Michael Schumacher (prononcé en allemand : ), surnommé « Schumi », né le à Hürth-Hermülheim (RFA), est un pilote automobile allemand. Avec sept titres de champion du monde de Formule 1, 91 victoires en Grand Prix de Formule 1 et 68 pole positions, il possède l’un des plus beaux palmarès de ce sport. Michael Schumacher a détenu la plupart des records de la Formule 1. Il est l'un des plus grands champions du sport automobile.
Après un apprentissage en karting, dans des formules monoplaces, ainsi que dans le championnat du monde des voitures de sport, Michael Schumacher commence sa carrière en Formule 1 lors de l'année 1991, en tant que remplaçant au pied levé de Bertrand Gachot, dans la jeune écurie Jordan, peu avant le Grand Prix de Belgique à Spa-Francorchamps. Dès le Grand Prix suivant, il est recruté par l'écurie Benetton Formula, avec laquelle il conquiert ses deux premiers titres de champion du monde en 1994 et 1995. En 1996, il rejoint la Scuderia Ferrari qu'il contribue à relancer après une longue période d'insuccès, signant au volant des F1 de Maranello 72 de ses 91 victoires, lui apportant cinq titres mondiaux des pilotes consécutifs (de 2000 à 2004) et contribuant directement à l'obtention de six titres constructeurs ; il gagne ainsi le surnom de Baron rouge. À partir de 1997, il a comme adversaire en piste son frère Ralf, de six ans son cadet. Les deux frères n'ont jamais couru au sein de la même écurie. Ils constituent l'unique cas en Formule 1 de deux frères ayant gagné des Grands Prix.
Il prend une première fois sa retraite à l'issue de la saison 2006. Son dernier Grand Prix, au Brésil le , malgré une défaite au championnat du monde face à Fernando Alonso, est marqué par une spectaculaire remontée de la dernière à la quatrième place, ponctuée par une douzaine de dépassements, démontrant qu'il quitte la compétition en pleine possession de ses moyens. De 2007 à 2009, il officie toujours à la Scuderia comme consultant et il reprend parfois le volant dans le cadre d'essais privés. Après un retour avorté en à la suite d'un accident de moto et des douleurs au cou, Schumacher est de retour en Formule 1 en 2010 chez Mercedes. Il y effectue trois saisons sans obtenir de nouvelle victoire. Le , il annonce officiellement la fin de sa carrière en Formule 1 à l'âge de 43 ans.
Le , Michael Schumacher est victime d'un grave accident de ski à Méribel, en Savoie. Il souffre d'un traumatisme crânien avec coma qui nécessite une intervention neurochirurgicale immédiate ; son pronostic vital est engagé. Il sort du coma le et quitte l'hôpital de Grenoble pour poursuivre une phase de réadaptation au Centre hospitalier universitaire vaudois de Lausanne jusqu'au où il est pris en charge à son domicile. On apprend, en , qu'il ne peut pas marcher ni se tenir debout. Sa famille et son entourage proche tiennent à ce qu'aucune information sur son état de santé ne soit divulguée, il en va ainsi les années suivantes. Ils témoignent cependant d'une impossibilité à communiquer avec lui dans le documentaire Schumacher sorti en .
Biographie Jeunesse et débuts en compétition thumb|left|alt=Photo d'un jeune homme souriant, dans une monoplace|Dès sa jeunesse, Michael Schumacher est pris d'admiration pour Ayrton Senna (ici en 1981). Michael Schumacher est né le à Hürth-Hermülheim en Allemagne dans une famille modeste. Son père, Rolf Schumacher, est maçon. Alors que Schumacher a quatre ans, il adapte le moteur d'une vieille tondeuse à gazon à son kart à pédales, avec lequel il jouait dans la maison. Désormais, il passe son temps à rouler devant chez lui, jusqu'au jour où il heurte un lampadaire. Pour sa sécurité, son père décide alors de l'amener régulièrement rouler sur la piste proche de Kerpen, où il travaille comme gardien. Michael Schumacher devient le plus jeune membre du club de karting de Kerpen-Horrem, tout en s'adonnant également au football, au tennis et à l'escalade..
Rolf Schumacher construit le premier « vrai » kart de Michael à l'aide de pièces d'occasion montées sur un châssis en bois et de pneumatiques usagés, jetés par les autres concurrents. Schumacher gagne son premier trophée à l'âge de cinq ans, alors que ses adversaires ont 13 ou 14 ans, puis son premier championnat du club à l'âge de six ans. Pour permettre à son fils de courir, Rolf Schumacher prend un deuxième emploi sur la piste, assurant la location et l'entretien des karts, tandis que son épouse Elisabeth, qui a peur pour son fils, travaille à la cafétéria du circuit. Néanmoins, lorsque Michael Schumacher a eu besoin d'un nouveau moteur de kart coûtant 800 Deutsche Mark, ses parents, ne souhaitant pas s'endetter, ont obtenu le soutien financier d'hommes d'affaires locaux : deux amis de la famille, Gerd Noack, un marchand de moquettes et Jürgen Dilk, un fabricant de machines à sous. Schumacher passe alors son temps sur le circuit avec son frère Ralf : motivé par ce soutien, il se sent redevable de leur donner le meilleur de lui-même. C'est à cet âge qu'il lui arrive son premier accident de kart, où il est victime d'une profonde plaie au genou. Son père l’incite alors à faire plus attention lors de ses manœuvres..
En , il se rend avec son père à Nivelles en Belgique, pour assister au championnat du monde de karting, où il découvre Ayrton Senna qui l'impressionne par son style de conduite. Le Brésilien devient alors l'idole du jeune Schumacher. C'est également à cet âge qu'il observe les autres jeunes pratiquant le karting à l'échelon régional ou national en Allemagne et qu'il se lie d'amitié avec certains d'entre eux, allant jusqu'à se rendre en discothèque avec ses amis plus âgés, alors qu'il n'a que 12 ans.
En , il obtient une licence de karting luxembourgeoise, pour contourner la législation allemande exigeant un âge minimum de 14 ans pour acquérir une licence de karting. L'année suivante, il obtient sa licence allemande. En 1984, toujours avec le soutien financier de Jürgen Dilk, il remporte le championnat d'Allemagne junior, alors qu'il dispose encore d'un matériel de moins bonne qualité que celui de ses concurrents. L'année suivante, il pilote pour le concessionnaire et remporte à nouveau le titre de champion d'Allemagne junior. Il termine également deuxième du championnat du monde junior de karting, disputé au Mans .. La mort du pilote allemand Stefan Bellof, le , lors des 1 000 kilomètres de Spa, suscite toutefois l'inquiétude de Jürgen Dilk, qui ne souhaite pas qu'il arrive le même sort à son protégé. Tentant de le convaincre d'arrêter le karting, Schumacher, au bord des larmes, le persuade de continuer à l'emmener sur les courses, en lui promettant de faire attention et de ne pas devenir pilote de Formule 1.
thumb|alt=Photo d'une monoplace blanche, en exposition|La Van Diemen RF188, monoplace de Formule Ford 1600 avec laquelle Michael Schumacher fait ses débuts en monoplace en 1988. thumb|alt=Photo d'une monoplace bleue, blanche et jaune, en exposition|Au volant d'une Reynard 893, Michael Schumacher devient vice-champion d'Allemagne de Formule 3 en 1989. En , ayant désormais quitté la catégorie , Schumacher se classe troisième du championnat d'Allemagne de karting et troisième du championnat d'Europe de karting. En , il est sacré champion d'Allemagne de karting, mais aussi champion d'Europe de la discipline : il remporte le titre européen lors de la dernière manche, disputée à Göteborg en Suède, où il remporte la course alors que les Italiens Alessandro Zanardi et Massimiliano Orsini, qui mènent l'épreuve, se percutent au dernier virage du dernier tour de l'épreuve..
Cette même année, Schumacher termine, au lycée, une scolarité difficile : il déteste l'école et tout comme son frère Ralf, manque souvent de faire ses devoirs à cause du temps passé sur le circuit de karting. Il s'intéresse néanmoins aux cours d'anglais, qu'il juge utile pour le sport automobile. Il souffre aussi de la comparaison avec ses autres camarades de classe, issus d'un milieu social plus aisé. Il suit alors une formation de mécanicien pour parfaire son bagage technique et . Il valide son diplôme avec six mois d'avance, soulageant ainsi sa famille qui lui souhaite ainsi d'avoir un travail correct plus tard. Néanmoins, Schumacher ne caresse pas ce dessein car cela lui demanderait de suivre des études plus approfondies : son formateur avoue qu'il , et qu'il a failli sécher ses examens.
Schumacher fait ses premiers pas en Formule Ford 1600 à l'automne 1987, lorsque Jürgen Dilk lui obtient une séance d'essais au sein de l'écurie Eufra, sur le circuit d'Hockenheim. Pourtant très nerveux la veille des essais, ne sachant pas comment s'y rendre (il parvient à contacter Dilk à minuit pour lui demander de l'y emmener), il décroche un contrat de quatre courses pour disputer le championnat d'Allemagne de Formule Ford 1600 en . Trouvant très vite ses marques, il remporte des victoires dans toutes les catégories dans lesquels il concourt : sixième du championnat allemand où il dispute finalement six courses pour quatre podiums dont trois victoires, et une , il est vice-champion d'Europe de Formule Ford 1600 derrière le Finlandais Mika Salo, avec trois podiums, dont deux victoires en quatre courses. Parallèlement, il participe au championnat d'Allemagne de Formule König qu'il remporte avec neuf victoires en dix courses, pour autant de podiums, et une . En fin d'année, il participe au à Brands Hatch, une épreuve où de nombreux jeunes talents se sont révélés, mais sa prestation se solde par un accident ..
Schumacher est alors repéré par l'ancien pilote Willi Weber, conseillé par Domingos Piedade et Gerd Krämer, deux responsables chez Mercedes-AMG qui ont leur entrées en Formule 1 et qui suivent la relève allemande avec intérêt. Weber, alors patron de l'écurie WTS (pour Weber Trella Stuttgart), l'observe lors de plusieurs courses en Formule Ford et Formule König : . Weber lui offre en fin d'année une séance d'essais au volant d'une monoplace de Formule 3 au Nürburgring. Si le jeune pilote détruit sa voiture au bout de cinq tours où il pilote trop brutalement, Weber, convaincu qu'il tient un talent brut qu'il pourrait mener à la Formule 1, fait réparer la monoplace pour lui permettre de poursuivre les essais, au terme desquels il se montre plus rapide d'une seconde et demie que le titulaire Joachim Winkelhock. Séduit, Weber l'engage sans lui demander le moindre apport budgétaire et devient son manager pour les dix prochaines années.
Même si les conditions de vie s'avèrent difficiles (Schumacher dort dans le van de l'équipe), il impressionne dès ses débuts en terminant sur le podium de ses trois premières courses et en s'affirmant face aux pilotes les plus expérimentés, comme Michael Bartels, et en faisant oublier Franck Schmilkler, le premier pilote de WTS. Il remporte sa première victoire au bout de cinq courses, lors d'une manche disputée sous la pluie où il lutte face à Heinz-Harald Frentzen. Avec un total de deux victoires, sept podiums, deux en douze courses, il est vice-champion d'Allemagne de Formule 3 1989, à égalité de points avec Frentzen, mais derrière l'Autrichien Karl Wendlinger. Paradoxalement, Weber est plutôt soulagé de voir son poulain échouer dans la quête du titre allemand : dans le cas contraire, il n’avait pas prévu d'évolution pour sa carrière. Pour autant, plus tôt dans l'année, Weber l'emmène assister à son tout premier Grand Prix de Formule 1, à Monaco, où la victoire se joue entre Ayrton Senna et Alain Prost. Schumacher est néanmoins déçu de cette expérience, voyant son compatriote Bernd Schneider, de cinq ans son aîné et ayant connu le succès en karting et en formules de promotion, échouer en pré-qualifications au volant de sa Zakspeed, alors qu'il le considère comme un .