John Carpenter (Prononciation en anglais américain retranscrite selon la norme API.) est un réalisateur, scénariste, producteur et compositeur américain né le à Carthage, dans l'État de New York.
Fort d'une carrière cinématographique s'étalant sur près de quarante ans, Carpenter a réalisé nombre de film d'horreur et de science-fiction qui ont acquis, au fil des ans, une renommée internationale. Réalisateur indépendant, il met en scène son premier long-métrage, Dark Star, en 1974, alors qu’il n'a que . Il signe deux ans plus tard un film d'action, Assaut, avant de se tourner vers un autre registre avec Halloween : La Nuit des masques : l'horreur. Un genre qui deviendra vite son genre de prédilection. Sorti en 1978, Halloween rencontre un formidable succès, aussi bien critique que commercial. Dès lors, la carrière de Carpenter est lancée, et les productions se succèdent, Hollywood lui ouvrant par ailleurs ses portes grâce à son nouveau statut de « réalisateur rentable ».
Fortement influencé par le cinéma des années 1950, notamment par Howard Hawks et les films de science-fiction, John Carpenter est un réalisateur qui cherche à être « invisible ». Ses films se caractérisent ainsi par une réalisation et des scénarios dépouillés, des montages secs et sans artifices, une musique minimaliste. Metteur en scène polyvalent, Carpenter a d'ailleurs cumulé les fonctions les plus importantes sur la plupart d’entre eux : réalisateur, scénariste, compositeur. Au fil de sa carrière, il a progressivement imposé son style dans les registres de l’épouvante et de la science-fiction, au point d’être considéré comme le « Maître de l'Horreur ».
Aujourd'hui, nombre de ses films sont devenus des références du cinéma d'horreur et de science-fiction, notamment New York 1997, The Thing, Invasion Los Angeles, L'Antre de la folie ou encore Halloween : La Nuit des masques. Si tous n'ont pas reçu un accueil critique favorable au moment de leur sortie, un grand nombre sont désormais considérés comme des films culte, John Carpenter étant lui-même reconnu comme l’un des metteurs en scène les plus talentueux et les plus influents de son époque.
Biographie Jeunesse Découverte du cinéma John Howard Carpenter naît à Carthage le . Il est le fils de Milton Jean et de Howard Ralph Carpenter Biographie de Carpenter – Rotten Tomatoes.. Dès l’âge de quatre ans, le jeune John découvre le cinéma grâce à sa mère qui l'emmène à la projection de African Queen, un film d’aventure réalisé par John Huston. Intrigué par la technique de diffusion des images et par les procédés de tournage, Carpenter apprécie beaucoup cette première expérience, à tel point qu'il décide, dès lors, de passer son temps libre au cinéma. Visionnant deux à trois films chaque semaine, Carpenter assiste à toutes sortes de projections. Il se rend même aux « », ces séances qui proposaient dans les années 1950 et 1960 deux films pour le prix d'un durant l'après-midi.. Carpenter désigne rapidement les films d'horreur, de science-fiction et les westerns comme ses genres favoris. Le Météore de la nuit et Planète interdite, notamment, auront une influence considérable sur sa cinéphilie..
Premiers courts métrages En 1956, la famille Carpenter déménage à Bowling Green, une petite ville conservatrice du Kentucky, où le père Howard Ralph a décroché un poste de professeur de musique.. Carpenter est choqué par le caractère conservateur de cette commune dont les habitants, très croyants et racistes, lui inspirent un profond sentiment d’incompréhension et d’isolement. Dans ce contexte, le cinéma constitue pour lui un moyen de s'évader et d'échapper à leurs agissements : « Je m’identifiais davantage aux comportements des personnages que je voyais à l’écran qu’à certaines des croyances de la communauté dans laquelle je vivais ».
vignette|Après avoir passé son adolescence dans la ville de Bowling Green, Carpenter s’est installé à Los Angeles l’année de ses vingt ans.
La même année, Howard Ralph offre à John la caméra dont il ne se sert plus. Mû par un désir grandissant de réaliser ses propres films, Carpenter l’utilise pour tourner des courts métrages d'horreur et de science-fiction. En 1959, il découvre Rio Bravo, de Howard Hawks, un western qui aura un impact décisif sur sa volonté de devenir metteur en scène : « C’est en découvrant Rio Bravo que j’ai compris pour la première fois à quoi servait un réalisateur ».
Au lycée, ennuyé par les cours qui lui sont dispensés, Carpenter éprouve un besoin irrépressible d’exprimer sa créativité. Délaissant ses devoirs, il rédige des histoires, des poèmes et publie trois fanzines consacrés au cinéma : Fantastic Film Illustrated (dont il dessine lui-même les couvertures), King Kong Journal et Phantasm... Il écrit également des bandes dessinées et tient une rubrique sur le catch professionnel dans une revue locale. Intéressé, en outre, par la musique (une passion transmise par son père qui lui a appris à jouer du violon et du piano), Carpenter forme en 1964 un groupe de folk, les Tomorrow's ChildrenLittéralement, Les Enfants de Demain ., avec sa petite-amie Elizabeth Solley et son ami Tommy Lee Wallace, rencontré à l’école primaire. Lui-même et Wallace jouent de la guitare acoustique et interprètent la majeure partie du temps des chansons composées par Carpenter.. Deux ans plus tard, tous deux montent avec trois autres camarades de lycée The Kaleidoscope, un groupe de rock 'n' roll qui reprend des succès des années 1960. La bande se produit dans un spectacle, Carpenter et Wallace chantant et jouant de la guitare électrique..
En parallèle de ces activités, Carpenter s'adonne à sa véritable passion, qui est de tourner des films. Avec la caméra offerte par son père, il réalise dès l'âge de huit ans des courts métrages dont les histoires s'inspirent des films d'horreur et de science-fiction qu’il a eu l’occasion de voir au cinéma, comme ceux de Roger Corman.. Carpenter met en scène tantôt des marionnettes et des figurines animées image par image, tantôt de réels personnages, interprétés par ses camarades de classe sinon par lui-même quand ces derniers refusent. Fasciné par les monstres et les créatures issus du cinéma de science-fiction, Carpenter donne à ses courts métrages des noms évocateurs, tels que Gorgo vs. Godzilla, Sorcerer from Outer Space, Revenge of the Colossal Beasts, Terror from Space et Warrior and the Demon John Carpenter’s Biography – movies.yahoo.com John Carpenter, by Mark H. Harris – horror.about.com.
Formation Après le lycée, Carpenter suit pendant deux ans des cours à la Western Kentucky University. En 1968, alors âgé de vingt ans, il déménage à Los Angeles et s’inscrit à la prestigieuse Université de Californie du Sud (USC), section licence en production cinématographique. Il s’agit de l’une des écoles de cinéma les plus réputées des États-Unis Great directors : John Carpenter – Senseofcinema.com. Carpenter y fait la rencontre de Nick Castle et de Dan O'Bannon. L’établissement entretient des liens très étroits avec Hollywood, si bien que certains cours sont assurés par des acteurs, des scénaristes ou des producteurs. L’université offre également aux élèves l’opportunité de rencontrer quelques-uns des plus grands réalisateurs de l’époque, comme Orson Welles, Howard Hawks, John Ford, Alfred Hitchcock, Roman Polanski ou Frank Capra.. Pendant trois ans, Carpenter apprend l’ensemble des techniques relatives à la réalisation, de l’écriture de scénario jusqu’au montage en passant par la projection et le mixage. Il avoue avoir tiré de ses trois années d’études à l’USC un bénéfice énorme..
Premiers travaux En 1969, au cours de sa deuxième année d’étude à l'USC, John Carpenter se voit offrir la possibilité de participer au tournage du film Des fraises et du sang, de Stuart Hagmann, mais il refuse car il ne souhaite pas quitter son école. Avec trois camarades de classe, dont Nick Castle, il décide de se consacrer à un autre projet, intitulé The Resurrection of Broncho Billy ; il s’agit d’un court métrage racontant l’histoire d’un jeune homme qui rêve de devenir cowboy. Le film est réalisé par James Rokos alors que Carpenter officie en tant que co-scénariste, monteur et compositeur. Il se charge également d’éclairer les plans..
vignette|John Carpenter a étudié le cinéma à la très sélective Université de Californie du Sud, où le projet Dark Star a vu le jour.
Soutenus par le producteur John Longenecker, Carpenter et ses amis financent le court-métrage de leur poche pour environ dollars US. En 1970, remporte l’Oscar du meilleur court métrage en prises de vues réelles. Longenecker en vend une copie aux studios Universal, qui le diffusera en salles en avant-programme pendant deux ans aux États-Unis et au Canada..
En 1971, Carpenter quitte l’école, diplômé. Son premier long-métrage, Dark Star, sort quelques années plus tard, en 1974. Il s'agit en fait de son film de fin d'études, sur lequel il avait commencé à travailler en 1970. Carpenter et son ami Dan O'Bannon souhaitaient alors réaliser une comédie de science-fiction, dont l’histoire est centrée sur les membres d’équipage d’un vaisseau spatial chargé de détruire les planètes instables. Ils initient d’abord un projet nommé Planetfall, qui consiste en un court-métrage de tourné avec un budget de dollars.. Toutefois, à sa sortie de l’école, Carpenter est approché par un producteur canadien qui investit suffisamment d’argent pour transformer son film, désormais intitulé Dark Star, en un long-métrage à part entière. Un autre producteur, Jack Harris, donne également des fonds pour que l’équipe tourne de nouvelles séquences. Après l’obtention d’une rallonge de dollars, le film bénéficie d’un nouveau montage et il peut enfin être distribué en salles.
Sur Dark Star, Carpenter cumule les fonctions de réalisateur, de compositeur et de producteur. Par ailleurs, il co-écrit le scénario avec Dan O'Bannon (qui plus tard co-écrira le scénario de Alien, le huitième passager), lequel interprète également l’un des rôles principaux.
Malgré une diffusion en salles limitée à cause de son petit budget (Dark Star sort aux États-Unis dans une cinquantaine de salles en , mais il faudra attendre 1979 pour qu’il soit diffusé en RFA, et 1980 pour qu’il le soit en France Release dates for Dark Star – IMDb), le premier film de Carpenter est un succès critique puisqu’il remporte en 1976 le Saturn Award des meilleurs effets spéciaux, et est nommé au Prix Hugo du meilleur film et au Prix Nebula du meilleur scénario, tous deux dans la catégorie dramatique Awards for Dark Star – IMDb.
En dépit de cet accueil favorable, Carpenter doit par la suite se contenter d’écrire des scénarios, aucune offre de réalisation ne lui étant faite. Il parvient à en vendre plusieurs, dont certains à des noms prestigieux comme Columbia Pictures ou Batjac Productions, la société de production de John Wayne. Le script intitulé Eyes, notamment, retient l’attention de la Columbia qui souhaite en faire un film où Barbra Streisand tiendrait le premier rôle. Cependant, l’actrice quitte rapidement le projet en raison des modifications scénaristiques imposées par le studio. Carpenter, lui aussi insatisfait du traitement réservé à son scénario, en fait de même, et la réalisation échoit finalement à Irvin Kershner. Quelques années plus tard, le film rebaptisé Les Yeux de Laura Mars sort sur les écrans..