vignette|Caméo d'Alfred Hitchcock dans la bande-annonce des Oiseaux.

Alfred Hitchcock avait pour habitude de faire des caméos dans ses propres films. Ceux-ci sont devenus un trait caractéristique du réalisateur.

Origine Hitchcock expliqua dans son entretien-fleuve avec François Truffaut l'origine de cette pratique et sa popularité grandissante. Truffaut remarqua ainsi la première apparition du cinéaste dans The Lodger, premier film important d'Hitchcock, et demanda si c'était une superstition, un gag ou un moyen de compenser le manque de figurants :

Films avec caméo Les Cheveux d'or (The Lodger), 1926 Au début du film, vers 2 min 51 s, assis de dos dans le bureau d'un journal. Durant les dix dernières minutes, lorsque la police arrête le colocataire, le deuxième badaud en partant de la droite, qui porte une casquette.

Laquelle des trois ? (The Farmer's Wife), 1928 Un spectateur trapu avec chapeau melon et pardessus clairs, aligné devant la meute de chiens, au départ de la chasse à courre. On le voit tête baissée. Cette identification est incertaine.

Le passé ne meurt pas (Easy Virtue), 1928 Hitchcock passe derrière un court de tennis.

Chantage (Blackmail), 1929 Assis de face, sur la gauche, dans le métro, un attaché-case sur les genoux et un livre dans les mains, il est perturbé par un enfant qui l'empêche de lire tranquillement.

Meurtre (Murder!), 1930 À la , il passe dans la rue devant la maison du meurtre.

L'Homme qui en savait trop (The Man who Knew Too Much), 1934 (première version) À la , un passant dans la rue.

Les 39 Marches (The 39 Steps), 1935 Vers la , dans la rue, il croise Robert Donat et Lucie Mannheim qui sortent du théâtre et montent dans le bus.

Quatre de l'espionnage (The Secret Agent), 1936 Vers 7 min 46 s, en habit clair, à l'arrière-plan, parmi les passagers, il débarque de la Suisse en même temps que le héros Ashenden.

Agent secret (Sabotage), 1936 Un passant à la silhouette massive avec imperméable et chapeau clairs s'éloignant de dos, sur le trottoir. À hauteur du « Bijou » (la salle de cinéma de Verloc), il s'écarte pour laisser passer Verloc qui vient de sortir de la voiture pour regagner son domicileHichcock se plaignait de manquer de figurants pour montrer les foules et ce serait la raison de ses premières présences dans ses films. Truffaut n'a pas répertorié ce caméo. Éditions GR Fabbri-Elme House : collection des films d'Alfred Hitchcock ; fascicule de « Agent secret » (paragraphe « Apparition d'Hitchcock » ; ).

Jeune et innocent (Young and Innocent), 1937 Photographe de presse avec casquette (sa corpulence contrastant avec l'appareil de photo minuscule qu'il tient dans une main) en attente à la sortie du tribunal.

Une femme disparaît (The Lady Vanishes), 1938 Avance de profil, chapeau d'une main et une valise (de taille ridicule) dans l'autre, fumant une cigarette et haussant des épaules, à la fin du film, vers la 89 minute, sur un quai de métro à Victoria Station à Londres.

Rebecca (Rebecca), 1940 Vers la fin du film, il passe derrière George Sanders et le policeman qui l'a interpellé.

Correspondant 17 (Foreign Correspondent), 1940 Vers 10 min 34 s, il lit le journal dans la rue, lorsqu'il croise Joel McCrea quittant l'hôtel.

Soupçons (Suspicion), 1941 À la , il poste une lettre.

Joies matrimoniales (Mr. and Mrs. Smith), 1941 Il croise Robert Montgomery dans la rue, en face de son immeuble.

Cinquième Colonne (Saboteur), 1942 Pour le tournage de sa petite scène il demande à Carol Stevens, sa secrétaire de l'époque, de jouer ce qu'il a mis au point. Norman Lloyd, l'interprète du saboteur, se souvient : « Ils devaient jouer des sourds et muets marchant dans la rue. Hitchcock devait utiliser la langue des signes et Stevens devait le gifler en retour car il lui aurait fait une proposition peu convenableSaboteur : a closer look de Laurent Bouzereau, disponible sur le DVD de Cinquième Colonne.. » La scène est alors tournée mais n'est pas retenue car les dirigeants du studio ne trouvent pas correct de donner une telle image des personnes handicapées. Il se résigne finalement à faire une simple apparition visible à la dans une rue de New York lorsque la voiture des comploteurs s'arrête près d'un kiosque à journaux.

L'Ombre d'un doute (Shadow of a Doubt), 1943 À la , dans le train pour Santa Rosa, de dos, il joue aux cartes (sa main contient tous les piques).

Lifeboat (Lifeboat), 1943 Dans un huis clos où n'apparaissent que neuf personnes, Hitchcock trouve le moyen d'apparaître en photo (silhouettes « avant » et « après »), vers la 24 minute, dans la publicité pour un régime amaigrissant Reduco (il en suivait un au moment du tournage) d'un journal trouvé dans le canot de sauvetage et lu par William Bendix. Dans son entretien avec Truffaut, le réalisateur reconnait que c'est le caméo le plus difficile à mettre en place, il refuse d'être un acteur. Il avait initialement envisagé de jouer un cadavre flottant après le naufrage mais renonça par crainte de noyade.

La Maison du docteur Edwardes (Spellbound), 1945 Vers la , il sort de l'ascenseur bondé de l'Empire Hotel, un étui à violon à la main et un cigare à la bouche.

Les Enchaînés (Notorious), 1946 À la , invité, à la grande réception organisée chez Alex Sebastian, il boit du champagne (clin d'œil : dans la cave, le MacGuffin est dissimulé dans des bouteilles de Pommard 1934).

Le Procès Paradine (The Paradine Case), 1947 Il descend du train à Cumberland Station, portant sous le bras droit un étui à violoncelle.

La Corde (The Rope), 1948 Au tout début du film, après le générique : il marche sur le trottoir accompagné d'une dame et tenant dans sa main un journalApparition confirmée par le scénariste Arthur Laurents, cf. Laurent Bouzereau, "Rope" Unleashed, Universal Studios Home Video, 2000. Supplément du DVD La Corde, Universal Studios, coll. « La Collection Hitchcock », 2001. , chap. 3. Une enseigne au néon clignotante, qui apparaît à travers la baie vitrée entre les personnages joués par Douglas Dick et Joan Chandler au moment où les convives prennent congé, vers la , reproduit le profil qui sera plus tard rendu célèbre par la série télévisée Alfred Hitchcock présente. Le mot « Reduco », quasiment illisible, figure sous l'enseigne (cf. caméo de Lifeboat).

Les Amants du Capricorne (Under Capricorn), 1949 Au début du film, vers 2 min 40 s, sur la place, on le voit sur le côté de l'écran, en haut-de-forme et habit clairs, de dos mais la tête légèrement tournée ; en face d'un soldat en uniforme rouge. Puis sur les marches de l'escalier du palais du gouverneur, vers 12 min 20 s, posté en arrière-plan : habit noir et haut-de-forme clair. Un attelage passe au premier plan. Le Grand Alibi (Stage Fright), 1950 À 39 min 50, il marche nu-tête dans la rue et se retourne vers Jane Wyman qui passe en parlant toute seule.

L'Inconnu du Nord-Express (Strangers on a Train), 1951 Vers 10 min 06 s, à la gare de Metcalf, il s'apprête à monter dans le train avec un étui à contrebasse, tandis que Farley Granger en descend avec une valise.

La Loi du silence (I Confess), 1953 À la fin du générique, au début du film, vers 1 min 30 s, sa silhouette traverse le haut d'un grand escalier de rue (en l'occurrence, l'escalier Casse-cou, reliant la rue Sous-le-Fort et la Côte de la Montagne, à Québec).

Le crime était presque parfait (Dial M for Murder), 1954 À la , faute de pouvoir apparaître en mouvement dans une intrigue presque entièrement en huis clos, il fait tout de même une apparition statique, sur la photo de classe collée au mur, que Tony Wendice montre au prétendu capitaine Lesgate, parmi les anciens élèves attablés en compagnie dudit Wendice et de C.A. Swan. Il est attablé de profil à gauche, la tête tournée vers l'objectif.

Fenêtre sur cour (Rear Window), 1954 Au début du film, vers 25 min 07 s, dans l'appartement du pianiste, il remonte la pendule.

Mais qui a tué Harry ? (The Trouble with Harry), 1955 Vers la , il passe rapidement sur la gauche de l'image, devant la limousine de l'acheteur de tableaux, à l'exposition en plein air de John Forsythe.

La Main au collet (To Catch a Thief), 1955 Vers 9 min 13 s, Cary Grant, en fuite et monté dans un bus, s'assoit l'air méfiant au milieu de la banquette du fond, entre le réalisateur, passager l'air sévère, regard fixe vers l'avant et placé tout à droite de l'écran, et une cage à oiseaux qu'une vieille dame, assise tout à gauche de l'écran, regarde intriguée.

L'homme qui en savait trop (The Man Who Knew Too Much), 1956 (seconde version) À gauche de l'écran, de dos, dans la foule qui regarde des acrobates au marché de Marrakech.

Le Faux Coupable (The Wrong Man), 1956 Il passe, venant de la gauche, derrière Henry Fonda attablé pour manger, le regard baissé vers lui. Cette scène a été supprimée pour conserver au film un aspect documentaireselon la photographie de la scène supprimée et la légende de l'ouvrage de Paul Duncan : Alfred Hitchcock ; Taschen (2004) ; p. 132. Il parle dans le prologue (c'est le seul film où il parle).

Sueurs froides (Vertigo), 1958 À la , il passe devant l'entrée du chantier naval, portant un étui à clairon.

La Mort aux trousses (North by Northwest), 1959 À la , juste après le générique, il court pour rattraper un autobus qui referme ses portes sous son nez.

Psychose (Psycho), 1960 À la , à travers la baie vitrée du bureau où travaille Marion Crane, on le voit de trois-quarts se tenir sur le trottoir, coiffé d'un chapeau de cow-boy.

Les Oiseaux (The Birds), 1963 Au début du film, il sort de l'oisellerie avec deux Scottish Terriers en laisse (les siens, pour l'anecdote) et croise Mélanie qui y entre.

Pas de printemps pour Marnie (Marnie), 1964 À la , sort de sa chambre d'hôtel, pénètre dans un couloir après que Marnie y est passée.

Le Rideau déchiré (Torn Curtain), 1966 Vers 7 min 57 s, assis dans le hall de l'Hôtel d'Angleterre, il tient un bébé sur son genou droit, puis le transfère sur son genou gauche. Il essuie alors son pantalon.

L'Étau (Topaz), 1969 À la , il est poussé sur un fauteuil roulant à l'aéroport par une infirmière (qui n'est autre que Peggy Robertson, son assistante de longue date), se lève sans difficulté pour serrer la main d'un homme, et disparaît du champ.

Frenzy (Frenzy), 1972 À la , chapeau melon sur la tête, près du parapet de la Tamise (où flotte un corps), en retrait de la foule qui écoute un discours politique auquel il semble indifférent. Il fait partie des curieux qui essaieront de voir le cadavre repêché.

Complot de famille (Family Plot), 1976 À la de ce qui sera son dernier film, son profil apparaît en ombre chinoise derrière une porte vitrée, ironiquement celle du bureau des « Certificats de naissances et de décès » (département des statistiques démographiques), démontrant ainsi l'humour noir dont le réalisateur savait faire preuve alors qu'il était à cette époque très affaibli par la maladie.

Autre apparition Hitchcock a été chargé de composer un roman-photo pour soutenir l'effort de guerre ayant pour titre Have You Heard ? et sous-titre The Story of Wartime Rumors. Il paraît dans Life le . Les photos ont été réalisées par Eliot Elisofon. Le metteur en scène y tient le rôle d'un barmanPaul Duncan : Alfred Hitchcock, architecte de l'angoisse (1889-1980) ; éditions Taschen (2004) ; p. 133.

Notes et références

Annexes

Articles connexes Caméo Liste de caméos

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