La Loire est, avec une longueur de , le plus long fleuve s’écoulant entièrement en France. Elle prend sa source sur le versant sud du mont Gerbier-de-Jonc au sud-est du Massif central dans le département de l’Ardèche, et se jette dans l’océan Atlantique par un estuaire situé en Loire-Atlantique, dans la région des Pays de la Loire. Son cours est orienté d’abord du sud vers le nord jusqu’aux environs de Briare dans le Loiret, puis vers l’ouest.

La Loire torrentueuse et encaissée coule d’abord vers le nord ; à partir de Vorey (Haute-Loire) elle tend vers le nord-est, puis à nouveau le nord à partir du lac-barrage de Grangent. Elle prend globalement la direction du nord - nord-ouest à partir de Feurs (Loire), puis franchement celle du nord-ouest à partir de Digoin (Saône-et-Loire). Entre Châteauneuf (Loiret) et Orléans, les mariniers disaient qu’elle ruisselait déjà vers le soleil couchant, les contraignant à être contre le vent dominant. À partir de sa pointe nord à Orléans, elle glisse vers le sud-ouest jusqu’à Candes (Indre-et-Loire) avant de dévaler vers le nord-ouest jusqu’aux Ponts-de-Cé (Maine-et-Loire) ; puis à nouveau vers l’ouest jusqu’aux environs d’Ancenis-Saint-Géréon (Loire-Atlantique), où elle reprend sa direction sud-ouest. Entre Nantes et Saint-Herblain, elle reprend sa course vers l’ouest, descendant progressivement vers le nord-ouest jusqu’à Saint-Nazaire. Elle ne reprend une ultime direction sud-ouest que dans l’ouverture de son estuaire maritime. Son bassin versant de occupe plus d’un cinquième du territoire français.

Son cours se décrit en plusieurs bassins hydrologiques successifs.. : le sous-bassin de la Loire supérieure, jusqu’au bec d’Allier à Cuffy (Cher) ; le sous-bassin de la Loire moyenne, du bec d’Allier au bec de Vienne à Candes-Saint-Martin (Indre-et-Loire) ; le sous-bassin de la Loire inférieure ou de la basse Loire, du bec de Vienne à l’estuaire. Par ailleurs, plusieurs « régions » peuvent être mentionnées tout au long du cours du fleuve. Parmi celles-ci : la « Loire bourguignonne », de Villerest (Loire) au bec d’Allier. ; le Val de Loire, de Gien (Loiret) à Ingrandes (Maine-et-Loire), classé au patrimoine mondial de Sully-sur-Loire à Chalonnes (Maine-et-Loire)Val de Loire entre Sully-sur-Loire et Chalonnes sur whc.unesco.org- UNESCO World Heritage Centre. ; la « basse Loire angevine et armoricaine » s’écoulant approximativement depuis Montsoreau (Maine-et-Loire) jusqu’à Nantes., et traversant le Massif armoricain, qui s’étend depuis la Bretagne jusqu’au département des Deux-Sèvres ; l’estuaire de la Loire, où se mêlent les eaux de la Loire et de l’océan Atlantique.

Jusqu’au milieu du , la Loire navigable à partir des environs de Roanne était la voie principale par laquelle transitaient les marchandises de l’intérieur du pays jusqu’au port de Nantes. L’arrivée du chemin de fer, qui relie aujourd’hui Paris à Saint-Nazaire en passant par Angers et Le Mans, a changé la donne. L’influence de la marée remonte souvent en amont de Nantes., largement au-delà du large estuaire de Saint-Nazaire. De nos jours, la Loire est navigable depuis son estuaire jusqu’à Montsoreau (près de Saumur)..

Hydronymie

Le nom de la Loire figure dans les textes anciens communément sous la forme latine Liger ou Ligeris. En latin classique, langue à déclinaison, le nominatif lĭgĕr et le génitif lĭgĕris déterminent ce mot masculin. Ce genre grammatical caractérise la plupart des dénominations latines ou indo-européennes appliquées aux fleuves dans l’antiquitéDictionnaire latin français de Félix Gaffiot..

Polybe au mentionne le mot Leiger, alors que Jules César, Tibulle ou Pline l’ancien citent déjà LigerNote sur la Loire dans Fabien Régnier, Jean-Pierre Drouin, Les peuples fondateurs à l'origine de la Gaule, édition Yoran Embanner, 2012, .. Ligeris (sic) n’apparaît qu’au et Legeris dans les chartes en 891. Ces deux dernières formes reflètent probablement une évolution en latin médiéval de l’adjectif classique lĭgěricus, a, um, connu sur les inscriptiones ou recueils d’inscriptions. Il est possible qu’ils soient déjà de genre féminin en gallo-roman.

Le terme latin dérive probablement du gaulois *liga, lui-même issu d’un plus ancien *lega, désignant la vase ou le limon.. Ce mot gaulois, passé dans d’autres langues romanes sous la forme du gallo-roman *LIA (lénition du [g] intervocalique), est à l’origine du terme lie.

Il existe d’autres hypothèses, y compris dans des langues non indoeuropéennes, sur cet hydronyme. La plupart des diverses racines invoquées *lig, *leg, *lueg indiquent pourtant un étalement, une déposition, une collecte et une dépose de géomatériaux à base de limons ou d’argiles, de sables ou de galets, de granulats ou de cailloutis, que le fleuve en de multiples endroits ne cesse aujourd’hui encore de charrier ou d’abandonner.

Les nombreux dialectes occitans ont gardé, parfois jusqu’à nos jours, les mots Leir, Lèira, Leger, Letge. En breton, le mot Liger est une transposition lettrée () du latin ; la forme Lier est aussi employée. Les Vikings la nommaient Leira (du roman médiéval /lejr/) qui est encore son nom en islandais.

Les habitants du bassin de la Loire sont parfois dits Ligériens, désignation issue de la géographie. Ce gentilé désigne aussi les habitants du département éponyme, la Loire (42).

Hydrographie

Le profil général de la Loire est celui d’un escalier. Des paliers à peu près horizontaux se succèdent, reliés les uns aux autres par de brusques décrochements. Ainsi le cours du fleuve, qui suit l’escalier, est fait de mouilles, endroits suffisamment profonds pour être toujours immergés, et de seuils peu profonds, à peu près découverts en basses eaux, où le courant est rapide et où les bancs de sable ou de galets sont nombreux. Les seuils sont franchis par des jards, chenaux plus ou moins profonds selon les saisons. Ces chenaux sont rarement au même endroit d’une année sur l’autre : lors de ses hautes eaux (habituellement en février et en octobre, en plusieurs périodes de quelques jours chacune) la Loire, occupant sinon la totalité de son lit majeur du moins une grande part de celui-ci, remanie son lit en profondeur. Le fond du fleuve est ainsi marqué d’instabilité chronique..

Tracé antérieur Jean-Baptiste d’Omalius émet en 1828 l’hypothèse selon laquelle des changements importants dans le cours de la Loire auraient pu survenir dans la région de GienJean-Baptiste-Julien d'Omalius d'Halloy, Mémoires pour servir à la description géologique des pays bas de la France et de quelques contrées voisines, Édit. D. Gerard, Namur, 1828, 307 p.. Des travaux menés tout au long du mènent à supposer que le cours supérieur de la Loire aurait emprunté le lit de l’actuel Loing, cette paléo-Loire (ou Loire séquanaise) rejoignant la Manche par l’intermédiaire de la Seine. Parallèlement aurait existé un autre fleuve, la Loire Atlantique, prenant sa source vers Gien et se dirigeant vers la mer des Faluns et l’océan Atlantique à l’ouest ; entre le Miocène et le Pliocène la surrection d'un axe NO-SE (soulèvement d'un axe allant des collines du Perche au Morvan, en lien avec l'orogenèse alpine qui induit à distance un rejeu de failles varisques), aurait favorisé une capture de la Loire séquanaise par la Loire atlantique, donnant à la Loire son cours actuel. Une telle hypothèse s’appuie notamment sur l’étude des alluvions charriées par le fleuveJean-Noël Tourenq, Charles Pomerol, Comptes rendus de l'Académie des sciences. Série 2. Sciences de la terre et des planètes, 1995, 320, 12, . tels les sables de Lozère.

Cette thèse est contestée pour plusieurs éléments :

Peu de roches détritiques issues du Massif central ont été retrouvées dans la mer des Faluns, indiquant que la pré-Loire ne s’y jetait pas ; Les sables du Bourbonnais et de Sologne, jusqu’alors datés du Miocène, sont désormais considérés du Plio-Quaternaire ; La mer rédonienne a recouvert le Pays de Caux, il y a 3 millions d’années. Cela signifie que l’altitude de l’ouest du Bassin parisien était proche du niveau de la mer ; Les courants ont apporté, jusqu’au Plio-Quaternaire, des minéraux issus du volcanisme du Massif central.

Tout ceci corrobore l’hypothèse d’une loire-séquanaise.

Le problème des liaisons entre la Loire et la Seine (une ou plusieurs captures) reste discuté et l'évolution du cours de la Loire n'est pas bien calée chronologiquement. Lire notamment la section « Hypothèses des liaisons Loire-Seine »..

La source

La Loire prend sa sourceCoordonnées de la source de la Loire : . à d’altitude, au sud-est du Massif central, dans le Vivarais, au pied sud du mont Gerbier-de-Jonc, dans la commune ardéchoise de Sainte-Eulalie. La présence d’une nappe phréatique au sud du mont Gerbier-de-Jonc donne naissance à de multiples sources relativement voisines et trois d’entre elles sont mises en avant comme sources du fleuve : la « source authentique », à l’ouest et au contact aval de la route départementale 378, distinguée par un pavage circulaire portant l’inscription « La Loire - Touring club de France » (rappelant un précédent monument érigé en 1938 par le Touring club) , altitude : ; la « source géographique », au centre des trois, se déverse dans un abreuvoir en pierre à l’intérieur de l’étable à vaches de l’ancienne ferme « de la Loire », vol. 1., au toit de lauzes ayant remplacé un toit de chaume , altitude : ; la « source véritable », à l’est, correspond à la source officielle (carte IGN - Plus long parcours des trois sources, mais non située directement sous le mont Gerbier-de-Jonc) indiquée sous la ferme du Sagnas ; elle coule dans un environnement naturel et sort de terre dans un pré, sous une lauze qui porte l’inscription « Ici commence ma course vers l’Océan… » , altitude : .

La « source authentique » et la « source véritable » sont distantes d’environ 1 km. Le fleuve n’est donc au départ qu’une multitude de filets d’eau constituant autant de petits ruisseaux qui se rejoignent rapidement.

La Loire supérieure

thumb|Confluence de la Loire (à droite) et de l’Aigue Nègre au pied du mont Gerbier-de-Jonc. thumb|Gorges de la Loire, en aval du barrage de Grangent. vignette|La Loire et ses alluvions dans la région de Marcigny (Saône-et-Loire). La Loire n’est encore qu’un ruisseau de montagne au débit rapide lorsqu’elle rencontre son premier affluent, l’Aigue Nègre, après seulement alors que cet affluent en a parcouru . Sur ses 10 premiers kilomètres, le fleuve naissant coule vers le sud-ouest. Elle se gorge de nombreux affluents tels la Semène et le Furan, qui sont marqués par les excès de l’hydrographie dans le Velay : cours pentus, flots rapides, dénivellements soudains de terrain avec chutes d’eau souvent importantes.

La Loire se tourne ensuite en direction générale du nord pour remonter l’est du Massif central. Le premier barrage rencontré est celui de La Palisse, en Ardèche, qui fait partie de l’aménagement hydroélectrique EDF de Montpezat. Cet ensemble de barrages et de conduites forcées, construit dans les années 1950, détourne une partie de l’eau du bassin supérieur de la Loire vers celui de l’Ardèche et la vallée du Rhône..