Noël-Noël, nom de scène de Lucien Édouard Noël, né le à et mort le à Nice, est un acteur, caricaturiste, chansonnier et scénariste français.
Biographie Jeunesse Fils de Charles Célestin Noël (1857-1934), marchand de vins , et de Marie Eugénie Mathieu (née en 1860), Lucien Édouard Noël naît le au domicile de ses parents, 55 rue du Temple, dans le de ParisArchives de Paris , acte de naissance , année 1897 (page 19/31) (avec mentions marginales de mariages et de décès)., il fait ses études au lycée Turgot. Il apprend le piano. Il est employé stagiaire à la Banque de France du au , avant d'être appelé sous les drapeaux. Il sert comme soldat au d'aviation et est démobilisé en Archives de Paris, D4R1 1961, classe 1918, feuillet matricule de Lucien Édouard Noël.. De retour à la vie civile, il est dessinateur industriel, puis devient dessinateur humoristique pour Le Canard enchaîné et pour L'Humanité, tout en essayant de se produire comme chansonnier dès 1920Philippe Pallin et Denis Zorgniotti, Une histoire du cinéma français (1950-1959), Éditions LettMotif, 2021, ..
Il épouse en premières noces le Berthe Marie Geneviève Cornet (1899-1984), employée de banqueArchives de Paris , acte de mariage , année 1920 (vue 11/31)., puis en secondes noces Isabelle Jeanne Julie Rosa Lavallée (1900-1990) le Archives de Paris , acte de mariage , année 1930 (vue 3/31)..
Carrière Il débute aux Noctambules en s'accompagnant lui-même au piano ; il passe ensuite à La Pie qui chante. À partir de 1927, il participe aux revues du théâtre de Dix Heures : Ah ! La bonne heure (1927), C'est l'heure exquise (1928).
Noël-Noël ne cesse à cette époque d'écrire et de composer : Le Chapeau neuf, L'Enterrement, Souvenir d'enfance, La Soupe à Toto, Les Étrennes. Il enregistre ces chansons qui illustrent les petits faits de la vie quotidienne, en 1931 pour la firme Odeon.
Avec La Prison en folie (Henry Wulschleger, 1930), il commence une carrière d'acteur au cinéma. On le retrouve, entre autres, dans Mistigri (Harry Lachman, 1931), Monsieur Albert (Karl Anton, 1932), L'Innocent (Maurice Cammage, 1937), dont il est coscénariste, Sur le plancher des vaches (Pierre-Jean Ducis, 1940) dont il est scénariste.
Paul Colline, chansonnier et scénariste, lui confie le rôle d'Adémaï Joseph, plus connu sous son simple prénom Adémaï, un petit paysan naïf et rusé, victime d'innombrables mésaventures qu'il incarne dans trois films : Adémaï aviateur (1934), Adémaï au Moyen Âge (1935) et Adémaï bandit d'honneur (1943).
Le dernier film de la série avec Noël-Noël dans le rôle principal, sera tournée dans la région de Saint-Paul-de-Vence, en pleine zone d'occupation italienne avec Gilles Grangier à la réalisation. Un quatrième volet de la série Adémaï au poteau-frontière (1949) sera tourné sans l'acteur parisien, le personnage étant incarné par Paul Colline lui-mêmeGilles Grangier, Flash-back, Édition Presses de la Cité, 1977 (en ligne sur google.fr/books)..
Il devient une vedette et se produit plus rarement sur scène. Toutefois avec l'appui de son imprésario Émile Audiffred, il passe à l'ABC, chaque fin d'année à partir de 1934. D' à la guerre, il anime une émission sur Radio-Cité aux côtés de Saint-Granier. Il continue de se produire sur scène pendant l'occupation, à l'ABC (), à L'Européen (), au théâtre de Dix heures (), à L'Étoile (). Il est ensuite interdit par les nazis après avoir chanté Vaches de boches.
En 1945, il tient le rôle de Clément Matthieu dans La Cage aux rossignols, en plus de participer au scénario et aux dialogues. Le réalisateur Christophe Barratier s'en inspirera pour réaliser en 2004 une reprise intitulée Les Choristes.
Son plus grand rôle est sans doute celui qu'il tint dans Le Père tranquille (1946), où il joue le rôle d'un Français moyen, apparemment homme égoïste surtout préoccupé par ses orchidées, en fait chef d'un réseau de la Résistance. Ce film permet à Noël-Noël d'abandonner pour quelque temps les rôles comiques, mais il y revient très vite, notamment avec Les Casse-pieds, en 1948, qui lui vaut le prix Louis-DellucGeorges Sadoul, « Noël-Noël lauréat du Prix Delluc », Les Lettres françaises, , , ..
En 1950, il réalise La Vie chantée, film dans lequel il interprète ses succès : Les Polonais, Le Maladroit, Les Départs., Mariage mondain, Le Rasoir du coiffeur…
Parmi les grands succès d'audience, il faut noter À pied, à cheval et en voiture (1957), film qui sera suivi un an plus tard par À pied, à cheval et en Spoutnik, dont Noël-Noël sera le scénariste (il avait déjà participé à la réalisation du Père tranquille).
Il joue encore dans Messieurs les ronds-de-cuir (1959), puis dans Les Vieux de la vieille, film dans lequel il partage l'affiche avec Jean Gabin et Pierre Fresnay, et où il campe un personnage plein de malice et de tendresse. Il abandonne ensuite peu à peu l'écran. En 1960, il apparaît dans le court-métrage Le Rondon d'André Berthomieu.
En 1971, il tente sa chance comme scénariste et coréalisateur avec Jean Dreville avec Le Voyageur des siècles, mini-série diffusée sur la première chaîne de l'ORTF et dont l'intrigue est inspirée d'une machine à remonter le tempsSite senscritique.com, page sur la série Le Voyageur des siècles.. Il fera ensuite une adaptation de cette série en un roman destiné à la jeunesse dans la collection Bibliothèque verte.
Retraite et dernières années Par la suite, Noël-Noël s'éloigne du cinéma, vivant une vieillesse tranquille à Nice, où il meurt le . Sa sépulture se trouve dans le cimetière de la commune d'Ambernac en Charente. Il avait acheté le château de Praisnaud dans cette commune d'où son épouse est originaire.
Anecdote sur les coulisses du tournage du film "La cage aux Rossignols" Dans le bonus du film, il est rapporté que le tournage a débuté au printemps 1944 et a connu une gestation compliquée en raison du contexte historique de l'époque.
En effet, dans les jours qui suivirent le débarquement en Juin 1944, Noël-Noël a été arrêté par les autorités allemandes, alors que le tournage avait lieu en extérieur en Haute-Vienne, car il était loin de son domicile parisien. Les Allemands ne comprenaient pas sa présence sur place et malgré ses explications sur son travail d’acteur et la nature du tournage, il a été retenu plusieurs mois (jusque début ).
La production n’ayant eu aucune nouvelle de lui : le tournage a repris en et a donc été achevé en son absence.
Roger Krebs (Laugier le soliste) rajoute qu'à la reprise du tournage, nombre de jeunes acteurs avaient changé physiquement et que lui-même, dans le contexte de grande confusion lié à la libération de la France et croyant que le film ne reprendrait pas, avait jeté le chandail miteux qui caractérisait son rôle.
Hommage et postérité Noël-Noël contribue à la création du Festival de Confolens, festival d'arts et de traditions populaires du monde entier. En hommage, la ville de Confolens donne, de son vivant, son nom à l'un de ses collèges.
La mairie de la petite commune d'Ambernac en Charente est située dans une rue portant son nomSite lamairie.com, page sur la mairie D'Ambernac..
Filmographie
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Olivier Barrot et Raymond Chirat, Inoubliables ! Visages du cinéma français 1930-1950, Paris, Calmann-Lévy, 1986 . Philippe Pallin et Denis Zorgniotti, Une histoire du cinéma français (1950-1959), Éditions LettMotif, 2021, .
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