Anne Ratier (née Gallego) est une mère filicide et une militante pro-euthanasie, auteure de l'autobiographie J'ai offert la mort à mon fils qui raconte pourquoi et comment elle a tué son fils polyhandicapé Frédéric en 1987, alors âgé de . Fortement médiatisée en France à partir de , elle défend un qualificatif d'euthanasie pour ce meurtre, décidé avec l'accord de son mari, lors de ses interventions médiatiques, relançant le débat sur l'euthanasie en France.
Biographie Née Gallego, elle est la fille d'Emmanuel, immigré politique espagnol, et de Colette, française. Anne Ratier suit une formation d’égyptologue à l'école du Louvre. Elle vit dans l'Aveyron au moment de la publication de J'ai offert la mort à mon fils. mais a vécu à Toulouse. entre 1989 et 2017 .. Elle est la mère de trois enfants, dont Frédéric, son premier-né. Elle accouche de ce dernier en 1984, le décrivant en interview et dans son livre comme mort-né, puis réanimé par une équipe médicale, et demeurant dans un état , avec un cerveau . et de l'épilepsie.. Refusant qu'il soit envoyé dans un centre spécialisé, elle le tue avec préméditation par administration d'une surdose de neuroleptiques, ce qui provoque un coma de trois jours, puis la mort de Frédéric le ..
Rédaction et publication de J'ai offert la mort à mon fils En 1991, elle entame la rédaction d'un ouvrage. Elle explique avoir trouvé un éditeur intéressé en 1994, mais que ce dernier a finalement renoncé à la publication pour la protéger elle et son entourage. Son livre J'ai offert la mort à mon fils sort après la fin du délai de prescription pour meurtre, le .. Elle témoigne en ces termes : .. Elle explique concevoir le fait d'offrir la mort comme « un cadeau, le dernier cadeau », dans ce qu'elle décrit comme un ., estimant qu'elle n'avait « pas d'autre solution », et a fait le bon choix.
Médiatisation Elle se fait connaître le en participant à une interview avec Marc-Olivier Fogiel sur RTL. et avec la mise en ligne d'une vidéo le sur Konbini par le journaliste Hugo Clément.. Cette vidéo est vue de fois en ..
Anne Ratier participe aussi, le , à l'émission Les Grandes Gueules sur RMC., puis le à une interview sur Europe 1 avec Christophe Hondelatte. (rediffusée le .) ; et le à une autre interview sur la Radio télévision suisse.
En , elle adresse une lettre de soutien à l'épouse de Vincent Lambert..
Réactions La vidéo d'interview d'Anne Ratier sur Konbini suscite des réactions contrastées de la part d'internautes et de personnalités politiques françaises, relançant le débat sur l'euthanasie en France après l'affaire Vincent Humbert. Sont en particulier débattues la légitimité et la prescription de l'acte..
Réactions de politiques Le , Adrien Taquet, chargé de la protection de l'enfance, décrit l'interview sur Konbini comme un acte .. Le même jour, Corinne Husse, vice-présidente de l'Unapei, déclare : .
Le , la secrétaire d'état aux personnes handicapées Sophie Cluzel se déclare choquée par la mise en scène de la vidéo.. La ministre de la santé Agnès Buzyn déclare le lendemain que ..
Autres réactions Les propos d'Anne Ratier ont suscité de vives condamnations par des militants des droits des personnes handicapées, notamment de la part de l'avocate et militante Elisa Rojas. Ils dénoncent un acte médiatique, dans un but commercial de promotion de son ouvrage, et une apologie du meurtre ; texte également disponible sur le site militant CLE-autistes ..
Des internautes, majoritairement concernés par le handicap, ont lancé le hashtag #BoycottAnneRatier pour défendre la qualification de meurtre, et rappeler que le handicap de la victime ne modifie pas cette qualification des faits.. Ils rédigent aussi une tribune, intitulée « Nous, handi(e)s, nous voulons vivre ».
La démarche d'Anne Ratier a aussi suscité des réprobations dans les milieux chrétiens.... Le philosophe et éthicien chrétien Damien Le Guay dénonce sa promotion militante de l'euthanasie, une manipulation d'éléments de langage., et la complaisance médiatique envers des cas particuliers., visant selon lui à influencer médiatiquement le débat politique sur l'euthanasie. Sans juger la démarche d'Anne Ratier, deux experts judiciaires s'interrogent sur . Le journaliste Paul Sugy souligne qu'Anne Ratier demande l'ouverture de l'euthanasie pour les mineurs, et d'un droit pour des parents d'enfants handicapés à mettre un terme à la vie de leur progéniture ; il remarque que ni le député Jean-Louis Touraine, ni le président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité Jean-Luc Roméro, n'ont condamné cette demande.
Réponses d'Anne Ratier Anne Ratier a répondu à la ministre Sophie Cluzel qu'elle , ajoutant : .
Elle réagit à la polémique soulevée par les personnes handicapées sur RMC et sur la RTS, en déclarant qu'elle , mais transmet son expérience.
Qualification et procédure judiciaire Comme le précise Sophie Cluzel dans sa réponse, le témoignage d'Anne Ratier ne permet pas d'invoquer l'euthanasie, car Frédéric n'était pas agonisant lorsqu'il a été tué par sa mère. Agnès Buzyn a déclaré que ..
Dans la vidéo de Konbini, il est affirmé que le délai de prescription judiciaire pour ce type de meurtre serait de . En réponse, Libération et France Télévision ont publié des analyses juridiques expliquant que le meurtre d'Anne Ratier serait en réalité prescrit depuis 2012.... Deux experts judiciaires estiment, sur le site du Dalloz, que les faits détaillés par Anne Ratier dans son livre ne peuvent donc plus être poursuivis..
Publications Un Homme simple, Biarritz, Atlantica, 2007, 211 p.. Un aller pour Suriki, , Kindle (nouvelles précolombiennes)
Notes et références
Voir aussi Filicide Euthanasie non volontaire Euthanasie de l'enfant
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