jean Chaudessolle, négociant, et de Catherine Drelon, Guillaume François Félix Chaudessolle nait le au domicile de ses parents situé à Clermont-Ferrand, Place Saint-Pierre. Par son père, il est cousin au degré du compositeur Félix Artance, petit-fils de César Pierre Rispal et d'Anne Élisabeth Chaudessolle.
Il épouse, le , à Clermont-Ferrand, Marie Antoinette Lecoq (1847-1921), fille d'Annet Arthur Lecoq, avocat et maire de Nohanent, et de Antoinette Lucy Astaix (1824-1879Archives départementales du Puy-de-Dôme - Registre des décès de la ville de Clermont-Ferrand - Année 1879 - Cote 6 E 113 337 - /289 (https://www.archivesdepartementales.puydedome.fr/ark:/72847/vtac8b3e1c1d7a80b10/daogrp/0/layout:table/idsearch:RECH_86f427792be11212a291354e952da16d#id:1176564794?gallery=true&brightness=100.00&contrast=100.00¢er=1275.500,-850.500&zoom=6&rotation=0.000)) et nièce de Victor Astaix, avec laquelle il a six enfants : un enfant mort-né (1868-1868) ; Anne Marie Catherine Émilie (1871-1958) qui épouse Marie Annet Gaston de la Farge de la Pierre ; Henri Bernard Antoine Victor Marie (1873-1900), avocat puis juge suppléant au tribunal d'Aubusson ; Marie Lucienne (1876-1896) ; Gabrielle Victoire Marie (1879-...) qui épouse Charles Antoine Gervais de la Farge ; Paul Arthur Marie (1889-1966), commandeur de la Légion d'Honneur, qui épouse Marie Catherine Jeanne Fayolle, fille de Marie Émile Fayolle, maréchal de France, et de Marie Louise Augustine Collangettes.
Par son épouse, il se trouve être le beau-frère de l'avocat, Charles Lucien Lecoq.
Il meurt le , à l'âge de , en son château de Saulzet-le-Chaud situé sur la commune de Romagnat. Au jour de sa mort, il est présenté comme avocat au barreau de Clermont-Ferrand et président honoraire de la caisse d'épargne de Clermont-FerrandÉtat-civil de la ville de Romagnat - Acte de décès - délivré le 25 février 2019.
Carrière juridique
Diplômé de la faculté de droit de Paris, le , il s'inscrit au tableau des avocats du barreau de Clermont-Ferrand, sur lequel il sera présent jusqu'en 1912, date à laquelle il démissionne de ses fonctions de doyen de l'ordre.
Jeune avocat, il est désigné d'office pour assurer la défense de deux prévenus devant le conseil de guerre de la , en , pour insoumission et vente d'effet d'habillement. Bien que les prévenus aient été condamnés, respectivement à six jours et trois ans d'emprisonnement, son discernement et sa convenance d'expression dans cette première affaire est saluée par le journal Le Moniteur du Puy-de-Dôme, dans son édition du ..
Il est élu plusieurs fois bâtonnier de l'ordre des avocats du barreau de Clermont-Ferrand : le ., faisant suite à André Moinier ; le ; le ., faisant suite à Gabriel Lébraly ; le ; le ., faisant suite à Henri Petitjean Roget ; le ; le ., faisant suite à Maurice Féron ; le .
Il est élu membre du conseil de discipline de l'ordre des avocats près le tribunal civil de Clermont-Ferrand : le et désigné pour remplir les fonctions de secrétaire ; le , le . ; le . ; le et est délégué au bureau de l'assistance judiciaire. ; le ; le ; le ; le . ; le ; le . ; le ; le . ; le ; le . ; le .
Les décrets du 29 mars 1880 Dans un contexte politique extrêmement tendu, à la suite de la promulgation des décrets du visant notamment l'expulsion des jésuites du territoire français et provoquant un grand nombre de démissions dans la magistrature, en protestation, il prend clairement partie pour les magistrats démissionnaires et se positionne contre la politique républicaine de Jules Grévy. À l'occasion de la présentation d'Henri Tallon, membre démissionnaire du parquet, s'étant fait inscrire au tableau des avocats de Clermont-Ferrand, le , en audience de la première chambre, alors bâtonnier de l'ordre, il félicite le nouvel avocat sur sa sortie du parquet et ajoute que le barreau sera toujours le refuge du droit et de la liberté.
Il adhère par ailleurs, en 1880, avec, pour le tribunal de Clermont-Ferrand, Victor Astaix, ancien bâtonnier, Gabriel Lébraly, membre du conseil général et ancien député, Antoine-Maurice Eymard, ancien député, E. Cohadon, Charles Lucien Lecoq, Bastide, E. Bellier, Henri Petitjean-Roget, A. Pourcher, J. Bayle, A. Marchebœuf, Madud-Dulac, Maurice Féron et E. Tixier, à la consultation d'Edmond Rousse, avocat à la cour d'appel de Paris, sur la légalité des décrets du .
En audience du , il est chargé de la défense de la directrice de l'orphelinat de la Providence, géré par la congrégation des sœurs de la communauté de la miséricorde de Billom. Cette dernière est poursuivie par l'inspecteur divisionnaire du travail des enfants et des filles mineures qui constate, dans un procès-verbal dressé le , que des ouvrages de couture sont réalisés, neuf heures par jour, par les orphelines placées sous la garde de la congrégation, et que ces travaux sont entrepris pour des magasins parisiens, et estime qu'il y a donc lieu d' assimiler ces ouvrages à un travail d'industrie d'atelier et que, de fait, les dispositions de la loi du 19 mai 1874 sur le travail des enfants et des filles mineures employés dans l'industrie doivent leur être appliqué. Il démontre que l'on ne peut assimiler des orphelines travaillant dans une communauté à une industrie d'ateliers, fondant notamment son argumentation sur un arrêt de la cour de cassation de 1881 ainsi qu'un arrêt de la cour d'appel de Lyon de 1884. Il obtient l'acquittement pur et simple de la communauté. Le procureur général interjetant appel, la chambre correctionnel de la cour d'appel de Riom, dans un arrêt en date du , confirme le jugement de première instance, et statue que la loi du n'est pas applicable aux établissements charitables qui donnent l'instruction professionnelle à des jeunes filles, s'ils ne retirent pas un bénéfice de leur travail.
Père de la conférence des bâtonniers C'est à son initiative et celle des bâtonniers Pierre-Adolphe Homais, du barreau de Rouen, Joseph Laisné des Hayes, du barreau de Caen, et André Begouën-Demeaux, du barreau du Havre, qu'est créée la Conférence des bâtonniers.
Sa première réunion se tient le à Paris, en l'hôtel de la Société nationale d'Agriculture. L'appel qu'ils lancent à réunir les bâtonniers des barreaux de cours d'appel et des villes de plus de est précédé d'une brochure émanant du barreau de Clermont-Ferrand ainsi que d'une circulaire du bâtonnier du barreau de Caen aux barreaux près les cours. Ainsi, 36 barreaux répondent à cet appel. Cinq ans après sa fondation, la conférence compte 69 adhérents, 82, en 1908, 90 en 1909, 93 en 1910 et 1911, 97 en 1913, 115 en 1924 et 116 au moment de la réforme judiciaire découlant du décret du 10 septembre 1926 relatif à l'organisation de l'administration préfectorale dit décret Poincaré qui, supprimant près de 200 tribunaux, prive la conférence de 32 adhérents..
Carrière politique Il est élu au conseil d'arrondissement dans le canton de Clermont-Ferrand Nord, aux élections cantonales du , par 834 suffrages.
Il est réélu, le , par 605 suffrages, n'ayant aucun concurrent.
Par arrêté préfectoral du , il est nommé, en sa qualité de conseiller d'arrondissement, commissaire-enquêteur, par le préfet du Puy-de-Dôme, afin de procéder à une enquête de commodo et incommodo, tant sur le projet de distraction des sections de Chanat et de la Mouteyre de la commune de Nohanent et leur érection en commune que sur les conditions de celles-ci. Il réalise cette enquête le et remet ses conclusions, sous forme de procès-verbal en date du , à la sixième commission du conseil général qui inscrit ce point à l'ordre du jour de la séance du . Les délibérations conduisent à un ajournement de la question.
La question ne sera tranchée qu'en séance du , après enquête de commodo et incommodo, diligentée par le maire de Durtol sur l'annexion de la section de l'Étang à celle de Chanat et de la Mouteyre pour former une commune distincte. Après délibérations, le conseil adopta les conclusions du rapport visant à la création d'une nouvelle commune, sous le nom de Chanat, se composant des trois sections distraites de la commune de Nohanent.
Candidat bonapartiste, il brigue un troisième mandat aux élections cantonales du mais s'incline, dès le premier tour, face au candidat républicain, Cohendy.
Candidat de la liste indépendante, il se présente aux élections municipales de la ville de Clermont-Ferrand du , organisées à la suite de la promulgation de la loi du précédent. Arrivé au scrutin du premier tour, comme ayant obtenu sur et exprimés dont 729 dans le canton sud pour et , 498 dans le canton nord pour et , et 620 dans le canton sud-ouest pour 3 274 inscrits et , il est soumis au scrutin de ballottage du deuxième, le suivant, comme l'ensemble des candidats, seul Jean Baptiste Antoine Blatin, de l'union républicaine, maire sortant, est élu à ce premier tour. À l'issue du scrutin, il n'est pas élu, ayant recueilli dont 773 dans le canton sud, 545 dans le canton sud-ouest, et 512 dans le canton nord, pour exprimés pour .
Élu candidat au scrutin du comité départemental conservateur du Puy-de-Dôme du , pour représenter le parti bonapartiste aux élections législatives des 4 et 18 octobre 1885, il refuse d'être candidat, accompagné dans cette démarche par le Comte Félix Victor Martha-Beker. Le comité remplace dès lors leurs noms par ceux de Chassaing d'Augerolles, président du comité, et de Boyer, architecte.
En , il est désigné par le premier adjoint à la mairie de Clermont-Ferrand, Monsieur Saint-Loup, avec quarante autres notables de la ville dont l'ancien adjoint au maire, Michel Euryale Fabre, pour composer une commission extra-municipale chargée d'étudier la question de la construction d'un théâtre, réclamé par la population mais dont le coût nécessite un emprunt et vraisemblablement une hausse de l'impôt. Il semble qu'une certaine défiance vis-à-vis du conseil municipal de Jean Baptiste Antoine Blatin, alors maire de la commune, entraine un refus de la plupart des membres nommés. En effet, le conseil étant incomplet, des élections complémentaires ont été organisées les et , sans parvenir à désigner les neuf conseillers manquants, le premier tour de scrutin n'ayant donné aucun résultat, faute de candidats et d'électeurs, le second tour ayant, quant à lui, désigné neuf conseillers protestataires qui, à peine élus, démissionnent de leurs fonctions. Ce projet de commission extra-municipale est abandonné quelques jours après l'annonce de sa constitution, faute de membres.
Candidat de la liste monarchiste, il se présente aux élections municipales pour la ville de Clermont-Ferrand, organisées les 6 et . Mis en ballottage au premier tour de scrutin, il est crédité, au second tour, de 1 452 voix sur , dont 653 voix sur dans le canton sud, 378 sur dans le canton nord et 419 sur dans le canton sud-ouest.
Distinctions et adhésions
L'Académie de Clermont-Ferrand Le , il est reçu à l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Clermont-Ferrand.
Donnant sa démission de membre titulaire, il est inscrit, à sa demande, en séance du , à la correspondance.
Le , il est désigné pour faire partie de la commission de révision du règlement concernant les élections.
Le , il parraine, avec Joseph Vignancour, la candidature de Casimir Pajot. En séance du suivant, ils proposent la candidature d'Eugène Lébraly.