Les élections générales uruguayennes de 2019 ont lieu les et afin d'élire simultanément le président et le vice-président ainsi que les de la chambre des représentants et les du Sénat de l'Uruguay. Un référendum constitutionnel sur un ensemble de mesures sécuritaires est organisé simultanément.

Le président sortant Tabaré Vázquez n'est pas candidat à sa réélection, en accord avec la constitution qui ne permet pas les mandats présidentiels consécutifs.

Le candidat du gouvernement sortant Daniel Martínez arrive en tête du premier tour, mais ne parvient pas à réunir la majorité absolue dès celui ci. Un ballotage organisé un mois plus tard l'oppose par conséquent au candidat du Parti national Luis Alberto Lacalle Pou, jugé favori du scrutin du fait des probables reports de voix de l'opposition. Ce dernier l'emporte finalement par une courte majorité de 50,79 % des voix.

L'élection débouche sur la formation du gouvernement Lacalle Pou I.

Contexte Le Front large met en avant son très bon bilan économique : depuis son arrivée au pouvoir en 2004, le taux de pauvreté a chuté de 40 % à 8 %, le salaire moyen a augmenté de 55 %, le PIB a progressé de 4 % par an en moyenne et le nombre de personnes bénéficiant d'une couverture médicale est passé de à . Plusieurs réformes sociétales, telles que la légalisation de l'avortement et du cannabis ainsi que la reconnaissance du mariage entre personnes de même sexe, ont été adoptées. Le candidat de la coalition de gauche pour la présidence, Daniel Martínez, est ainsi crédité de 40 à 44 % d'intentions de vote au premier tour. Le président sortant Tabaré Vázquez n'est quant à lui pas candidat à sa réélection, la constitution ne permettant pas les mandats présidentiels consécutifs.

vignette|gauche|150px|Le président sortant Tabaré Vázquez. Le gouvernement du Front large se met cependant à dos l'institution militaire au cours de l'année 2019. Les forces armées sont en effet mises en cause par un ancien officier pour l’assassinat sordide d’un opposant pendant la dictature. Devant la décision d'un tribunal militaire d’honneur de ne pas donner de suite judiciaire, le président Tabaré Vázquez démet de leurs fonctions le chef d’État major de l’armée de terre et six généraux. L’ex-chef d’État major de l’armée de terre, , prend alors à partie le chef de l’État, le qualifiant , avant d'annoncer sa candidature à l'élection présidentielle. Parfois comparé au président brésilien Jair Bolsonaro, qu'il a rencontré le jour de sa prise de fonction, il revendique une révision de la politique de sécurité publique, affirmant que la société uruguayenne du fait de . Il est ainsi crédité de 8 à 10 % des intentions de vote.

Le thème de la hausse de l'insécurité occupe une place importante dans la vie politique uruguayenne depuis les élections législatives et présidentielle de 2009. Le gouvernement dirigé par le Front large fait l'objet de nombreuses critiques sur ce thème de la part des partis National et Colorado, dans l'opposition depuis 2004CDN advierte perjuicios sobre Uruguay si se baja la edad de imputabilidad. En 2014, un référendum est ainsi organisé sur un amendement constitutionnel abaissant la majorité pénale de dix huit à seize ans. La proposition est cependant rejetée dans les urnes, seuls 46,81 % des électeurs ayant votés en faveurUruguay, 26. Oktober 2014 : Strafmündigkeitsalter 16 Jahre Démocratie Directe.

Le Parti national place également le thème de la sécurité au centre de sa campagne en 2019 Face à la hausse de la criminalité, un projet d'amendement constitutionnel est porté par un groupe de collecte de signatures formé à la suite de l'appel du sénateur Jorge Larrañaga, candidat malheureux du Parti national à la présidentielle de 2004. Sous le slogan « Vivre sans peur », le groupe parvient ainsi à collecter suffisamment de signatures pour soumettre au vote l'inscription dans la constitution d'un ensemble de mesures à visée sécuritaire¿Qué implica la reforma constitucional de Larrañaga?. Les référendums d'initiative populaire sont en effet possibles en Uruguay, dont la constitution organise le cadre légal de cette forme de démocratie directe. La population est de ce fait amenée à se prononcer en même temps que les autres scrutins sur un amendement constitutionnel introduisant plusieurs mesures d'ordre sécuritaire. Sont ainsi prévus la création d'une garde nationale, l'interdiction des libérations anticipées pour certains crimes graves, la légalisation de la prison à vie et celle des raids de police nocturne.

Système électoral

L'ensemble des scrutins se déroule simultanément, le seul vote de l'électeur pour un parti comptant pour ses candidats à la présidence, à la vice présidence, à la Chambre des représentants, et au Sénat, selon un système électoral connu sous le nom de Ley de lemas.

Président Le président uruguayen est élu en même temps que son vice-président au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de cinq ans non renouvelable de manière consécutive. Si aucun candidat ne remporte la majorité absolue des voix dès le premier tour, un second est organisé entre les deux candidats arrivés en tête. Celui recueillant le plus de suffrages est alors déclaré élu.

Parlement vignette|Le Palais législatif à Montevideo. L'Uruguay est dotée d'un parlement bicaméral appelé Assemblée générale. Celle-ci est composée d'une chambre basse, la Chambre des représentants, et d'une chambre haute, le Sénat. Toutes deux sont renouvelées simultanément pour un mandat de cinq ans.

La chambre des représentants est dotée de pourvus au scrutin proportionnel plurinominal dans 19 circonscriptions correspondant aux départements du pays. Le nombre de sièges est attribué en fonction de leur population, avec un minimum de deux sièges par départementURUGUAY Cámara de Representantes (Chambre des Représentants).

Le Sénat est quant à lui doté de pourvus au scrutin proportionnel plurinominal selon la même méthode, mais au sein d'une unique circonscription nationale.

Une fois le décompte des suffrages terminé, la répartition des sièges se fait à la proportionnelle sur la base du quotient simple, et les sièges restants selon la méthode de la plus forte moyenneURUGUAY Cámara de Senadores (Sénat).

Les candidats doivent avoir au moins pour être député, et pour être sénateur. Le vice-président devient également le président du Sénat. Le nombre de sièges composant celui-ci étant pair, la voix du vice-président peut être déterminante pour départager les votes à la majorité absolue.

Forces en présence +Principaux partis en lice Parti Idéologie Candidat Résultats de 2014 Front large Frente Amplio (FA) Gauche à centre gauche Socialisme démocratique, social-démocratie, progressisme Daniel Martínez 49,45 % des voix Parti national Partido Nacional (PN) DroiteNationalisme, national-conservatisme, libéralisme économique Luis Alberto Lacalle Pou 31,94 % des voix Parti Colorado Partido Colorado (PC) Centre droitLibéralisme, social-libéralisme, battlisme Ernesto Talvi 13,33 % des voix Parti indépendant Partido Independiente (PI) Centre à Centre gaucheSocial-démocratie, socialisme démocratique, démocratie chrétienne Pablo Mieres 3,20 % des voix Cabildo ouvertCabildo Abierto (CA)Droite à extrême droiteNational-conservatisme, populisme de droiteGuido Manini Ríos NouveauParti du peuplePartido de la Gente (PG)DroiteNéolibéralisme, populisme de droiteEdgardo Novick Nouveau

Sondages

Résultats +Résultats des élections générales uruguayennes de 2019RésultatsSecond tourFichier:Uruguay Chambre des représentants 2019.svgFichier:Uruguay Sénat 2019.svgPartiCandidats à la présidenceet colistiersPremier tourSecond tourSiègesVotes%Votes%Chambre+/–Sénat+/–Front large (FA)Daniel MartínezGraciela Villar 39,02 49,21 42 813 2Parti national (PN)Luis Alberto Lacalle PouBeatriz Argimón 28,62 50,79 30 2 10Parti Colorado (PC)Ernesto Talvi Robert Silva 12,34 13 4Cabildo ouvert (CA)Guido Manini RíosGuillermo Domenech 11,04 11 11 3 3Parti écologiste radical intransigeant (PERI)César VegaAndrés Chucarro 1,38 1 1 0Parti du peuple (PG)Edgardo NovickDaniel Peña 1,08 1 1 0Parti indépendant (PI)Pablo Mieres Mónica Bottero 0,97 1 2 0 1Unité populaire (UP)Gonzalo AbellaGustavo López 0,81 0 1 0Parti vert animalier (PVA)Gustavo Salle Enrique Viana 0,80 0 0Parti digital (PD)Daniel GoldmanDiego Ruete 0,26 0 0Parti des travailleurs (PT)Rafael FernándezAndrea Revuelta 0,06 0 0Votes valides 96,37 96,23Votes blancs 1,79 1,57Votes nuls 1,84 2,20Total 100 1009930Abstention 9,88 9,88Inscrit/participation 90,12 90,12

Représentation des résultats du second tour : Luis AlbertoLacalle Pou(50,79 %) DanielMartínez(49,21 %) ▲ Majorité absolue

Conséquences vignette|redresse|Luis Alberto Lacalle Pou. Le , l'annonce du vainqueur de la présidentielle est repoussée de plusieurs jours du fait d'une particularité du système électoral uruguayen qui permet aux électeurs de voter en dehors des bureaux de vote leur étant assignés. Leurs votes sont mis de côté lors du dépouillement des voix, afin d'être décomptés à une date ultérieure, avant la proclamation des résultats définitifs. Dans le cas de référendum, lorsque le total de ces votes en attente est de loin inférieur à l'écart entre le pour et le contre, la commission électorale décide même le plus souvent de ne pas procéder à leurs dépouillement. Le second tour des élections de 2019 donne Luis Alberto Lacalle Pou en tête avec une avance de sur Daniel Martínez, soit un écart inférieur aux de vote en attente. La commission électorale décide par conséquent de surseoir de deux jours à la déclaration des résultats, l'écart d'incertitude ne lui permettant pas de proclamer un vainqueur. Une victoire de Daniel Martínez après décompte est cependant jugée très peu probable, celle-ci supposant que la quasi-totalité des suffrages en question se soient portés en sa faveurPrésidentielle en Uruguay : les résultats du second tour trop serrés pour désigner le gagnant. La victoire de Lacalle Pou est confirmée sans surprise par les résultats définitifs, celui-ci l'emportant finalement par 50,79 % des voix.

L'étroite victoire de Lacalle Pou se révèle une mauvaise surprise pour le candidat, les sondages d'opinion l'ayant donné favori avec de 5 à d'avance au cours de la campagne et de l'entre-deux tours. Ce résultat inattendu permet à Martinez et au Front Large de perdre d'une façon honorable, en montrant qu'ils disposent encore d'un fort soutien dans la population. Lacalle Pou en prend note dès le 24 au soir, insistant lors d'une allocution sur la . L'élection présidentielle reste malgré tout une importante victoire pour le candidat, qui devient le premier homme politique uruguayen de droite depuis quinze ans à prendre la tête du pays. Lacalle Pou dispose par ailleurs d'une majorité de droite au parlement, bien que celle-ci soit composée de plusieurs partis entre lesquels existent des tensions du fait de la personnalité polémique du fondateur du nouveau parti d’extrême droite Cabildo ouvert, Uruguay : une élection présidentielle trop serrée.

Notes et références

Liens externes

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Uruguay 2019 Uruguay Uruguay, 2019 Catégorie:2019 en Uruguay Catégorie:Politique en octobre 2019 Uruguay