Cette page reprend une partie des bâtiments remarquables se trouvant sur le trajet de la ligne 4 du tramway de Bruxelles.

Historique et développement du tracé

La ligne 4 du tramway de Bruxelles voit le jour à la suite de la restructuration des transports publics en . Allant d’Esplanade à Stalle (P), remplaçant la ligne 52 entre les arrêts Esplanade et Lemonnier ainsi que la ligne 91 entre Stalle et Vanderkindere. En 2009, le tronçon Esplanade à Gare du Nord fut supprimé et remplacé par la ligne 3. Le tramway circule donc entre Gare du Nord et Parking Stalle, ayant au total 21 arrêts et cumulant de tracé et fait partie des 6 lignes « fortes » du réseau de la STIB. Le tracé n’a plus été modifié depuis.

À la fin du , le faubourg d’Uccle était encore rural. La ligne voit le jour en 1873, la jonction Nord-Midi était nécessaire et fut très empruntée car elle reliait deux gares. L’avenue Brugmann à peine habitée, se dote de la seconde ligne de tram, à traction chevaline et circule dès 1875. Cela permet de relier la place Stéphanie à l’arrêt Globe, en passant par la chaussée de Charleroi et l’avenue Brugmann. Officiellement, l’objectif était d’offrir de l’air frais aux citoyens. Officieusement, il s’agissait de rentabiliser l’avenue Louise et la future avenue Brugmann pour vendre ces terrains à une population bourgeoise. Dès 1870, des hôtels, pensions, laiteries, guinguettes se multiplient. Mais les terrains destinés à l’habitat, ne seront investis qu’à partir du par la classe bourgeoise, car les prix des terrains restent très élevéshttp://www.stib.be/irj/go/km/docs/STIB-MIVB/INTERNET/attachments/Petite_histoire_FR.pdf.

La ligne de tramway entre la Gare du Nord et la Gare du Midi fut inaugurée en . En 1893, les travaux pour la création et l’électrification de la rame de tram entre la Gare du Nord et Globe débutent et s’achèvent en 1896. C’est l’une des premières lignes de tramway électrifiée. Dès 1956, deux ans après la création de la STIB, celle-ci réorganise le réseau en ajoutant et en supprimant certaines lignes de tramway, ce qui va entraîner des travaux souterrains. Le , a lieu l’inauguration du prémétro entre la Gare du Nord et la Gare du Midi, qui faisait . Il faut attendre 1993, pour que la ligne soit prolongée de jusqu’à Albert. La ligne passe dans six communes différentes dont les principales sont Bruxelles ville, Saint-Gilles et Uccle.. Elle traverse de manière rectiligne à travers la petite ceinture de Bruxelles, sous les boulevards. Elle passe ensuite au niveau de la Porte de Hal, autour de la prison de Saint-Gilles, avenue Albert, empreinte l’avenue Brugmann et enfin la rue de Stalle. Le développement des transports publics a permis de décentraliser la population, concentrée dans les faubourgs autour de Bruxelles, vers le Nord de la commune d’Uccle. L’urbanisation des terrains a facilité l’accès à la ville. Le transport public a amorcé la construction de l’ancien faubourg transformé en zone résidentielle.

Architecture autour de la ligne 4 (Gare du Nord - Stalle)

Ancienne distillerie Cusenier

vignette|Ancienne Distillerie Cusenier

1858 Rue de Russie 41, 1060, Saint-Gilles Privé Distillerie

La distillerie Cusenier a été créée par Eugène Cusenier en 1858 et est spécialisée dans la fabrication de liqueur. C’est avant tout une entreprise familiale, beaucoup de membres de la famille Cusenier y ont travaillé. Elle s’est implantée à l’origine à Ornans et s’est ensuite développée dans d’autres villes de France puis en Europe et sur d’autres continents (Paris, Charenton-le-Pont, Marseille, Cognac, Mulhouse, Londres, Buenos Aires, Montevideo, Mexico, Shanghai, Calcutta). C’est son frère Elysée Cusenier qui a permis l’essor de l’entreprise en France et à l’étranger. La distillerie a connu un très grand succès car Eugène est le premier à avoir utilisé la science et l’art pour la distillation. À la mort d’Eugène en 1894 c’est son frère Elysée qui a repris la direction de l’entreprise..

Le bâtiment de la distillerie Cusenier à Bruxelles a été construit en 1881 dans un style éclectique inspiré de la néorenaissance flamande.. L’usine est basée sur le même principe que celle d’Ornans soit le souhait de développer le même savoir-faire. Elle produit des spiritueux, des sirops, des grogs, des punchs, de l’eau de Cologne, de l’eau de mélisse, l’absinthe, le kirsch, le rhum, le cognac. Le bâtiment comportait des bureaux côté rue et la distillerie coté cour. Cette entreprise a connu un grand succès et sera même agrandie à deux reprises en 1956 et 1962.. Mais une fois les travaux pour la construction du métro effectués, l’usine fut abandonnée. Un concours de rénovation et de réaffectation a donc été lancé en 1984. En 1994, à la suite de sa transformation, le bâtiment a pu rouvrir. Il accueille encore aujourd’hui un complexe sportif au rez-de-chaussée, alors qu’aux étages se trouvent des logements.

Ancienne fabrique “produits du Rotin”

vignette|Ancienne fabrique “produits du Rotin” 1866 - 1904 Rue Coenraets 69-71- 73-75-77-79, 1190 Forest Privé Fabrique

L’ancienne fabrique est située sur la rue Coenraets, allant de la chaussée de Forest à l’avenue Fonsny. La construction du bâtiment date de 1866 à 1904, c’est au départ une usine pour la fabrication de meubles en bois et en jonc. Le rotin (palmier), quant à lui, est utilisé pour la fabrication des meubles et des cannages.

L’usine est implantée sur une parcelle qui traverse un îlot. D’autres bâtiments du complexe se trouvent dans la rue parallèle (rue de Danemark). C’est un quartier qui abrite beaucoup de bâtiments de style néoclassique construits entre 1860 et 1890.

L’entreprise est nommée « Van Oye Van Duerne et fils », elle eut beaucoup de succès. C’est une grosse entreprise qui comptait environ .

Le bâtiment, rue Coenraets, est construit dans un style néoclassique, courant architectural développé à partir du milieu du , il se compose d’éléments architecturaux gréco-romains tels que les colonnes, les frontons, les portiques, etc..

Rue de Danemark, le style architectural est différent, on perçoit de l’éclectique qui est une tendance architecturale développée à partir du milieu du . Ce style architectural s’inspire de différents styles architecturaux plus anciens et les mélanges pour en faire un ensemble cohérent. Le bâtiment situé dans cette rue est construit par l’architecte E.Van De Vyvere en 1889..

Quelques années plus tard, en 1921, la fabrique est vendue à une firme « Au bon Marché » mais garde la même fonction de fabricant de meubles. Entre la Première et la Seconde Guerre mondiale les bâtiments seront vendus en deux parties dont l’une sera rachetée par la « Coopération Pharmaceutique Française ». Le bâtiment sera ensuite rénové en 1972, lors du changement de propriétaire (Rasco), pour devenir une usine de jouets. Plus tard, elle sera à nouveau vendue et sera transformée en fabrique d’appareils chirurgicaux.

Ensemble Blerot

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1900 Rue Vander-schrick 3-5, 7, 9, 11, 13, 15, 17, 19, 21, 23, 25, Avenue Jean Volders 42- 46-48, Chaussée de Waterloo 13, 15, 1060 Saint-Gilles Privé Logement

Classé depuis , cet ensemble de quatorze maisons est une commande de Madame Elson et constitue un exemple d’Art nouveau. Plus connu sous le nom de “Séquence Blerot”, on doit sa construction à l’architecte belge Ernest Blerot. Les maisons sont construites en deux phases. La première phase a lieu en 1900, les deux maisons de la chaussée de Waterloo ainsi que les à 13 de la Vanderschrick sont construits. En 1902, lors de la deuxième phase, on construit les à 25 de la même rue ainsi que les habitations de l’avenue Jean-Volders..

Cet ensemble assure une unité mais aussi une certaine individualité : les maisons présentent un même gabarit mais arrivent tout de même à se différencier les unes des autres.

En 1911, une salle de divertissement en intérieur d’îlot du nom de « Regina Palace » est commandée par Emma Elson, la fille de la veuve Elsom, à l’architecte Armand Delmez. Le complexe est agrandi en 1913 pour y créer une salle de danse. Malheureusement l’ensemble est ravagé par un incendie dans les années 1970 et est transformé en salle de stockage.

Certaines habitations de la rue Vanderschrick présentent des rez-de-chaussées commerciaux, dotés d’une vitrine rectangulaire. L’architecte a travaillé sur chaque maison d’une manière différente afin de la rendre unique, à l’intérieur comme à l’extérieur. Les tables et les tympans des façades sont réalisés à l’aide de sgraffites, dont la décoration florale varie d’un immeuble à l’autre. Les matériaux de construction choisis sont variés. Certains bâtiments adoptent la pierre blanche mais la majorité d’entre eux sont parés de briques claires.

Dans toutes ces habitations, des bow-windows sont placés à des hauteurs différentes. Chacune possède un balcon en fer forgé dessiné de façon original. En 2004, une rénovation partielle est réalisée.

Église de Saint-Gilles

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1866 - 1878 Rue de l’Église 67, 1060 Saint-Gilles Public Église

De style éclectique, cette église à plan basilical emprunte des formes de l’architecture néo-romane et néogothique. Construite de 1866 à 1878 sur les plans de l’architecte Victor Besme, le passage du bourg à la petite ville se fit par cette construction ainsi que grâce à l’ancienne maison communale qui date de 1864. Elle se situe sur le parvis de Saint-Gilles..

À l’emplacement du bâtiment, deux autres églises furent construites. La première sera construite vers 1216 avec l’autorisation d’Henri Ier, le hameau d’Obbrussel s’affranchit dès lors en paroisse et fait construire sa propre église avec un baptistère et un cimetière.

Elle sera détruite en 1578 par les habitants afin d’éviter que les assiégeants espagnols ne l’utilisent. La deuxième fut détruite en 1866 car elle ne répondait plus aux besoins de la population croissante. L’architecte décide donc de déplacer l’église en plaçant le chœur vers l’ouest et rapproche le bâtiment de la rue du Fort. L’entrepreneur Braive réalise les travaux pour un montant de 370.000 francs belges..

Débutant par la construction du chœur puis du transept et d’une partie du vaisseau central. La construction de l’édifice est interrompue de 1867 à 1875, à la suite d’un différend entre l’architecte et le Conseil de la fabrique de l’Église.

L’église est composée d’un clocher-porche ainsi que de deux chapelles latérales et d’un vaisseau de quatre travées, divisé en trois nefs. Le chœur de l’église sera décoré de vitraux, en 1879. Deux matériaux sont utilisés ; la pierre de Savonnières pour le porche (façade principale) ainsi que la brique jalonnée d’éléments en pierre bleue pour la nef, le chevet et le transept.

La maison « Éd. Michiels-Moermans et Fils » s’est occupée des horloges qui garnissent la base de la flèche. Elle sera consacrée en 1880.

Classée depuis le , l’église subira des travaux durant plusieurs années avant le . Elle est toujours en activité et utilisée par cinq communautés différentes.

La maison Hoguet

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1928 Rue de Rome 24-28, 1060 Saint-Gilles Privé Logement

Jean Hoguet fit reconstruire en 1928 sa maison, située rue de Rome à Saint-Gilles, par l’architecte forestois Jean Ligo. De style Art déco, cette architecture industrielle regroupait les ateliers de manutention et de confection, les bureaux ainsi que les appartements de Monsieur Hoguet.

L’entreprise Hoguet est bien connue, elle possédait déjà un magasin de vêtements au 111 Chaussée de Waterloo, dans le centre de Bruxelles. À la mort de sa femme, Jean Hoguet s’occupa seul de ses magasins et de ses ateliers. C’est à partir de 1960 qu’il commença à fermer ses portes, l’atelier fermera définitivement en 1966. Un seul magasin perdura jusqu’en 1977 grâce à sa nièce, Virginie Van Moorsel.