Pavel Semyonovitch Rybalko ( ; ), né en 1894 et mort en 1948, est un commandant des troupes blindées de l'Armée rouge pendant et après la Seconde Guerre mondiale.

Biographie Rybalko est né le (selon le calendrier grégorien, correspondant au selon le calendrier julien) dans le village de Malii Vistorop, alors dans le gouvernement de Kharkov de l'Empire russe, aujourd'hui dans l'oblast de Soumy (Lebedynskyi raion) en Ukraine. Né dans une humble famille, il étudie à l'école primaire avant de travailler dans une raffinerie de sucre jusqu'au début de la Grande Guerre.

Début de carrière Mobilisé en 1914 comme fantassin de l'Armée impériale russe, dans la d'infanterie., il combat sur le front de Galicie (batailles de Krasnik et de Lemberg) où il est blessé.. Il quitte l'armée en .

À l'issue de la révolution d'Octobre, il s'engage dans la Garde rouge en , puis rejoint l'Armée rouge des ouvriers et paysans en et intègre le Parti communiste russe bolchevik en 1919 ; pendant la guerre civile russe il est successivement commissaire politique au sein d'une formation de partisans combattant les Allemands en Ukraine (qui le capturent en puis le relâchent en décembre), puis officier politique sur le front du Turkestan, où il contribue à l'établissement du gouvernement soviétique dans la région de Bachkirie.. En , il est le commissaire politique du de cavalerie, dans la de cavalerie où il sert sous les ordres des futurs maréchaux Timochenko et Boudienny et participe aux combats contre les armées blanches. À la fin de la guerre civile, il prend le commandement du de cavalerie et combat lors de la guerre soviéto-polonaise, avec lequel il acquiert une expérience des opérations mobiles.

Conscient, malgré son expérience de combat, de son manque de formation en tant qu'officier, il se plonge de façon autodidacte dans l'étude des sciences militaires. Affecté à Moscou en 1924, il est sélectionné deux ans plus tard pour suivre le cours des officiers supérieurs de l'Armée rouge (devenue plus tard Académie Frounze). Après avoir obtenu son diplôme, on lui confie des commandements en même temps que la charge de commissaire politique. De à , il est affecté à la toute nouvelle Académie Frounze, où il se distingue par sa soif de connaissance, ce qui est rare chez les officiers soviétiques de l'époque, lisant notamment les théories de Fuller, Kleist ou Guderian, ainsi que surtout la doctrine des « opérations en profondeur » telle que théorisée par Triandafillov et Toukhatchevski. Il est nommé conseiller militaire en Chine de à , puis il est nommé adjoint au commandant d'une division au Turkestan de à . Rybalko échappe aux purges staliniennes du fait qu'à ce moment là il occupe le poste d'attaché militaire à Varsovie de à , où il sympathise avec les Polonais. En , il devient professeur de tactique à l'école des chars de Kazan.

Grande Guerre patriotique

Lors de l'opération Barbarossa, il est pour le moins laissé de côté. Il passa la première année de la guerre comme conférencier à l'école de Kazan. C'est son ancien ami Ieremenko qui l'aide à obtenir en , le commandement adjoint de la blindée (composée de deux corps blindés et d'un mécanisé) qui fait partie de la réserve du haut commandement. Très vite, Rybalko est conscient des carences des forces blindées soviétiques : absence de coopération interarmes, peu d'intérêt porté au soutien d'artillerie, chaos logistique, erreurs dans la conception du char de combat comme arme... Finalement, à la suite d'une décision de Staline, il prend le commandement de la blindée. Après avoir réorganisé son unité à la fin de 1942, Rybalko participe aux opérations du front de Voronej (notamment l'opération Étoile) du début de 1943 jusqu'au . Lors de la contre-attaque victorieuse de Manstein sur Kharkov, la de Panzer du Generalmajor Adelbert Schulz taille en pièce une partie de la blindée du lieutenant-général Rybalko, mais ce dernier apprend à enrayer l'avance allemande en utilisant des groupes mobiles (à l'image des ), selon les besoins. À la fin de , il obtient le grade de lieutenant-général et reçoit l'ordre de Souvorov de .

Après avoir réorganisé son unité décimée et épuisée par les précédents combats (qui devient blindée de la Garde en mai), Rybalko participe à la bataille de Koursk (opération Koutouzov) sous le commandement de Constantin Rokossovski (front du Centre). Il s'y distingue malgré les nombreux défauts de logistique. À la fin de 1943, il participe de manière décisive à l'offensive en Ukraine orientale (la bataille du Dniepr) pour libérer Kiev (bataille de Kiev). Il réalise une manœuvre modèle de rocade, de nuit sur deux axes, utilisant le silence radio et la surprise pour masquer son avance, se retirant de la tête de pont dans le méandre de Boukrine (à au sud-est de Kiev, près de Kaniev) du 23 au , pour franchir le Dniepr à Liutej (au nord de Kiev). Après avoir franchi un énorme champ de mines, il parvient à établir une tête de pont sur la rive occidentale le et à reconquérir Kiev le : pour cette action, il obtient les distinctions de héros de l'Union soviétique et de l'ordre de Lénine (par décision du Soviet suprême du )..

Tout au long de 1944, Rybalko prend part aux opérations de reconquête de l'Ukraine occidentale. Son armée joue alors un rôle important comme groupe mobile, perçant le front allemand et réalisant des avancées profondes en territoire ennemi. Le point culminant de ces combats est l'offensive Lvov-Sandomir comprenant la prise de Lvov (Lviv en ukrainien, Lemberg en allemand) le .

La blindée de la Garde participe ensuite aux offensives soviétiques de 1945 au sein du premier front ukrainien d'Ivan Koniev, qui encadre dix armées dont deux blindées (la blindée de Leliouchenko et la de Rybalko). La blindée de la Garde est alors la mieux dotée de l'Armée rouge, avec un total de 921 chars et canons automoteurs.. Le au matin, le ukrainien perce les positions allemandes au nord de Cracovie sur une largeur de ; dès , Koniev ordonne à ses deux armées blindées de foncer vers l'ouest.. La franchie la Vistule à Baranów, traverse les rangs de la , puis la Nida sous les exhortations de Rybalko : Les tentatives allemandes de contre-attaque ne font qu'un peu freiner la progression soviétique ; l'armée blindée s'enfonce vers l'ouest sans se soucier de ses flancs, roulant de jour comme de nuit en évitant les agglomérations. Le au soir, la tête de colonne de la blindée de la Garde a dépassé Jędrzejów ; le 18, Radomsko, atteignant au soir la frontière de la Silésie. Le , Rybalko reçoit de Koniev, avec accord de la Stavka, l'ordre de ne pas continuer vers Breslau mais de faire un virage de 90° pour foncer vers le sud en longeant l'Oder et encercler toute la Haute-Silésie.. Le 23, les chars de Rybalko sont à Oppeln ; le 25, la contre-attaque de la près de Gleiwitz freine la progression de la blindée de la Garde, permettant l'évacuation allemande en catastrophe de la Haute-Silésie. Le front se stabilise les 28 et 29 autour de Rybnik et de Ratibor. Finalement, la participation de l'armée de Rybalko à l'offensive Vistule-Oder correspond à un raid de dans le dispositif allemand.

Sa formation participe ensuite aux sanglants combats de la bataille de Berlin (où il faillit être tué). La dernière opération à laquelle participe la de la Garde est la conquête de Prague, modèle d'opération mobile en terrain difficile. L'historien Jean Lopez décrit Rybalko ainsi :

Après-guerre Le , Rybalko est promu maréchal des forces blindées (un rang inférieur à celui de maréchal de l'Union soviétique). Il a été deux fois élevé à la dignité de héros de l'Union soviétique. Après la guerre, il est devenu commandant des forces mécanisées de l'Armée soviétique. Il s'est distingué comme étant l'un des plus brillants commandants de chars soviétiques : il comprenait parfaitement la nature de la guerre blindée et maîtrisait les aspects opérationnels du commandement des armées blindées.

Il meurt de façon naturelle le à Moscou, alors qu'il travaillait sur la refondation de l'arme blindée soviétique. Son corps est enterré au cimetière de Novodevitchi. L'école de commandement des chars supérieurs de Tachkent porte son nom.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie . . . . . . . .

Articles connexes Histoire militaire de l'Union soviétique 3e armée blindée (Union soviétique) Semion Bogdanov Mikhaïl Katoukov Dmitri Leliouchenko Alexandre Ilitch Lizioukov Prokofi Logvinovitch Romanenko Pavel Rotmistrov

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