Le débarquement de Normandie, également appelé débarquement en Normandie, ou encore débarquement allié en Normandie, nom de code opération NeptuneBien qu'il soit quelquefois affirmé que l'opération Neptune n'est que la partie navale de l'opération Overlord, elle-même souvent limitée au seul débarquement allié et à l'établissement des têtes de pont sur la côte normande, les sources historiques établissent clairement que l'opération Neptune est la partie débarquement et l'établissement d'une tête de pont côtière au sein de la plus vaste opération Overlord, qui vise quant à elle à l'établissement d'une tête de pont de plus grande échelle dans le nord-ouest de l'Europe., est une opération militaire amphibie et aéroportée alliée de la Seconde Guerre mondiale lancée dans la nuit du .

Il s'agit de la phase d'assaut d'une plus vaste opération qui vise à créer une tête de pont alliée de grande échelle dans le nord-ouest de l'Europe, et à ouvrir un nouveau front à l'ouest. Ce débarquement marque le début de l'opération Overlord, nom de code de la bataille de Normandie.

Cette opération Neptune inclut les opérations aéroportées américaine et britannique pendant la nuit du ainsi que les bombardements préparatoires aériens et navals des défenses côtières allemandes, la traversée de la Manche par plusieurs milliers de navires, et enfin le débarquement des troupes dès le au matin (« Jour J ») sur les plages du nord-est du Cotentin et de l'ouest du Calvados dans les secteurs, d'ouest en est, d'Utah Beach, Omaha Beach et de la pointe du Hoc pour les Américains, de Gold Beach pour les Britanniques, de Juno Beach pour les Canadiens, et de Sword Beach pour les Britanniques parmi lesquels les Français libres des commandos Kieffer.

Une fois les plages prises, l'opération se poursuit par la jonction des forces de débarquement et l'établissement d'une tête de pont sur la côte normande puis par l'acheminement d'hommes et de matériels supplémentaires. Durant les jours suivants des structures logistiques sont mises en place (ports artificiels Mulberry, oléoduc sous-marin PLUTO, terrains d'aviationABANDONED FORGOTTEN & LITTLE KNOWN AIRFIELDS IN Lower Normandy) pour le ravitaillement du front et le débarquement de troupes supplémentaires. L'opération cesse officiellement le .

Contexte Entre le et le , plus de du corps expéditionnaire britannique et de l'armée française, encerclés sur les côtes du nord de la France, regagnent le Royaume-Uni grâce à l'évacuation de Dunkerque. La signature de l'armistice puis l'occupation allemande en France privent les Alliés de l'Europe de l'Ouest continentale. Après l'invasion de l'Union soviétique par l'armée allemande en , Joseph Staline commence à demander aux Alliés l'ouverture d'un second front en Europe de l'Ouest. Fin , les États-Unis et l'Union soviétique font une déclaration commune sur l'urgence de créer un second front à l'Ouest. Mais le Premier ministre britannique Winston Churchill persuade le président des États-Unis Franklin Delano Roosevelt de retarder le débarquement promis, les Alliés n'ayant pas encore les forces adéquates pour une opération de cette ampleur.

Profitant de la présence des troupes anglo-américaines en Afrique du Nord après leurs victoires sur les armées allemandes et italiennes, les Alliés passent à l'offensive en Méditerranée en lançant l'invasion de la Sicile en , puis l'invasion de la péninsule italienne en septembre de la même année. Au même moment, les armées soviétiques passaient à l'offensive après avoir gagné la bataille de Koursk. La décision de monter un débarquement amphibie à travers la Manche est prise lors de la Conférence Trident à Washington en . La préparation de l'opération se heurte cependant au problème du nombre de barges et navires de débarquement disponibles, la plupart étant déjà requises en Méditerranée ou dans le Pacifique. À la conférence de Téhéran en , Roosevelt et Churchill promettent à Staline l'ouverture d'un second front pour .

vignette|upright=1.35|Réunion du corps expéditionnaire allié du quartier général suprême (SHAEF), . Au premier rang : le maréchal en chef de l'Air Arthur Tedder ; le général Dwight D. Eisenhower ; le général Bernard Montgomery. Rangée arrière : le lieutenant-général Omar Bradley ; l'amiral Bertram Ramsay ; le maréchal en chef de l'Air Trafford Leigh-Mallory ; le lieutenant-général Walter Bedell Smith.

Les Alliés ont retenu quatre potentiels lieux de débarquement à l'ouest de la France : la Bretagne, la péninsule du Cotentin, la Normandie et le Pas-de-Calais. Parce qu'il aurait été facile pour les Allemands de contenir l'avance alliée dans une péninsule, la Bretagne et le Cotentin furent abandonnés. Le Pas-de-Calais étant la plus proche côte d'Europe continentale depuis la Grande-Bretagne, les Allemands le considéraient comme le lieu de débarquement le plus probable et avaient concentré un grand nombre de troupes et de fortifications. De plus, l'avance dans les terres aurait souffert du grand nombre de canaux et de rivières. Un débarquement en Normandie en revanche permettrait de capturer le port de Cherbourg, d'avancer vers les ports bretons tout en menaçant d'une avance vers Paris puis l'Allemagne.

Les Alliés planifient le débarquement pour le . Un plan initial est accepté à la conférence de Québec en . Le général américain Dwight D. Eisenhower est promu commandant du Supreme Headquarters Allied Expeditionary Force (SHAEF). Le général britannique Bernard Montgomery est nommé commandant du groupe d'armées, qui se compose de toutes les troupes terrestres de l'invasion. En , Eisenhower et Montgomery découvrent le projet de débarquement, qui consiste en un débarquement amphibie de trois divisions. Les deux généraux insistent immédiatement pour étendre le projet à cinq divisions plus trois aéroportées, pour créer un front plus étendu et hâter la capture du port de Cherbourg. Le besoin en matériel et en barges et navires de débarquement devient dès lors tel que l'opération est repoussée à . Au total, trente-neuf divisions alliées seront envoyées en Normandie : vingt-deux américaines, douze britanniques, trois canadiennes, une polonaise et une française, pour un total de plus d'un million d'hommes.

Préparation Opération Tigre Un exercice de répétition du débarquement appelé Opération Tigre a eu lieu fin à Slapton Sands dans le sud-ouest de l'Angleterre, et s'est soldé par un désastre, à cause de l'intervention surprise de vedettes lance-torpilles allemandes, qui coûtèrent la vie à alliés1944 The Second World War at Sea in Photographs, Phil Carradice, 2016.

Objectifs de l'opération Neptune L'opération Neptune doit répondre à deux objectifs successifs : établir une tête de pont sur la côte normande puis y acheminer renforts et ravitaillement. Pour cela, Neptune va s'articuler en plusieurs opérations :

Dans la nuit du 5 au , les opérations aéroportées ont pour objectif de sécuriser le flanc est sur l'Orne et le flanc ouest ainsi que la sortie de plage à l'ouest dans le Cotentin. L'opération Tonga est le parachutage et l'arrivée par planeurs de la aéroportée britannique sur le flanc est du canal de Caen à la mer et à Ranville, près du fleuve Orne. Le but est de tenir le flanc gauche du secteur de débarquement, particulièrement les ponts, pour empêcher les blindés allemands de rejoindre les plages et permettre par la suite aux blindés britanniques de les utiliser. En effet, la zone du débarquement est bordée à l’est par le canal de Caen à la mer et par l’Orne. Le contrôle des deux ponts les plus proches de la zone de débarquement, le Pegasus Bridge et le pont de Ranville, s’avère un objectif stratégique. Les opérations Albany et Boston sont le parachutage de régiments des et divisions aéroportées américaines dans le nord-est du Cotentin. Elles sont précédées par la mise en place des et suivies par l'atterrissage de planeurs de ces mêmes divisions (opération Chicago, Keokuk, Detroit et Elmira). Elles sont suivies par d'autres opérations parachutées le . Leur but est de protéger le flanc ouest de la zone de débarquement et surtout de contrôler les sorties de plage d'Utah Beach. En effet, celle-ci, contrairement aux autres plages, se trouve sur un cordon littoral isolé par des marais et n'est reliée que par quelques routes à la péninsule du Cotentin. En soutien, l'opération Dingson et l'opération Samwest sont le parachutage en Bretagne de français en quatre groupes. Traversée de la Manche de la flotte de débarquement et des bâtiments d'appui naval, avec, préalablement, les : Opération Gambit : positionnement de deux sous-marins de poche pour baliser les plages est. Opération Maple : opération de minage naval pour protéger les flancs de la force d'invasion ( furent mouillées durant cette opération). Jour J : Assaut et débarquement Bombardement aérien puis naval des défenses allemandes sur la côte devant les plages de débarquement et des batteries de canons plus à l'intérieur des terres. Assaut sur les cinq plages de la côte normande : Utah Beach, Omaha Beach pour les Américains et Sword Beach, Juno Beach et Gold Beach pour les Britanniques, les Canadiens et les Français du BFMC. S'y ajoutent l'escalade et la prise de la pointe du Hoc par les rangers américains. Une fois les plages et leurs abords pris, elles doivent être nettoyées et des chenaux dégagés afin de permettre un débarquement de plus grande ampleur de troupes et de matériels. Jours suivants : Mise en place des structures de ravitaillement Deux ports artificiels, dont le port Mulberry : les Alliés ont renoncé à prendre directement un port en eaux profondes. Pour pouvoir acheminer le ravitaillement, l'armement et les troupes, ils vont mettre en place un port artificiel (l'autre port est détruit par une tempête peu après sa mise en place) devant une des plages prises. Un oléoduc à travers la Manche, l'opération Pluto.

Espionnage et renseignement Les nombreuses cartes postales des plages normandes éditées avant-guerre permirent aux services de renseignements britanniques de se familiariser avec l'aspect des côtes normandes. Ils s'aidèrent aussi de cartes topographiques, de photos aériennes prises par des avions de reconnaissance et des renseignements des espions. Des missions de prélèvement du sable pour analyser la nature des fonds marins sont organisées de nuit grâce aux sous marins britanniques.

En 1944, l’état-major allié craint que la progression des troupes après le débarquement de Normandie ne soit ralentie sur les routes et surtout dans les villes françaises, car toute signalisation y a été détruite ou démontée par l’occupant allemand. Avec l’accord secret de la direction de Michelin à Paris, il choisit de faire imprimer à Washington, D.C. et de distribuer à chaque officier une reproduction de la dernière édition du Guide, celle de 1939, car elle comporte des centaines de plans de villes, détaillés et actualisés, ..

Opérations de diversion Avant et durant l'opération Neptune eut lieu l'opération Fortitude, nom de code collectif des opérations de désinformation et de diversion des Alliés dont le but était double : d'abord dissimuler à l'état-major allemand le lieu réel du débarquement en Europe du Nord-Ouest, par le biais de la résistance française et d'agents doubles comme Dušan Popov qui devaient faire croire à l'état-major allemand que le débarquement se déroulerait sur une autre côte, le Pas-de-Calais, qui était la cible la plus évidente selon l'état-major allemand.