Le Plan Climat 2050 allemand () est un document politique d'atténuation du changement climatique validé par le gouvernement allemand le .. Le plan met en avant des mesures par lesquelles l'Allemagne peut atteindre ses divers objectifs de réduction d'émission de gaz à effet de serre à horizon 2050 (voir le tableau) et tenir ses engagements internationaux pris lors de l'Accord de Paris sur le climat. Le ministère fédéral de l'Environnement, de la Protection de la nature et de la Sécurité nucléaire (BMU), sous la ministre Barbara Hendricks, a mené la création du plan. Le plan a été progressivement édulcoré depuis le brouillon ayant fui en . Des prévisions du ministère de l'Environnement en indiquent que l'Allemagne n'atteindra probablement pas les objectifs fixés pour 2020..
Le Plan Climat 2050 ne doit pas être confondu avec un document paru plus tôt, le Programme Climat 2020 (), validé en et qui ne définit que des objectifs jusqu'à 2020. Il a été décidé début 2017 que le Programme Climat 2020 serait supprimé.
Objectifs climatiques
L'Allemagne a annoncé les objectifs officiels suivants d'émissions de gaz à effet de serre le .
+ Objectifs d'émissions de gaz à effet de serre de l'Allemagne (basés sur des chiffres de 2014) Target 2014 2020 2030 2040 2050 Émissions de gaz à effet de serre (relatives à 1990) −27.0% −40% −55% −70% −80 à −95% La valeur de 2030 est aussi l'objectif national pour l'Allemagne défini lors de l'accord de Paris.
Concernant la politique de l'Union européenne, en le Conseil de l'Union européenne s'est accordé pour dire que l'objectif de réductions approprié pour l'Europe et les autres économies développées était de 80 à 95% en-dessous des niveaux de 1990 d'ici 2050 (ce qui correspond aux objectifs de l'Allemagne).
En , le Conseil européen a approuvé un objectif pour l'Union européenne d'au moins 40% d'émissions domestiques de gaz à effet de serre en moins d'ici 2030 par rapport à 1990 (moins contraignant que l'Allemagne).
Programme Climat 2020
Le Programme Climat 2020 () est une tentative de l'Allemagne pour atteindre ses objectifs officiels à horizon 2020 de réduction d'émissions de gaz à effet de serre après qu'un "fossé climatique" a été identifié. Des prévisions de 2013 montrent que l'Allemagne pourrait manquer son objectif de réduction de 40% d'environ 7% sans mesures supplémentaires. La première esquisse du programme a été publiée à la mi-. La façon de contrôler les émissions dues aux centrales au charbon reste controversée, mais le ministre de l'économie et de l'énergie Sigmar Gabriel (SPD) a rejeté des propositions de son ministère en pour retirer 10 GW de production au charbon.
Le Plan Climat 2020 a été approuvé le . Les documents officiels sont disponibles en anglais.
Le plus significatif dans ce nouveau programme est l'engagement à réduire de façon conséquente les émissions dues à l'électricité d'ici 2020. Pour ce faire, le gouvernement propose de limiter les émissions de ce secteur à 22 millions de tonnes entre 2016 et 2020, soit à 4,4 tonnes par an. Une fois la limite en place, les compagnies d'énergie recevront un quota basé sur leurs émissions courantes. Si elles les réduisent plus que demandé, elles pourraient vendre leur surplus aux autres entreprises. Le programme comporte également des mesures pour améliorer l'efficacité énergétique ainsi que le secteur du transport. Des groupes écologiques ont reproché au programme de ne pas aller assez loin sur la réduction de la dépendance aux centrales à charbon.
En , le gouvernement restait confiant quant à sa capacité d'atteindre ses objectifs d'émissions à horizon 2020 grâce aux mesures contenues dans le programme et ailleurs.. Néanmoins, un rapport gouvernemental, publié le , montre que l'Allemagne n'atteindra ses objectifs que dans le scénario le plus optimiste. Le rapport, écrit pour l'Union Européenne, est disponible en allemand. L'analyse prédit les émissions de gaz à effet de serre de l'Allemagne pour les 20 prochaines années.
Un rapport de PwC de évalue les conséquences économiques et écologiques du Plan Climat 2020 et conclut que les bénéfices économiques l'emportent sur le coût des mesures proposées PwC reference: 0.0753813.001.. En se basant sur ce rapport, la ministre de l'Environnement Barbara Hendricks s'est exprimée dans la presse en disant que "le programme créera 430 000 emplois supplémentaires et que le PIB augmentera de 1% d'ici 2020".
Début 2017, le gouvernement décida d'abandonner complètement le Plan Climat 2020https://uk.reuters.com/article/uk-germany-politics/german-coalition-negotiators-agree-to-scrap-2020-climate-target-sources-idUKKBN1EX0OW.
Développement du Plan Climat 2050
L'histoire du Plan Climat 2050 est plutôt engagée. Le Ministère fédéral de l'Environnement allemand dirige ce plan sous la direction de la ministre de l'Environnement Barbara Hendricks (SPD). Une procédure novatrice de concertation a été utilisée pour collecter des idées des gouvernements d'États fédérés et de villes, de groupe de défense d'intérêts et de citoyens, qui ont été reprises pour créer la première version. Des brouillons internes du plan ont fui trois fois par les médias en 2016, la première début mai, la seconde fin juin et la troisième mi-novembre.
Accord de la coalition : 2013
La notion d'un plan pour le climat a découlé d'un accord de coalition entre le CDU, le CSU et le SPD en 2013. L'accord spécifia :
Ce qui se traduit par :
Concertation : du 25 juin 2015 au 19 mars 2016
Une concertation avec les parties prenantes a commencé les 25- avec une conférence de lancement à Berlin.. Un document de discussion pour cet exercice a été daté du et est disponible en anglais. Le processus de concertation a impliqué une série de réunions avec des États fédérés (), des municipalités, des associations et des citoyens, avec des délégués sélectionnés pour représenter ces divers groupes lors des forums. Le processus a été organisé par l'Institut de Wuppertal pour le climat, l'environnement et l'énergie et l'agence de dialogue IFOK Corporate website.. Les propositions résultantes ont été collationnées et présentées lors d'une réunion au ministère de l'Environnement (BMU) les 18 et . Le rapport final est disponible en allemand.. Ces propositions ont été utilisées pour créer la première esquisse du Plan Climat 2050. Le gouvernement allemand a également expliqué cette procédure de concertation lors de la Conférence de Paris de 2015 sur les changements climatiques (COP 21) le . Le principe de cette procédure était nouveau pour l'Allemagne. Le BMU en a fait une vidéo explicative.
Premier brouillon révélé : début mai 2016
Une esquisse du plan a fuité dans les médias pour la première fois début . Cette version résultait d'un renforcement d'une longue liste de mesures ayant émergé de la concertation. Le brouillon divulgué incluait des propositions pour : la réforme de l'écotaxe et l'internationalisation des coûts environnementaux ; des investissements écologiques ; la réduction des émissions dues au charbon et une sortie du charbon () bien avant 2050 ; rendre les anciens et nouveaux bâtiments neutres en carbone ; la numérisation et l'électrification des transports ; un prix plancher pour le carbone et les investissements écologiques ; une réduction du nombre de ruminants et de la quantité de viande mangée ; l'utilisation des forêts comme puits de carbone et la renaturalisation des brandes pour la même raison ; le développement de nouveaux indices nationaux de santé ; l'intégration de la protection de l'environnement dans les services publics locaux et régionaux.
Le plan suggérait également l'établissement d'une commission pluraliste (i.e. avec divers groupes représentés) chargée de développer le plan de sortie du charbon d'ici mi-2017.
À la suite de ces documents révélés, les gouvernements des États fédéraux sont devenus de plus en plus préoccupés par le fait qu'ils étaient engagés dans des objectifs écologiques qui pourraient nuire à leurs économies régionales.
Second brouillon révélé : 21 juin 2016
Une esquisse du plan a fuité dans les médias pour la seconde fois fin . Elle était datée du et est disponible au téléchargement en allemand This is a leaked draft.. Contrairement à la première fois, ce brouillon a été compilé après une consultation avec le ministère ministère fédéral de l’Économie et de l'Énergie (BMWi).
Cette nouvelle version montre que le secteur domestique pourrait échapper à des objectifs d'émission spécifiques et qu'une date de fin pour les centrales à charbon a été omise. Les versions précédentes avait contenu des objectifs spécifiques aux secteurs de l'énergie, du transport, de l'industrie, du bâtiment et de l'agriculture. Le secteur de l'énergie qui devait auparavant faire un effort "considérable" ne doit maintenant qu'en faire un "approprié". Plutôt que de déclarer que les centrales à charbon doivent fermer "bien avant 2050", le nouveau brouillon souligne que "la part de production électrique par le charbon diminuera" et qu'il y aura une "baisse pas-à-pas". Le brouillon précédent déclarait que le secteur du transport aurait besoin de faire des efforts de réduction d'émission "disproportionnés" (compte tenu de la faible performance de ce secteur à ce moment), ce qui a été réduit à une contribution "ambitieuse". D'autres propositions sont restées, telles que le développement d'une réforme sur la taxe écologique. Le plan inclut également des objectifs de modernisation des systèmes de chauffage et de refroidissement des bâtiments, notamment plus de nouveau chauffage au fioul dans les maisons après 2030.
La proposition pour une Commission pour la Protection du Climat, la Croissance, le Changement Structurel et la Réalisation de la Transition Énergétique () reste, mais désormais sans la tâche de développer un plan de sortie du charbon.
L'affaiblissement du plan est aussi la conséquence d'associations industrielles critiquant sans cesse les secteurs visés et les mesures détaillées. Elles craignaient que cela nuirait à la performance économique de l'Allemagne et à sa compétitivité internationale.
Brouillon officiel : 6 septembre 2016
Un brouillon officiel a été publié le et est disponible en allemand. Ce brouillon conserve une disposition pour l'établissement d'une Commission pour la Protection du Climat, la Croissance, le Changement Structurel et la Réalisation de la Transition Énergétique.
Le contenu a toutefois été édulcoré considérablement. Les objectifs de réduction d'émission ont été complètement supprimés. Le brouillon précédent, ayant fuité en , déclarait que d'ici 2030, "une large majorité des nouvelles voitures enregistrées" devrait être alimentée par électricité ou par biocarburant. Mais le nouveau brouillon déclare à peine que "le gouvernement vise à réduire significativement les émissions des voitures d'ici 2030" et que celles électriques peuvent contribuer à atteindre cet objectif.
Les groupes écologiques sont devenus de plus en plus critiques vis-à-vis du plan alors que chaque itération menait à une réduction des dispositions pour protéger le climat. Les ONGs ont été particulièrement préoccupées par le manque de détails concernant la sortie du charbon. Le , Greenpeace Allemagne publia un rapport critiquant la suppression de certaines mesures ayant découlé du processus de concertation..
Délibérations du gouvernement fédéral : fin 2016
Fin 2016, le plan a été envoyé à la Chancellerie () pour coordonner la version finale devant être approuvée par le gouvernement fédéral ().
Les reportages des médias de fin suggèrent un large fossé entre le ministère de l'économie et de l'énergie (BMWi) et le ministère de l'environnement (BMU) au sujet du plan et de la procédure de sortie des centrales à charbon (). Le ministre de l'économie et de l'énergie Sigmar Gabriel s'oppose à la planification d'une date de sortie du charbon avant que des emplois alternatifs pour les mineurs de lignite aient été déterminés.