Anatole Le Guillois, né le à Vaugirard et mort le à Paris, est un journaliste français, principalement connu pour sa collaboration à la presse satirique des années 1860-1880.
Biographie
Né dans l'ancienne commune de Vaugirard le , Anathol-Charles-Lucien Leguillois est le fils de Jean Leguillois et de Julie GiotArchives de Paris, état civil du arrondissement, registre des mariages de 1874, acte (vue 23 sur 31)..
Sous la Seconde République, Leguillois gagne sa vie comme instituteurLe Constitutionnel, 7 janvier 1851, . ou comme précepteurLa Nouvelle Lune, 16 mai 1886, .. Le , à la mairie de l'ancien arrondissement de Paris, il épouse Rosalie-Jeanneton Brohet (1816-1862), veuve SimonArchives de Paris, état civil du arrondissement, registre des décès de 1862, acte (vue 6 sur 31)..
Sous le Second Empire, Leguillois collabore à la presse parisienne en utilisant le nom de plume « Le Guillois ». Il entre notamment au Figaro en 1857Le Figaro, 3 mai 1857, , .Le Figaro, 13 avril 1862, , .. L'hebdomadaire Les Cinq centimes illustrés publie ses romans, tels que La Fille du scalpeur en 1860 et L'Incendiaire, ou les mystères de l'assurance à partir de Louis Pouget (dir.), Journal des assurances, août 1861, .. L'année suivante, il écrit pour L'Armée illustréeLa Presse, 19 janvier 1862, , .. Il a également collaboré au Mousquetaire.
vignette|Départ du Marquis de Le Guillois (Le Hanneton, 3 avril 1864).
Le Guillois se fait surtout connaître pour sa contribution à la presse satirique illustrée. Après une collaboration au Diogène entre 1860 et 1863Le Gaulois, 10 janvier 1875, , ., il conquiert une certaine notoriété avec Le Hanneton, journal des toquésGrand-Carteret, ., dont il est le fondateur en 1862Virmaître, . et le rédacteur en chef jusqu'en 1864. Ne reculant devant aucune bouffonnerie pour faire de la réclame à son journal, il déclare sa candidature aux élections législatives de 1863. À cette occasion, il placarde des affiches où il en appelle aux abstentionnistes en se présentant comme « l'abstention vivante » puis demande à des boulangers de cacher ses prospectus électoraux dans leurs pains. La même année, il décide de tirer profit de la renommée des expériences aéronautiques de Nadar en faisant afficher qu'il suivrait le ballon du célèbre photographe « sans le moindre appareil ascensionnel, aussi nu que la décence le permettra »Virmaître, .. En 1864, il vend à François Polo Le Hanneton, qu'il reprendra brièvement par la suite avant de le céder définitivement à Louis Ariste.
En , il crée l'éphémère Mon JournalLa Gazette de France, 25 janvier 1865, , .. L'année suivante, il est chargé des échosLe Figaro, 3 octobre 1882, , . au Soleil de Jules NoriacJournal des débats, 20 juillet 1866, , ..
En , Le Guillois fonde Le Bouffon, dont il devient le rédacteur en chef, avec Charles-Lucien Huard pour directeur. Ayant quitté cette nouvelle feuille satirique dès le mois de mai, il devient le rédacteur en chef du Tocsin en aoûtLe Tintamarre, 11 août 1867, , . avant de fonder L'Auvergnat avec Francisque Bathol en novembre suivantGrand-Carteret, .. Fidèle à sa réputation d'excentrique, il se signale la même année comme improvisateur de rimes sur les planches de l'EldoradoLe Figaro, 25 mai 1867, , . puis comme lutteur amateur dans l'arène athlétique de la rue Le PeletierLe Temps, 3 septembre 1867, , ..
En Le Petit Journal, 19 mai 1868, , ., il s'inspire d'un bon mot de Frédérick Lemaître pour fonder Les Punaises dans le beurre, qu'il dirige en association avec le comte des Courtis de La Groye. Cette nouvelle revue cesse cependant sa publication dès le mois d'août suivantVirmaître, .. En , il lance un pamphlet périodique intitulé La FéruleLe Gaulois, 15 mars 1869, , .. Quelques mois plus tard, à l'occasion des élections législatives complémentaires du mois de novembre, il se présente à nouveau en guise de farceLa Presse, 18 novembre 1869, , .. Il réitérera à nouveau cette candidature fantaisiste lors des élections de 1881Gil Blas, 16 août 1881, , . et de 1885L'Univers, , , ..
Au début de la Guerre franco-allemande de 1870, Anatole Le Guillois s'engage dans une compagnie de francs-tireurs et participe à la défense de Thionville. En octobre, lors du siège de Paris, il dirige avec Gustave Aymar La Populace, qui n'aura que deux numérosLe Figaro, 7 mars 1871, , .. Quelques mois plus tard, sous la Commune, il est l'un des rédacteurs du Bonnet rouge de Secondigné (10-)Virmaître, . et de L'Estafette qui succéda au Bonnet rouge jusqu'à la Semaine sanglante. Il s'y montre un défenseur de "notre grande révolution sociale" en vue de fonder "la vraie liberté universelle". Il est aussi sergent-major dans la Garde nationale. (L'Estafette, ). Il ne semble cependant pas avoir été inquiété après la Commune. Il collabore ensuite au SiffletVirmaître, ., dont il est le gérant dès 1872.
En , le « marquis Le Guillois, par la grâce de Dieu, dernier descendant des roys mérovingiens » annonce son mariage avec Maria ManginLa France, 19 décembre 1874, ., ouvrière en dentelles. Républicain, Le Guillois s'affublait de ces titres afin de tourner en dérision les velléités de restauration monarchique.
En , Le Guillois retrouve l'ancien directeur du Sifflet, Arthur Lévy, pour fonder La Grenouille, un nouvel hebdomadaire satirique dont il est le rédacteur en chefLe Petit Caporal, 15 février 1877, .. Il dirige ensuite Le Titi entre 1878 et 1879Grand-Carteret, .. Au cours de sa carrière, il a également collaboré au Tintamarre et au Tam-Tam.
À la fin de sa vie, Anatole Le Guillois utilise le pseudonyme de « William Piton » dans le Journal des abrutis, fondé en 1876, dont il est le rédacteur en chef pour le compte de l'éditeur S. HeymannNécrologie de L'Autorité, citée dans le Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 15 mai 1886, .. En 1883, il dirige également le Journal des petits chéris sous le pseudonyme du « Marquis ».
Il meurt le à son domicile du de la rue du CaireArchives de Paris, état civil du arrondissement de Paris, registre des décès de 1886, acte (vue 19 sur 31)..
L'une de ses dernières œuvres est Le Chêne des partisans, un roman historique évoquant les deux , écrit pour Le Patriote vosgien de Neufchâteau et publié en volume en 1886Le Chêne des partisans, épisodes de la conquête de Lorraine par la France. Les Deux sièges de La Mothe, Neufchâteau, Kienné, 1886, 319 p..
Références
Voir aussi Bibliographie John Grand-Carteret, Les Mœurs et la caricature en France, Paris, Librairie illustrée, 1888, . Georges d'Heylli, Dictionnaire des pseudonymes, Paris, Dentu, 1887, . Charles Virmaître, Paris canard, édition, Paris, Savine, 1888, .
Liens externes
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