Les Nez-Percés, ou Nimíipuu, sont une tribu amérindienne du groupe pénutien qui vivait sur le plateau du Columbia de la région Nord-Ouest Pacifique au moment de l’expédition de Lewis et Clark.
Le souvenir des Nez-Percés demeure intact à travers l'élevage et la sélection du cheval appaloosa, originaire de la rivière Palouse, et leur résistance héroïque lors de leur fuite sur plusieurs milliers de kilomètres sous la conduite de Chef Joseph.
Étymologie et linguistique right|thumb|upright|Répartition des langues pénutiennes.
Le terme Nez Percé est un exonyme donné par les négociants de fourrure français ou canadiens de langue française qui furent les premiers en contact avec les membres de la tribu. Ce terme a été repris par les rédacteurs anglophones en supprimant l'accent aiguContrairement à Brulés, nom d'un des clans Lakotas pour lesquels l'accent aigu est conservé (mais pas l'accent circonflexe)..
Le terme Nimíipuu signifie « les gens » ou « le peuple »Cette auto-dénomination est extrêmement fréquente dans le monde entier — cf. ᐃᓄᐃᑦ : Inuit, Халх, mot d'origine arabe par lequel les Mongols de l'Est se désignent, les Manusha, une branche des Roma. Lewis et Clark ont rapporté également une dénomination de Chopuunish, corruption du mot Tsútpěli, « le peuple des montagnes ».
La langue des Nimíipuu, le nez-percé, appartient à la famille des langues sahaptiennes dans le groupe des langues pénutiennes, une des plus anciennes du territoire nord-américain.
La dénomination « Nez-Percé » est peut-être la moins impropre, à la fois parce qu’elle est préférée par la majorité des Nimíipuu lors des relations avec des locuteurs n'appartenant pas à la tribu et parce que d'aucuns avancent qu’il est utilisé par une majorité d’historiens, qui se fondent sur les relations de voyages des trappeurs et explorateurs français, premiers Européens à avoir pénétré aussi loin dans l'ouest américain.
Ainsi, Clark le et Lewis le écrivent dans leur journal que . Cette pratique est fréquente chez les tribus de la côte mais non généralisée chez les Chopuunish.
Les Têtes-Plates du Montana appelaient les Nez-Percés Sahaptins, soit .
Les terres traditionnelles des Nez-Percés right|thumb|Territoire des Nez-Percés.
Les Nimíipuu occupaient un territoire d'environ sur les plateaux du Nord-Ouest, entre les monts Bitterroot à l'est et les montagnes Bleues à l'ouest, une zone englobant les bassins de la Clearwater et de la Snake, à cheval sur les États actuels de Washington, de l'Oregon, de l'Idaho et du Montana.
Les Nez-Percés et leurs alliés constituent un groupe d'environ vers 1860 se répartissant en dix tribus. : Nez-Percés, Cayuses, Umatillas, Walla Wallas, Yakamas, Spokanes, Cœurs d'Alène, Têtes-Plates, Pend d'Oreilles et Kootenais.
Les tribus hostiles sont les Shoshones au sud et surtout les Pikunis au nord-est.
Histoire La création des Nez-Percés selon la légende de Coyote left|thumb|Le cœur du Monstre.
La Légende de Coyote raconte l'origine de la tribu des Nez-Percés avec de très nombreuses variantes.
Un jour, bien avant qu’il y ait des gens sur la Terre, un monstre descendit du Nord. Il était énorme et aspirait tout ce qu’il voyait. Il aspirait les petits animaux, le ‘chipmunk’ (tamia), le raton laveur et les souris mais aussi les gros animaux, le daim, l’élan et même le lion des montagnes (cougar, puma).
Coyote ne pouvait plus rencontrer ses amis, ce qui le rendait complètement fou. Il décida qu’il était temps d’arrêter le monstre. Coyote traversa la Snake et s’attacha au plus haut sommet des montagnes de la Wallowa. Il appela le monstre qui était de l’autre côté en le mettant au défi d’essayer. Le monstre chargea, furieux, il traversa le fleuve et grimpa au sommet de la montagne où était Coyote. Il essaya d’aspirer Coyote avec son souffle mais rien n’y fit, les cordes qui attachaient Coyote étaient très solides. Cela effraya le monstre qui décida de faire la paix avec Coyote et l’invita près de lui pour quelque temps.
Plus tard, Coyote dit au monstre qu’il aimerait voir tous les animaux qui étaient dans son ventre. Le monstre acquiesça et Coyote entra dans le ventre. Il vit que tous les animaux y demeuraient vivants. Il leur dit de se préparer à s’enfuir et se mit à l’ouvrage. Avec sa pierre à feu, il créa un énorme brasier dans le ventre puis avec son couteau, il coupa le cœur du monstre. Tous les animaux purent s’échapper par la bouche grande ouverte et Coyote sortit le dernier.
Pour honorer cet événement, Coyote voulut créer les êtres humains. Il découpa le monstre et dispersa ses morceaux aux quatre vents. Les morceaux tombèrent, quelques-uns au Nord, d’autres au Sud, d’autres encore à l’Est et à l’Ouest, dans les vallées, les canyons ou sur les bords des fleuves. Partout où ils tombèrent une tribu naquit. Lorsqu’il eut terminé, Renard, l’ami de Coyote lui dit qu’il n’avait créé aucune tribu à l’endroit où ils étaient. Coyote était désespéré car il ne lui restait plus aucun morceau du monstre. Mais il eut une idée : Il lava le sang qui était sur ses pattes avec de l’eau, secoua ses pattes et les gouttes tombèrent au sol. Coyote dit « Ici sur cette terre je fais les Nez-Percés. Ils seront peu en nombre mais ils seront forts et purs ». Et c’est comme ça que les êtres humains sont venus Coyote creates Human Beings Native American Legends.
Coyote crée les couleurs des êtres humains avec de l'argile et fait cuire des figurines dans un four. Pas assez de cuisson c'est le blanc que Coyote jette par-dessus l'océan, trop cuit c'est le noir qu'il jette vers le sud et parfait c'est l'Indien qui est le seul à être né sur cette Terre. Légende « Comment Coyote a fait les différents hommes »as told by Samuel Watters, January 2, 1967.
thumb|Pétroglyphes datant d'environ ans, dans le parc historique national des Nez-Percés.
Du point de vue archéologique vers , un groupe macro-pénutien serait descendu du sud de l'Alaska pour s'installer à l'ouest des montagnes Rocheuses en se séparant en bandes sur les plateaux. Une autre théorie envisage une migration depuis le sud Butler The Old Cordilleran Culture. Des découvertes d'habitats préhistoriques attestent d'une présence constante de populations dans ces régions du nord-ouest. Protégées naturellement à l'est et à l'ouest des climats rigoureux, des terres riches et giboyeuses, des rivières poissonneuses et une relative paix entre les différentes tribus leur ont permis de perdurer de manière stable.
Première rencontre avec l'homme blanc right|thumb|Campement Nez-Percé - Lapwai Dans les années 1760-1770, les Nez-Percés et les Salish avaient installé un campement dans une vallée des monts Bitterroot. Ils préparaient un raid contre leurs ennemis les Pikunis et les Assiniboines mais le camp fut attaqué par les Blackfeet qui enlevèrent des femmes et des enfants et volèrent des chevaux. Une petite fille fut amenée vers le nord comme esclave. C'était le début d'une captivité qui allait durer plus de .
Plus tard, elle fut troquée par les Cris qui l'emmenèrent vers l'est puis par les Chippewas.
Dans l'est, elle fut achetée par une famille de colons blancs qui la traitèrent de façon très correcte. Ils désiraient qu'elle retrouve son peuple.
Ils la confièrent au peuple mandan Hidatsas Sahnish. Ensuite, les Crows la remirent aux Salish et elle put retourner enfin chez les Nez-Percés.
C'était vers 1804. On lui donna le nom de Wat-ku-ese (« celle qui a été perdue et retrouvée »). Elle raconta sa longue histoire et dit que très loin vers l'est il y avait un peuple très puissant à la peau claire, des cheveux sur le visage (la barbe), une couronne avec des bords sur la tête (le chapeau) et ils lui avaient même sauvé la vie. Elle les appelait So-yap-po.
Pour les Amérindiens, elle semblait avoir perdu la raison car ces choses-là n'existent pas… Quelques mois plus tard les étranges créatures décrites par Wat-ku-ese faisaient leur apparition au pays des Nez-Percés, c'étaient les membres de l'expédition Lewis et Clark.
Le témoignage de Wat-ku-ese en faveur des Blancs explique en partie l'accueil amical fait par les Amérindiens.
Étant donné leur état sanitaire déplorable, les Amérindiens leur donnèrent un autre nom Pai-yo-it (« celui qui sent mauvais ») et ils seront encore plus surpris quand les Blancs achèteront des chiens pour les manger, ce qui semblait impensable vu la quantité de poisson à portée de main dans les rivières.
Expédition Lewis et Clark (1804-1806) vignette|Meriwether Lewis-William Clark.
La toute jeune Amérique est seulement influente sur la côte Est. Les puissances européennes sont présentes sur le continent nord-américain, les Britanniques au nord, les Français en Louisiane, qui correspond pratiquement à tout le Midwest actuel, et les Espagnols au sud-ouest et en Floride. Après avoir acheté la Louisiane à la France de Napoléon Bonaparte en 1803, les États-Unis doivent contrecarrer les visées britanniques depuis le Canada sur les territoires inconnus de l'Ouest.
Le président Thomas Jefferson commande une expédition vers l'ouest pour atteindre la côte Pacifique, c'est une mission scientifique, de prospection commerciale et territoriale ayant pour but des relevés cartographiques, la connaissance des peuplades inconnues, les découvertes botaniques et l'évaluation des animaux à fourrure.
vignette|Carte de l'expédition Lewis et Clark.
Le , après la découverte de la source du Missouri, l'expédition se déplace vers l'ouest pour trouver la voie navigable du Columbia qui doit les mener jusqu'au Pacifique. Ils doivent franchir les redoutables monts Bitterroot entre les États actuels du Montana et de l'Idaho, « les montagnes les plus terribles jamais rencontrées. » Sergent Patrick Gass, Journals of the Lewis and Clark expedition (rep. Minneapolis 1958)
Ils font une traversée très éprouvante, froid, tempête de neige, manque de nourriture, accidents. Ils laissent des noms de leur passage et de leur calvaire (Colt Killed Creek La rivière du Poulain tué, Hungry Creek La rivière de la Faim). Au bout d'une semaine le 18, William Clark et des chasseurs partent en avant-garde à la recherche d'un gibier devenu rare à cette époque de l'année. Ils empruntent ce qui sera plus tard la et débouchent sur les hautes plaines des plateaux du Columbia.
Le , trois enfants indiens d'un village au bord de la Clearwater s'enfuient et courent se cacher à la vue d'hommes blancs hirsutes, sales, épuisés et affamés qui pénètrent pour la première fois sur le territoire des Nez-Percés Original Journals of the Lewis and Clark expedition 1804-1806 ed Reuben Gold Thwaites.
Ils sont accueillis, hébergés, et nourris par les Amérindiens. Ils rencontrent ensuite le Chef Twisted Hair.
Les autres membres de l'expédition, restés en arrière avec Lewis sont retrouvés et nourris. Parmi ceux-ci, il y a un homme entièrement noir, York, l'esclave du capitaine Clark, Sacagawea, une Shoshone sur qui repose une grande partie du succès de l'expédition, femme du guide Toussaint Charbonneau, avec leur enfant et un chien d'une taille inimaginable, Seaman, le Terre Neuve noir de Lewis. Gavés de nourriture fraîche et probablement de camas, particulièrement peu assimilables pour des estomacs non accoutumés, les hommes sont malades d'indigestion pendant quelques jours. Soignés et alimentés de gibier, ils récupèrent et construisent des canoës pour la suite de leur voyage vers le Pacifique.
Certains Amérindiens portent des perles et des objets en cuivre manufacturés, preuve qu'une voie de commerce s'est faite depuis la côte Pacifique et les échanges inter-tribaux vers l'intérieur des terres.
Ils confient leurs chevaux aux bons soins de Twisted Hair et de sa famille. Le , ils quittent le village par la Clearwater. Ils rencontrent d'autres villages, et lors d'un naufrage, ils sont aidés par des Amérindiens qui se montrent toujours amicaux.