Le , le vol Atlantic Southeast Airlines 2311, un vol régional () régulier, effectué par un Embraer EMB 120 Brasilia entre Atlanta et Brunswick, en Géorgie, aux États-Unis, s'écrase au nord de l'aéroport de Glynco , alors qu'il effectuait son approche finale vers cet aéroport.
Les présentes à bord de l'appareil furent tuées, parmi lesquelles l'astronaute de la NASA Sonny Carter et l'homme politique américain John Tower.
Quatre ans plus tard, un autre Embraer EMB 120 d'Atlantic Southeast Airlines, effectuant le vol 529, s'écrasa dans la campagne géorgienne dans des circonstances similaires, faisant dix morts et vingt blessés.
Contexte Avion L'appareil impliqué dans l'accident était un Embraer Brasilia (immatriculation N270AS.) de fabrication récente, sorti des chaînes de production le . Cet avion de transport régional était équipé de deux turbopropulseurs de type Pratt & Whitney Canada PW118A, recevant chacun une hélice . L'avion reçut son certificat de navigabilité standard lui autorisant le survol du sol américain le . Il avait accumulé environ de vol et avant l'accident ..
Un seul élément de maintenance différé était noté dans les carnets de maintenance, celui-ci concernant une fuite de carburant provenant du carénage de l'unité de puissance auxiliaire (APU). Le souci technique n'étant pas pénalisant dans l'immédiat, le disjoncteur électrique de l'APU avait été désactivé le temps que des pièces détachées soient disponibles pour réparer son carénage.
Comme la réglementation aérienne n'imposait pas encore leur utilisation à cette époque, l'avion ne disposait pas des deux enregistreurs de données habituellement présents dans les avions de ligne de plus grande taille : le (FDR, enregistreur de données de vol) et le (CVR, enregistreur de voix du cockpit), aussi plus communément appelés « boîtes noires » ..
Équipage Le commandant de bord Mark Friedline, âgé de , fut embauché par la compagnie en . Il disposait de toutes les qualifications pour piloter trois modèles d'avions commerciaux, parmi lesquels le Brasilia. À l'heure de l'accident, il était estimé qu'il avait accumulé environ de vol au total, dont sur l'Embraer . Il avait participé au développement de l'avion et à sa mise en service aux États-Unis, tandis qu'il avait été directement formé à son pilotage par le constructeur. Un inspecteur décrivit sa connaissance des systèmes aéronautiques comme étant « étendue » et ses techniques de pilotage comme « excellentes » ..
Le copilote Hank Johnston, âgé de , fut embauché par la compagnie en . Il était un instructeur de vol qualifié. Comme plus de six mois avaient passé depuis qu'il avait entrepris une inspection médicale de la (FAA) et qu'il avait reçu un certificat de première classe, son certificat de première classe fut automatiquement renvoyé vers un certificat de seconde classe. Cette certification de seconde classe était adaptée pour des activités de premier officier. À l'heure de l'accident, il était estimé qu'il avait accumulé environ de vol au total, dont sur l'.
L'hotesse Cindy Crabtree, âgée de , avait été embauchée par Atlantic Southeast Airlines en 1986.
Accident Le matin de l'accident, le commandant de bord et son copilote étaient arrivés en taxi à l' vers EST .. Le chauffeur du taxi rapporta que l'équipage était en forme et avait facilement engagé la conversation. L'équipage effectua un premier vol vers Atlanta, puis effectua une rotation vers Montgomery, en Alabama, avant de revenir sur Atlanta .. Après ce vol, l’équipage avait une période de repos programmée pour environ deux heures et demie, pendant laquelle ils furent décrits comme étant en forme et bavards ..
Le vol 2311 devait initialement être réalisé par un autre Embraer , immatriculé N228AS, mais cet appareil dut faire face à des problèmes mécaniques et le vol fut transféré au N270AS. Le jour du crash, ce dernier avait déjà effectué quatre vols, sans toutefois montrer le moindre signe de défaillance. Le vol 2311, alors effectué par le N270AS, décolla de l'aéroport international Hartsfield-Jackson d'Atlanta à , avec de retard sur l'heure prévue. Le vol dévia légèrement de sa route menant à Brunswick, en raison d'une météo dégradée. Peu après , l'équipage confirma au centre de contrôle du trafic de Jacksonville que l'aéroport était en visuel, et le vol 2311 fut autorisé à effectuer une approche à vue sur l'aéroport de Glynco, ce que l'équipage confirma.
La dernière transmission reçue provenant du vol 2311 fut celle effectuée vers le gestionnaire d, qui rapporta que l'équipage avait effectué une communication « en interne » avec la compagnie aérienne et que le pilote n'avait donné aucun signe que l'avion était sujet à des ennuis mécaniques. Des témoins rapportèrent avoir vu l'avion approcher à vue de l'aéroport à une altitude bien plus faible de la normale. Plusieurs témoins affirmèrent que l'avion les avait survolés à une hauteur comprise entre () au-dessus du sol.
thumb|L'épave de l'appareil, après le crash du vol 2311. D'après la plupart des témoins interrogés, l'avion se mit soudainement à basculer sur la gauche, jusqu'à ce que ses ailes deviennent perpendiculaires au sol. L'avion descendit ensuite, le nez pointé vers le sol, puis disparut de leur vue derrière des arbres situés près de l'aéroport. Un témoin apporta aux enquêteurs qu'il vit une bouffée de fumée émaner de l'avion avant ou juste après sa forte inclinaison en roulis vers la gauche. D'autres rapportèrent avoir entendu de forts bruits au niveau des moteurs, ressemblant à un couinement ou un gémissement, ou un moteur partant subitement en surrégime ou accélérant fortement, pendant les derniers instants du vol, bien que ces sons aient apparemment cessé ou fortement diminué avant l'impact de l'avion avec le sol, à seulement deux miles (environ ) de la piste.
Un des témoins interrogés par le Conseil national de la sécurité des transports américain (NTSB, ), un pilote conduisant sur une route au sud-ouest de l'aéroport, raconta aux enquêteurs qu'il vit l'avion en conditions de vol normales à des altitudes normales, et qu'il pensa que l'approche n'était pas anormale. L'avion effectua un virage à depuis le côté gauche de l'approche puis continua à tourner. Il vit ensuite l'avion tanguer légèrement, avant de s'incliner en roulis sur la gauche jusqu'à ce que les ailes deviennent verticales. L'avion se tourna ensuite nez vers le bas et percuta le sol. Il ne vit aucun feu ou fumée pendant le vol et pensait que les deux hélices étaient en rotation.
Enquête vignette|redresse=1.25|Le logo du constructeur , qui avait fabriqué l'unité de contrôle de l'hélice défaillante. Une enquête effectuée par le NTSB détermina initialement qu'une défaillance des surfaces de contrôle, incluant un blocage des ailerons ou de la gouverne de lacet ou un déploiement asymétrique des volets, ne pouvait pas être la cause de l'accident, après avoir constaté que sur simulateur, de nombreux pilotes avaient réussi à conserver le contrôle de l'avion en étant soumis à ces défaillances .. Une panne d'un ou des deux moteurs fut également écartée des suspects potentiels, après une inspection minutieuse de ceux-ci ne révélant aucun problème les concernant. Les enquêteurs découvrirent que les « circonstances de cet accident indiqu[aient] que des conditions sévères de poussée asymétrique avaient causé une inclinaison sur la gauche qui avait mené à la perte de contrôle de l'avion. L'enquête du Conseil de sécurité avait examiné tous les évènements possibles qui auraient pu causer cette perte de contrôle. Les inspections des moteurs et des hélices indiquaient que les moteurs fonctionnaient normalement mais qu'une défaillance du système de contrôle de l'hélice s'était produite », ce qui amena l'angle d'incidence des pales (le « pas ») de l'hélice gauche presque à la perpendiculaire de la direction du vol, créant alors une poussée insuffisante et une forte traînée du côté gauche de l'appareil.
thumb|Le mécanisme de contrôle de l'hélice gauche du vol 2311, montrant l'usure anormal au fil du temps. Le NTSB effectua un vol d'essai à bord d'un ayant le mécanisme de contrôle du pas d'hélice gauche réglé à des conditions mécaniques similaires, mais avec une bride empêchant tout de même les pales de l'hélice de pivoter en dessous d'un angle de , afin de ne pas mettre inutilement en danger l'équipage de l'appareil. Il fut découvert que l'équipage n'aurait pas pu déceler le moindre problème avec l'avion tant que le pas de l'hélice serait calé entre 24 et . Ils déterminèrent ensuite que l'avion « serait devenu très difficile à contrôler si les pales de l'hélice avaient franchi la bride installée à . Il était alors fort probable que les pilotes du vol 2311 n'aient remarqué aucun problème avec l'avion jusqu'à ce que l'hélice commence à entrer en survitesse et que cela affecte le contrôle en roulis ». Ainsi, l'équipage n'aurait pas pu déclarer une urgence car l'évènement aurait été très soudain. Les pales de l'hélice de l'avion accidenté se calèrent en fait à un angle de seulement , au lieu des normalement ordonnés pour une mise en drapeauLors d'une « mise en drapeau », les pales sont inclinées pour être « dans » le vent relatif, afin de diminuer la traînée produite. Sur de nombreux avions, cette fonction est réalisée de manière automatique, justement pour éviter les accidents., ce qui laisse comprendre que les deux pilotes n'avaient aucune chance de récupérer leur appareil et éviter le crash.
Dans le rapport final d'enquête du NTSB, il fut reconnu que les pratiques de la compagnie en matière de surcharge de travail des pilotes n'étaient pas directement responsables de l'accident. Il fut cependant estimé que les pilotes n'avaient eu droit qu'à cinq ou six heures de sommeil, violant ainsi les réglementations aériennes fédérales. Ces pratiques soulevèrent des inquiétudes au sujet de la compagnie , ainsi que d'autres compagnie aériennes du secteur des vols de banlieue, qui « programmaient des périodes de repos réduites pour environ 60 % des escales lors de leur exploitation quotidienne. Le NTSB pensait que cette pratique était incompatible avec le niveau de sécurité prévu par les réglementations, qui devait permettre des périodes de repos réduites seulement comme une éventualité à une perturbation d'horaire, et avait le potentiel de nuire la santé et les performances des pilotes . ».
Cause probable Le , le NTSB publia son rapport d'accident final, incluant la détermination des causes de l'accident :
Passagers notables Parmi les mortes dans l'accident figuraient l'ancien sénateur du Texas John Tower, sa fille Marian, l'astronaute américain Sonny Carter, le Nicholas Davies de l et le June T. Amlie, agent de liaison de l'OTAN...
Deux enfants, Brian et Laura Birdsong, respectivement âgés de neuf et six ans, trouvèrent également la mort dans l'accident.. Une statue fut érigée en leur mémoire au zoo d'Atlanta..
Documentaire télévisé Cet accident aérien est décrit et analysé dans la série documentaire « Air Crash », saison , épisode : « Impact explosif », paru en 2016 sur la chaîne ..
Notes et références
Notes
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Voir aussi
Articles connexes Hélice (aéronautique) Vol Atlantic Southeast Airlines 529 Embraer EMB 120
Bibliographie
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Atlantic Southeast Airlines 2311 Atlantic Southeast Airlines 2311 Atlantic Southeast Airlines 2311 Catégorie:Accident ou incident aérien d'Atlantic Southeast Airlines Catégorie:1991 aux États-Unis Catégorie:Avril 1991