Le scandale du Burning Sun est une affaire juridique et médiatique sud-coréenne relative à un nightclub de Séoul abritant des activités illégales telles que la distribution de drogue aux clients privilégiés pour leur permettre de violer des clientes, l'autorisation d'entrer dans l'établissement aux mineurs, ainsi qu'à des allégations de corruption d'agents de police et de mise en place d'un réseau de prostitution. Des personnalités célèbres du monde de la K-pop se sont échangé des photos et vidéos de violences ou d'agressions sexuelles sur des femmes droguées ou en état d’ébriété, sans que celles-ci soient consentantes. Ce scandale, qui a choqué le pays, est le plus important à frapper l'industrie de la K-pop, en raison du rôle central occupé par plusieurs chanteurs. En , le procès de deux d'entre eux se conclut par des peines de prison de 5 et 6 ans, notamment pour viol en réunion et diffusion du matériel vidéo concerné.
Les premières allégations de crimes sexuels ont conduit le pays à s'interroger collectivement sur la nature du « molka », une tendance croissante à filmer à leur insu les femmes dans des situations intimes. L'affaire a alimenté les partis politiques, qui se sont disputés pour savoir comment le gérer. Un deuxième night club, le Monkey Museum, est accusé d’avoir corrompu un officier de police pour qu'il ferme les yeux sur les installations illégales à l’intérieur.
Le , à l'occasion de la Journée internationale des femmes, une manifestation a eu lieu dans la rue de Gangnam, contre le Burning Sun et d'autres boîtes de nuit, appelant à la fin de la culture qui traite les femmes comme des objets sexuels.
La nature sérieuse de ce scandale a suscité une vive réaction du président du pays. Le , le président Moon Jae-in a ordonné l'ouverture d'une enquête approfondie sur deux affaires similaires, l'une impliquant l'ancien vice-ministre de la justice, Kim Hak-eui, qui avait connu un scandale en 2013. Le deuxième cas est le suicide de l'actrice débutante Jang Ja-yeon en 2009, dont la lettre d'adieu indiquait qu'elle avait été forcée par son agence de divertissement à avoir des relations sexuelles avec une trentaine d'hommes. Le traitement de ces affaires avait été critiqué pour son manque d'impartialité en raison de la participation de personnalités bien connues.
Contexte thumb|290px|Rue menant au Burning Sun.|droite Le , l'émission MBC Newsdesk a diffusé une séquence vidéo d'une agression ayant eu lieu au Burning Sun, une boîte de nuit dont Seungri, un chanteur populaire faisant partie du groupe BIGBANG, était DJ.
Kim Sang-kyo, qui affirme être la victime, aurait été attaqué par les agents de sécurité du club mais aurait aussi été arrêté en tant qu'agresseur. Auparavant, ce dernier s'est exprimé sur le réseau social Bobaedream au sujet de l'incident. Il a écrit : « Le , au Burning Sun, une femme harcelée sexuellement m'a pris par l'épaule et s'est cachée derrière moi. J'ai demandé de l'aide à un garde de sécurité, mais j'ai fini par me faire tabasser par les gardes de sécurité et des personnes qui ressemblaient à leurs amis. ». Il a affirmé avoir été menotté et emmené au poste de police, où il a de nouveau été violenté par la police. Pour étayer ses affirmations, il a posté deux photos : une de son visage ensanglanté et une autre de son traitement médical à l'hôpital. Il a déclaré souffrir de douleurs au niveau de son estomac et de sa figure, incluant trois côtes cassées.
Une nouvelle séquence vidéo, cette fois-ci extraite d'une vidéosurveillance, montre plusieurs agents de sécurité traînant Kim Sang-kyo hors du club et le font tomber par terre. Le directeur du club, M. Jang, attrape l’homme par les cheveux, le frappe au visage, le traîne sur la route et continue de le frapper. Les gardes de sécurité agrippent la victime pour que le directeur puisse le rouer de coups.
Lors d'une interview avec MBC Newsdesk, Kim a déclaré : « Une personne a pris ma tête en me frappant et les gardes de sécurité ont apporté leur aide. C'était extrêmement honteux. Je me souviens que tout le monde me surveillait. ». Lorsque le directeur et les agents de sécurité sont retournés au club, il a appelé la police et a signalé l'incident. Lorsque celle-ci est arrivée sur les lieux au bout de 10 minutes, ils se sont entretenus avec un représentant du club et ont ensuite passé les menottes à Kim. Selon lui, la police n'a pas tenté de rechercher le directeur, de regarder à l'intérieur du club ou de vérifier les images de la vidéosurveillance.
Dans un document expliquant les raisons de l’arrestation de Kim Sang-kyo, celui-ci a été pris en tant qu’agresseur et M. Jang, en tant que victime. Lorsque l'émission a contacté la boîte et la police pour écouter leurs versions, une source du nightclub a déclaré que Kim avait été inculpé pour harcèlement sexuel, tandis que la police avait déclaré que celui-ci avait été arrêté pour entrave à leur business. En outre, la police a déclaré qu’elle enquêtait sur l'agression, y compris l'allégation de harcèlement sexuel de Kim Sang-kyo à l’intérieur de l'établissement. Plus tard, ce dernier a déclaré via les réseaux sociaux : « La police m'a convoqué à cause de l'accusation de diffamation portée contre moi par M. Jang. Ne me faites pas aller et venir, venez au tribunal. Je vais vous signaler au parquet alors expliquons clairement ce qui a été diffamé. ».
Déroulement Au lendemain de cette annonce, la Seoul Metropolitan Police Agency a déclaré être en train d'analyser le rapport, examiner les séquences de vidéosurveillance et ont également appelé le directeur de la discothèque et Kim Sang-kyo pour une enquête. Celui-ci a refusé de participer à l'enquête. Ils ont conclu en déclarant : « Nous allons procéder à l'enquête avec soin et méticulosité pour veiller à ce que personne ne soit faussement accusé. ».
Parallèlement, Kim Sang-kyo a lancé une pétition sur le site du palais présidentiel de la Maison Bleue pour l'inviter à enquêter de manière approfondie sur l'affaire et à révéler la vérité. Plus de ont signé la pétition au à 15h00 (heure coréenne). Au même moment, les PDG Lee Sung-hyun et Lee Moon-ho du Burning Sun ont publié une déclaration concernant l'incident d’agression commis au club. Ils se sont excusés et ont déclaré qu'un membre du personnel avait été licencié pour les événements.
En outre, une vidéo de vidéosurveillance du lieu partagée par la principale victime est devenue un sujet de préoccupation sur les réseaux. Cela inclut une femme qui trébuche alors qu'elle est traînée dans un couloir de la boîte de nuit, il y eut beaucoup de spéculations sur les événements qui se sont déroulés dans la vidéo. Il a été mise en ligne sur YouTube le de l'année dernière. L'auteur de cette vidéo a déclaré : « Moins de 10 jours après l'incident survenu le , une femme en état d'ébriété, avait été traînée par les cheveux par un garde du club vers une salle VIP. La femme s'accrocha à l'ordinateur et au bureau et sembla avoir besoin d'aide, mais le personnel l'ignora. J'ai reçu des informations selon lesquelles la femme aurait signalé cela à la police, mais celle-ci a laissé couler et le Burning Sun a supprimé la vidéo de surveillance. ». Il a ensuite déclaré qu'il avait entendu dire que des incidents similaires se produisaient deux fois par jour et que la police recevait une grosse somme d'argent de la part du club, la police et le Burning Sun étant convenues de ne pas entrer dans le nightclub sous prétexte que ce soit une perturbation des affaires. Le club a ensuite rapporté à E-Daily qu'il avait renvoyé M. Jang à la suite de son comportement violent envers M. Kim.
Le , la police a fait une descente au nightclub et au commissariat de Yeoksam, le district dans lequel se trouve l'établissement, et c’est cette unité de police qui était appelée à chaque fois lorsqu'un incident s'y produisait. L'équipe spéciale a ainsi pu mettre la main sur les disques durs originaux ayant enregistré les vidéos de surveillance du district, ainsi que sur toutes les caméras portables que les officiers sont obligés de transporter sur eux. D'autres documents ont également été saisis. Du côté du Burning Sun, de nombreuses données ont également été récupérées afin de mener efficacement l’enquête pour les suspicions de distribution de drogue, d'agressions sexuelles et de corruption à l'intérieur du club.
Un représentant de l’équipe spéciale a déclaré : « Nous avons pu confirmer les caméras qui fonctionnaient et celles qui ne fonctionnaient pas. Nous avons récupéré toutes les données et nous les analysons. Nous mènerons de plus profondes analyses sur le matériel récupéré. Après cela, nous interrogerons tous ceux impliqués dans cette affaire. Une unité spéciale a été créée pour cela, et une enquête interne sera menée pour découvrir les liens de la police de Yeoksam avec le club. Les cas d’agression sexuelle et de circulation de drogue seront aussi étudiés. ». Il a ensuite repris : « Nous prêtons une attention toute particulière aux relations entre la police de Yeoksam et le club. Nous avons également mis la main sur les 112 rapports de crimes liés au Burning Sun que la police a reçu depuis le , et nous allons inspecter les enregistrements téléphoniques et les transactions financières des officiers de police et des personnes travaillant ou ayant travaillé dans l’exécutif au Burning Sun depuis son ouverture. ».
Le lendemain de cette perquisition, il a été révélé que le bâtiment allait fermer ses portes à compter du . Le , la police a eu la surprise de découvrir que celui-ci était en pleine démolition depuis le , elle a donc dû stopper sa destruction.
Par le biais de la chaîne JTBC, une vidéo de surveillance a révélé que Kim Sang-kyo disait la vérité et qu'il avait été passé à tabac par les policiers et les employés du Burning Sun tandis que la personne suspectée d'attouchements sexuels sur une cliente quittait les lieux sans être interrogée par la police, cet individu serait un ami de Seungri et du PDG du Burning Sun, il n'hésitait pas à dépenser des milliers d’euros à chaque fois qu’il venait au club. Plusieurs femmes avaient pris la défense du club au début de l’affaire, ces supposées clientes accusant Kim Sang-kyo d'attouchements sexuels à leur encontre. Selon elles, leur soi-disant « agresseur » aurait été jeté dehors par la sécurité uniquement parce qu'il n'arrêtait pas de les toucher au cours de la soirée. Les médias ont alors révélé que ces trois femmes, qui prétendaient être de simples clientes sans aucun lien avec le club, sont en réalité toutes connectées au club. En effet, la première est une amie de l'un des employés du club, tandis que la seconde est une femme proche du PDG du Burning Sun. Quant à la troisième, il s'agit d'Anna, la jeune femme que la police suspecte toujours de distribuer de la drogue aux clients privilégiés au sein du club (de la drogue a d'ailleurs été retrouvée à son domicile).Elle s'est avéré être la promotrice du Burning Sun, et il a également été révélé qu’il lui arrivait parfois de gagner plus de euros par jour en travaillant pour le club. La victime de cette diffamation a quant à lui déclaré que les employés et les policiers l'avaient battu pour permettre au client en question de s'enfuir librement.
Le , une source au sein de la police a annoncé avoir interpellé 40 individus liés aux suspicions de distribution de drogue, comprenant 14 employés du Burning Sun placé en détention, trois promoteurs du club chargés de la distribution et 17 suspects impliqués dans d'autres clubs. La source au sein de la police a également confirmé que neuf de ces individus étaient impliqués dans la distribution du GHB. Lee Moon-ho, l'un des PDG du club, a aussi quant à lui été interpellé.