Victor Malfait, dit Victor Collodion, né le à Lille et mort le dans l'océan Atlantique, est un caricaturiste français.
Biographie
Victor-Alexandre-Louis Malfait est le fils d'Appoline-Albertine-Joseph Bocquet et d'Alexandre-Victor Malfait, fabricant de tulle à LilleArchives départementales du Nord, état civil de Lille, registre des naissances de 1842, acte (vue 920 sur 944)..
Apprenti photographe à Clermont-Ferrand, Victor Malfait se fait connaître à partir des années 1860 en réalisant des portraits-charges à la manière d'André GillLe Siècle, 11 décembre 1873, ., qu'il signe du pseudonyme de « Collodion » en référence au collodion humide alors utilisé en photographie. Vers 1864, il travaille pour Decourt, imprimeur-lithographe à MâconJean Adhémar (dir.), Inventaire du fonds français après 1800, t. 6, Paris, Bibliothèque nationale, 1953, .. En 1866, il est de passage à Saint-ÉtienneMémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 15 juillet 1866, ., où il vend dans les cafés des portraits et des caricatures réalisés en très peu de tempsMémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 7 décembre 1873, .. Cette célérité d'exécution devient bientôt sa marque de fabrique.
Dramaturge occasionnel, il a coécrit avec un vaudeville pour les Folies-DramatiquesMémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 4 mai 1867, ..
En , il fonde à Clermont-Ferrand un journal illustré, La Mouche clermontoise, remplacé l'année suivante par La Musette clermontoise. En 1868, il serait parti pour Paris, où il aurait peiné à percer, se contentant de divers travaux peu rémunérateurs.
Collodion se rend ensuite à Bordeaux. Entre les mois d' et de , il y dessine les couvertures du Gaulois, un hebdomadaire satirique. L'une de ces caricatures, qui devait représenter Jules Mirès, est interdite par les autoritésLe Gaulois (Bordeaux), 13 mars 1869, .. Sur le numéro suivant, le caricaturiste s'est donc représenté lui-même dans l'ombre menaçante du rasoir de la censureLe Gaulois (Bordeaux), 28 mars 1869, .. Entre avril et , il dirige le Bordeaux pour rire.
En 1869, Collodion vit pendant quelque temps à VichyLa Comédie, 21 décembre 1873, ., où il collabore notamment à la revue Le Programme. Il travaille également pour Le Contribuable de RochefortLa République française, 6 décembre 1873, ..
Après la Guerre franco-allemande de 1870 et la Commune, Collodion fait jouer une revue au théâtre du Mans (Le Mans, 10 minutes d'arrêt !) puis retente sa chance dans la capitale. Il est alors engagé par Arsène Goubert pour réaliser des charges instantanées à l'AlcazarAnatole Le Guillois, « Victor Collodion », Le Sifflet, 14 décembre 1873, .. L'une de ses caricatures, qui représentait l'acteur Léonce affublé de lunettes, ayant été prise pour une caricature non autorisée du président Thiers, le théâtre est sanctionné d'une fermeture de huit joursLe Figaro, 10 novembre 1872, .. À la suite de cette mésaventure, le directeur de l'établissement renvoie le dessinateur.
vignette|Autoportrait sur une affiche pour le spectacle du Covent Garden Theatre (fin 1872 ou début 1873).
Après s'être produit aux Folies BergèreLe Rappel, 6 décembre 1873, . et avoir vendu des charges à dix francs dans le vestibule du Théâtre-Miniature, Collodion s'embarque vers la fin de l'année 1872 pour Londres, où il a obtenu un engagement par l'entremise de l'éditeur de musique Bernard Latte. Il se produit ainsi à Covent Garden, où la féerie Babil et Bijou de Dion Boucicault intègre sa performance, qui consiste à dessiner en quelques minutes de gigantesques caricatures sur des toiles hautes de trois ou quatre mètres. Très applaudi par le public, le même numéro accompagne les représentations du Black Crook d'Harry Paulton à l'Alhambra Theatre. Après la prolongation de son contrat jusqu'au , Collodion se rend au Théâtre Royal de Manchester.
À cette époque, il poursuit sa collaboration à diverses feuilles satiriques telles que Le SiffletLe Sifflet, 19 janvier 1873, ..
De retour à Paris, Victor Malfait se marie le avec Françoise Bertillot (1846-1873), dite FaustineHenry Lyonnet, Dictionnaire des comédiens français (ceux d'hier), vol. 1, Genève, 1912, ., une jeune artiste lyrique native de Lyon. L'homme de lettres Alfred Touroude et l'artiste lyrique Jacques-Louis Pourtalet, dit Valaire, figurent parmi les témoins des épouxArchives de Paris, état civil du arrondissement, acte (vue 11 sur 32)..
Peu de temps après son mariage, Collodion se rend à New York pour honorer un contrat très avantageux avec l'Olympic Theatre à partir du mois de septembre. Une fois cet engagement terminé, le caricaturiste et sa femme décident de rentrer à Paris. Ils s'embarquent ainsi sur le transatlantique Ville-du-Havre, qui sombre le après être entré en collision avec un clipper. Collodion et son épouse figurent parmi les 226 victimes de ce naufrage.
Collaborations
Galerie
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Jean Adhémar (dir.), Inventaire du fonds français après 1800, t. 5, Paris, Bibliothèque nationale, 1949, .
Liens externes
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