Ouagadougou est la capitale et la plus grande ville du Burkina Faso. Sa population était estimée à plus de d'habitants en 2019. En 2022, sa population est estimée à plus de d'habitants. C'est le centre culturel, économique et administratif du pays. Les habitants de Ouagadougou sont appelés des Ouagalais.
Géographie
Toponymie Le mot à l'origine, en langue mooré, est et et signifie « là où on reçoit des honneurs, du respect »site académique officiel du Burkina Faso ..
Géographie La ville est située à peu près au centre du pays, dans la province du Kadiogo, en pleine zone intertropicale.
À environ au nord, se trouve Gorom-Gorom et les portes du désert, situés tout près du Niger et du Mali. À environ au sud, se trouve le pays gourounsi avec notamment le village de Tiébélé et ses maisons colorées, mais aussi la réserve naturelle de Nazinga. Le Ghana et le Togo sont alors très proches.
Climat
La ville est soumise à un climat semi-aride au borde d'un climat tropical de savane (Köppen: BSh/Aw, Trewartha: BSha/Awha), comprenant deux saisons : la saison sèche et la saison des pluies.
La saison sèche s'étend de la mi-octobre à la mi-mai, approximativement. Cette saison est caractérisée par un temps plus ou moins chaud et très sec, un fort ensoleillement et parfois des vents de poussière. Dans cette saison, on peut distinguer trois périodes bien marquées : de mi-octobre à fin novembre, le temps est souvent très chaud, avec des températures minimales voisines de et des maximales comprises entre 35 et . On peut encore observer quelques averses au mois d'octobre, mais elles restent le plus souvent localisées et de faible intensité. On est alors à une période de transition, entre les vents de mousson de sud-ouest, chauds et humides (qui sont en nette régression, puis disparaissent totalement), et l'harmattan, un vent de nord-est chaud, sec et parfois poussiéreux qui s'impose de jour en jour ; de fin novembre à mi-février, c'est l'harmattan qui souffle. Il apporte une influence du désert, soit un air toujours très sec, d'assez grandes amplitudes thermiques entre le jour et la nuit, un fort ensoleillement, parfois gêné par une brume de poussières en suspension. Les températures sont nettement moins élevées en cette période : les minimales peuvent s'abaisser jusqu'à , voire très ponctuellement, surtout fin décembre et janvier, tandis que la journée, les maximales atteignent entre 28 et . Cela en fait la période où il est le plus facile de s'acclimater, grâce aux températures modérées et au temps le plus souvent stable ; de fin février jusqu'à fin avril, l'harmattan est en perte de vitesse, puis finit par tomber totalement. Coupée de l'influence du désert et de toute aération, la ville subit alors un temps caniculaire, avec des journées brûlantes (de fin février jusqu'à et même en avril) et des nuits chaudes (en moyenne au minimum, avec même quelques nuits où la température ne s'abaisse pas sous les en avril). Les premières averses orageuses peuvent parfois tomber à la fin du mois d'avril, ajoutant alors l'humidité à la chaleur, ce qui donne un ressenti extrêmement lourd. La saison des pluies, qui s'étend de la mi-mai à la mi-octobre approximativement, est marquée par un flux de sud-ouest : la mousson. Il apporte un air chaud et moite, dans lequel de nombreuses averses et orages se développent, avec un pic en août. Cette période correspond au passage du front intertropical (FIT) au-dessus des pays sahéliens et subsahéliens. Malgré les températures beaucoup plus modérées (minimums à , sous les pluies principalement, maximums à ), le ressenti est toujours lourd, en raison de la forte humidité ambiante.
Histoire
vignette|gauche|Ouagadougou en 1930. Photographie de Walter Mittelholzer. vignette|redresse|La ville de Ouagadougou aujourd'hui, vue par le satellite SPOT.
Toponyme À l’origine, la ville s’appelait Kombemtinga, la « terre des princes ». Les versions expliquant ce changement d’appellation sont nombreuses et parfois opposées.
De façon plus certaine, on peut affirmer que la ville a été fondée au par les Nyonyonsés. Pour la suite, selon la version du Larlé Naba, détenteur des secrets du Royaume mossi, les fondateurs, subissant des assauts répétés d’un peuple voisin, durent demander la protection de l'Empereur mossi Zoungrana, alors établi à Tenkodogo. Zoungrana confia la défense de la ville à son fils Oubri. Les Nyonyonsés se soumirent, et la localité fut alors baptisée « Wogdgo » : « Venez m’honorer ». C’est cette appellation qui aurait évolué pour donner Woghodogo, puis Ouagadougou dans sa version occidentalisée.
La ville devint capitale de l'Empire mossi en 1441 sous le règne de Naba Niandéfo Britannica, Ouagadougou, britannica.com, USA, consulté le 4 août 2019. Mais ce n’est qu’en 1881 qu’elle deviendra résidence permanente des empereurs (morho-naba), avec Naba Sanem.
Des quartiers se créent alors rapidement autour du palais impérial. Ils conserveront leur nom jusqu'à nos jours : Ouidi, le quartier du chef de la cavalerie ; , le quartier des captifs affranchis ; , où les empereurs nouvellement intronisés vont recueillir la soumission des dignitaires de l'Empire
Louis-Gustave Binger y entre le soir du vendredi et en laisse une longue description.. Sanem le reçoit par obligation mais ne tarde pas à montrer son désir qu'il s'en aille. Il l'empêche, de même, de poursuivre le trajet prévu. Binger décide alors de revenir vers Boukary Koutou et quitte la ville le .
Devenue capitale du territoire de Haute-Volta en 1919, la ville perd sa prééminence pendant les années de partage du territoire (1932-1947). À la reconstitution de la Haute-Volta, l’administration est de nouveau transférée à Ouagadougou.
De l’arrivée du chemin de fer, en 1954, jusqu’à l’indépendance en 1960, la population de la ville va doubler, passant de à plus de . La nécessité de transformer l'urbanisme ouagalais devient impérative. Au début des années 1970, Polycarpe Naré, haut fonctionnaire chargé des domaines réalisera, sous la houlette du général Garango, le «Petit Paris » ou zone résidentielle de Gounghin et La zone résidentielle du Bois, qui agrandissent la capitale suivant des standards modernes. Par la suite, le nombre de Ouagalais doublera régulièrement tous les dix ans : au début des années 1990 et plus de en 2015. Ce qui nécessitera de nouveaux projets de transformation urbaine de la cité logements de l'époque sankarienne à Ouaga 2000.
Les attentats de Ouagadougou du ont fait au moins et une trentaine de blessés. À ., des hommes armés ont attaqué le bar Taxi Brousse, le restaurant Le Cappuccino et l'hôtel Splendid dans le centre de Ouagadougou sur l'avenue Kwamé N'Krumah. Ces lieux sont fréquentés principalement par des étrangers. L'attaque terroriste est revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).. À la suite de ces événements ont été décrétés trois jours de deuil national.. La ville est de nouveau touchée par le terrorisme dans la nuit du 13 au . Un attentat frappe un café-restaurant - Café Aziz Istanbul- situé à du Cappucino et fait , dix-huit civils et les deux assaillantsLe Burkina sous le choc d'un nouvel attentat sanglant au cœur de sa capitale, AFP, 14 août 2017..
Un nouvel attentat a eu lieu le vendredi l'état major de l'armée en plein centre-ville. Le bilan faisait état de au niveau des forces de défense et de sécurité et près de . Huit (8) avait été tués au cours de la riposte.
Démographie
Urbanisme vignette|gauche|Vue satellitaire (Landsat) de l'expansion de la ville de Ouagadougou entre 1986 et 2006. vignette|Une scène typique de Ouagadougou qui montre la place des Nations unies au centre-ville.
La ville s'est densifiée au cours des âges, et comme toutes les capitales, elle est touchée par le phénomène de périurbanisation et d'artificialisation et de fragmentation écopaysagère des milieux.
La pollution de l'air, par les aérosols « naturels » (envols de poussières liés à l'aridité des sols) et issus de la combustion (bois de feu, charbon de bois, feux de brousse...) et de la pollution routière pose un problème à Ouagadougou. Un projet de système d’alerte à la pollution à Ouagadougou et au Burkina Faso (dit « projet Mousson ») est construit en partenariat avec le CNRSSite du ite du projet-pilote Mousson, et Documents publics, consultés 2012-07-14.. La pollution de l'eau et des sols est un autre problème.
La capitale abrite cependant presque en son centre (au nord-est) le Parc urbain Bangr Weogo de () qui est le premier exemple de rétrocession foncière forestière faite par l'État à une collectivité locale dans le cadre de la politique de décentralisation du Ministère chargé des forêts. Cet ancien massif forestier est devenu le poumon vert de la ville et l'élément principal de la trame verte urbaine de Ouagadougou ; un lieu de loisir et détente, mais aussi d'éducation environnementale ouvert aux écoles, universités, chercheurs et visiteurs, où expérimenter la gestion, restauration et protection de la biodiversité, le rôle de l'arbre en ville et notamment la lutte contre la désertification ou l'étude et la résolution de certaines pollutions. Le parc abrite aussi un musée centre d'exposition sur l'environnement, ainsi qu'un parc zoologique (72 ha où 136 espèces d'oiseaux étaient répertoriées en 1999 ainsi que quelques rongeurs)Parc Bangr-Weoogo, Découvrir le parc, consulté 2012-07-14. et un parc botanique (8 ha où sont présentés 95 espèces ligneuses autochtones de savane arbustive claire ou dense notamment, en 8 secteurs, et des espèces ornementales exotiques et locales dans un ). On peut y découvrir seul ou en visite guidée la flore, la faune (oiseaux, mammifères et faune aquatique) du parc, avec une bibliothèque et une salle audiovisuelleÀ la découverte du Parc urbain Bangr-Weoogo, Natura, bulletin trimestriel d'éducation environnementale de la Fondation Naurama, juillet-août 2008, Ouagadougou..
Administration vignette|L'hôtel de ville de Ouagadougou. Jusqu'en 2012, la ville comptait trente secteurs et dix-sept villages pour cinq arrondissements : Baskuy, Bogodogo, Boulmiougou, Nongremaasom et Sig-Noghin.
Mais depuis les élections couplées législatives et municipales du , la ville compte 52 secteurs répartis en 12 arrondissements. Chaque arrondissement est dirigé par un maire élu et dispose des mêmes attributions que les autres communes burkinabè, sauf pour le budget.
Listes des maires
Jumelages et coopérations décentralisées Jumelages
Accords de coopération
Représentations étrangères En 2024, 48 pays sont représentés à Ouagadougou, par 31 ambassades, un consulat général, 8 consulats, un vice-consulat et trois représentationsEmbassy Pages, Ouagadougou, 2024..
Économie
La ville a peu d'industries, développées principalement dans les domaines agroalimentaires et textiles.
Transports
Liaisons aériennes La ville est reliée par le transport aérien avec l’Aéroport international de Ouagadougou. Liaisons ferroviaires vignette|La gare de Ouagadougou. La Gare de Ouagadougou est le terminus de la voie ferrée menant vers Abidjan (Côte d'Ivoire) et qui est exploitée par la Sitarail.
Liaisons routières
vignette|Skyline de Ouagadougou. Une route part en direction du sud-ouest vers Bobo-Dioulasso. Enfin, une bonne route de relie vers l’est Ouagadougou à Fada N’Gourma, le pays gourmantché et au-delà la frontière avec le Niger.
La route nationale 1 menant vers Bobo-Dioulasso, la seconde ville du pays, était en très mauvais état sur certaines portions ce qui la rend relativement dangereuse. Des travaux ont été entrepris depuis 2005 qui en ont amélioré la sécurité.
De nombreuses sociétés proposent des liaisons en autocar vers d'autres villes du Burkina, telles que Bobo Dioulasso et Ouahigouya, Fada N'Gourma, Koudougou etc.
Des routes partent aussi de la capitale vers d'autres capitales ouest africaines: Lomé (Togo), Bamako (Mali), Niamey (Niger), Accra (Ghana), Abidjan (Côte d'Ivoire), Cotonou (Bénin).
Transports urbains