Le massacre de Koulogon a lieu le , pendant la guerre du Mali. Il est commis dans le village peul de Koulogon, près de Koulogon Habbé, dans le centre du Mali, par des miliciens dogons.

Contexte En 2015, la région de Mopti, dans le centre du Mali devient le théâtre d'attaques djihadistes avec l'apparition de la katiba Macina, dirigée par le prédicateur peul Amadou Koufa. Mais à partir de 2017, les violences prennent un caractère communautaire, opposant Dogons et Bambaras, traditionnellement agriculteurs, aux Peuls, traditionnellement éleveurs, et qui sont amalgamés aux djihadistes . Des milices sont formées, comme l'Alliance pour le salut au Sahel (ASS), peule, et Dan na Amassagou, qui regroupe des chasseurs dozos dogons . Au cours de l'année 2018, ce conflit communautaire cause la mort de plus de 500 civils selon l'ONU.

Déroulement Le , une centaine d'hommes armés, vêtus de la tenue des chasseurs dozos et appuyés par des habitants des villages environnants, attaquent la localité de Koulogon, dans la commune de Koulogon Habbé, dans le cercle de Bankass . Les assaillants sont équipés de fusils de chasse et d'armes automatiques et semi-automatiques. Ils arrivent dans le village à moto, vers six heures du matin. Ils sont identifiés comme étant des Dogons et sont équipés d'armes lourdes et non des fusils de chasse traditionnels des dozos. Plusieurs dizaines d'hommes se dirigent d'abord vers la mosquée, où ils ouvrent le feu. Des villageois sont tués dans leurs maisons. Certains habitants tentent de se réfugier chez le chef du village, Moussa Diallo, mais ce dernier est assassiné, ainsi que plusieurs membres de sa famille, dont une petite fille et des vieilles femmes. Les femmes trouvées dans la case de la femme du chef du village sont cependant épargnées par les assaillants. Plusieurs maisons sont incendiées et les villageois qui échappent à la tuerie prennent la fuite.

L'armée malienne se rend sur les lieux dans les heures qui suivent la tuerie, mais le village est totalement abandonné.

Bilan humain Selon le gouvernement malien, la tuerie cause la mort de 37 civils. Parmi les victimes figurent trois femmes et plusieurs enfants. Plusieurs personnes sont également blessées. Les corps sont enterrés dans une fosse commune.

Le , la MINUMSA et le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH) donnent les conclusions de leur enquête et affirment que 36 civils sont morts lors du massacre, dont une femme et quatre enfants, et qu'un des assaillants a également été tué . Huit des victimes ont été exécutées puis brûlées dans leurs cases. Trois corps ont été mutilés. Neuf personnes ont également été blessées, dont une femme très âgée qui succombe à ses blessures le . Le , la MINUSMA déclare que .

La MINUMSA et le HCDH précisent que 173 cases et 59 des 61 greniers ont été incendiés ou pillés, .

Réactions Dans son communiqué, le gouvernement malien déclare que et appelle . Mais l'association culturelle peule Tabital Pulaaku dénonce pour sa part l'inaction des autorités maliennes et appelle au désarmement des milices.

L'attaque est également condamnée par la MINUSMA .

La France se déclare également et .

Le , Dan Na Ambassagou dément être à l'origine du massacre, qu'il condamne et qualifie d', dans un communiqué signé par le chef de sa branche militaire, Youssouf Toloba .

Suites Le soir du , le gouvernement malien affirme avoir arrêté sept suspects.

Le , le président malien Ibrahim Boubacar Keïta se rend sur les lieux du massacre et annonce l'édification d'une base permanente de l'armée malienne à Koulogon . Une enveloppe de 10 millions de francs CFA est également allouée pour l'aide aux victimes et la reconstruction du village.

Enquête Le , la MINUSMA publie son rapport sur le massacre de Koulogon . Guillaume Ngefa, directeur de la division des droits de l'homme de la MINUSMA, déclare alors : .

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Références

Koulogon Catégorie:2019 au Mali Catégorie:Janvier 2019