alt=Kit Bokashi du commerce - Seau hermétique, presse et poudre pour Bokashi appelé aussi composteur de cuisine|vignette|Kit Bokashi comprenant un seau hermétique, une presse et de la poudre Bokashi.

Le compostage urbain Bokashi est un procédé de compostage lié au sol en deux étapes pour conserver puis valoriser les biodéchets de cuisine. À ne pas confondre avec le Bokashi, procédé de l'agricole biologique.

La première phase de pré-compostage à l'abri de l'air, similaire au procédé d'ensilage agricole des végétaux, permet un stockage hygiénique par acidification naturelle sans perte de qualité des nutriments.

Ensuite, lors de la seconde phase de compostage à l'air, le procédé permet un surcyclage de proximité des biodéchets, en un temps réduit, en permettant d'améliorer la qualité du sol, tout en nourrissant directement la vie du sol et les cultures à long terme.

Le temps nécessaire à la fabrication puis à l'utilisation du compost Bokashi est réduit à environ un mois et ne nécessite pas d'équilibrage de matière carbonée/azotée (rapport C/N)..

Procédé en deux étapes Première étape La première étape consiste à un pré-compostage par fermentation sans air et permet de conserver les biodéchets dans un seau étanche dans un espace réduit à l'intérieur de l'habitation. Elle s'effectue par un dépôt des biodéchets suivi d'un tassement puis d'un saupoudrage de poudre Bokashi sur chaque couche déposée.. Les biodéchets de cuisine sont alors stabilisés par fermentation lactique sans air (anaérobie) grâce à la poudre Bokashi composée de micro-organismes efficaces inoculés dans du son de céréales.

Ces saupoudrages de micro-organismes spécifiques dans un seau étanche améliorent et garantissent un meilleur fonctionnement. Ils ont pour effet de bloquer la méthanisation., la décomposition. et la nitrification ainsi que d'hygiéniser l'ensemble, solide et liquide. Cette fermentation lactique est comparable à la fermentation du yaourt, du saucisson, de la choucroute., de l'ensilage, des olives et pickles..

Ce procédé, lors de la première phase de fermentation, permet d'élargir le tri des biodéchets aux déchets alimentaires de la cuisine tel que la viande, le poisson ou les produits laitiers, en les détournant de l'enfouissement ou de l'incinération..

Deuxième étape La deuxième étape consiste en un compostage à l'air des matières organiques fermentées pour permettre ensuite une valorisation au sol du compost Bokashi.. Cette deuxième étape s’effectue soit directement au jardin, au potager ou en rempotage par enfouissement sous quelques centimètres de terre, soit plus indirectement dans un composteur domestique ou un lombricomposteur.

Histoire et origine

Depuis le Néolithique, l'homme utilise la fermentation avec des micro-organismes pour la conservation des aliments avec une faible consommation d'énergie.. Différents micro-organismes sont domestiqués par tous les peuples afin d'obtenir des produits stables pour les diverses fermentations (pain, vin, bière, fromage, charcuterie.…) ; domestication qui éloigne les souches sélectionnées au fil du temps des souches naturelles utilisées à l'origine, pour une meilleure efficacité et une maîtrise d'un meilleur mutualisme entre les micro-organismes et l'homme.

Mise en évidence anaérobie Dans les , Teruo Higa, effectue des recherches sur les mandarines pour son doctorat en horticulture au Kyushyu University Graduate School. Durant son étude, travaillant avec des pesticides et engrais chimiques qu'il préconise pour réduire les efforts lors de la production de compost domestique, il constate une dégradation générale de sa santé accompagnée d'éruptions cutanées.

Il s’intéresse et dirige alors ses recherches vers les micro-organismes mais à cette époque, un seul micro-organisme à la fois est étudié. Ses recherches durent cinq années sans résultat. Dans les années 1980, de retour à l'Université des Ryūkyū sur l'île d'Okinawa, Il est alors professeur et effectue des expériences avec les micro-organismes aérobies associées à des bactéries lactiques anaérobies et levures. Ne souhaitant plus mettre à l'égout ses tests avec les micro-organismes, il les jette sur du gazon et découvre par hasard leur efficacité pour favoriser la croissance des plantes..

Mise au point de l'inoculant En 1982, le Higa met alors au point la technologie "EM" (Micro-organismes Efficaces). Pour cette mise au point, il utilise son nez comme outil principal de vérification de l’efficacité des micro-organismes. Si l'odeur ne lui convient pas, le résultat n'est pas concluant. Ensuite, par ensemencement de micro-organismes efficaces dans du son de céréales, il crée la poudre EM Bokashi, support sec concentré en micro-organismes efficaces, de bactéries lactiques entre autres, développée alors pour l'agriculture comme conditionneur de sol.

La poudre Bokashi est constituée d'une association de micro-organismes efficaces de types bactéries lactiques, bactéries photosynthétiques, levures et bactéries actinomycètes qui ensemble effectuent un travail synergique.

Adaptation urbaine Le Higa adapte son compostage agricole au compostage domestique des ménages en milieu urbain dans un sac hermétique par saupoudrage d'EM Bokashi sur des biodéchets de cuisine.

Aujourd’hui au japon, le seau Bokashi, plus pratique et plus adapté aux contraintes d'hygiène des ménages, est adopté largement. ainsi qu'ailleurs dans le monde permettant plus particulièrement une ouverture/fermeture simplifiée, un tassement pour retirer l'air entre les déchets afin d'aussi optimiser l'espace et offrir une évacuation plus facile de l’excès de liquide.. Bien que la pratique courante s'effectue dans des seaux avec robinet, certains optent pour des seaux étanches sans purge et sans robinet..

Le Bokashi urbain du

Contexte urbain des biodéchets des ménages L'urbanisation des villes liée à l'industrialisation et l'exode rural du début du ne facilite ni l'élimination des biodéchets urbains ni leur recyclage en circuit court. Pourtant considérés comme le fumier des rues, les biodéchets des villes sont une ressource importante pour l'agriculture de périphérie des villes.

La solution des champs de récupérer et valoriser les biodéchets des villes disparaît à la fin du avec l'arrivée de la poubelle dans une économie circulaire déjà existante.

Au , le sac poubelle en plastique se généralise. Il bloque alors les autres déchets secs majoritairement recyclables, mélangés aux biodéchets, pour une valorisation par un recyclage indépendant, le sec d'un côté (les emballages, les verres et les papiers) et l'humide de l'autre (les biodéchets). Il est alors impossible de dissocier les deux types de ressources qualitativement avec pour conséquence un développement incontrôlé de micro-organismes aérobies et anaérobies, pathogènes compris dans le sac poubelle. Le confinement en sac poubelle est alors largement adopté en milieu urbain pour les biodéchets en mélange.

Le tri mécanique et biologique, l'enfouissement et l'incinération restent les solutions mondialement pratiquées jusqu’à la prise de conscience du des nouvelles contraintes climatiques, sanitaires, écologiques, de l’épuisement des ressources et de l’intérêt économique et agronomique du recyclage des biodéchets urbain avec comme facteur supplémentaire l'augmentation et la concentration de la population et principalement dans les centres urbains avec le vieillissement des populations..

Valorisation des biodéchets alimentaires en circuit court La collecte séparée des biodéchets se met en place par quelques initiatives mondiales inscrites dans une démarche Zéro Déchet.. En France, en 2018, la collecte séparée des biodéchets représente 5 % d'un gisement de 18 millions de tonnes par an.. avec pour défi une obligation de tri à la source des biodéchets pour tous avant 2025., ramenée à par le Conseil de l'Europe en ..

Dans le monde, en milieu urbain, peu de solutions de gestion domestique aussi sont proposées aux ménages hormis le lombricompostage et le compostage de proximité aux règles assouplies en France en 2018.. En milieu périurbain et rural, le compostage domestique et l'acquisition de poules sont les solutions majoritairement proposées pour le recyclage et la valorisation des biodéchets de cuisine en circuit court..

La reconnaissance mondiale des biodéchets des ménages comme une ressource pour l'agriculture urbaine avance selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), avec un axe toutefois de priorité de réduction du gaspillage alimentaire. Mais peu d'expériences, d'initiatives et d'études sont faites pour développer cette activité d'agriculture urbaine depuis les ressources des biodéchets de villes..

L'atout de cette gestion de proximité en économie circulaire est une valorisation au plus proche des biodéchets pour un retour à la terre du reste de nutriments disponibles dans les déchets organiques ; nutriments nécessaires pour les plantes potagères qui en consomment beaucoup pour leur élaboration. Selon la FAO, ce circuit court développe l’attrait de prix compétitifs, d'un moindre transport optimisé et nécessitant moins de stockage et de réfrigération des produits horticoles.

Pour cette agriculture urbaine et périurbaine, les ressources en amendement de fertilité du sol viennent de l’extérieur des centres urbains. Pour la transformation en compost, l'effort nécessite beaucoup de ressources (transport, stockage, mécanisation, matière carbonée d'équilibrage, normalisation, temps de maturation, surveillance de température et hygrométrie).

Ce besoin d'amendement fait aussi appel alternativement aux engrais minéraux fabriquées à partir de ressources fossiles ou d'engrais organiques d'origine industrielle, au parcours long, interdits en agriculture biologique..

La part du Bokashi dans le contexte de circuit court urbain du Le Bokashi apparaît dès la fin du en Amérique Centrale, en Amérique du Sud et en Chine mais principalement en agriculture pour le conditionnement des sols depuis une ressource rurale en petites exploitations (fumier animal en général).

Les biodéchets des milieux urbains et semi-urbains ne permettent pas toujours une valorisation de proximité par compostage traditionnel. Le prix élevé du foncier urbain, l'espace peu disponible, les poussières et la gêne olfactive potentielle occasionnée réduit les possibilités de développement de stations urbaines de compostage traditionnel.

Quelques initiatives mondiales de recyclage des déchets de cuisine en circuit court avec le compostage Bokashi se mettent en place par exemple sur Waiheke Island en Nouvelle-Zélande., aux États-Unis sur les arrondissements de Manhattan et de Brooklyn situés dans la ville de New York ainsi qu'en France sur Bordeaux Métropole..

Contexte d'utilisation Partout, pour tous et pour presque tous les biodéchets de cuisine Le pré-compostage demande une information précise mais ne demande pas de compétences ni de surveillances particulières. La méthode Bokashi est utilisable en tous lieux où le ramassage des biodéchets urbains est très espacé dans le temps ou demande un stockage hygiénique, sans contraintes d'odeurs, de température ou de protection d'accès aux parasites (mouches, moucherons, guêpes, rongeurs...). Cette méthode alternative permet d'étendre la collecte de leurs biodéchets à une plus grande quantité et une plus grande variété de déchets alimentaires et en particulier la viande, le poisson et les produits laitiers..