L'ālayavijñāna (sanskrit), désigne dans l'école Yogācāra du bouddhisme la conscience fondamentale ou conscience réceptaclePaul Masson-Oursel, Esquisse d'une histoire de la philosophie indienne, Paris, Geuthner, 1923., psychisme de fondJean Filliozat, Les philosophies de l’Inde. Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? » n° 932, 2006, p. 47.. Tandis que les autres écoles bouddhistes postulent six consciences (vijnana), celle-ci en admet deux autres, kliṣṭamanas (la conscience mentale souillée) et l'ālayavijñāna.

Vue générale La conscience fondamentale, ou « base de tout », est le réceptacleÉtienne Lamotte: L'Alayavijnana (Le Réceptacle) dans le Mahayanasamgraha (Chapitre II). Asanga et commentateurs. Louvain : Imprimerie Orientaliste (Durbecq) - 1935 des traces karmiques (ālaya signifie « demeure, maison, réceptacle»« ālaya » dans Gérard Huet, Dictionnaire Héritage du sanscrit , comme dans « Himālaya », la « demeure des neiges »« himālaya » dans Gérard Huet, Dictionnaire Héritage du sanscrit ). C'est elle qui suscite l'activité de conscience aveuglée par la croyance en un « soi ». L'existence de cette conscience est enseignée par l'école Cittamātra. L'école Madhyamaka a critiqué ce concept et l'a réinterprété pour désigner la vacuité.

En psychologie occidentale, on pourrait l'assimiler plus ou moins à l'inconscient :

Consciences La conscience, vijñāna, est l'une des quatre composantes psychiques de la personne, ou plutôt de ce qui est pris pour une personne, et que le bouddhisme étudie comme un ensemble de phénomènes éphémères et impersonnels.

Selon la psychologie bouddhique, il existe six consciences sensorielles, qui correspondent aux six sens : les cinq sens que sont la vue, l'ouïe, le goût, l'odorat, le toucher, auquel la doctrine bouddhique ajoute un sixième sens, le « mental » (manas), lié aux cinq premiers. L'école Yogācāra (ou Cittamātra) elle, ajoute deux autres consciences ; une septième, la conscience souillée (kliṣṭamanas) et la huitième, l'ālayavijñāna.

Idéalisme Le Cittamātra ne reconnait que l'existence des consciences : il n'y a « rien que l'esprit ». Son enseignement de l'ālayavijñāna est corollaire de cette pensée ; la dualité sujet-objet est refusée, elle est dite « établie », tandis que la nature conditionnée des phénomènes, leur nature dépendante, seule existe. On aboutit paradoxalement à une conclusion inverse de celle du Madhyamaka pour qui la nature dépendante des phénomènes entraîne leur vacuité et leur absence de nature propre (svabhāva).

Une conscience support L'ālayavijñāna constitue un courant continu. Fondamentalement, elle est aussi bien active que passive. Elle est la base, le réceptacle des semences, qui sont la cause de tout ; plus précisément, l'ālayavijñāna est la cause de la manifestation de la conscience souillée, klistamanas. L'ālayavijñāna est aussi rétribution, résultat (vipaka). Pourtant, elle est caractérisée par toutes les semences, qui n'ont pas d'autre support. Et à l'atteinte de l'éveil, l'ālayavijñāna cesse, ou encore devient amalavijñāna, « conscience pure » (qui est donc une neuvième conscience).

Références

Voir aussi

Bibliographie

Dominique Trotignon, Paul Magnin, Stéphane Arguillère, Françoise Bonardel, « La co-production conditionnée », in Les cahiers bouddhiques [], Université Bouddhique Européenne, n° 2,

Articles connexes Karma, Vijñāna Amalavijñāna Conscience Viññāṇa-kicca Paramārtha (moine) (l'introducteur du neuvième niveau de conscience)

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