La province du Nebbio est une ancienne division territoriale de la Corse, créée par l'administration génoise et remplacée le sous l'administration française par le district d'Oletta. Son chef-lieu était Saint-Florent.

Géographie La province du Nebbio comprend la microrégion du même nom, limitée à l'est par le massif du Monte Stello et au sud et à l'ouest par le massif du Monte Astu. Sa façade littorale inclut notamment le golfe de Saint-Florent.

La province du Nebbio avait pour provinces limitrophes celles du Cap Corse au nord-est, de Bastia à l'est et au sud et de Balagne à l'ouest.

Histoire Moyen Âge Dans le haut Moyen Âge, en 649, cinq évêques corses sont présents au concile du Latran. Aux trois mentionnés dans les correspondances de Grégoire le Grand s'ajoutent ceux de Nebbio et de MarianaDaniel Istria - Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse : du au .

Après la fusion opérée entre 649 et 754, les cinq évêchés de l'île (Ajaccio, Aléria, Nebbio, Mariana et Sagone) sont réactivés. L'évêque de Nebbio apparaît pour la première fois dans la documentation écrite en 1118ADC, Bastia, IH1, 7, 1118 = Scalfati 1971, n° 33. Dans ce document sont cités trois évêques : ceux d'Aléria, de Mariana et de Nebbio.

Durant près de 300 ans, l'île a connu des périodes instables. Les Pisans ont mis en place ou ont renforcé la puissance des seigneurs insulaires tout en cherchant à les garder sous leur tutelle. Les grandes abbayes toscanes qui ont acquis des biens dans l'île à partir de la fin des années 1070, se développent rapidement. Mais, l'intervention des Génois a dérangé cette situation avec, en 1133, le partage des évêchés insulaires entre les deux communes. À Pise échoit tout le sud de l'île et Aléria, alors que Gênes hérite des diocèses de Mariana, Nebbio et Accia, tous situés dans la moitié nord.

Un document du indique que Tiziano, évêque de Trévise et auteur du récit, est venu en Corse pour récupérer des reliques, notamment celle de saint Florent qui était très probablement déposées dans la cathédrale de Nebbio. En 1080, la Corse reste administrée par un seul évêque. Gerardo (1079-80 - 1085) succède à Landolfo sur le trône épiscopal de Pise. Il bénéficie de la délégation des pouvoirs relatifs à la Corse.

Durant la seconde moitié du et le , les deux cités maritimes s'affrontent pour la possession de l'île.

En 1264, Giudice de Cinarca est proclamé comte de Corse. Il s'allie à la Commune de Pise en s'opposant à Gênes. Il détient de puissantes forteresses et arrive à faire respecter son autorité malgré les réticences du clan de Giovanninello de Loreto, seigneur du Nebbio.

Le Deçà des Monts comprenait dix parties principales qui sont les juridictions de Bastia, Nebbio -dans l'ancienne division on ne comptait ces deux juridictions que pour une, Capo Corso, Aléria, Corte, Calvi & Balagna, & les trois fiefs de Brando, Caneri & Nonza. La division du territoire en cinq diocèses sert de base à un morcellement en circonscriptions plus réduites au nombre de soixante-dix à quatre-vingts pour toute l'île et quarante-huit pour le seul Deçà des Monts, selon le modèle toscan : la piève. La province du Nebbio comprenait les pièves suivantes : Oletta ; Patrimonio ; Rosolo ; San Quilico ; Santo Pietro.

Au le territoire de la piève est lui-même subdivisé en cappelle (chapelles), possédant leurs propres églises et correspondant aux unités de base de la géographie dîmière.

La cathédrale de Nebbio, dédiée à santa Maria Assunta, apparaît pour la première fois dans un acte daté de 1144ADC, Bastia, IH1, 16, 31 mars 1144 = Scalfati 1971, n° 90, .. Au début du environ, on assiste dans le diocèse de Nebbio à une véritable floraison d'édifices de culte. La cathédrale de Nebbio est probablement à l'origine de la série d'édifices liés à San Michele de MuratoL'église San Michele de Murato est mentionnée pour la première fois en 1137 (ADC, Bastia, IH1, 13,31 mars 1137 = Scalfati 1971, n° 68). Les pièves Santa Maria de Canari et San Pietro di Tenda, toutes deux situées dans le diocèse de Nebbio, sont de la main d'une même équipe de bâtisseurs.

Au début du , des Cortinchi issus de la puissante famille du centre de l'île, s'implantent dans le Nebbio. Guglielminuccio et Orlando revendiquent une partie de l'héritage de leur grand-mère, une Loreto de Nebbio. Leur grand-oncle, Rolanducello, refusant le partage, c'est les armes à la main que les Cortinchi présentèrent leur requête et s'emparèrent de sa seigneurie avec l'aide de GênesL. A. Letteron in Bulletin de la Société des sciences naturelles et historiques de la Corse, 1888, .

En 1235, l'évêque de Nebbio fait valoir son droit à établir des péages routiers et maritimes sur tout le territoire de son grand domaine.

Au cours des surtout, sont créées de nouvelles circonscriptions et des anciennes sont remodelées. Ces transformations sont la source de nombreuses confusions, tel le cas de la piève de Rosolo, dans le Nebbio.

Le Agostino Giustiniani est nommé à l'évêché de Nebbio.

Temps modernes En 1739, la monarchie française envoie en Corse un puissant corps expéditionnaire commandé par le marquis de Maillebois. Celui-ci fait opérer au mois de , un dénombrement général de l'îleGoury de Champgrand in Histoire de l'isle de Corse qui avait donné pour le Nebbio les résultats suivants :

Juridiction Pieves et nombre des villages Nombre de feux Nombre d'habitants Nebbio Comprend la ville de San Fiorenzo & 14 villages. La Province de Nebbio quoique comptée à part pour une juridiction relève néanmoins de celle de Bastia, les 14 villages qui en dépendent ne composent point de Pièves, on en a seulement fait depuis quelques années une division en quatre parties à peu près égales, qu’on nomme Surintendances, parce que les chefs qu’on y a mis & établis sont nommés Surintendants, & font chacun dans leur partie les impositions sur les Communautés qui en dépendent.

1740 - La récolte fut très mauvaise dans la partie d'En-Deçà-des-Monts, surtout du côté de Bastia, de Nebbio & de Capo Corso, et le fief d’Istria leur en fournit abondamment pour leur subsistance. 1755 - Le , Giovan Giacomo Grimaldi, qui vient de prendre le commandement de San Fiurenzo, interdit l'accès de la ville aux habitants du Nebbio, ainsi que tout commerce entre le préside et la province. vignette|Juridictions de Corse 1756. 1756 - Sur ordre du maréchal de Maillebois, Robert de Vaugondy dresse une carte militaire des juridictions de Corse. 1790 - Le , un décret de l’Assemblée nationale fixe le nom, l’étendue, les limites et les districts des 83 départements. La Corse est partagée en neuf districts (avant on disait juridictions) : Bastia, Oletta, A Porta, Cervioni, Corti, l’Isula Rossa, Aiacciu, Tallà et Vicu. Le district est partagé en cantons (avant on disait pievi), le canton en communes. Le , la Constituante décrète que les tribunaux de district du département de la Corse seront établis à Bastia, Oletta, l’Isula Rossa, A Porta d’Ampugnani, Corti, Cervioni, Aiacciu, Vicu et Tallà. 1793 - Le , la Convention décide que les départements de l’île de Corse s’appelleront Golo (chef-lieu : Bastia, districts : Bastia, Calvi et Corte) et Liamone (chef-lieu : Ajaccio, districts : Ajaccio, Vico et Sartène)A. D. MONTI in La Revolution Francaise Et La Corse - 1989.

Voir aussi Bibliographie Daniel Istria - Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse : du au , Éditions Alain Piazzola, 1 rue Sainte-Lucie 20000 Ajaccio - Tome I . Antoine-Dominique MONTI in La Revolution Francaise Et La Corse, chronologie (-) - ADECEC Cervione 1989.

Articles connexes Liste des pièves de Corse Saint-Florent En-Deçà-des-Monts

Notes et références

Catégorie:Ancienne province de Corse