Joseph François Robert Wlérick, dit Robert Wlérick, né le à Mont-de-Marsan et mort le à , est un sculpteur français Benezit.

Présentation Robert Wlérick, dont le grand-père paternel était né en Belgique, voit le jour le à Mont-de-Marsan, au domicile de ses parents situé rue du Château-Vieux, qui porte aujourd'hui son nom. À son décès, le sculpteur laisse quelque 600 dessins et 200 bustes, figures et statues dont la statue équestre du Maréchal Foch qui orne la place du Trocadéro à Paris. Le musée Despiau-Wlérick, qui partage son nom avec celui de Charles Despiau, abrite plus de 180 de ses œuvresLa maison natale de Robert Wlérick, panneau de présentation réalisé par la Ville de Mont-de-Marsan, consulté sur site le 19 décembre 2021.

Biographie Son père, Gustave Wlérick, est ébéniste et tient un magasin d’antiquités rue Victor-Hugo face à l'hôtel de la Préfecture des Landes et sa mère se nomme Nelly Lafontan. C'est au lycée Victor Duruy de Mont de Marsan que son professeur Louis-Ismaël Morin, né à Lisieux en 1850 et mort à Mont de Marsan en 1923, remarque ses dons pour le dessin et encourage sa vocation, comme il l'avait fait quelques années plus tôt avec Charles Despiau, élève dans le même établissement. À partir de 1897, le jeune homme quitte le lycée et rejoint l'atelier familial à Mont-de-Marsan où il apprend le travail sur bois. Il prend également des cours de modelage et de techniques de la statuaire avec Ismaël Morin. Puis il part étudier à l'École des beaux-arts de Toulouse pendant cinq ans, de 1899 à 1904Calme hellénique, l'artiste, panneau de présentation réalisé par la Ville de Mont-de-Marsan et Musée de France, consulté sur le site d'exposition de la statue Calme hellénique à Mont-de-Marsan le 22 décembre 2025.

Après son service militaire, Robert Wlérick s'installe à Paris en 1909. Dans les musées, il découvre la sculpture antique et se tourne vers les sculpteurs italiens du Quattrocento. Au lieu de s'inscrire à l'École des beaux-arts où l'enseignement, basé sur la représentation réaliste des modèles, lui paraît très éloigné de ses convictions artistiques, il suit les cours d'étude d'après le modèle vivant. Puis il fait la connaissance, par l'intermédiaire de son aîné et ami Charles Despiau, du groupe de sculpteurs de la « Bande à SchneggGroupe d'artistes animé par le sculpteur Lucien Schnegg (1864-1909). » à laquelle il s'intègre. Peu à peu, il renouvelle totalement son approche de la sculpture et se consacre à un art de synthèse et d'interprétation de plus en plus dépouillé, où tous les détails décoratifs sont gommés. Il détruit les œuvres de jeunesse de l'atelier montois, mais son Enfant aux sabotsDon de Morin au musée Despiau-Wlérick. a subsisté. Bon exemple des débuts de l'artiste, cette figure à l'expression amusante apporte une saveur tout à fait caractéristique du style anecdotique cher à la sculpture française du . Il est remarqué par Auguste Rodin mais sa carrière est interrompue par la Première Guerre mondiale. Dès 1917, il modèle pour redonner visage humain aux gueules cassées dans un atelier de la Croix-Rouge américaine.

À la fin de la guerre, sa carrière est relancée par des commandes publiques de monuments aux morts dans les communes des Landes de Morcenx, Labrit et Saugnac-et-Muret. En 1919, il enseigne à l'École Germain Pilon qui devient en 1922 l'École des arts appliqués à l’industrie de la rue Dupetit-Thouars. Il y enseigne jusqu’à sa retraite en 1943 et a pour collègues Charles Malfray et Jacques Zwobada. Il a comme élève Louis Leygue. En 1929, il enseigne également à l'Académie de la Grande Chaumière où il remplace Antoine Bourdelle.

Robert Wlérick expose au Salon de la Société nationale des beaux-arts et en 1917, participe avec Antoine Bourdelle, Louis Dejean, Charles Despiau et Aristide Maillol à la fondation du Salon des Tuileries. Il participe également au Salon des artistes décorateurs, à l’Exposition internationale des arts décoratifs de 1925 où il est représenté par quatre œuvres et envoie régulièrement des œuvres au Salon d'automne.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il continue de produire et dessiner dans son atelier, jusqu'à ses derniers instants et meurt de maladie et de privation en 1944.

Œuvres L’art de Robert Wlérick se caractérise par une forte intensité dans la construction plastique, trouvant son aboutissement dans les œuvres réalisées à partir de 1925. Salué par ses contemporains comme l’héritier de Jean Goujon, il est sa vie durant à la recherche d’un art calme, serein, équilibré et dépouillé, refusant tant le réalisme « bavard » que la déclamation et le lyrisme.

Amoureux des lignes douces et des surfaces vibrantes, il fait partie des grands sculpteurs figuratifs de la première moitié du qui aime partager, transmettre son savoir et sa passion à ses élèves.

La Landaise au capulet Après l'armistice du 11 novembre 1918, comme beaucoup de sculpteurs de son époque, Robert Wlérick participe à la construction des monuments aux morts qui s'érigent dans toutes les communes de France comme dans les autres pays belligérants. Entre 1918 et 1920, il reçoit ainsi des commandes des villes de Labrit, Morcenx et Saugnacq-et-Muret.

Le monument aux morts de Labrit, réalisé en 1922. Il est composé d'une stèle plate sur laquelle s'appuie une statue représentant une veuve et sa fille. La veuve porte une coiffe traditionnelle, dite capulet. De chaque côté, un bas-relief figure deux profils de poilus, un jeune et un vieux. L'un des détails les plus marquants est la figure de la veuve, dite la Landaise au capulet, dont le visage est celui de l'épouse du sculpteur. Extraite d'une étude demi-grandeur, elle est présentée au musée de Mont-de-Marsan. Il tirera plusieurs exemplaires (en bronze et en terre cuite) de ce buste et le bronze est signé « Wlérik ». L'ensemble est inscrit au titre des monuments historiquesVoir la liste des monuments historiques des Landes. le .

Le cénotaphe de Victor Bérard En 1933, Wlérick reçoit la commande du monument placé dans le hall du lycée de Morez, en mémoire de Victor Bérard (helléniste, diplomate et homme politique français). Ce monument se compose d’une statue de la Pensée (représenté par une femme assise) surmontée d’un médaillon représentant Victor Bérard de profil.

Le Monument au maréchal Foch et la querelle du képi

En , Robert Wlérick est invité par le Comité présidé par le général Weygand, à participer à un concours restreint pour réaliser le Monument au Maréchal Foch« Le musée Despiau-Wlérick de Mont-de-Marsan  » sur le site fresques.ina.fr, place du Trocadéro sur la colline de Chaillot, sous la forme d'une statue équestre. Pour cette commande monumentale il s’associe à son ami et élève Raymond Martin (1910–1992), avec lequel il avait déjà collaboré en 1935 pour un monument à la mémoire du roi Albert de Belgique. La représentation du maréchal Foch, tête nue, choque l'état-Major et les élus de la commission chargés du choix du lauréat, mais grâce au soutien résolu du docteur Albert Besson, alors vice-président du Conseil général de la Seine et grand blessé de guerre, la commande est attribuée à Robert Wlérick en .

Le monument n’est pas achevé à la mort du sculpteur montois le et c’est Raymond Martin qui achève la statue malgré les difficultés de l’Occupation.

Dans la personnalité du Maréchal Foch (1851-1929), qui se distingue à la première bataille de la Marne et dans les Flandres en 1914 avant de diriger la bataille de la Somme en 1916 et de commander les troupes alliées en 1918 qu'il conduit à la victoire, Wlérick et Martin tiennent à faire ressortir la personnalité du penseur militaire. Il est représenté tête nue et son air décidé n'aurait pas été visible avec le port du képi. Dans cette effigie s'exprime une interprétation glorieuse de la célèbre statue équestre de Marc Aurèle au Capitole de Rome, reprise par l'implacable Gattamelata de Donatello à Padoue. La simplicité des plans réduits au maximum, la cadence géométrique de la chevauchée prestigieuse s'affirment avec franchise et pureté dans l'attitude impérieuse du maréchal. « C'est Foch lui-même, avec son visage magnifique, distingué, volontaire et très humain ». Le socle de huit mètres de haut est conçu par les architectes Jean Carlu, Boileau et Azéma. L'animal choisi est un cheval d'armes au large poitrail, plus trapu que les purs-sangs qu'aimait monter Foch, mais le pur-sang ne convenait pas à la masse d'un monument aux proportions aussi gigantesques.

Une maquette en bois demandée par le ministre des Beaux-arts, Jean Zay, est réalisée à grandeur d'exécution en 1939 à l’emplacement alors prévu : l'esplanade entre les deux ailes du Palais de Chaillot. Cette œuvre unique, présentant de fines lattes de bois sur une armature intérieure, a été offerte par les héritiers Martin au Musée Despiau-Wlérick en 1992Trois mois après la mort du sculpteur qui en prenait grand soin dans un de ses ateliers de Cachan. Elle se trouve actuellement dans un local de stockage à Mont-de-Marsan.. Les familles Wlérick et Martin ont offert par la suite des études et maquettes relatives à la statue équestre du Maréchal. Le musée Despiau-Wlérick possède également la tête du Maréchal et la tête du cheval, fragments conservés du modèle original et présentés dans la salle Wlérick.

Exposition de 1937 Robert Wlérick participe à l’Exposition internationale des arts et techniques de 1937 avec d’autres commandes, telles Zeus pour le Pavillon de l'Électricité, L’Offrande pour le Petit Palais, et La Jeunesse, exposée aux « Maîtres de l’Art indépendants ».

Zeus A l'occasion de l'Exposition de 1937 à Paris, le Comité d'organisation et la Compagnie parisienne de distribution d'électricité commandent à Robert Wlérick en 1936 une statue de Zeus tenant le foudre. Le sculpteur réalise ce projet en quelques mois, expliquant la fraîcheur d'exécution du modelage, rendue par de larges touches visibles à la surface. Prétexte de l'étude du nu masculin, Wlérick répond aux exigences de la commande en modelant une figure humaine au léger contrapposto (déhanchement de la jambe d'appui), le pied gauche débordant du cadre strict de la base. Le côté gauche du corps au repos, relâché, contraste avec le dynamisme et la tension du côté droit. Le modèle, Weinfeld, adopte une posture nonchalante, accentuée par le déhanchement du bassin. Wlérick retravaille l'œuvre entre 1939 et 1940, pour en extraire un torse sur lequel il simplifie les formes. Ainsi l'œuvre paraît-elle plus massiveZeus, panneau de présentation réalisé par la Ville de Mont-de-Marsan et Musée de France, consulté sur le site d'exposition de la statue Zeus à Mont-de-Marsan le 22 décembre 2025. La statue reste longtemps visible au siège parisien d'EDF avant d'être exposée depuis au musée EDF Electropolis de Mulhouse. De cette œuvre, dont le musée de Mont-de-Marsan présente le plâtre original teinté, le sculpteur a extrait le Torse de Zeus complètement réinterprété, également appelé Torse d’athlète. La lumière passe différemment sur ce torse serré et tendu, qui offre la vision d'un corps sain et exalté et dont Patrice Dubois dira : « Il n’est pas un pouce du modelé qui ne soit scellé par un frémissement ». L'œuvre est limitée à huit exemplaires et quatre épreuves d’artistes. La première fonte fait partie des collections du musée national d'art moderne. L'exemplaire 3/8 appartient au musée Despiau-Wlérick.

Pomone Toujours dans le cadre de l'Exposition internationale de 1937, Robert Wlérick obtient la commande d'une statue en pierre représentant Pomone, pour être placée au bas de la rampe nord-est d'un escalier monumental, celui réalisé pour accéder au nouveau Palais de Chaillot depuis le site de la fontaine du Trocadéro. Le musée de Mont-de-Marsan présente une version en bronze de l'œuvre, dont le modelage préparatoire s'est opéré en une séance de pose. Le tirage en bronze est limité à dix exemplaires, deux épreuves d’artiste et cette fonte présentée au musée Despiau-Wlérick.

Rolande