thumb|250px|Le Species plantarum de Linné (1753), point de départ pour la nomenclature des plantes.
Le Code international de nomenclature pour les algues, les champignons et les plantes (CIN) est l'ensemble des règles et recommandations qui définissent l'élaboration des noms scientifiques attribués aux plantes, et autres organismes « traditionnellement considérés comme plantes » bien que n'en étant pas tous selon les critères actuels, comme les champignons et les cyanobactéries. Il était appelé Code international de nomenclature botanique (CINB) jusqu'au , son nom ayant été modifié par le congrès international de botanique à Melbourne en .. La dernière version, dite « code de Madrid » du nom de la ville espagnole où s'est tenu en 2024 le XX congrès a été publiée en 2025.
Voir Joël Lodé "Taxanomies ded Cactaceae" 4 volumes 2026
Les minuscules pour les mots « algues, champignons et plantes » indiquent que ces termes ne sont pas des noms formels de clades, mais des groupes d'organismes qui furent historiquement appelés ainsi et étudiés par les phycologues, mycologues et botanistes.
Le CIN peut uniquement être modifié par un congrès international de botanique (CIB). Chaque nouvelle édition remplace la précédente et est rétroactive jusqu'en 1753, sauf exceptions mentionnées.
Pour les noms des plantes cultivées, il existe un code séparé, le code international pour la nomenclature des plantes cultivées.
Principes La division I du code énonce les six principes fondamentaux suivants :
La nomenclature des algues, champignons et plantes est indépendante de la nomenclature des animaux, bactéries et virus.
Un nom est lié à un taxon par typification. Un type est généralement un spécimen déposé et conservé dans un herbier, mais il peut aussi s'agir d'une image ou d'une culture.
Le principe de conservation (en latin nomen conservandum, abrégé nom. cons.) vise à la sauvegarde des noms botaniques qui contribuent le mieux à la stabilité de la nomenclature<ref>Art 14.2 de Code international de nomenclature botanique.</ref>. Les principes de la conservation sont contenus dans l'article 14 du Code international de nomenclature botanique. Alors que le rejet est possible pour tout nom de rang (article 56), la conservation n'est possible que pour les noms de familles, de genres et d'espèces. La conservation peut être limitée à l'orthographe d'un nom : Euonymus (et non Evonymus), Guaiacum (et non Guajacum), Hieronyma (et non Hyeronima ni Hieronima), etc. Il est également possible de conserver le type d'un nom pour fixer l'application de ce nom à un taxon particulier. La procédure de conservation d'un nom botanique commence avec une proposition en journal Taxon. Cette proposition doit présenter le cas pour et le cas contre la conservation de ce nom. Ensuite, le « Comité compétent » considère la proposition et vote. Une majorité de 60 % est nécessaire pour une recommandation pour ou contre. Puis le « Comité Général » considère la recommandation du « Comité compétent » et vote à nouveau. Là encore, une majorité de 60 % est nécessaire pour en recommandation pour ou contre. Puis le Comité Général prend sa décision selon l'Art 14.14, et l'utilisation du nom proposé pour conservation est autorisée. Enfin, la « Section de Nomenclature » du Congrès International de Botanique considère la recommandation du « Comité Général » et vote. Une majorité de 60 % pour est nécessaire pour inclure le nom dans le Code international de nomenclature botanique. L'assemblée plénière donne son accord à cette décision du Congrès International de Botanique, de manière formelle. Pour citer un nom botanique qui est conservé (nomen conservandum). Il est également possible d'utiliser l'abréviation nom. cons... Principe de priorité : le nom valide est celui le plus ancien publié validement. Le point de départ pour le principe de priorité est le mai 1753, date de publication du Species plantarum de Linné.
Chaque groupe taxinomique d'un rang donné a un seul nom correct.
Les noms sont réputés latins.
Les règles de nomenclature ont un effet rétroactif, sauf mention contraire.
Histoire
Le code a été initié par les Lois de la nomenclature botanique de De Candolle, adoptées en 1867 lors du congrès international de botanique de Paris. À partir de 1905, ces lois deviennent les règles internationales de nomenclature botanique (en anglais International Rules of Botanical Nomenclature), nom changé en 1952 en Code International de Nomenclature Botanique (International Code of Botanical Nomenclature). À chaque congrès international de botanique, suit une nouvelle version du code. Depuis le code de Berlin de 1988, l’ICBN est uniquement rédigé en anglais britannique. Les traductions sont préparées et publiées séparément, et ne font pas autorité. Le , le code change de titre et devient le Code International de Nomenclature pour les algues, les champignons et les plantes (International Code of Nomenclature for algae, fungi and plants).
Les différentes versions du code :
Année de publication Nom informel1867Lois de De Candolle1883Lois de De Candolle, 2e édition1905Règles de Vienne1912Règles de Bruxelles1935Règles de Cambridge1950Règles d'Amsterdam1952Code de Stockholm1956Code de Paris1961Code d'Edinburgh1966Code de Montreal1972Code de Seattle1978Code de Leningrad1983Code de Sydney1988Code de Berlin1994Code de Tokyo2000Code de St Louis en anglaisCode de St Louis en français2006Code de Vienne2012Code de Melbourne2018Code de Shenzhen en anglais Code de Shenzhen en français Code de Shenzhen bilingue anglais-français
Le code de Shenzhen (2018)
La dernière version publiée du code est celle du congrès international de botanique qui s’est tenu à Shenzhen en juillet 2017. Elle a été publiée en 2018 sous le titre International Code of Nomenclature for algae, fungi, and plants (Shenzhen Code) dans le Regnum Vegetabile 159 édité par Koeltz Scientific Books.
Une version électronique peut être consultée sur le site de l'International Association for Plant Taxonomy sous le nom d'International Code of Botanical Nomenclature for algae, fungi, and plants (Shenzhen Code)International Code of Botanical Nomenclature for algae, fungi, and plants (Shenzhen Code) .
Des traductions en français, espagnol et portugais sont disponibles sur le site internet de l'IAPT.
La traduction française a été réalisée par trois chercheurs du Conservatoire et Jardin botaniques de la ville de Genève : Pierre-André Loizeau, Anouchka Maeder et Michelle J. Price.
Le code de Melbourne (2012)
Le congrès international de botanique qui s’est tenu à Melbourne en juillet 2011 a adopté le code de Melbourne. Il a été publié par l'International Association for Plant Taxonomy en 2012, Regnum Vegetabile 154, A.R.G. Gantner Verlag KG le . Il a introduit la possibilité, à partir du , de rédiger la description d'un nouveau taxon (ou diagnose) en anglais, alors qu'elle devait auparavant être obligatoirement en latin.
Les changements importants sont précisés par Daniel Mathieu dans une brève de Tela Botanica.
Une traduction française, uniquement disponible en format électronique et téléchargeable en ligne, est publiée en 2017 par deux chercheurs du Conservatoire et Jardin botaniques de la ville de Genève : Pierre-André Loizeau et Michelle J. Price.
Le code de Vienne (2006)
Le code de Vienne a été réalisé lors du XVII congrès international de botanique qui s’est tenu à Vienne du 17 au 23 juillet 2005. Le Vienna Code (en anglais) a été édité par l'International Association for Plant Taxonomy en 2006, Regnum Vegetabile 146Regnum Vegetabile, International Association for Plant Taxonomy, 2006, A.R.G. Gantner Verlag KG. .
Le code de Saint Louis (2000)
LInternational Code of Botanical Nomenclature (ICBN) a été adoptée durant le congrès international de botanique tenu à Saint Louis (Missouri), en juillet-août 1999. Elle remplaça en son temps le code de Tokyo, publié six ans auparavant à la suite du XV Congrès International de Botanique de Yokohama.
La version papier originale de lInternational Code of Botanical Nomenclature (ICBN) dit de Saint-Louis a été publiée en 2000, dans la revue Regnum Vegetabilevolume 138, par Koeltz Scientific Books, D661453 Königstein (Allemagne).
Elle est éditée sous la direction de : W. Greuter, avec la collaboration de J. McNeill, F.R. Barrie, H.M. Burdet, V. Demoulin, T.S. Filgueiras, D.H. Nicolson, J.E. Skog, P.C. Silva, P. Trehane, N.J. Turland, et D.L. Hawksworth.
L’International Association for Plant Taxonomy'' (Vienne), autorise et recommande sa traduction, parmi les versions non-officielles. C'est ainsi que des versions en français, allemand, chinois, espagnol, italien, japonais, russe et slovaque, ont été réalisées.
La version française a été traduite en 2002 par Valéry MalécotValéry Malécot - Département de sciences biologiques - Institut national d’horticulture - 2, rue Le-Nôtre - 49045 Angers Cedex 01 et Romieg SocaRomieg Soca - 34380 Saint Martin de Londres dans le cadre des projets du Réseau Tela Botanica (Version 1.1 du ). Les relecteurs en ont été : Michel ChauvetMichel Chauvet - INRA - UMR AMAP - TA A51 PS1, Bld de la Lironde – 34398 Montpellier Cedex 5, Guy RedeuilhGuy Redeuilh - Société mycologique de France - 20, rue Rottembourg - 75012 Paris et Jacques FlorenceJacques Florence - US 084 (Biodival) - Antenne IRD - Laboratoire de phanérogamie - 16, rue Buffon - 75005 Paris.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Code international de nomenclature zoologique (ICNZ) International Association for Plant Taxonomy Code international pour la nomenclature des plantes cultivées Nomenclature (biologie) Nomenclature bactériologique Nomenclature botanique Nomenclature virologique Nomenclature zoologique
Liens externes Code de nomenclature Botanique de Melbourne, publié en 2011 et consultable en anglais sur le site de l'IAPT. Sur Tela botanica, présentation des changements importants apportés par le Code de Melbourne dans la nomenclature. Sur Tela botanica, traduction du Code de nomenclature Botanique adopté par le Seizième Congrès International de Botanique, St Louis, Missouri, Juillet-Août 1999, dit « Code de Saint-Louis ».
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