Vivement dimanche ! est un film français réalisé par François Truffaut, sorti en 1983.

Synopsis Julien Vercel (joué par Jean-Louis Trintignant), est agent immobilier. Il habite avec sa femme Marie-Christine (Caroline Silhol) à Hyères, où il exerce.

Alors qu'il chasse le canard près d'un lac, Julien Vercel entend un coup de fusil qui tue un autre chasseur. Au moment de quitter le lac, il note qu'une voiture garée à côté a ses phares allumés et une portière ouverte. Il y met bon ordre. De retour à son bureau, il y est interrogé par la police et comprend ainsi que le chasseur s'appelait Massoulier, que la voiture garée en hâte était celle de Massoulier, dont la mort paraît bien être un meurtre, et que lui, Julien, en est le principal suspect, puisque la voiture du mort porte ses empreinte. Il apprend incidemment que ce Massoulier entrenait avec Marie-Christine, sa femme, une liaison adultère — ce qu'elle nie pas quand, le soir venu, il l'interroge. Le lendemain, la police emmène de nouveau Julien au commissariat, mais son avocat Clément (Philippe Laudenbach), le fait vite relâcher et le reconduit chez lui.

Il y trouve Marie-Christine assassinée. Pour prouver son innocence dans cette deuxième mort, Julien vient enquêter à Nice, où sa femme travaillait. Il y croise la secrétaire, Barbara Becker (Fanny Ardant). Celle-ci, rapidement amoureuse de lui en secret, lui propose de mener pour lui les recherches qui visent à l'innocenter. Julien, qui se sait recherché par la police, accepte. Dès que le patron de Barbara s'endort au bureau, elle fait discrètement entrer Julien dans son bureau et sort commencer son enquête. Elle apprend ainsi que Marie-Christine s'appelait en réalité Josiane Kerbel et était l'épouse d'un jockey et son complice dans des paris hippiques truqués, qui avait suscité de grosses dettes des époux. C'est pour y échapper qu'elle avait épousé Julien.

Les pistes mènent Barbara et Julien à un cinéma, une boîte de nuit et dans les allées sombres où règne la prostitution. Le patron de la boîte de nuit et la caissière du cinéma sont assassinés. Un passant qu'ils trouvent suspect s'avèrera être l'innocent abbé Massoulier (Jean-Pierre Kalfon), frère de la victime du lac aux canards.

Barbara va voir Me Clément et découvre qu'il était l'amant de Marie-Christine. Elle comprend qu'il a tué Massoulier pour le remplacer aux yeux de Marie-Jeanne, qu'il a tuée ensuite parce qu'elle ne voulait pas divorcer de Julien. Barbara en parle à la police, qui tente d'arrêter l'avocat, mais celui-ci, l'ayant compris au dernier moment, se tue dans une cabine téléphonique après avoir tout avoué.

Julien et Barbara sont mariés par l'abbé Massoulier.

Fiche technique Titre : Vivement dimanche ! Réalisation : François Truffaut, assisté de Pascal Deux et Suzanne Schiffman Scénario : Jean Aurel, Suzanne Schiffman et François Truffaut, d'après le roman The Long Saturday Night de Charles Williams Production : Armand Barbault, François Truffaut Musique : Georges Delerue Photographie : Néstor Almendros Montage : Martine Barraqué Décors : Hilton McConnico Pays de production : Sociétés de production : Les Films du Carrosse, Films A2, Soprofilms Sociétés de distribution : Acteurs auteurs associés (), MK2 Diffusion ( - DVD), Toho-Towa (), Artificial Eye (), Rai Movie ( - TV), BIM Distribuzione ( - DVD), International Spectrafilm (), Umbrella Entertainment () Format : Noir et blanc - 1,66:1 - 35 mm - son Mono Genre : policier, comédie Durée : 110 minutes Dates de sortie : Suisse : (Festival du film de Locarno) France : Royaume-Uni : (Festival du film de Londres) Belgique :

Distribution Jean-Louis Trintignant : Julien Vercel, l'agent immobilier soupçonné de meurtre Fanny Ardant : Barbara Becker, la secrétaire de Julien Vercel Jean-Pierre Kalfon : l'abbé Massoulier, le frère de la première victime Caroline Silhol : Marie-Christine Vercel, épouse de Julien, la seconde victime Anik Belaubre : Paula Delbecq, caissière du cinéma l'Eden, la troisième victime Jean-Louis Richard : Louison, patron du cabaret l'Ange Rouge, la quatrième victime Philippe Laudenbach : maître Clément, l'avocat de Julien Vercel Philippe Morier-Genoud : Santelli, le commissaire de police chargé de l'enquête Georges Koulouris : le détective Lablache Xavier Saint-Macary : Bertrand Fabre Yann Dedet : Visage d'ange Nicole Félix : la prostituée défigurée Pascale Pellegrin : la candidate au secrétariat Roland Thénot : Jambreau Pierre Gare : l'inspecteur Poivert

Production Genèse François Truffaut commence à s'intéresser à ce roman de Charles Williams dans les années 60. Il ne parvient pas à acquérir les droits. A l'époque, il songe à Jeanne Moreau pour le rôle de Barbara Becker.

Attribution des rôles Lors d'une séance de rush de La femme d'à côté, Fanny Ardant fait le tour de la maison en imperméable de nuit. .

Jean-Louis Trintignant qui a envie de participer au projet écrit une lettre à Truffaut. Le réalisateur dira qu'il aurait été l'acteur parfait pour nombre de ses films, comme L'Enfant sauvage, La Chambre verte ou La Nuit américaine.

Tournage Le tournage se déroule du au .

Le film est tourné dans la ville d’Hyères juste avant la modernisation du centre urbain et la disparition du vieux cinéma. Ce film constitue un témoignage unique sur la ville à cette époque. Dans le film, Hyères n'est jamais citée, il est juste dit « La ville » par les personnages. Cependant, lorsque Fanny Ardant apparaît à l'écran marchant dans la rue, deux affiches indiquent, l'une, un spectacle le lundi à 21 h sous chapiteau chauffé au Luna Park de Hyères, l'autre concerne un évènement à l'église anglicane de Hyères pour le jeudi .

Autour du film Vivement dimanche ! est le dernier film réalisé par François Truffaut, décédé le d'une tumeur cérébrale. Le film est réalisé en noir et blanc, et en reprenant d'une manière volontairement caricaturale les codes du film noir des années 1950, dans les dialogues, le scénario ou le traitement de la lumière. Truffaut n'avait pas tourné en noir et blanc depuis L'Enfant sauvage en 1969. La chambre d’hôtel occupée à Nice par la femme de Julien Vercel est la 813, probable référence au roman du même nom de Maurice Leblanc, et à l'association « 813, les amis des littératures policières ». De même Julien Vercel regarde les jambes des passantes par le soupirail, probable référence aussi à L'Homme qui aimait les femmes, autre film de Truffaut, coutumier de ces clins d’œil. Le personnage de Barbara tel qu'il apparaît à l'écran pourrait avoir été inspiré par Ava Gardner, que Truffaut considérait comme "la plus belle actrice d'Hollywood", et dont la scène d'enterrement de La Comtesse aux pieds nus l'avait déjà inspiré pour L'Homme qui aimait les femmes. Son aspect visuel de brune sexy sanglée dans un imperméable jouant les prostitués d'un cabaret appelé L'Ange rouge, n'est en effet pas sans rappeler Ava Gardner, figure emblématique des femmes fatales du film noir hollywoodien pareillement habillée, dans un rôle de prostituée, dans L'Ange pourpre.

Diffusion et réception critique Avec un total de 1 176 425 spectateurs, le film fut le le plus vu cette année-là au box-office.

Distinctions Nominations BAFTA Awards 1984 : Meilleur film en langue étrangère César 1984 : meilleur réalisateur meilleure actrice pour Fanny Ardant

Références

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